EN LA NOUVELLE-FRANCE FAIT EN L’ANNEE
L'extrême affection que j'ai toujours eue aux découvertes de la Nouvelle-France, m'a rendu de plus en plus désireux de traverser les terres, pour avoir une parfaite connoissance du pays, par le moyen des fleuves, lacs et rivières qui y sont en ges nombre, et aussi reconnoître les peuples qui y habitent, avec le dessein de les amener à connoître Dieu. À quoi j'ai travaillé continuellement + = quatorze à quinze ans sans pouvoir avancer de fort peu mes desseins pour n’avoir été assisté comme il eût été nécessaire à une telle entreprise.
Depuis, Sa Majesté ayant remis et ou la surintendance de cette affaire entre les mains e Mgr le Prince de Condé, pour y apporter l'ordre, et que le dit sieur, sous l’autorité de Sa Majesté, nous maintenoit contre toutes sortes d’ennuis et altérations, qui provenoient de certains malveillants. Cela, m'a comme animé et redoublé le courage en la continuation de mes découvertes en la Nouvelle- France; en augmentant celles-ci je poussai plus avant dans les terres fermes.
Ayant reconnu, aux voyages précédents, qu’il 7 avoit quelques peuples amateurs de labourage de a
à la connoissance de Dieu. Pour y suis efforcé de ui eussent le ur l’avis du sieur Houël, Général
trôleur Salines de
sai au Provincial des Pères Récollets, le Révérend Père Chapouin, homme fort peux, qui commença louer ce dessein et à le prendre en ection, promettant de faire ce qui seroit en son pouvoir.
Le Révd Père en arla à Monseigneur le Prince de Condé et à tous essieurs les Cardinaux et évéques alors assemblés à Paris pour les Etats-Généraux (1614) qui tous ensemble louèrent et approuvèrent ce dessein, et montrer qu'ils y étoient portés, assurèrent le dit Provincial qu'ils trouveroient entre eux et ceux de la Cour, un moyen de leur faire un petit fonds et leur amasser quelque argent Pour assister quatre religieux qui furent choisis pour l'exécution d'une si sainte œuvre.
Les aumônes qu'on amassa pour fournir aux frais de ce voyage, se montèrent à près de quinze cents livres, qui furent mises entre mes mains, et servirent à l’achat des choses nécessaires tant pour la nourriture des Pères qui feroient le voyage en la dite Nouvelle France, qu habits, linge et ornements 2 avoient besoin pour faire et dire le service
vin.
Les Pères religieux qui furent nommés et désiés pour cette sainte entreprise, étoient le Père nis, pour Commissaire, Jean Dolbeau, Joseph le
aron, et Pacifique Duplessis.
Je partis de Paris, le dernier jour de février 1615 pour aller à Rouen t
entr’autres choses le dési Pères religieux fissent le voyage,
malaisément les affaires du pourroient venir 89 à quelque perfeotion — * 4
de leur
ure.
Lesdits Pères arrivèrent à Ronen le vingtième jour de mars et de I fûmes à Hoaflour pour nous
embarquer.
Le 24 d'avril, nous embarquâmes sur le vaisseau appelé St-Etienne avec 2 pères et 2 frères Récolets, lequel était commandé par Pont-gravé et
sans rencontre de glace, grâce à Dieu, jusqu'à Tadoussac.
On mit les hommes en ur accommoder — barques, afin d' aller à Que hr au grand saut Louis.
Cependant j'étais demeuré à Québec pour donner ordre à ce qui dépendait de l'habitation, tant pour le logement des Pères religieux que construction d’une
apelle, pour y dire la messe. Je m'embarquai pour aller au dit saut, avec le Père Denis qui était arrivé ce même jour de Tadoussac avec le sieur Pont-gravé. |
Les Pères Jean et Pacifique restèrent à Québec ur accommoder leur chapelle et donner ordre 4 ur logement, lesquels furent grandement édifiés
d’avoir vu le lieu tout autrement qu'ils ne s'étaient prod ge y Co cinq ous arriv. r ,
lieues au-dessous du saut St-Louis,où étaient descen-
dus les sauvages. Le contentement des Pères reli-
Lu = de voir une si grande quantité d'hommes forts ustes.
vâmes le Père Joseph 3 de
ses consentir étant poussé du zèle de que voyant pe Len voulus plus urner et il partit avec ce r d’y annoncer le remier le nom de Dieu, ayant grand contentement souffrir Las, chose pour le nom et la gloire de Notre-Seigneur J.-C.
Aussitôt arrivé au
nisme.
Nous les fimes donc tous sssembler pour leur ire nos volontés, lesquelles entendues, ils no- promirent de nous fournir 2,500 hommes de guerre, qui feraient merveilles, et qu’à cette fin je menasse le plus d’hommes qu’il me serait possible. Ce que je eur promis faire, étant fort aise de les voir 81 bien décidés. Lors je commençai à leur découvrir les moyens qu'il fallait tenir pour combattre, à quoi ils renaient un singulier plaisir, avec démonstration une bonne espérance de victoire.
Et le jour suivant, jepartis de là pour retourner à la rivière des Prairies, où étant avec 2 canots de sauvages je fis rencontre du Père J oseph qui retournait à notre habitation, avec quelques ornements
— , d' lise pour célébrer le saint sacrifice de la messe, are chantée sur le bord de la dite rivière, ave,
le Rév. Père Denis, et Père
ornements qui leur choses qu ils n'avaient jamais vues.
J'arrivai à
Jean et le Père Pacifique en bonne disposition, qui, leur per firent — devoir au dit lieu d eppeder
messe le 25 baignés de
armes par un effet de la consolation intérieure, que Dieu répandait dans leurs âmes. Le Te Deum y fut chanté au bruit de l’art. Jerie, et parmi les cris de joie dont cette solitude retentissait de toute part.
Ayant mis ordre à toute chose au dit Québec, je pris deux avec moi, et m'en retournai À rivière des Prairies pour m'en aller avec Ias sau- Vages, et Je partis de Québec le 4 juillet, et le 8 je rencontrai Pont-gravé et le Père nis, qui s’en revenaient à Québec, et me dirent ques les sauvages étaient partis bien fâchés d'autant que je ne devais ne tarder que 4 jours et j en avais retardé 10. Ce qui faisait désespérer ces
ans les deux canots qui étaient avec moi à la poursuite de nos sauvages.
Le 9 du dit mois je m' embarquai avec mon truchement, un homme et 10 sauvages et nous par- Pour retrouver nos sauvages.
— . — Le 26 du dit mois, 1 avoir fait par terre et par les lacs environ 25 lieues, nous arrivâmes aux
cabanes des sauvages où nous séjournâmes deux jours avec eux. Ils nous firent bonne réception et étaient en bon nombre.
Durant le temps que je fus avec eux, le chef de ces peuples et autres des plus anciens, nous trairs plus délicatement possible. Ils étaient bien es.
Après 2 jours nous nous rembarquâmes en nos canots, et entrâmes dans une rivière par où ce lac se décharge, et fimes quelque 35 lieues et descendimes par plusieurs petits sauts, tant par terre que par eau, jusqu'au lac Attigouantan (le lac Huron). Tout ce pays est désagréable, je n’y ai point vu dix arpents de terre labourable. II est bien vrai que
roche du lac des Attigouantan nous trouvâmes du lé d’Inde et des citrouilles qui nous semblèrent bonnes.
