CHAPITRE I
t '■ . ^ Réflexions générales.
SI
De la voix.
1 . La voix moyenne des hommes qui sont appelés à chanter dans les ^lises , e^t la voix de^ baryton qui , ordinairement , a l'étendue d'une octave et demie.
2. Une bonne voix doit être juste , pure , claire , sonore , plaine , forte 9 toujours égale , flexible et d'un timbre agréable. ^
3. On entend assez ce que c'est qu'une voix noble , touchante , ^nei^que , qui parle au cœur , etc. Mais il est plus difficile de trouver
<1) Nous enpnuiUmi nne grando partie de ce tranil à rexcellente méthode de ehant de Haner,
les causes de cette propriété d'aller à l'âme qu'ont cœtaines voix. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'un homme qui éprouve un sentimait vrai et profond, et qui l'exprime par son chant, éveille diez ses auditeurs le même sentiment à un d^ré plus ou moins élevé , suivant que les qualités de son oi^ne secondent plus ou moins ses efforts..
4. n est rare , ou plutôt il n'arrive jamais que toutes les qualités qui constituent une belle voix soient un pur don de la nature. La plupart d'entr'elles s'acquièrent par l'étude, ou sont développées par le travail.
5. Les défeuts les plus ordinaires de la voix sont les suivants : la voix manque de justesse , de pureté ; elle est sourde , voilée , sans force , inhale , dure , peu flexible , paresseuse , désagréable , criarde , glapissante , etc.
Education de la Toix»
i. L'éducation de la vmx , en prenant ce mot dans son acception la plus générale, est la même pour tous les genres de voix. Néanmoins^ les différences que la nature a mises entre les voix aiguës et les voix graves, entraînent des différences analogues dans le genre d'étude.
2. Afin de tirer tout le fruit possible des exercices de chant , il faut premièrement examiner la voix sous le rapport de ses qualités et de ses défauts. Ceux-ci sont quelquefois difficiles à saisir , et il est toujours plus aisé de cultiver ce qui ^t bon , que de corriger ce qui est mal.
En second lieu il faut développer l'ouïe musicale , le sentiment et le t goût par l'étude de l'intonation, et enfin par la répétition d'une mélodie < que l'élève vient d'entendre exécuter.
Ouverture de la bouche. — Respiration.
i. En chantant il feut donner à la bouche précisément le même^degt^ d'ouverture que lorsqu'on veut articuler fortement la voyelle d , rt 1 conserver autant qu'il est possible, non-seulement sur cette voyelles: mais sur toutes les autres et sur les diphtongues. Autrement la vois devient nasale ou gutturale. Le timbre en est encore altéré , quand ci
serre la langue près des dents , quand on la retire au fond de là ix>iiche , comme cela arrive aux commençants , lorsqu'ils doivent chanter des notes qui se succèdent avec rapidité.
Tous ces défauta doivent être évités avec soin i car un timbre pur et net est une des choses les plus essentielles au chant. Le meilleur moyen d'y parvenir, autant que la nature le permet^ c'est d'aborder dM^e note faiblement^ et d'augmenter ensuite par d^^ le volume de la Yoix , sans cependant en venir à crier. Puis , on aborde au contraire la note avec force et on la laisse expirer insensiblement. Enfin, Ton réunit ces deux procédés. De cette manière on affermit et l'on fortifie la voix; on lui fait acquérir plus d'étendue, on apprend à la manier également bien dans tous ses degrés de force et de faiblesse.
2. Pour aspirer la quantité d'air nécessaire à la respiration et à la parole, il suffit d'ouvrir la bouche, et Tair s'y précipite de lui-même. Mais pour le chant on a besoin d'une plus grande quantité d'air qu'on obtient par une aspiration plus active et qui , à l'effort près , qu'on doit dissimuler, est parfaitement analogue à celle par laquelle on soutire, au moyen d'un tuyau , de l'eau contenue dans un vase. L'élève s'exercera donc à respirer de manière à ce qu'on aperçoive tout au plus un léger mouvement des lèvres. Que sa respiration ne soit ni bruyante , ni sifflante , ni suspireuse , ni haletante. Que Yimpiration s'exécute aussi promptement et aussi largement qu'il est possible ; que VeocpircUion au contraire se fasse avec lenteur et d'une manière égale , sans secousses , comme si l'air s'écoulait de lui-même. On peut faire cet exercice sans chanter, mais il sera plus profitable de le pratiquer en chantant à demivoix ; car en attaquant les sons avec force on s'habituerait à respirer par saccades.