‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 54 sur 84 · IV · texte numérisé non relu

IV

De rintonation.

i • La première qualité qu'on exige d'une voix , c'est qu'elle soit pure et juste. Celui qui possède celte condition indispensable pourra devenir Un chanteur excellent , lors même qu'il ne réunirait les autres qu'à un degré très-inférieur. Sans elle , au contraire , on ne parviendra jamais <}ii'à chanter médiocarement.

2. La justesse de la voix est un don de la nature , mais elle devient mus riche et plus parfaite par l'exercice. Celui qui , par des causes

naturelles , dont la recherche n'est [Mis Umjaors possible, détonne eontinuellement, et qui ne s'en aperçoit [Mis , fente d'ouie musicale) nesMirait espérer de réussir.

3. A part quelques rares circonstances, le manque d'oreille est un défaut de la nature qui consiste moins dans l'imperfection de l'oi^gane extérieur de l'ouie que ,dans l'inaptitude de l'imagination, fiumlté qu'il &ut développer chez les commençants. C'est encwe à cette inaptifode et au défaut d'habileté à manier l'organe , qu'est due l'ipcertitude de la voix* L'éducation de l'oreille et du gosier est donc la. chose la flm importante pour un chanteur. Quelquefois une manière vicieuse 4'oa?Eir la bouche ou de respirer, est' la seule cause qui iiout dianter fii^. D'autres fois c'est une timklité assez naturelle chez des commençants, qui les empêche d'attaquer avec hardiesse ; les intervalles. D'antres fois encore on ne se tient pas dans une position droite , ou l'on ne s'écoute pas, etc.

4« Pour se rendre sûr de l'intonation, il &ut s'exercer à demirvoix , dans un mouvement lent. Et pour ne pas contracter l'habitude de chanter lâchement, il ^t nécessaire de répéter de temps en temps à pleine voix les morceaux qu'on a travaillés.

De la piV>iionciaUon. — De Pexpression.

!• C'est la réunion des paroles aux sons musicau:;: de la voix homaine qui constitue le chant proprement dit. On voit donc combioi il est indispensable d'avoir une prononciation claire et nette. Si de plus elle est agréable et belle, l'effet du chant en est singulièrement augmenté.

2. Il ne faut pas confondre la prononciation et l'articulation. Ob prononce bien lorsqu'on donne à chaque lettre, voyelle ou consonne, et à chaque syllabe le son que prescrit l'usage.

On ortîctifebien, quand on fait sentir distinctement les syUabes; quand on prononce les consonnes avec la force qu'exigent et le sens des paroles et l'étendue du lieu où l'on chante.

Le meilleur moyen d'apprendre à bien articuler surtout les syllabes finales et les mots polysyllabiques , c'est de dire lentement, à haute voix, en prononçant fortement les consonnes.

3. Le défaut de prononciation le plus familier aux chantres d'^lke

est raltération du son des lettres e et t. On rend ordinairement ïe comme k Hayi des Grecs , tandis qu'on transforme la voyelle t en e. Ensuite on fait des élisions que ne supporte pas le texte latin.

4. Quant à Texpression , celle-là seule est vraie c[ui rend le mieux le sentiment qui domine dans les paroles et dans la mélodie.

On peut rendre un morceau de chant mécaniquement , si Ton exécute idelement ce qui est indiqué par les notes et par les mots écrits sous les portées. Cette partie de Texpression s'apprend par exercice. Mais la belle eipression, qui suppose toujours l'expression exacte^ n'est pas susceptible ^s'apprendre, elle est fondée sur le bon goût. Celui qui sent bien ce qu'il sprinte agit facilement sur ses auditeurs. Cependant, comme dans les ckeurs il ne faut pas^ que chaque chantre exécute suivant sa manière individuelle de sentir, et qu'il est nécessaire que l'ensemble ait une cooleur uniforme, il est du devoir de celui qui dirige de déterminer l'expression qui convient au morceau de chant en général , et de faire en sorte que le chœur soit le fidèle interprète des sentiments que les paroles expriment.

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