Nous fimes rencontre de 300 hommes que nous avons nommés les Cheveux Relevés pour les avoir ainsi et mieux peipués que nos courtisans, quelques fiers et façon qu'ils y puissent apporter. Ce qui semble leur donner une belle apparence, ils sont fort découpés pes le corps, en plusieurs façons. Ils se peignent le visage de diverses couleurs, ayant les narines et les oreilles percées. Quand ils sortent de leur maison ils portent la massue, je les visitai et fis amitié avec eux. Je donnai une hache à leur chef qui en fut très content. Ils ont pour armes : l’arc et la flèche, qu'ils portent ordinairement, et une rondache de cuir de buffle. |
Le lendemain nous nous séparâmes, et continuâmes notre chemin le long du rivage de ce lac, où il y a un grand nombre d'îles et nous arrivâmes en la contrée des Attigouantan à un village appelé
——.ññ— ——
Otoüacha et d’un pays fort beau, accompagné de force collines et 6 ruisseaux, qui rendent ce territoire e.
Le lendemain je fus à un autre village appelé n
Le clef me pria d'y séjourner, ce que je ne pus lui acoorder. Le lendemain je partis de ce vill pour aller à un autre appelé Touaguarinchain, où nous fûmes reçus fort aimablement par les habitants du dit lieu.
De là, je me fis conduire à Carhagouha où se trouvait le Père Joseph et que nous trouvâmes en bonne santé. Le 12, je Rév. Père célébra la sainte messe,
Je partis ensuite pour le village de Cahiagué où devait être le rendez-vous de toute l’armée, distant de Carhagouha de quatorze lieues, et partimes de ce village le 14 d'août, avec dix de mes compagnons.
Le 17 d’août j’arrivai à Cahiagué, où je fus reçu avec grande allégresse et reconnaissance 5 tous
essein
vé cette opportunité, savoir des nouvelles de
ce érès plus grande partie de nos gens assemblés nous partimes du village le ler septembre, et pas-
sâmes sur le bord d’un petit lac où les sauvages mettent leurs filets et prennent force poisson.
Nous séjournâmes quelque peu en ce lieu pour attendre le reste de nos sauvages, où étant tous assemblés avec leurs armes, farine et choses nécessaires, on se délibéra de choisir les hommes les plus robustes pour aller donner avis de notre départ à ceux qui nous devaient assister de 500 hommes pour nous joindre, afin qu’en même temps nous nous trouvassions devant le fort des ennemis. Cette délibération prise, ils dépêchèrent deux canots avec 12 sauvages et l’un de mes truchements qui me pria lui permettre faire le voyage, ce que facilement je lui accordai, puisque de sa volonté il y était porté, et par ce moyen verrait leur pays et pourrait reconnaître les peuples qui y habitent. Le danger n’était pus petit, d' autant qu'il fallait passer par le milieu
ennemis. Ils partirent le 8. Nous continuâmes notre chemin vers les ennemis et fimes quelque 5 à 6 lieues dans ces lacs, et de là les sauvages portèrent leurs canots environ 10 lieues par terre, puis continuâmes notre route jusque sur le bord du lac des Entouhonorons et nous passâmes à l’autre côté du lac, vers les terres des ennemis. Les sauvages cachèrent leurs canots dans les bois proches du rivage : nous fûmes par terre quelque 4 lieues. Tous les canots étant cachés nous continuâmes notre chemin durant quatre journées.
Le 9 d’octobre, nos sauvages allant pour découvrir rencontrèrent 11 sauvages qu’ils firent prisonniers, à savoir : 4 femmes, 3 garçons, 1 fille et 3 hommes. Un des chefs voyant ces prisonniers coupa le doigt à une de ces pauvres femmes pour commencer leur supplice ordinaire; sur quoi je survins et blamai le capitaine Yroquet, lui représentant que ce n'était l’acte d'un guerrier, comme il se disait
être, de se porter cruel envers les femmes, qui n'ont de défense que leur faiblesse.
tant leurs morts et blessés en cette charge, et nous fimes la retraite avec 5 des nôtres blessés, dont l’un mourut.
espéraient que le dit jour les 500 hommes romis viendraient, ce dont on se doutait et affligeait fort nos sauvages. Mais voyant qu'ils étaient en assez
sai d’attaquer le dit fort, leur remontrant que les ennemis ayant reconnu leurs forces, et de nos armes,
qui perçaient ce qui était à l'épreuve des flèches, ils commencèrent à 75 barricade.
Nous nous approchâmes pour attaquer ce village, faisant porter notre chevalet par 200 hommes, qui le posèrent devant le village, à la longueur d’une
ique, où je fis monter 3 arquebuses, bien à couvert
es flèches. Cependant l'ennemi ne laissa pas de tirer un grand nombre de flèches. Néanmoins la multitude infinie des coups d’arquebuse les contraignirent de déloger, et d'abandonner leurs galeries, par le moyen d’un chevalet qui les découvrait. Et comme on portait le chevalet, au lieu d’apporter les mantelets par ordre, et celui où nous devions mettre le feu, ils les abandonnèrent et se mirent à crier contre leurs ennemis, en tirant des coups de flèches dedans le fort qui, à mon opinion, ne faisaient pas beaucoup de mal aux ennemis. Mais il faut les excuser, car ce ne sont pas gens de guerre, et d’ailleurs ne veulent ni discipline ni correction, et ne font que ce qui leur semble bon. C’est pourquoi un d'entre eux mit le feu au bois tout au rebours et contre le vent, tellement qu’il ne fit aucun effet.
Le feu passé, les sauvages commencèrent à apporter du bois contre les palissades, mais en petite quantité qui fut cause que le feu fit peu d'effet ; aussi, le * survint entre ce peuple, tellement 2 ne se pouvait entendre; ce qui m' affligeait
ort, j’avais beau crier à leurs oreilles et leur remontrer le danger où ils se mettaient par leur désobéissance. ils n'entendaient rien, et voyant que o était me r apre la tête que de crier, et que mes remontrances étaient vaines, je me résolus avec mes gens de faire ce qui serait possible, et tirer sur ceux que nous pourrions apercevoir. Cependant les ennemis faisaient profit de notre désordre, ils allaient à l’eau et en jetaient en telle abondance qu’ils se ren-
dirent maîtres du feu, sans pour cela cesser de tirer des coups de flèches, qui tombaient sur nous comme grêle. Ceux qui étaient sur le chevalet en tuèrent et estropièrent beaucoup. Nous fûmes trois heures en ce combat et nous eûmes deux de nos chefs et des
rincipaux blessés et quinze autres aussi blessés. 75 autres voyant leurs gens blessés commencèrent à pores de retraite, attendant les 500 hommes qui
evaient venir, et ainsi se retirèrent.
Au reste, les chefs n’ont point de commandement absolu sur leurs Upagnor:, qui suivent leur volonté et font à leur fantaisie, qui est cause de leur
rdre, et qui ruine toutes leurs affaires.
Nous nous retirâmes en notre fort, moi blessé de deux coups de flèche à la jambe. Et étant tous assemblés, je leur fis plusieurs remontrances sur le
qui s'était passé, mais bien inutilement.
Le lendemain il fit un vent im tueux fort favorable pour mettre le feu au fort es ennemis ; sur ge je les pressai fort, mais ils n’en voulurent rien aire.
Nous fûmes a jusqu’au 16 d'octobre où durant ce temps il se fit quelques escarmouches entre les ennemis, et les nôtres qui demeurèrent souvent engagés parmi les ennemis, plutôt par leur imprudence que faute de courage, nous assurant qu’il nous fallait, à toutes les fois qu’ils allaient à la charge les aller pair et les dégager, ne pouvant se reti- 8 qu’à la faveur de nos arquebuses qu'ils redoutent ort.
Quelques jours après rs que les 500 hom-
mes ne venaient point, nous fîmes retraite et emportâmes nos blessés,
ennemis nous poursuivirent environ une demi-lieue , mais de loin, pour essayer d’attrapper quelques-uns de l’arrière-garde.
