CHAPITRE Iv
Retour du Pont-gravé en France.
Description de notre logement et du lieu où
séjourna Jacques Cartier en l'an 1535.
Après que toutes Pont
enfermaient un ant le bâtiment il et six ou sept e long, q vière. Autour du logement * jardins qui
d' autant qu’ rivière des vesti comme d’une chem a trouvé les fon nts, et apparence
des fossés autour de leur logement, qui était petit. Nous trouvâmes aussi de grandes pe de bois
es, vermoulues, et 3 ou 4 balles de canons.
Toutes ces choses montrent évidemment que ça a été une habitation, laquelle a été fondée par des chrétiens ; et ce qui me fait dire et croire que o est Jacques Cartier, c’est qu'il ne se trouve point 1 — — sonne n’a hiverné ni bâti en ces lieux que le dit Jacques Cartier au temps de ses découvertes, et fallait à mon jugement que ce lieu s’appelât Ste-Croix, comme il l'avait nommé, que l’on à transféré depuis à un autre lieu qui sst 15 lieucs de notre habitation à l’ouest, et n'y a pas d'apparence me eût hiverné en ce lieu que maintenant on appelle Ste-Croix, ni
en d'autres; d'autant qu en ve cher rivière ni autres livux capables de teni ce n’est la grande riviere ou celle don dessus, où de
iorce rochers et un
des vaisseaux
iver, ils courraient risque de se perdre, aussi qu’il y à une pointe de sable qui avance sur la rivière, qui est remplie de rochers, parmi lesquels nous avons trouvé depuis 3 ans un passage qui n’avait point encore été découvert ; mais pour le passer il faut bien prendre son temps, à cause des pointes et dangers qui y sont. Ce lieu est à découvert du vent du nord-ouest, et la rivière y court comme ei c'était un saut d’eau et y perd de deux brasses et demie. II ne s’y voit aucune apparence de bâtiments, ni qu’un homme de jugement voulût s'établir en cet endroit, y en ayant beaucoup d’autres meilleurs quand on serait forcé de demeurer. J’ai bien voulu traiter de ceci, d' autant qu’il y en a beaucoup qui croient que ce lieu fut la résidence du dit J acques Cartier.
ainsi mn su ar le dit Cartier. Ce que l’on x 2008 aujourd'hui Ste-Croix, s’a pelait Achelacy, la dite rivière au courant fort et dangereux, tant pour les rochers qu autres choses, et où on ne peut passer que de flot, distant de Québec et de la rivière où hiverna Cartier, 15 lieues.
Pendant que les charpentiers, scieurs d’ais et autres ouvriers travaillaient à notre logement, je fis mettre tout le reste à défricher autour de l’ha itation, afin de faire des jardinages pour y semer des grains et graines pour voir comme le tout fructifierait, d’autant que la terre paraissait fort bonne.
Cependant quantité de sauvages étaient cabanés proche de nous, qui faisaient pêche d'anguilles, dont ils se nourrissent et font her pour l’user jusqu’au mois de février que les neiges sont grandes de 2 pieds et 3 pieds, qui est le temps que quand leurs anguilles et autres choses qu’ils font sécher sont accomodées, ils vont chasser aux castors où ils sont jusqu’au commencement de janvier. Comme ils y furent, ils nous laissèrent en garde toutes leurs anguilles et autres choses 3 leur retour, qui fut au 15 décembre, et ne firent pas grande chasse de castors, les rivières étant débordées ainsi qu ils nous dirent. Je leur rendis toutes leurs victuailles qui ne durèrent que jusqu’au 20 de janvier.
