A CU01SV -LE-ROI
Son titre, sa position dans le monde, et peutêtre aussi les magnifiques récompenses qu'il promit aux employés subalternes, le firent accueillir on ne peut plus favorablement. On lui promit de faire tout ce qu'il était humainement possible pour retrouver la noble dame ; mais on ne lui cacha pas qu'il était presque certain qu'on ne réussirait pas.
t II est probablement arrivé malheur à cette dame, lui dit celui auquel il s'adressa. Depuis quelque temps la capitale est infestée par une foule de garnements qui, chaque jour, commettent de nouveaux méfaits : ce sont de ces rôdeurs de barrières pour qui rien n'est sacré, qui assassinent un homme pour lui voler deux pièces de cinq francs ; et il pourrait bien se faire que la dame dont vous parlez soit tombée entre les mains de quelques-uns d'entre eux. >
Et comme Salvador faisait observer à ce fonctionnaire que ses conjectures n'étaient pas fondées, attendu qu'il était prouvé que la marquise de Roselly était sortie de chez elle en plein jour, et que les gens dont il parlait n étaient à craindre que la nuit :
« C'est vrai, c'est vrai, répondit le fonctionnaire ; il y a dans cet événement quelque chose
de mystérieux qui me passe ; mais espérez, M. le marquis, l'œil de la police esl constamment ouvert, et rien de ce qui se passe dans la capitale ne lui échappe; si Mme la marquise de Roselly est encore de ce monde, nous découvrirons le lieu où elle se cache ou plutôt où on la tient cachée ; nous avons bien découvert les assassins dujuif Josué.
— Ah ! vous avez découvert les assassins du juif Josué, dit Salvador, qui ne réprima pas sans peine un léger mouvement de frayeur.
— Quand je disque nous avons découvert ces assassins, je m'avance peut-être un peu trop ; mais nous tenons en ce moment, sous les verrous, deux de ces rôdeurs de barrières, qui pourraient bien être les auteurs de la mort de ce malheureux, que Ton avait d'abord attribuée à un suicide.
— Je souhaite bien sincèrement que vous ne vous trompiez pas, monsieur, répondit Salvador ; il serait vraiment déplorable que les auteurs de cet effroyable crime échappassent à la juste vengeance de la société ; pour ma part, j'en serais désolé. Je connaissais beaucoup Josué, avec lequel j'ai fait quelques affaires lorsque j'habitais Marseille, et je puis assurer que c'était un trèshonnête et très-galant homme.