———————————— mm —…
Tout ce que j ai vu de bon en leur , C’est qu'ils font retraite fort sûrement, mettant les bles. sés et les vieux au milieu d'eux, étant sur les côtés, le devant et l'arrière, bien armés et arrangés de façon qu'ils vont ainsi sans rompre leur ordre jusqu à ce qu'ils soient en sûreté.
Le 18 du dit mois il tomba force neige et grêle, avec un ee vent. Néanmoins nous arrivâmes au lieu où étaient cachés nos canots et nous les retrouvèmes tous, et étant tous assemblés je les 2 de me ramener à notre habitation et pour oe faire me donnèrent 4 hommes qui s offrirent volontairement.
Mais quand il fallut pee ils ne trouvèrent point de canot parce que chacun avait besoin du sien, et n’en ayant pas plus ‘qu'il ne leur en fallait. Cela m' aſfligea fort, mettant en doute quelque mauvaise volonté, d autant qu ils m’avaient promis de me ramener et conduire jusqu’à notre habitation, après leur guerre, et comme j'étais blessé, j'étais fort mal accommodé Le hiverner avec eux, car autrement je ne m’en fusse pas soucié ; et ne pouvant rien faire, il fallait se résoudre à la patience. Mais après quelques jours je reconnus que leur dessein était de me retenir avec mes compagnons en leur Pays; tant pour leur sûreté, craignant leurs ennemis, et pour leur conservation.
Le 33 28, les uns allèrent à la chasse, les autres à la pêche et les autres à se retirer en leurs villages, et pour mon logement il y eût un nommé Durantal (Atironta) l’un des grands chefs qui me fit l'offre de sa cabane, vivres et commodi Et après avoir traversé le bout du lac, nous entrâmes dans la rivière Cataracoui et nous fûmes en un certain endroit où nos sauvages jugeaient qu’il y avait des cerfs en quantité. Ils s’assemblèrent 25 sauvages, et bâtirent 3 cabanes de pièces de bois, accommodées l’une sur l’autre.
l’espace de 19 jours, ce n’était Pas sans beaucoup de peine et travail, tant pour les sauvages qui étaient chargés de 100 livres t, et moi-même qui avait 20 livres qui à la ſongue m importunaient fort. Quant à eux, pour traverser plus aisément les glaces, ils ont coutume de faire des traînes de bois sur lesquelles ils mettent leur charge et les tirent ainsi sans diffculté.
Enfin le 20 du dit mois, nous arrivâmes à notre village, où le capitaine Yroquet vint hiverner avec ses Compagnons et son fils, qu’il amena pour faire traiter, lequel allant à la chasse, avait été fort maltraité par un ours.
étant re quelques jours je me délibérai d'aller voir le Père Joseph, et de 1à voir les peuples en hiver.
Je partis de ce village le quatorzième de janvier en suivant, après avoir remercié mon hôte du bon traitement qu’il m avait fait, espérant ne le revoir de trois mois, et pris congé de lui.
Le lendemain, je vis le Père J oseph en sa petite maisonnette où il s'était retiré, je demeurai avec lui quelques jours se trouvant en délibération de faire un voyage aux gens du Pétun comme j'avais délibéré, bien qu’il soit fâcheux de voyager en temps d'hiver, et partimes ensemble pour . vers cette nation. Ces peuples du Pétun sèment le maïs et ont leur demeure arrêtée comme les autres. Nous fûmes en sept autres villages, leurs voisins et alliés, avec lesquels nous contractômes amitié ; ils nous promirent de venir un bon nombre à notre habitation. Ils nous firent bonne chère et présent de chair et poisson, tous les peuples accouraient de toutes parts Pour nous voir, en nous faisant mille démonstrations d’amitiés et nous conduisaient en la plupart des chemins. Le pays est rempli de côteaux, et peti-
mms tes cam qui renden — À bâtir deux assâmes
40 sauv Relevés, avec l
plus qu aimab
Pour une autre fois, n’étant choses nécessaires. I] y a aussi une autre nation de
quatre vers l'Occident du lac des i lieues d-
rie, encore que souvent ils boivent et ble comme s ils d’aller voir
et tenu comme son fi entrés en aller tuer
exécuté en la présence des principaux de la nation Al 1 qui indi tu
uels offensèren quet fut blessé de deux
sans qu'ils se uins pour avoir la » furent contraints Fons aux 3 cinquante colliers de porcelaine, avec cent brasses de ce e- oi: ce q ils t de grande valeur parmi eux, et un grand nombre de chaudières et haches, avec deux femmes prisonnières en la place du mort ; bref ils furent er. issension, c'était aux umequins de souffrir patiemment cette grande furie et pensèrent être tous tués, n'étant pas bien en sûreté, jusqu’à ce qu'ils se vissent en un autre état. Ces nouvelles m'affligèrent fort, me représentant l'inconvénient qui en pourrait résulter, tant Pour eux que pour nous 8 étions en leur pays.
e rencontrai deux sauvages de notre grand village, qui me sollicitèrent fort d'y aller, pour les mettre d'accord, me disant que si je n’y allais, aucun d'eux ne reviendrait plus vers les Français, ayant guerre avec les Algoumequins, nous tenant pour leurs amis. Ce que voyant je m’acheminai aussitôt, et en passant je visitai les Pisiérinii pour savoir quand ils seraient prêts pour le voyage du
ord que je trouvai rompu pour le sujet de ces querelles et batteries, ainsi que notre Truchement me fit entendre, et que le capitaine Yroquet était venu à toutes ces nations pour me trouver et m'entendre. II les pria de se trouver à l’habitation des Français en me temps que lui, pour voir l'accord qui se ferait entr’eux, et les Atignouaatitans, et qu'ils remissent le dit voyage du Nord à une autre fois; et pour cet effet le dit Yroquet avait donné de la porcelaine pour rompre le dit voyage, et à nous ils promirent de se trouver à notre dite habitation, au même temps qu'eux. Je fus bien affligé, m’attendant bien de voir en cette année, ce qu’en plusieurs autres précé-
ms
dentes j'avais recherché avec beaucou de soin et de D e 4 t fort ma vie. Et V pouvoir er, et que tout
en
nos gens, et étant arri 2 comme ter
tout s'était
pour ne leu
soupçon. Deux jours a rent me trouver, lesqu ques discours
agréab
suj
représentai et demeurer
ensemble, résister : cas i assent point intention de suivre de sur ce ur quoi ils me dirent qu’ils n’avaient iré mon retour que pour suivre mon avis. Et moi, jugeant que si je ne les mettais d'accord, et en paix, ils sortiraient mal contents les uns des autres, cha-
cun d'eux pensant avoir le meilleur droit si je ne pre nais la charge et conduite de leurs affaires. Je leur dis que mon intention était d'aller avec mon hôte, 17 m'avait toujours bien traité et que je pourrais
ificilement en trouver un si bon, car c'était en lui que les Algoumequins mettaient la faute, disant qu'il n’y avait que lui de capitaine qui fit prendre
les armes. Plusieurs discours se passèrent tant d'une 7 Le d'autre, et la fin fut, que je leur dis, ‘après leur discours de remettre le tout à ma ls volonté, comme à leur père, me promettant qu’à 1 l'avenir je pourrais disposer d eur ainsi que bon me 4 semblerait pour le bien et utilité des peup es. 45 D'un autre côté, j
nous considérions comme le nôtre, et que cette mort + aurait pu causer une grande désolation, dont il se "1 fut suivi des guerres perpétuelles entre les uns et 9 les autres, avec plusieurs grands dommages et alté- . ration de leur amitié, et par conséquent les gen privés de leur fréquentation et coutraints d'aller r d’autres nations, et ce d autant que nous nous airaions comme frères, laissant à notre Dieu le 4 | châtiment de ceux qui l’auraient mérité.
