‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 55 sur 84 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Avis particuliers sur le même sujet.

1. Pour parvenir aune exécution convenable du chant ecclésiastique, ie plus important , et ce par quoi il faut commencer, est d'exclure du chœur ou du jubé ceux qui n'ont pas la voix apte à chanter, et tsm. qui ne sont pas suffisamment instruits dans les principes du chant, lies uns et les autres ne seraient là que pour mettre obstacle aux effets «[Ue l'Ëglise se propose d'atteindre par l'exécution du chant.

Gest donc un premier devoir des directeurs ou maîtres de chant d'«carter les personnes qui ne savent pas chanter. Cependant , on est S^oéralement trop négligent par rapport à ce point capital, d'où il résulte nécessairement qu'en attribuant les défauts des chantres au chant même, 6dai-*ci est peu estimé , et qu'on préfère une musique profane assez bien cxéoutée à un beau chant religieux, mal rendu.

2. Il faut donc aussi dans toute réunion de chantres un maître ou ^préfet de chant très-instruit et tout dévoué à la noble mission qui loi est confiée.

Gela suppose évidemment que tous les chantres se conforment . en '^wrtfpoint aux instructions du directeur, quant a lintonation , au

mouvement , en un mot, à tout ce qui a rapport à l'exécution du chant ; d'autant plus que le chant religieux n'est pas astreint à une mesure rigoureuse, comme le chant figuré ou musical.

5. Vintonation est une des choses les plus essentielles dans l'exécution du plain-chant.

Cette intonation , comme nous Ten tendons en ce lieu , consiste à commencer une pièce de chant sur un ton fixe duquel on puisse partir , pour chanter convenablement les notes inférieures et supérieures dont le chant est composé. Ce ton fixe s'appelle dominante , et dominante cornmune lorsqu'on lui fait correspondre toutes les autres dominantes des huit Tons. Mais, afin que cette intonation se fasse r^ulièrement, il faut avant tout savoir discerner avec précision les Tons authentiques, et les plagaux.

Car, si le chant est dans un Ton plagal , il faut prendre la finale à peu près dans le médium de la voix , tandis que , si le chant est dans un Ton authentique , il faut la prendre dans le bas. Si l'on manquait à ce soin il arriverait , ou que les voix seraient forcées , ou qu'on ne les entendrait pas.

Maintenant , le diapason ordinaire des voix d'hommes étant d'une octave et demie , on pourra établir la note La comme dominante rendue commune aux dominantes de tous les tons. Ainsi réduites, les dominantes présenteront le tableau suivant :

ITon.

Dominante propre.

La Domin.

commane.

Dom. propre devenue

La Domin.

commune.

Dom. propre devenue

La Domin, commune.

Dom. propre devenue +

La Domin.

commune.

Dom. propre devenue

La DomiD.

commune.

Dom. propre devenue +

La Domin.

commune.

Dom. propre devenue

La Domin.

commune.

Dom. propre devenue 4"

La Domin.

commune.

. 4. On conçoit que si le chant est accompagné, et partant, si l'intonation est établie par l'oi^aniste , le chantre n'a qae faire de ces transpositions. Quant à l'organiste , il lui est indispensable de savoir moduler dans tous les tons. Cela supposé , les transpositions dont nous avons parlé , ne sauraient lui causer le moindre embarras. En effet , un coup-d'œil doit lui suffire pour déterminer la dominante qu'il appellera La : ensuite il transposera les autres notes en les classifiant suivant la dominante eommune qui sert de point de départ.

Cependant , il y a des cas où la dominante n'est pas suffisamment pnmoncée, et dès lors il n'est pas possible de déterminer le Ton d'après elle (1). Il faut donc un autre moyen pour fixer la dominante commune* Ce moyen consiste à transposer les finales régulières des Tons et à fixer ensuite la dominante La.

Dans ces cas la finale du

Ré.

Fa dièse.

Ut

premier Ton sera

' — deuxième

troisième

quatrième

cinquième

sixième

septième

huitième

Les autres notes se régleront d'après la finale ainsi transposée.

5. Un troisième moyen qui peut être utile aux organistes , ^t de $oppô^r la clef de fa empruntée à la musique , sur la ligne qui est immédiatement au-dessus de la dominante commune , lorsque celle-ci se trouve placée sur une ligne : et la clef de solj sur la ligne qui est immédiatement au-dessous de la dominante commune), ce qui ne se présente que dans le septième Ton.

Ré.

Fa.

Ré.

Mi.

EXEMPLES

m Ton.

Di-xit Domi-nus. Di-xit Domi-nus... Ma - gni-fi-cat.

gni-fi-cat.

(1) Voir ci-de«sus P. 1, Cb. II, S- VI, n.* 2, seq.

6. Un quatrième moyen cdGd est de savoir trouver dans un morceau suivant une note qui correspond , — quant à l'intonation , — à la nold flnale qu'on vient de quitter. -

Pour bien comprendre ce mécanisme il faut se rappeler que tous les Ton» ont certains intervalles dont se composent les formules ordinaires du chant. Ils ont une note qui domine plus que les autres- c'est lai dominante^ ils ont des tierces, des quartes, des quintes jet des sixtes. Or, en comparai^ ces intervalles dans les différents Tons, on arrive Iftcilenuiit, au moyen de la transposition , et souvent sans elle , a une itoneordtmpe^rfaite d'interva^ep , ce qui facilite beaucoup l'intonationJ Voici du reste un tableau, des intervalles correspondants dans tous les Tons, toujours en supposant une dominante commune.

Lct huit ion..

la

ïi.

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