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principalement de ce que les balles perçaient mieux ue leurs flèches : et eurent tellement l’épouvante de l'effet qu'elles faisaient, voyant plusieurs de leurs compagnons tombés morts, et blessés, que de crainte 2: s avaient, croyant ces coups être sans remède, ils se jetaient par terre, quand ils entendaient le bruit ; aussi ne tirions guère à faute, et deux ou trois balles à chaque Coup, et avions la plupart du temps nos arquebuses appuyées sur le bord de leur icade. Comme je vis que nos munitions commençaient à manquer, je dis à tous les sauv qu'il fallait emporter de f cade, et pour cela pren cliers) et s’en couvrir, et près que l’on put lier de bonnes co iliers qui les soutenaient, et à force de bras tirer tellement qu'on les renversât, et par ce moyen faire ouverture suffisante pour entrer ans leur fort ; et que cepen-
dant nous, à coups d'arquebuses repousserions les ennemis qui viendraient se 33 pour les empscher et aussi qu' ils eussent
auprès cr. pe arbres qu
dite barricade, afin de les re accabler, que d’autres couvr
nos arquebusades qui fit qu’un jeune homme , appelé desPrairies, qui utres pour la traite de ceux une grande honte à eux de |
dation et qu'il ne voulait Le qu'on lui put faire „ ee reproche ; et sur cela se délibéra de venir me trou- Ti ver dans une chaloupe avec quelques siens compagnons et des miens À amena avec lui. Aussitôt fut arrivé il alla vers le fort des Iroquois, qui it sur le bord de la rivière, où il mit pied à terre,
et me vint chercher. Comme je le vis, je fis cesser nos sauvages qui rompaient la forteresse, afin que les nouveaux venus eussent leur part du plaisir. Je riai le sieur des Prairies et ses compagnons de aire quelques salves d'arquebusades, auparavant ue nos sauv les emportassent de force, comme ils avaient délibéré ; ce qu'ils firent, et tirèrent plusieurs coups, où chacun deux se comporta bien en son devoir. Et 2 avoir assez tiré, je m' adressai à nos sauvages et les incitai de parachever ; aussitôt s’approchant de la dite barricade comme ils avaient fait auparavant, et nous à leurs ailes pour tirer sur ceux qui les voudraient empêcher de la rompre. Ils firent si bien et vertueusement qu’à la faveur de nos 5 uebusades ils y firent ouverture, néanmoins dif- 855 Gcile à passer, car il y avait encore la hauteur d'un i bomme pour entrer dedans, et les branch arbres abattus, qui nuisaient fort. Toutefois quand je vis l’entrée assez raisonnable, je dis qu'on ne tirât plus ; ce qui fut fait. Au même instant 20 ou 30, tant de sauvages que de nous autres, entrâmes dedans l'épée à la main, sans trouver beaucoup de résistance. Aussitôt ce qui restait sain commença à rendre la fuite ; mais ils n’allaient pas loin car ils taient défaits par ceux qui étaient à l’entour de la dite barricade; et ceux qui s’échappèrent se noyèrent dans la rivière. Nous primes quelque quinze prisonniers, le reste tué à coups d’arquebuse, de flêche et d'épée. Quand ce fut fait, il vint une autre chaloupe et quelques-uns de nos compagnons dedans,
2 fut trop tard ; toutefois assez à temps pour la
pouille . butin, qui n'était pas grand chose ; il
n'y avait que des de castor, des
a , — les sauvages ne voulurent p la ne de
pe épouiller, et se moquaient de ceux qui le aisaient, qui furent ceux de la dernière 883 dar les autres ne se mirent en ce vilain devoir. oilà donc avec la grâce de Dieu la victoire obtenue, dont ils nous donnèrent beaucoup de louange.
sauvages écorchèrent les têtes de ceux qui étaient morts, ainsi qu’ils ont accoutumé de faire pour trophée de leur victoire, et les emportent. Ils s’en retournèrent avec 50 blessés des leurs, et trois hommes morts, en chantant et leurs prisonniers avec eux. Ayant les têtes pendues à des bâtons devant leurs canots, et un corps mort coupé par quartiers, pour le manger, par vengeance, à ce qu'ils disaient, et vinrent en cette façon jusqu'où étaient nos barques au devant de la dite rivière des Iroquois.
t mes compagnons et moi nous embarquâmes dans une chaloupe ,où je me fis panser de ma blessure par le chirurgien de Boyer, de Rouen, qui y était venu aussi pour la traite. Tout ce jour se passa avec les sauvages en danses et chansons.
Le lendemain le sieur du Pont arriva avec une autre chaloupe chargée de quelques marchandises et une autre qu'il avait laissée derrière, où était le Capitaine Pierre qui ne pouvait venir qu avec peine, étant la dite barque un peu lourde et malaisée à nager.