Je commençai à leur dire que ces façons de faire entre &=1x nations, amis et frères, comme ils se disaient, étaient indignes entre des hommes raison- 90 nables: D'autre part, que leurs ennemis voyant leur f division se réjouiraient et les pousseraient à faire de nouveaux et pernicieux desseins sur l'espérance de voir bientôt leur ruine, ce qui serait le vrai moyen i pour se rendre maîtres de leur contrée. 4 Que pour la mort d' un homme ils en mettraient 4 dix mille en danger de mourir, et le reste de rester f en perpétuelle servitude, bien qu’à la vérité un { homme était de grande conséquence mais qu il fal- i lait regarder comme il avait été tué, et considérer * que ce n’était pas de propos délibéré, ni pour commencer une guerre civile parmi eux, et que le mort avait commencé le premier en ce que de propos déli- . béré il avait tué le prisonnier dans leurs cabanes, bien qu’il fut leur ennemi. Ce qui offensa les Algoumequins, Car voyant un homme si téméraire de tuer un autre en leur cabane, auquel il avait donné la
liberté, ils se fâchèrent fortement ne se pouvant tenir ni commander à leur colère, ils auraient tué cet homme dont il est question, mais pour cela ils
n’en voulaient nullement à toute la nation.
Et d’ailleurs qu’il fallait bien remarquer que Entouhono deux coups dans le ven sa plaie, que i donna deux
pensé leur eussent do
t sujet, maintena
qu'ils devaient se gouverner plus les Algoumequins, qui sont de 3 ils m avaient promis to
ration, je les priais les uns les tout ce qui s'était passé entre e ‘ 7 ge ni en porter aucune hai mauvaise volonté les uns envers les autres et demeurer bons amis comme auparavant, et ce faisant qu' ils nous obligeraient à les aimer, et les assister comme 1 fait par le passé et qu ils n'ẽtaient contents de mon avis, de se trouver le plus grand nombre d’entre eux qu’ils pourraient à notre habitation, où devant tous les capitaines des vaisseaux on confirmerait davantage cette amitié, pour les garantir de leurs ennemis, à quoi il fallait penser.
lors ils dirent que j avais bien rase et qu’ils
tiendraient tout ce que je leur avais dit, et tous con-
tents, s’en retournèrent à leurs cabanes, sinon les Algoumequins qui firent retraite en leur village, mais selon mon opinion ils Paraissaient n’être pas contents, d’autant 3 disaient entre eux qu ils ne viendraient plus hiverner en ces lieux.
Pour moi, je m'en retournai chez mon hôte, à qui je donnai le plus de Courage possible, afin de le écider à venir à notre habitation, et d'y amener
parler de la situation du Nouvelle-France, et non Hurons). L'étendue de 450 lieues de long et de
ans les autres, urent et dans les
us que le côté guerre les uns
contre les autres. Le pays y est fort agréable, beaucoup plus que le côté du Septentrion.
our ce qui est du côté de l’Orient ils sont assez connus, d' autant 1 À * mer Océan borne ces côtés-là, à savoir: or, Terre-Neuve, Cap Breton, Acadie, lieux assez connus, en ayant traité dans mes voyages précédents.
La contrée des Atigouantans contient 18 villages, dont six sont clos et fermés de palissades de bois à triple rang et au-dessus ils ont des galleries gere de pierres et d’eau, pour tuer et éteindre le
eu que leurs ennemis pourraient appliquer contre leurs palissades.
0 pays est beau et plaisant, ayant la forme et même situation que la Bretagne, étant presque environné de la mer douce et ces 18 villages sont peuplés de deux mille hommes de guerre ce qui avec le commun peut faire 30,000 âmes. Leurs cabanes sont en façon de tonnelles couvertes d’écorces d’arbres, longues de 30 toises environ et dix de large, laissant par le milieu une allée de 10 à 12 pieds de large Ces cabanes renferment 12 feux qui font 24 ménages et il y a force puces et souris. Ils fument fort, ce qui fait que plusieurs en recoivent de grandes incommodités aux yeux, à quoi ils sont sujets, jusqu’à en perdre la vue, n’ayant aucune fenêtre ni ouverture que celle qui est au-dessus de leurs cabanes, par où la fumée sort.
ur vie est misérable, mais heureuse, croyant qu’il ne s’en trouve pas de meilleure.
Leur principal manger est le blé-d’Inde, les fèves qu'ils accommodent en plusieurs façons. Ils font cuire aussi du poisson, mais sans ôter les arêtes, les écailles, ni les tripes, comme nous faisons, mettant le tout dans un pot et le mangeant ainsi.
Les chiens sont bons mets en leurs festins qu’ils
font souvent les uns et les autres, principalement durant l’hiver qu’ils sont à loisir.
Quant à nous autres, nous y avons mal À et jeûné le carême entier pour leur donner bon exemple, mais c'était Ils engraissent aussi des o ans pour faire des festins entre eux.
Néanmoins avec toutes leurs misères je les crois heureux, d’autant qu'ils n’ont autre am ition que de vivre, et de se conserver, et sont plus assurés que ns qui sont errants par les forêts comme des bêtes
rutes.
Leurs habits sont de peaux de bêtes sauvages Re arrangent très bien et leurs souliers de peaux
e cerfs, ours et castors, dont ils usent en bon nombre,
Sur tous les peuples, ce sont les Montagnais et Algoumequins qui prennent le plus de peine pour leurs vêtements, ils mettent à leurs robes des poils de 8 qu'ils teignent en écarlate.
La plupart se peignent le visage noir et rouge
u ils démêlent avec de l’huile ou bien de la graisse
ours, aussi les cheveux qu’ils portent longs et les uns Courts et quelquefois d’un côté seulement. Les femmes et les filles sont vêtues comme les hommes, elles ne sont point honteuses de montrer le corps, à savoir depuis la ceinture en haut et depuis la moitié des cuisses en bas, ayant toujours le reste couvert et sont chargées de quantité de porcelaine, tant en colliers, que chaînes qu’elles mettent devant leur robe, ndant à leur ceinture, bracelets et pendants oreilles, ayant les cheveux bien peignés, peints et aissés, et ainsi s'en vont danser, n' oubliant rien
e ce qu’ils peuvent pour s’embellir.
Tous ces peuples sont d’une humeur assez joviale, et bien proportionnés de leur corps, mais les enfants sont fort libertins parce que les pères et mères les flattent trop, et ne les châtient pas du
tout, aussi sont-ils si méchants et de de nature que souvent ils battent leurs mères, leurs pères et tous autres qui s'opposent à leur volonté.
Ils ne reconnaissent aucune divinité, ils n’adorent ni ne croient en aucun Dieu; ils vivent comme bêtes brutes, ils ont bien quelques respects au diable du moins en apparence, car lorsqu'ils voient un homme faisant quelque chose d’extraordinaire, ou est plus habile que le commun, ou en furie comme hors de la raison et de soi-même, ils l’appellent Oqui, comme si nous disions un grand diable.
uoi que ce soit, ils ont de certaines personnes, qui font les Oquis ou Manitous, ainsi appelés par les Montagnais et les Algoum uins, et cette sorte de gens sont médecins pour guérir les malades et blessés, prédire les choses futures, au reste toute illusion 2 diable pour les tromper.
