CHAPITRE II
Départ de France, et ce qui se passa jusqu’à notre iode au Saut.
arrivée
Je partis de Rouen le 5 mars pour aller à Hon-
fleur, et le sieur l’Ange avec moi, pour m' assister aux découvertes et à la guerre si l’occasion s’en présentait.
Le lendemain 6 du mois nous nous embarquâmes dans le vaisseau du sieur Pont-gravé, où aussitôt nous mimes les voiles au vent, qui était alors assez favorable.
Le 10 avril nous eûmes connaissance du gi and
où l’on mit plusieurs fois les lignes horn sans rien prendre.
15 nous eûmes un grand coup de vent, accom-
6 de pluie et grêle, suivi d’un autre qui dura
eures, si impétueux qu'il fit périr plusieurs vaisseaux à l’île du cap Breton.
Le 21 nous eûmes connaissance du cap Raye.
Le 29, les sauvages Montagnais de la pointe de
Je fus à bord d'eux, accom Ange les sieurs de la Moinerie et la Trem . —
(ANSI and ISO TEST CHART No. 2)
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daient, auxquels je fis lecture de la commission du Roi et des défenses d'y contrevenir sous les peines portées par celle-ci. Ils firent réponse qu’ils étaient sujets et fidèles serviteurs de Sa Majesté, et qu'ils obéiraient à ses commandements ; et dès lors je fis attacher sur le port à un poteau les armes et commission de Sa Majesté, afin qu’on n’en prétendît cause d’ignorance.
Le 2 mai, voyant deux chaloupes équipées pour aller au saut, je m’embarquai avec le dit l’ dans l’une. Nous fûmes contrariés de fort mauvais temps, en sorte que le mât de notre chaloupe se rompit, et si Dieu ne nous eût préservés nous nous fussions perdus, comme fit devant nos yeux une chaloupe de St-Malo qui allait à l’île d' Orléans, de laquelle les hommes se sauvèrent.
Le 7 nous arrivâmes à Québec, où nous trouvâmes ceux qui y avaient hiverné, lesquels nous dirent que l’hiver n’avait point été grand, et que la rivière n’avait point gelé.
Le 13 nous partimes de Québec pour aller au saut St-Louis, où nous arrivâmes le 21, et y trouvâmes l’une de nos barques qui était partie depuis nous de Tadoussac, laquelle avait traité quelque peu de marchandise, avec une petite troupe F quins, qui venaient de la guerre des Iroquois, et avaient avec eux deux prisonniers. Ceux de la barque leur firent comprendre que j'étais venu avec nombre d'hommes pour les assister en leurs guerres; et que je désirais aller en leur pays et faire amitié avec tous leurs amis ; de quoi ils furent fort joyeux. Ils voulurent retourner en leur pays pour assurer leurs amis de leur victoire, voir leurs femmes et faire mourir leurs prisonniers en une solennelle tabagie. Pour gage de leur prompt retour ils laissèrent leurs rondaches, faites de bois et de cuir et
une partie de leurs arcs et flèches. Ce me fut un grand déplaisir de m etre trouvé à propos pour m' en aller avec eux en leur pays
Trois jours après arrivèrent trois canots d’Algoumequins qui venaient du dedans des terres, chargés de 8 peu de marchandises, qu ils traitèrent, lesquels me dirent que le mauvais traitement qu’avaient reçu les sauvages l’année précédente les avait dégoûtés de venir plus, et qu'ils ne croyaient pas que je dusse retourner jamais en leur pays, pour les mauvaises impressions que mes envieux leur avaient aonnées de moi; et pour ce 1,200 hommes étaient allés à la guerre, n’ayant plus d’espérance aux Français.
Ces nouvelles attristèrent fort les marchands, car ils avaient beaucoup de marchandises, espérant que les sauvages viendraient comme de coutume: ce qui me fit résoudre, en faisant mes découvertes, de pue en leur pays, pour encourager ceux qui
taient restés du bon traitement qu’ils recevraient, et de la quantité de bonnes marchandises qui étaient au saut, et de l’affection que j'avais de les assister à la guerre. Et pour ce faire je leur demandai 3 canots et 3 sauvages pour nous guider. Jen obtins 2 et 1 sauvage ,et ce moyennant quelques présents.