Les vrais mystères de Paris
Des jours, des semaines, des mois se passèrent sans que Silvia reparût à son hôtel, sans que Ton entendit parler d'elle ; Salvador et Roman ne savaient à quoi attribuer celte disparition si subite, que rien n'avait provoquée, que rien ne justifiait , et qui leur parut encore plus inexplicable lorsque les gens de justice étant venus apposer les scellés au domicile de la marquise de Roselly, il fut constaté qu'elle n'avait rien emporté de ce qui lui appartenait, ni habillements, ni bijoux, ni argent.
ViDOCQ — T. V. 1
Salvador, qui aimait véritablement Silvia, se montra pendant assez longtemps affligé de la disparition de sa maîtresse, et chaque fois que Roman ou le vicomte de Lussan, qui était devenu son plus intime ami, cherchaient à le consoler, il Ses repoussait brusquement ; il ne s'occupait plus de rien , ni de solliciter auprès des ministres l'avancement qu'on lui avait fait espérer, ni des magnifiques affaires que venait sans cesse lui proposer le vicomte de Lussan, qui commençait , à croire que ses nouveaux amis ne lui seraient pas aussi utiles qu'il se l'était figuré d'abord.
Mais il n'est si cuisant chagrin que le temps ne calme ; Salvador, après avoir employé un mois tout entier à regretter Silvia, sans vouloir s'occuper d'autre chose que de la chercher, se dit enfin que si elle était perdue pour lui, c'était un fait accompli auquel il ne pouvait remédier, et dont il fallait qu'il prit son parti. Cependant ne voulant pas que sa maîtresse, s'il venait a la retrouver, pût lui reprocher d'avoir négligé aucune des précautions qui pouvaient servir à le mettre sur ses traces, il s'en fut trouver la police, afin de faire rechercher partout la marquise de Roselly, disparue de son domicile d'une manière gi bizarre et si inexplicable.