Mais je crois leur instruction facile et les amener à la reconnaissance du vrai Dieu si avec les religieux il y avait des gens pour les maintenir et assister. II faudrait de bonnes gens pour les tenir en devoir et leur faire oublier et supprimer leurs sales coutumes et leurs libertés inciviles, et avec douceur les contraindre à faire mieux et par bons exemples les porter à la correction de leur vie. Le Père J oseph er moi les avons maintes fois entretenu sur ce qui était de notre foi, lois et coutumes, ils écoutaient avec attention nous disant quelquefois: Tu dis chose qui dépasse notre esprit, et que nous ne pouvons comprendre. Mais si tu veux amener femmes et enfants en ce pays, nous verrons comme tu sers ce Dieu que tu adores, et de la façon que tu vis avec ta femme et tes enfants, comme tu ensemences la terre, et obéis aux lois de ton pays et de ton Dieu: Ce que voyant, nous pme plus en un an qu’en vingt à écouter des discours, et si nous ne pouvons com-
pu tu prendras nos enfants qui feront comme es tiens.
Leur discours me semblait d’un bon sens naturel, qui montre le désir qu’ils ont de connaître Dieu. C'est grand dommage de laisser perdre tant d’hommes sans leur porter secours qui ne peut venir sans l'assistance des rois, princes et ecclésiasti ues qui, seuls ont le pouvoir de ce faire,car un jour ils répondront devant Dieu de la perte de tant d’âmes qu ils laissent périr par leur avarice: or ce sera à Dieu de leur en faire LÀ grâce, pour moi j'aime mieux aujourd hui que demain, pour la plus grande gloire de
ieu, l’honneur de mon Roi, et le bien et réputation de ma patrie.
Chaque ménage vit de ce qu'ils peut semer et pêcher.
Les femmes ont le soin de semer et cueillir et font les provisions de bois pour l'hiver. Chaque ménage est fourni de ce qui lui est nécessaire et si une
écident tout ce qui est de besoin pour le village. Ils n'ont point de chef absolu mais se soumettent aux avis des anciens et capitaines.
Pour les châtiments, ils n’en usent int, mais ils font tout à la prière des anciens. Quant aux guerres qu'ils entreprennent, deux ou trois anciens ou eg vont aux Le ee circonvoisins faire re leurs volontés, en donn
ceux des dits vill pour les obliger d'y aller, et ainsi sont comme = >
rtance dont ils ont l’honneur s’ils font bien et le déshonneur s' ils font
mal, à savoir la victoire et le Courage n' ayant vu ni
reconnu, autres que ces capitaines pour chefs de ces nations.
Pour leurs défunts, ils prennent le corps, l’enveloppent de fourrures, le couvrent d’écorces d' arbres, l’élèvent sur 4 piliers sur lesquels 118 vatissent une cabane de la longueur du corps qu’ils couvrent d’écorces d’arbres et de terre. Or il faut savoir que ce n’est que pour un temps, comme de 8 ou 10 ans, que les corps sont ainsi inhumés, car les gens des villages aviseront le jour et le lieu où doit se faire la cérémonie, ou pour mieux dire, ils iennent un conseil général où tous =:ux du pays assistent pour dcs gner le lieu où se doit faire la fête. Ceci fait, chacun retourne à son village et prennent tous les ossem: nts des défunts, qu’ils nettoyent fort nets, puis, tous les parents et amis des défunts, prennent les dits os avec leurs colliers, fourrures, haches, chandières et autres choses qu' ils estiment de valeur, avec quantité de vivres qu'ils portent au lieu destiné, et étant tous assemblés, ils mettent les vivres en un lieu, où ceux de ce village en ordonnent, faisant des festins et danses continuels pendant 10 jours que dure la fête, et pendant celle-ci les autres nations de toutes parts y abondent, pour voir cette fête et les cérémonies qui s’y font. Or, par le moyen de ces cérémonies, comme danses, festins et assemblées, ils contractent nouvelle amitié entre eux, disant que les os de leurs parents et amis, sont pour être mis tous ensemble et qu’ainsi que leurs os sont assemblés en un même lieu, eux aussi doivent être mis en concorde, comme parents et amis sans pouvoir s’en séparer. Ces os étant ainsi mêlés ensemble, ils font une
grande fosse dans laquelle ils mettent ces dits os avec les colliers, chaînes, haches, chaudières, épées, couteaux, et toutes autres choses et couvrent le tout de terre. Voilà la façon dont ils usent pour les morts.
encres — —
gs
Depuis le mois de décembre jusqu’à la fin de danses
EPF eee
mars ils font force quelquefois 500 personnes et en certains jours ils
ettent à côté de celui qui a rien donné, et sans dire mot ils s’en vont en chantant.
Les femmes filent le chanvre et pilent des farines
Les hommes font des rêts pour pêcher et pren- 4
dre le poisson en hiver comme en été. | L'hiver commence au mois de novembre et dure
jusqu’au mois d’avril et ils le Passent comme j ai dit
ci-dessus.
Le 22 d’
; sn nous dirent l’avoir 6 | laissé en chemin, et s’en était retourné au vill 1 RE considérations qui l'avaient engagé à 6 ce faire.
les qu’i j'étais mort.
Nous vimes aussi tous les Pères religieux, lesquels aussi furent fort con
tents de nous revoir, enous d' autre part, nous ne l'étions pas moins.
Toutes réceptions faites, je me disposai de partir pour notre habitation et y menai mon hôte Arontal avec moi, ayant pris congé des autres sauvages et après que je les ai eu assurés de mon affection et qu’à l'avenir je les assisterais comme par le passé, les priant d'oublier toutes les disputes qu’ils avaient eues ensemble, ce qu’ils me promirent.
Nous partimes et arrivâmes à notre habitation le 11 juillet où je trouvai tout le monde en bon état, et tous ensemble rendîmes grâces à Dieu, avec nos Pères religieux, qui chantèrent le service divin, en le remerciant du soin qu’il avait eu de nous conserver, et préserver de tant de périls et dangers, où nous nous étions trouvés.
Après ces choses et tout étant en repos, je me mis en devoir de faire faire bonne chère à mon hôte d’Arontal, lequel admirait notre bâtiment, et façon de vivre, et nous ayant bien considéré il me dit en particulier qu’il ne mourerait jamais content, qu’il ne vit tous ses amis venir faire leur demeure près de nous pour apprendre à servir Dieu, et notre manière de vivre qu’il estimait infiniment heureuse en regard de la leur, et qu’ils apprendraient mieux par la vue que par discours I' usage de nos arts, sciences et métiers, que leurs enfants qui sont jeunes se pourront
i nt faire et que pour l’avancement de cette œuvre nous fassions une autre habitation au Saut St- Louis pour leur donner la sûreté du passage de la rivière, et qu’aussitôt que nous aurions bâti une maison ils viendront en nombre à nous pour y vivre comme des frères : ce je leur promis au plus tôt qu’il nous serait ible.
Et après avoir demeuré quelques jours ensemble je lui donnai quelques honnêtes dons, le priant de nous aimer toujours et de revenir à notre habitation avec ses compagnons et ainsi s’en retourna content au Saut St-Louis, où ses compagnons l’attendaient.
Après le départ d’Arondal, nous fûmes bâtir, fortifier et agrandir notre habitation d’un tiers au moins et fimes le tout bien bâtir de rhaux et sabl.. Pères Denis et 2 se délibérèrent de s’en revenir en France pour témoigner par deca tout ce qu ils avaient vu, et l'espérance qu'ils avaient de la conversion de ces peuples qui n’attendsient d' autres secours que l’assistance de ces bons religieux pour être convertis et amenés à notre foi et re gion catholique. =
Etant sur le point de notre départ, nous laissâmes deux de nos religieux à notre habitation, à savoir, le Père Jean d’Olbeau et le Père Pacifique
1) fort contents du temps qu'ils avaient assé au
it lieu, et résolus d'y attendre le retour du Père Joseph qui les devait venir voir, comme il fit l’année suivante.
