‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 11 sur 84 · BEL · texte numérisé non relu

BEL

La si ut ré mi fa sol la la sol fa mi ré ut si la.

Si ut ré mi fa sol la si si la sol fa mi ré ut si (i).

IL Que toutes ces gammes étant diatoniques et ne supportant comme telles ni demi-tons diatoniques ni chromatiques (2), l'emploi du dièse ( 4jl) ou du bémol (b) (3) dans ces gammes, n'est qu'une anomolie et un abus.

IIL Que , par conséquent , les livres de chant dans lesquels on a marqué leur usage , sont fautifs sous ce rapport , subversifs de la vraie tonalité ancienne du chant ecclésiastique et que par conséquent , ils devraient subir une révision , pour conserver la tonalité de S. Grégoire(4).

s. IV.

Des Intervalles.

1 . On appelle intervalle (tntervaUtim-espace) la distance qu'il y a d'un degré à un autre, en montant ou en descendant. Ou, d'après Boéce : la distance d'un son grave à un son aigu , et vice-versa (5). Par conséquent, un intervalle n'est autre chose que ce qui constitue l'idée d'un ton en général ^ c'est-à-dire, l'effet de deux sons comparés l'un à l'autre.

2. Le nombre des intervalles est donc déterminé par la quantité des tons du grave à l'aigu , ou de l'aigu au grave. Ainsi , deux notes placées à un degré de distance forment un intervalle de seconde. Mais comme la distance d'un degré à un autre, peut former un ton (entier) ou seulement un demi-ton, il en résulte deux espèces de secondes^ l'une majeure, quand la distance est d'un ton; l'autre mineure^ lorsqu'elle nest que d'un demi-ton.

0) Cet gammet peuTent lerTÎr de premierK exercices. GeU sera 'd*anUDt plus ulile, que les mêmes gammes Mneot de base aux tons d*ëg1ise , dans lesquels tout les morceaux de plain-chant sont composés. (^ DiDs le sens que nous Tenons d*exp1iquer.

(^ Noos parlerons plus tard du bémol employé par exception. (4 Vojex S. V, item Chap. II. (. I.

(^ InterTallnm verd est soni acuti graTÎsque dislantia {Boéce de mut. L, I. C. 8.).

exemple:

Semitonium minus. — Tonus {i).

Seconde maj. Seconde min. Seconde min. Seconde nug.

En oiootaat

eamooUBt

£o descend. en descend.

Deux notes placées à deux d^rés de distaoce forment on intervalle de tierce , laquelle est majeure on mineure selon que les deux d^rés extrêmes contiennent deux tons ou un ton et un demi-ton.

EXEMPLE

Semi^Htomêê

Tierce nia|.

Tierce min. Tierce min. "neree aaj.

En montant

en descendant.

Deux notes à trois degrés de distance font un intervalle de quarte. Elle est toujours la même dans le diant gr^orien , et est ccMuposée de deux tons et demi.

EXEMPLE

DUitessaron.

Qnartes

En montant

en descendant.

Remakqite. En continuant la formation des quartes , comme on doit le &ire pour tous les autres intervaUes , on s'apercevra qu'en commençant , par exemple, par la première note de la gamme ut^ et ainsi succesdvênient par toute autre note, il y a un cas où l'on rencontre la quarte plus grande que celle que nous venons d'indiquer. Ainsi , sapposez qu'on commence par fa et qu'on monte à la quarte : on arrivera à si; or, de /a à 31 il y a

(1) DénonwutioiM des Anciens.

trois tons : donc un demi-ton de plus qu'il ne faut pour avoir la quarte juste. Pour obvier à cet inconvénient on change la quarte augmentée ou triton (composé de trois tons) en quarte juste, en baissant la note supérieure (^') d'un deini-ton. Gela se fait au moyen d'un accident appelé bémol. La même chose a lieu en descendant.

EXEMPLE

Tritontis.

Quarte augmentée

Quarte juste

Quarte augmentée

Quarte juste

En montant

en descendant.

Deux notes à quatre degrés de distance forment un intervalle de quinte. Elle doit être aussi toujours la même, composée de trois tons et demi.

En pratiquant l'opération que nous venons d'indiquer pour les quartes^ CD trouvera ici la quinte si-fa ^ qui ne renferme que trois tons. On l'appelle quinte diminuée ou fausse quinte. Pour qu'elle soit juste , il faut ici suivre le même principe que pour la quarte augmentée ; avec celte différence que la quinte étant un renversement de la quarte, il est maintenant nécessaire d'étendre la quinte autant qu'on a restreint la quarte. Il iaut donc baisser le si d'un demi-ton par le moyen du bémol accidentel.

EXEMPLE

Quinte juste.

Diapente.

Quinte dim. devenue juste par le bémol,

Remarque. La nécessité d'altérer quelquefois le si dans les quartes et quintes*, est basée sur la consonnance des intervalles constitutifs de la tonalité du chant grégorien.

Deux notes à cinq degrés de distance forment un intervalle de sixte , majeure ou mineure , selon qu'elle contient quatre tons et demi , ou

(1) On croira trouTer ici une quarte augmentée entre ii \} mi ou si-mi p . On peut la faire disparaître en eomidérant lei quintes par degré» disjoints. Pour plus de clarté nous arons préféré les degrés oonjoinU. Ceci s^expliqoera du reste dans la loite.

quatre tons seulement. Remarquons que l'usage de la sixte est rare dans le plain-chant.

EXEMPLE

Tonus cum diapente. — SenUtonium cum diapente.

Sixte majeure Sixte mineore

En montant

en descendant.

En montant

en descendant.

Deux notes à six degrés de distance forment un intervalle de septième. La septième majeure est composée de cinq tons et demi^ la septième mineure, de cinq tons. La septième majeure ne peut jamais être employée dans le chant grégorien ; la septième mineure s'y trouve très-rarement ; on en voit cependant un exemple dans les séquences ^ au jour de la Pentecôte : Feni sancte Spirittfs.

EXEMPLE

Ditanus cum diapente. — Semiditonus cum diapente.

Septième majeure Septième minenre

En moiftant

en descendant.

En montant

en descendant.

Enfin , il y a l'octave , ou la distance de cinq tons et deux demi-tons , ce qui équivaut à la gamme entière.

Diapason.

Octave

Octave

En montant en descendant.

On appelle unisson deux notes placées sur un même d^ré d'élévation.

' 'si

EXEMPLE

Unisortus.

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