‹ Les vrais mystères de Paris (volume 3)Chapitre 7 sur 18 · A CHOISY-LK-ROI · texte numérisé non relu

A CHOISY-LK-ROI

Méricourt , qui , à ce qu'on assure , n'était pas vierge du tout.

h Les églises furent transformées en temples de la Raison , dans lesquels des prêtres , à la mode de la république, disaient des messes auxquelles on ne comprenait plus rien, et après lesquelles on dansait des sarabandes , des menuets et des courantes dans le chœur, devant le maître-autel, sur les airs de la Carmagnole et du Cairaîde bien drôles de chansons, mes enfants, où Ton ne parlait que de tuer et d'égorger tout le monde , et d'accrocher les aristocrates aux lanternes.

c Quand je vous dis que les messieurs sansculottes avaient tout changé, les grandes et les petites choses * je ne vous en impose pas ; ils avaient même changé les jeux de cartes ; ainsi quand on jouait au piquet avec un ami , on ne disait plus quinie à l'as ou seizième à la dame , il fallait dire quinie à la Loi, ou seizième à la Liberté. Il fallait que tout le monde se dit tu et toi ; il n'y avait plus de maîtres ni de valets , ceux-là étaient devenus des citoyens officieux. C'était à ce point que si par hasard madame de Pompadour, la marquise de Pompadour! était revenue au château , j'aurais pu lui manger dans

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la main et lui dire toi , ni plus ni moins qu'à une vachère ; enfin ils voulaient faire un nouveau soleil avec la lune et détrôner le bon Dieu comme ils avaient détrôné le bon roi Louis XVI et son auguste épouse. *

Arrivé à cet endroit de son récit, le bon père Coquardon ôla le gros bonnet de laine brune qui couvraitses longs cheveuxblancs, mouvement qui fut instinctivement imité par tous ses auditeurs.

< Les messieurs sans-culottes qui avaient fait tant de changements , continua le père Coquardon après une petite pause, n'étaient pourtant pas parvenus à changer la marche du temps qui allait toujours de même , de sorte que souvent il pleuvait lorsqu'ils auraient voulu voir luire un beau soleil pour célébrer la fête de la Raison , celle de la Liberié ou toute autre fête à la mode de la république ; aussi ne pouvant s'en prendre ni à Dieu ni à ses saints qui étaient trop loin et trop haut pour qu'ils pussent les atteindre , ils passèrent leur colère sur leurs images , qu'ils firent brûler et traîner dans la boue.

€ On aurait vraiment dit que tous ces messieurs de la république étaient devenus des enragés. Furieux de ne pouvoir aller détrôner le bon Père éternel dans son paradis , ils se reje-

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