Nous partimes le 20 juillet et arrivâmes à Tadoussac le 23, où le sieur du Pont nous attendait avec son vaisseau dans lequel nous embarquâmes et partimes le 3 d’août et eûmes vent si à propos, que, grâce à Dieu, nous arrivâmes à Honfleur le 20 Septembre, tous en santé et rendimes grâces à Dieu tant de soins qu’il avait eus de nous et de nous avoir tiré de tant de périls où nous avions été ex comme aussi de nous avoir ramenés et conduits en santé, jusque dans notre patrie, le pria t aussi d'émouvoir le cœur de notre Roi et Nos eigneurs de ses conseils, pour y contribuer de ce qui est nécessaire de leur assistance, afin d'amener ces nr sauvages à la connaissance de Dieu, dont l’ onneur reviendra à Sa Majesté, l'accroissement de ses états, l’utilité de ses sujets, et la gloire de Dieu seul auteur de toute perfection. A lui donc honneur et gloire. Amen.
(1) Frère Pacifique.
Voyage de 1617
(Extrait du Père le Clercq et du Frère Sigard.— Premier établissement de la Foi, etc., v. p.
104 et 105.
Le 11 avril 1617, Champlain entreprit un aitre voyage en Canada emmenant avec lui la famiiie Hébert, composée du père, la mère, deux filles et un petit garçon. Le vaisseau fut commandé par le capitaine Morel. La traversée fut longue et orageuse. Arrivés à environ 60 lieues du Grand Banc, nos voyageurs se virent entourés de glaces immenses, que le vent et les courants poussaient avec violence contre le vaisseau. Dans la consternation générale, e Père Joseph voyant que tout le secours humain n'était point capable de les délivrer du mie < demanda très instamment celui du Ciel par les vœux et prières qu’il fit ee gs dans le vaisseau. Il confessa tout le monde. On fut touché de compassion et sensiblement attendri, quand la dame Hébert éleva par les écoutils le 3 petit de ses enfants, afin qu'il reçut aussi bien que tous les autres les bénédictions de ce bon Père. Ils n’échappèrent que par miracle. On avait déjà prié Dieu
ur eux à Québec les croyant morts, lorsque Dieu les élivra et leur donna passage pour Tadoussac, où ils arrivèrent à bon port le 14 de juin, après avoir
13 semaines et un jour en mer dans de conti-
nuelles appréhensions de la mort et si fatigués qu'ils n'en pe ane
Père Joseph monta à Québec pour aller Promptement assurer les hivernants de leur délivrance et comme Dieu avait eu soin deux au milieu de leurs plus grandes aflictions. Champlain monta immédiatement à 3 avec le Père Caron. Le Père Paul resta à Tadoussac, et il célébra la sainte pour la première fois dans une chapelle qu’il à l'aide des matelots et du capitaine Morel avec des rameaux et feuillages.
Le capitaine Morel fit tirer tous les canons de son bord À serons le saint sacrifice, en action de grâce et réjouissance de voir dire la sainte messe où 2: elle n'avait été célébrée, et après les prières
aites, il donna à diner à tous les catholiques et l'après-midi on retourna à la chapelle, chanter les vêpres, de manière que cet âpre désert en ce jour-là fut changé en un petit paradis, où les louanges divines retentissaient jusqu’au ciel. Cette chapelle a subsisté plus de six années sur pied, bien qu elle ne fut bâtie que de perches et de rameaux. Les affaires du capitaine Morel étant expédiées à Tadoussac, on partit pour Québec où la nécessité ae toutes choses commençait à être grande et importune aux hivernants qui ne furent guère soulagés par la venue des barques, qui ne leur donnèrent pour tout rafraîchissement à 50 ou 60 LE dus étaient, qu’une petite barique de lard, laquelle un homme seul porta sur son 5 depuis le port jusqu’à Ihabitation, de manière qu'avant la fin de l'année, ils tombèrent presque tous malades de la faim, et d'une certaine maladie qu'ils appellent le mal de terre, qui fait qu’ils sont misérables et lan- — Le retour du Père Joseph engagea le
ère Dolbeau de passer en France espérant obtenir
messe bâtit
fait de ces messieurs qu'avait été le Père Joseph. Ils recommandèrent le tout à Dieu, sans plus rien attendre des marchands, et faire de leur côté ce qu'ils pourraient, puisqu'il n’y avait plus d'espérance de secours. Ensuite chacun des religieux se roposa un pieux exercice avec l’ordre du R. P. — saire, les uns d aller hiverner avec les Mon ais les autres d’administrer les sacrements aux rans, et ceux qui ne pouvaient davantage chantaient usage e notre Dieu en la petite chapelle, instruisant les sauvages qui les venaient voir et tout ce qui était fonctions de religieux.
endant le voyage du Père Dolbeau, le Père Joseph fit le premier mari qui se fût fait au Canada avec les cérémonies de la sainte église, entre Etienne Jonquet, natif de Normandie, et Anne 8 fille * du sieur Hébert. Ge — u voy avaient en - — à demander au Père — te je Père ean Dolbeau pour l’accompagner en France, espé-
rant aussi que le dit Père serait plus heureux que ses devanciers.
Continuation des Voyages
Et découvertes faites en la Nouvelle-France par le sieur de Champlain, capitaine pour le Roi en la marine du Ponant, l'an 1618.
Au commencement de l’année 1618, le 22 de mars je partis de Paris, et mon beau-frère Eustache Bouillé, fils de Nicolas Bouillé, secrétaire de
chambre du Roi, et de dame Maguerite Alix, âgé de
15 ans et je le menai avec moi à Honfleur lieu ordi-
naire de notre embarquement, où étant après un long
séjour Len — la contrariété des vents, et retoureur
ner en nace et favorables au voyage, nous dans le grand vaisseau que commangravé, et avec un ps, appelé le sieur de la Mothe (Nicolas de la Mothe, le ilin), lequel avait auparavant fait voyage avec les Jésuites en Acadie, où il fut pris par les lais, et par eux mené aux Virginies, lieu de leur habitation : et de temps après le repassèrent en Angleterre, et e là en France, où le désir augmenta de voyager de rechef en la Nouvelle-France, qui lui fit rechercher les occasions en mon endroit, sur je l'avais assuré d'y apporter mon pouvoir, et l’assister envers messieurs nos associés, comme me promettant qu'ils auraient le la rencontre d’un tel personnage, 8 qu il leur serait fort nécessaire aux dits ieux.
Notre embarquement ainsi fait, nous partimes de Honfleur le 24 de mai ayant le vent propre pour notre route, qui néanmoins ne dura que que ques
jours, et changea aussitôt, et fûmes toujours contrariés de mauvais temps, jusqu’au Grand Banc où nous arrivâmes le 3 juin. 15 da dit mois nous nous trouvâmes à l’île Percée. et e jour de St-Jean (24 juin) nous entrâmes av Port de Tadoussac, où nous trouvâmes notre petit vaisseau, arrivé trois semaines avant nous, les gens duquel nous -dirent
ue le sieur de Chènes qui commandait était allé à Québec en notre habitation, et de là devait aller aux 3 Rivières pour attendre les sauvages qui y devaient venir de plusieurs contrées pour traiter comme aussi pour savoir ce 3 devait raire et délibérer sur la mort de deux de nos hommes de l’habitation, qui, | ere mp et par, trahison furent tués par deux méchants Barçons sauvages Montagnais, ainsi que ceux du dit vaisseau nous firent entendre, et que ces deux pauvres gens furent tués en allant à la chasse, il y avait près de deux ans, ayant ceux de
l'habitation toujours cru qu ils s’étaient noyés par le moyen de leur canot renversé sur eux, jusqu’à ce que depuis peu de temps l’un des dits hommes ayant Conçu une haine contre les meurtriers, en aurait averti, et donné l’avis à nos gens de l’habitation et comment ce meurtre arriva, et le sujet de celui-ci, duquel pour aucune considération il m’a semblé à
Propos d en faire le récit et de ce qui se passa alors sur ce sujet.