Le dit jour on traita quelques pelleteries, mais les autres barques emportèrent la meilleure partie du butin. C'était leur avoir fait un grand plaisir de leur être allé chercher des nations étrangères, pour as emporter le profit sans aucun risque ni
asard.
Ce jour je demandai aux sauvages un prisonnier Iroquois qu'ils avaient, lequel ils me donnèrent. Je ne fis pas peu pour lui, car je le sauvai de plusieurs tourments qu'il lui eût fallu souffrir avec ses compagnons prisonniers, auxquels ils arrachaient les ongles, rs leur coupaient les doigts, et les brûlèrent en plusieurs endroits. Ils en firent mourir le dit jour deux ou trois, et pour leur faire souffrir plus de tourments ils en usent ainsi.
Ils prirent leurs prisonniers et les emmenèrent sur le bord de l’eau et les attachèrent tout droits à un bâton, puis chacun venait avec un flambeau d'écorce de bouleau, les brûlant tantôt sur une partie tantôt sur l’autre ; et les pauvres misérables sentant ce feu faisaient des cris si haut que c'était hose étrange à ouir et des cruautés dont ces barusent les uns envers les autres. Après les avoir bien fait languir de la façon, et les brûlant avec la dite écorce, ils prenaient de l’eau et leur jetaient sur le corps pour les faire languir davantage, puis leur remettaient de rechef le feu de telle açon, que la peau tombait de leurs corps, et continuaient avec grands cris et exclamations, dansant jusqu’à ce que ces pauvres misérables tombassent morts sur la place.
Aussitôt qu’il tombait un corps mort à terre, ils frappaient dessus à pe coups de bâton, puis ui coupaient les bras et les jambes et autres parties, et n'était tenu pour homme de bien entre eux celui qui ne coupait pas un morceau de sa chair et ne la onnait aux chiens. Voilà la courtoisie que reçoivent les prisonniers. Mais néanmoins ils endurent si constamment tous les tourments qu'on leur fait subir, que ceux qui les voient en demeurent étonnés. Quant aux autres prisonniers qui restèrent tant aux Algoumequins qu aux Montagnais, ils furent
conservés pour les faire mourir par les mains de leurs femmes et filles, qui en ola ne se montrent pas moins inhumaines que les hommes, encore elles les surpassent de beaucoup en cruauté : car par leur subtilité elles inventeat des supplices plus cruels, et J prennent plaisir, les faisant ainsi finir leur vie en douleurs extrêmes.
Le lendemain arriva le capitaine Yroquet et un autre Ochatagin, qui avaient 80 hommes, qui étaient bien fâchés de ne s'être trouvés à la défaite. En toutes ces nations il y avait près de 200 hommes qui n'avaient jamais vu de chrétiens, dont ils firent de grandes irations.
Nous fûmes trois jours ensemble à une île (île de St-Ignace), le travers de la rivière des Iroquois, et puis chacune des nations s’en retourna en son pays.
Je'e'avais un 1 gareon, qui avait déjà hiverné ébec,
deux ans à Qu lequel avait désir d'aller avee les Algoumequins, pour apprendre la langue. Pontgravé et moi avisâmes que s’il en avait envie 00 serait mieux là qu ailleurs, pour savoir quel était leur pays, voir le grand lac, remarquer les rivières, quels peuples 1 abitent ; ensemble découvrir les mines et choses les plus rares de ces lieux et peuples, afin qu’à son retour nous puissions être Prises à de la vérité. Nous lui demandâmes s’il l'avait
ble, car de l’y forcer ce n’était pas de notre volonté ; mais aussitôt la demande faite il accepta le voyage très volontiers.
Je fus trouver le capitaine Yroquet qui m'était fort affectionné, auquel je demandai s’il voulait emmener ce jeune garçon avec lui en son ays pour hiverner, et le ramener au printemps. II me promit le faire, et le tenir comme son fils, et qu’il en était très content. II le va dire à tous les Algoumequins,
qui n’en furent LES très contents, pour la crainte que quelqu acoident ne lui arrivât, et que pour cela nous leur fissions la 8 Ce doute refroidit Yroquet et il me vint dire que tous ses compagnons ae le trouvaient pas bon. pendant toutes les barques s'en étaient allées, hormis celle du Pont, qui, ayant quelqu' affaire pressée, à ce qu'il me dit, s’en
la aussi; et moi je demeurai avec la mienne pour
anciens ae leurs troupes ; puis je leur demandai pourquoi le capitaine Yroquet, que je tenais pour mon ami, avait refusé d'emmener mon garçon avec lui ; que ce n’était pas comme frère ou ami de me refuser une chose qu'il m'avait promise, laquelle ne leur pouvait apporter que du bien ; et que en emmenant ce 1 C'était pour contracter plus d'amitié avec eux et leurs voisins, que n’avions encore fait, et que leur difficulté me faisait avoir mauvaise opinion ’eux ; et que 8 ils ne voulaient emmener ce garçon, je n'aurais jamais d’amitié avec eux, car ils a’étaient pas enfants pour reieter cette promesse. Alors ils me dirent qu’ils en taient bien contents, mais que chan t de nourriture ils craignaient ue n'étant si bien nourri comme il était accoutumé, il ne lui arrivât quelque mal dont je pourrais être âché, et que o était la seule cause de leur refus.