Tous ces peuples pâtissent tant, que quelquefois ils sont contraints de vivre de certains e et manger leurs chiens et se couvrent de leurs peaux contre le froid. Je tiens que si on leur montrait à vivre, et le labourage des terres, ils apprendraient fort bien ; car il s’en trouve assez qui ont bon jugement et répondent à propos sur ce qu'on leur 5 mande. Ils ont w.: méchanceté entre eux qui est d’user de vengeance, et d’être grands menteurs,gens auxquels il ne se faut pas trop confier, sinon avec
H — raison et la force en la main. Ils promettent assez, mais ils tiennent peu. Ce sont gens dont la plupart n’ont point de loi, selon que j'ai pu voir, avec tout plein d’autres fausses Croyances. Je leur demandai de quelle sorte de cérémonies ils usaient à prier leur Dieu, ils e dirent qu’ils n’en usaient point d’autres, sinon
qu’ils appellent visiblement, leur disant ce qu’il faut qu’ils fassent, tant pour la
ne ils obéiraien
omme aussi ils croient que tous les songes qu’ils font sont véritables ; et de fait, il y en a beaucoup qui disent avoir vu et son |
iques qui les trompent et
séduisent. Voilà tout ce que j'ai pu apprendre de
8 croyance bestiale. Tous ces peuples sont gens ien
Is sont habillés de peaux ; une partie de leur * est couverte et l’autre découverte ; mais l'hiver ils remédient à tout : Car ils sont habillés de
nnes fourrures, comme de peaux d’élans, loutres, Castors, loups marins, cerfs et biches qu’ils ont en quantité. L'hiver quand les neiges sont grandes ils font une manière de raquettes qui sont 2 ou 3 fois
rs grandes que celles de France, qu’ils attachent à
eurs pieds, et vont ainsi sur la neige sans enfoncer; car autrement ils ne pourraient chasser ni aller en beaucoup de lieux. Ils ont aussi une facon de mariage, qui est, que quand une fille est en ‘âge de 14 ou 15 ans et qu'elle a plusieurs serviteurs, elle a Compagnie avec tous ceux que bon lui semble ; puis au bout de 5 ou 6 ans elle prend lequel il lui plaît pee son mari et vivent ensemble jusqu’à la fin de eur vie; sinon qu'après avoir demeu ensemble, si elles n’ont point d’enfants, l’homme peut se démarier et prendre une autre femme, disant que la sienne ne vaut rien ; ainsi les filles sont plus libres que les femmes.
Dès qu’elles sont mariéës, elles sont chastes et leurs maris sont la plupart jaloux, lesquels dones des présents aux parents des filles qu'ils ont
pousées.
Pour ce qui est de leurs enterrements, 1 .
un homme ou une femme meurt, ils font une osse, où ils mettent tout le bien qu'ils ont, comme chaudières, fourrures, haches, arcs, flèches, robes et autres choses ; puis ils mettent le corps dans la fosse et le couvrent de terre, et mettent quantité de 1 pièces de bois dessus et une autre debout u’ils peie en rouge par en haut. Ils croient l’immortaité des âmes, et disent qu' ils vont se réjouir en d' autres pays, avec leurs parents et amis qui sont morts. Si ce sont capitaines ou autres ayant quelque créance, ils vont après leur mort, trois fois ’année, faire un festin, chantant et dansant sur leur fosse.
Tout le temps qu’ils furent avec nous, qui était le lieu le plus de sûreté pour eux, ils ne laissaient d'appréhender tellement leurs ennemis, qu’ils prenaient souvent des alarmes la nuit en songeant, et envoyaient leurs femmes et enfants à notre fort, où
„ — — je leur faisais ouvrir les portes, et les hommes demeuraient autour du dit fort, sans permettre qu’ils entrassent dedans, car ils étaient autant en sûreté de leur personne comme s'ils y eussent été, et je faisais sortir 5 ou 6 de nos Compagnons pour leur donner courage, et aller découvrir parmi les bois s ils verraient rien pour les contenter. Ils sont fort craintifs et appréhendent infiniment leurs ennemis, et ne dorment presque point en repos en quelque lieu qu'ils soient, bien que je les assurasse tous les jours de ce qu’il m'était possible, en leur remontrant de faire comme nous, savoir veiller une partie tandis que les autres dormiront, et chacun avoir ses armes pos comme celui qui fait le guet, et ne pas tenir es songes pour vérité, sur quoi ils se reposent ; d' autant que la plupart ne sont que menteries, avec autres propos sur ce sujet ; mais peu leur servaient ces remontrances, et disaient que nous savions mieux nous garder de toutes choses qu'eux, et qu avec le temps, si nous habitions leur pays, ils le pourraient apprendre.