La cause de l'assassinat de ces 2 pauvres défunts est que l’un des meurtriers fréquentait ordinairement notre habitation, et y recevait mille courtoisies et affections entr autres du sieur du Parc,
ntilhomme de Normandie, commandant lors au dit ébec pour le service du Roi et le bien des marchands de la dite association, qui fut en l’année 1616, lequel sauvage en cette fréquentation ordinaire, par quelque jalousie reçut un jour quelques
mauvais traitements de l’un des 2 morts, qui était serrurier de son art, lequel battit tellement le dit sauvage, qu il lui donna occasion de s’en ressouvenir et ne se contentant pas de l’avoir battu et outragé, il incitait ses compagnons de faire le semblable; ce qui augmenta la haine au cœur du dit sauvage à l'encontre du dit serrurier et ses compagnons, et qui le poussa à rechercher l’occasion de s’en venger, épiant le temps pour ce faire, se comportant néanmoins discrètement sans faire démonstration d’aucun ressentiment ; Et quelque temps après, le dit serrurier et un matelot appelé Charles Pillet, de l’île de Ré, se délibérèrent à la chasse, et coucher 3 ou 4 nuits dehors, et à cet effet prirent un canot et partirent de Québec pour aller au cap Tourmente, où grande quantité de gibier, et d'oiseaux faisaient leur retraite, ce lieu étant proche de l’île d'Orléans et distant de Québec de 7 lieues environ lequel départ fut incontinent découvert par les sauvages, qui ne tardèrent guère à se mettre en chemin pour les suivre et exécuter leur mauvais dessein.
IIs épièrent où le dit serrurier et son compagnon iraïent coucher, afin de les surprendre ; O0 qu ayant reconnu le soir, et le matin à l' aube du jour, les dits sauvages se glissèrent doucement le ong de certaine prairie assez agréable, et arrivés À une pointe proche du gîte de nos deux hommes et de leur canot, mirent pied à terre, et se jetèrent en la cabane, où avaient couché nos gens, et où ils ne trouvèrent que le serrurier, qui se préparait pour aller chasser, un des sauvages s’approcha de lui, et avec quelques douces paroles il lui leva le doute de tout mauvais soupçon, afin de le mieux tromper ; et comme il le vit baissé, accommodant son arquebuse, il ne perdit point de temps et donna sur la tête du serrurier un si grand coup de massue qu'il le rendit tout
chancelant et étourdi : et voulait se mettre en défense, le renverse par terre uatre coups de dans et afin d'avoir
ercher de ça et ie d’une arque-
son arquebuse et se mettre en défense, et s’approchant de lui, le tuèrent à coups de flèches, et l’ayant abattu pee terre, ils courent sur lui, et l’achèvent à coups de couteaux. Cela fait, les meurtriers emportent le corps avec l’autre, et les lièrent ensemble, l’un contre l’a
longtemps, jusqu’à ce les cordes se rompire rivage et si loin de l’eau, que o
servir de
oins ne s'étaient point et furent les 2 pau-
meurtriers qui ient avoir fait leurs affaires si
ent qu elles ne se devaient jamais savoir, mais Dieu par sa justice ne voulant pas souffrir une telle méchanceté fit découvrir par un autre sauvage, leur compagnon, en faveur de quelques difficultés par lui reçues d’eux, et ainsi les méchants desseins se découvrent ,ces cadavres furent rendus au Père religieux et à ceux de l’habitation, fort étonnés en voyant les corps de ces 2 misérables, ayant les os tout découverts, et ceux de la tête brisés du cou de la massue, et furent les religieux et gens de l’habitation d'avis d’attendre le retour de nos vaisseaux afin d’aviser entre tous les Français à ce qui serait trouvé bien à cet égard : Cependant nos gens de l’habitation se résolurent de se tenir sur leur garde, et de ne plus donner tant de libertés aux sauvages, mais qu'il fallait avoir raison d’un si cruel assassin par une forme de justice et pour ce faire attendre nos vaisseaux afin d’aviser ensemble le moyen qu’il fales et en attendant conserver les choses en
nt sur eux la vengeance de
de notre habitation pour un
temps, tant les coupables que les autres convaincus
d'une crainte dont ils étaient saisis et ne venaient
plus à la dite habitation comme ils avaient accou-
tumé,, attendant quelque plus grande sûreté pour eux.
On était menacé de 800 sauvages de diverses nations, qui s'étaient assemblés aux 3 Rivières à dessein de venir surprendre les Français et leur couper à tous la gorge, pour prévenir la vengeance qu ils eussent pu prendre de deux de leurs hommes
eo
33 5 — de la se résou es Franÿais en perdirent l’occapermission que pour difficulté r le dessus de ceux qui étaient déjà Les sauvages se voyant privés de notre conversation, et bon accueil accoutumé, envoyèrent un de leurs Compagnons nommé par les Français la Ferrière pour faire leurs excuses de ce meurtre et savoir qu ils protestaient n'y avoir jamais adhéré, ni consenti aucunement, se soumettant avoir les deux meurtriers pour en autres sauvages les Français av et récom
+ = nt 40 canots de femmes
et d' enfants pour avoir quoi manger,disant qu ils mouraient tous de faim, ce que considéré par les gens de l’habitation, ils leur distribuèrent ce qu'ils purent, car la nécessité était grande
monstrations de vraie amitié.
été faites et les questions agitées testations des Mon
point les meurtriers
présents et promirent
que si on recev ce devait être seulement en
tion jusqu’à l’arrivée des n
raient ce que de raison.
rien qu’à cette condition.
tèrent que les meurtriers d
À quoi de l’avis des Pères reli
conclu que les dits sauv représenteraient les deux malfaiteurs,afin de savoir d'eux
leurs * et qui les avaient incités à ce faire;
ce qu'ils firent entendre au dit la Ferrière pour en faire rapport à ses compagnons.
Cette résolution ainsi prise, le, 1 Ferrière se retira avec ses com agnons, et leur a at fait entendre la résolution des Français ils tivuvèrent cette
justice fort étrange et assez Is n’ont point de justice éta-
pour tenir la rivière serrée comme
ils se persuadaient, mais qu'enfin il valait mieux vivre en paix avec les Françai qu’en une guerre et une défiance perpétuelle, et à cette cause demandent aux accusés s ils n'auraient pas le cour de se transporter avec nous en l'habitation des rançais, et de comparaître devant eux, leur pus qu'ils n'auraient point de mal, que les Français étaient doux et — volontiers, bref qu ils feraient tant envers eux, qu’ils leur remettraient cette faute, à la charge de ne retourner plus à telle méchanceté, lesquels deux criminels se voyant convaincus en leur conscience, s’accordent de suivre cet avis, suivant lequel, l'un d'eux se prépara, et accommoda ses
its d'ornements comme s’il eût été invité d'aller à une noce ou à 8 fête solennelle, lequel en cet équipage vint en la dite habitation, accomp de son père et autres des principaux chefs et capitaines de leur compagnie. ant à l’autre meurtrier, il s’excusa de ce voyage (des 3 Rivières à Québec), craignant quelque punition étant convaincu en soimêrrc de ce méchant acte.