Je leur fis réponse que pour la vie qu’ils faisaient et des vivres dont ils usaient, le dit pos s'y acoommoderait, et que si per maladie ou fortune de
erre il lui arrivait quelque mal, cela ne m'empserait de leur vouloir du bien, et que nous étions tous sujets aux accidents, qu'il fallait prendre en patience ; mais que s' ils le traitaient mal et qu'il
— 142 — i — ———— lui arrivât mauvaise fortune par leur faute, j'en serais mal content.
Ils me dirent : puis donc que tu as ce désir, nous l’emmènerons et le tiendrons comme nous autres ; mais tu prendras aussi un jeune homme en sa place qui ira en France. Nous serons bien aises qu'il nous rapporte ce qu’il aura vu de beau. Je l'acceptai volontiers, et le pris (1). II était de la nation des Ochateguins, et fut fort aise de venir avec moi. Cela donna plus de sujet de mieux traiter mon garçon, lequel j'équipai de ce qui lui était nécessaire, et pres les uns aux autres de nous revoir à la fin de juin.
Nous nous séparâmes avec force promesses d'amitié. Ils s’en allèrent du côté du grand saut de la rivière du Canada, et moi, à Québec.
En allant je rencontrai le Pont-gravé, dans le lac St-Pierre, qui m’attendait avec une grande patache (chaloupe) très lourde de nage.
ous nous en retournâmes tous à Québec, et le Forges s’en alla à Tadoussac, pour mettre ordre à quelques affaires que nous avions en ces quartiers-là, et moi je demeurai à Québec attendant le retour de le Pont-gravé À aviser ensemble à ce qui serait nécessaire de faire.
Le 4 de juillet, des Marais arriva à Québec qui nous réjouit fort, car nous doutions qu’il lui arrivé accident sur la mer.
Quelques jours après un prisonnier Iroquois se sauva par la crainte qu'il avait, nonobstant les assurances que lui donnait une femme de sa nation que nous avions en notre logis.
Peu de jours après , le Pont-gravé m'écrivit
1) “J'ai t dit Lescarbot, ce sau de Champlain, nommé PA à à à — garçon et — — se moquait vryant quelquefois deux hommes se quereller sans se battre, ou tuer, gs à œ n'était que des femmes, et n’avaient point de courage. (Liv. v, ch. v.)
r qu il hivernerait en I'habitation. Je lui récrivis que, s’il croyait mieux faire 591 ce que j'avais fait per le passé. il ferait bien. II fit donc diligence e faire apporter les commodités nécessaires pour la dite habitation.
Après que j eus fait parachever la palissade autour de notre habitation, et remis toute chose en état, le capitaine Pierre revint de Tadoussac ; et moi j'y fus aussi . 75 voir ce qui réussirait de la seconde traite. étant je trouvai le dit Pontgr qui me communiqua son dessein, êt ce qui
occasionnerait d’hiverner. Je lui dis À je croyais qu'il n’y profiterait pas beaucoup, selon les apparences certaines qui se pouvaient voir.
II changea donc de résolution, et manda au eapitaine Pierre qu’il revint de Québec 3 quel ques affaires qu'il avait avec lui. Que ques vaisseaux qui étaient venus de Brou apportèrent nouvelles, que monsieur de St-Luc était venu en
Paris, et avait chassé ceux de la reli ion, hors de Brouage, et renforcé la garnison de 80 dats, et s'en it retourné en Cour; et que le Roi avait été tué. (Henri IV assassiné le i
Or après avoir séjourné quatre jours à Tadoussac, le Pont-gravé et moi, nous nous embarquâmes chacun dans une barque et nous laissâmes le capitaine Pierre au vaisseau et emmenâmes du Parc à Québec, où nous parachevâmes l'habitation. Nous résolûmes que du Parc hivernerait à Québec et que le capitaine Pierre reviendrait aussi en France.
ous laissâmes donc du Parc, pour y commander avec 16 hommes, auxquels nous fimes une remon-
trance de vivre tous sagement en la crainte de Dieu, et avec toute l'obéissance qu'ils devaient porter au dit du Parc, qu'on leur laissait pour chef, comme si l'un de nous y demeurait ; ce qu’ils promirent tous de faire et de vivre en paix les uns avec les autres.
Quant aux jardins nous les laissâmes bien garnis d'herbes potagères de toutes sortes, avec de fort beau blé d’Inde et du froment, seigle et orge, qu’on avait semé.
Après avoir vu toutes choses en bon état, nous
artimes de Québec le 8 du mois d’août, pour aller
£ Tadoussac, afin de faire appareiller notre vaisseau ; ce qui fut promptement fait.