Etant deno entrés en la dite habitation, qui aussitôt fut cernée d’une foule de sauvages de leur compagnie, on leva le pont et chacun des Français se mit sur ses gardes, et leurs armes en main fai bon guet et sentinelles posées craignant l'effort des sauv qu'ils se doutaient qu’on voulut f justice du coupable, qui si librement s'était exposé à notre merci. et non lui seulement, mais aussi ceux qui l’avaient accompagné au dedans, lesquels pareillement n'étaient pas trop assurés de leur personne, voyant les choses dis de cette façon, n'espéraient pas sortir leur vie sauve. Le tout fut assez bien fait, conduit et exécuté, pour leur faire sentir la grandeur de ce mal, et appréhender pour le futur autrement il
acte par folie, poussé de quelque vengeance, que par prudence , il est en toi de lui donner la vie ou la mort, tu peux en faire ce que tu voudras, d autant ue lui et moi sommes en ta puissance, et ensuite le Is prit la parole, et se présentant assuré qu'il était, dit ces paroles: L'apprehension de la mort ne m'a point tant saisi le cœur, qu’il m’empêche de venir recevoir pour l’avoir mérité selon votre loi, me reconnaissant bien coupable de cette mort et s’adressant au commis des marchands, un nommé Beauil le pria de le faire mourir sans autre for-
Alors les Pères religieux prirent la parole, et leur dire que les Français n’avhient cette coutume de faire mourir si subitement les hommes et qu’il fallait délibérer avec tous ceux de l'habitation et que c'était de grande conséquence qu’il la fallait conduire adroïtement et la ménager à propos, attendant une autre occasion meilleure et pe pour en tirer la raison et que pour lors il n’y était pes à propos. La première raison que nous étions faibles au Ps. sas du nombre des sauvages qui étaient dehors et d notre habitation, qui, icatifs et pleins de vengeance comme ils sont, eussent pu mettre le feu partout, et nous mettre en désordre.
deuxième raison est qu’il n’y eût plus eu de sûreté en leur conversation, et vivre en continuelle défiance.
La troisième = le commerce pourrait être altéré et le service du Roi retardé.
Il fut résolu de se contenter de la promesse du père de venir se représenter et son fils toutes les fois qu'ils en seraient requis : Ce qu’il fallait tenir pour une amende honorable et une satisfaction à justice mais que dorénavant ils feraient service aux Français, qui lui donnaient la vie, pour demeurer, lui et tous les sauvages, amis et serviteurs des Français.
Cette résolution faite, néanmoins en attendant les vaisseaux de retour de France, pour, suivant l'avis des capitaines et autres, en udre définitivement, et avec plus d'autorité, leur promettant toujours toute faveur et de leur faire sauver la vie, et cependant pour sûreté il leur fut dit, qu'ils laisseraient quelques-uns de leurs enfants en = sr cine accordèrent fort volontiers, et en lai t
ux, l’un nommé Nigamon et assez bon enfant, et l’autre Tebachi, assez mauvais garçon, bien qu’il fût fils d’un bon et il s’enfuit après avoir été quelque temps à l'habitation, de quoi on ne se mit guère en peine, car il n’y avait aucune espérance de faire un bon chrétien avec si mauvais garçon.
Le premier resta entre les mains des bons relipus ui l’instruisirent à la foi et aux lettres, et à
arrivée des vaisseaux il eût été bien aise d’aller en France pour y vivre parmi les chrétiens, mais ni lui ai eux ne purent l'obtenir des marchands.
vaisseaux arrivés à bon port nous eûmes l'avis le sieur du Pont-gravé et quelques autres et moi, comme cette aff ’étai
que nos vaisseaux furent entrés au de Tadoussac, même dès le lendemain au matin u 25 juin, le sieur du Pont et moi nous remontâmes en une petite barque et d’autre part le sieur de la Mothe avec le Père Jean d'Olbeau et l’un des commis appelé Loquin, s’embarquèrent en une i chaloupe et ainsi partîm i sac, demeurant au vai Père Modeste avec le pilote et le maître d'équipage. Nous arrivâmes à Québec le 27 juin où nous trou-
vâmes les Pères Joseph, Paul et Pacifique avec le sieur Hébert et sa famille et autres hommes de I habitation, se portant tous bien, et joyeux de notre retour et en bonne santé, eux et nous, grâces à Dieu.
Le même jour le sieur du Pont partit les 3 Rivières et porta avec lui er re —— pour aller trouver le sieur Deus ènes et mena avec lui
dit Loquin et moi je demeurai en notre habitation où je m'ocupai de nos affaires. Je visitai les labourages du sieur Hébert. Je trouvai les terres ensemencées, et de beaux blés; les jardins remplis de toutes sortes de légumes ce dont il faut donner louange à Dieu et au sieur Hébert et sa famille.
Je séjournai quelque temps à Québec puis je partis pour aller aux 8 Rivières, où se faisait la traite, afin de voir les sauvages, communiquer avec eux, et découvrir ce qui se passait touchant l'assassin cidessus déclaré, et ce qu'on y pourrait faire pour pacifier et adoucir le tout.
Nous arrivâmes à 3 Rivières sur les 8 heures du soir le 7 de juillet, et tous les sauvages de ma connaissance, vinrent au-devant de moi, forts contents et joyeux de me revoir.
t cependant nous avisâmes ensemble pour résoudre ce que nous aurions à faire sur le sujet du meurtre de ces deux pauvres défunts, afin d'en faire justice, et par ce moyen les ranger au devoir.
Les sauv étant en leur conseil, je leur dis qu’il fallait dre ce qu il fallait faire sur la mort et assassinat de ces deux pauvres hommes et qu'il en fallait tirer raison, alors, sortant de leur
comme en colère et fâchés sur ce sujet, ils s'offrirent de tuer les criminels, et y aller dès lors en faire l’exécution si on voulait le tre, reconnaissant bien l’énormité de cette affaire, à quoi nous ne voulions consentir.
bi fe I 2k fil AFS
ail
se jetèrent sur lui et lui arrachèrent les on les avec les dents, le brêlèrent avec des tisons ardents, et lui arrachèrent la barbe. Un des 5 avisa un Agnus Dei qu’il avait pendu au cou, le demnda, le voulut > et l’arracher, mais le dit Brulé lui dit: Si tu le prends et me fait mourir, incontinent après tu mourras subitement, et tous ceux de ta
— es
maison. Ils tous ensemble lui arracher et le faire Rond agp auparavant lui faire souffrir i de ns douleurs et tourments. — 8 ut le permettre, sa providence ue
qui était beau et srein so changea subitément en
adressa de p bien notre Dieu était courroucé contre eux pour l'avoir ainsi maltraité.
le capitaine s'approcha de Brulé, le délia, et le mena en sa maison, où il le res ses plaies. Après quelque temps ils lui t bonne escorte pour le ramener vers notre habitation. Voilà tout le discours et récit de son voyage, depuis qu’il partit d’avec moi 2 aller aux dites vertes, ce qui me donna u contentement, sur l'es de mieux parvenir par ce moyen à la continuation et avancement de mon œuvre.
Et le dit Brulé prit congé de moi pour s’en
Connaissance, le priant de continuer jusqu’à l’année prochaine que je retournerais avec
La traite Faite et les sauvages partis, nous nous retirâmes et Partimes des 3 * * 3 et
8 arques furent déchargées des marchandi qu'elles contenaient.
Cela fait, le sieur du Pont s’en retourna à Tadoussac, avec les barques, afin de les faire charger et porter en l'habitation, les vivres et choses nécessaires à ceux qui y devaient hiverner.
nombre. de
familles Se rer 1 5 * 8 le ce e m 96 juillet et les Pères Pol ft acifique qui y avaient . en afin de faire rapport de — avaient vus au dit pays et F notre embarquemen 1 en France et son. ni mp rend juillet 1618 et arrivâmes à eur le 28e jour d’août, avec vent favorable, et contentement d’un chacun.