AVIS AUX ORGANISTES
Le chant d'église étant ordinairement accompagné du jeu de l'orgue, il est évident que son exécution bonne ou mauvaise dépend en grande partie de l'organiste accompagnateur.
Notre intention n'est aucunement d'écrire ici une méthode pour les oi^nistes; nous voulons seulement leur donner quelques avis concernant le jeu de l'orgue en général et l'accompagnement du chant grégorien en particulier. Nous y ajouterons quelques exemples , afin que nous soyons mieux compris.
Un fait admis par tous (et qui pourrait en nier l'évidence?) c'est que, dans la plus grande partie de nos églises , le jeu des organistes laisse beaucoup à désirer. Que si nous nous mettions à la recherche des causes qui ont amené la décadence toujours croissante dans cette partie de l'art, nous ne tarderions pas à en découvrir trois principales, La première cause remonte aux dernières années du XVI siècle et au commencement du XYII; elle est fille du progrès. Lorsqu'on a commencé à accompagner le chant par les instruments qiultiformes , qui ont fait irruption sur les jubés ^ il en est résulté, ce qui devait nécessairement arriver, que la science de l'organiste est allée en déclinant , et que la nouveauté attrayante des instruments de musique a offusqué les talents de l'organiste, qui n'avait plus guère l'espoir de briller dans sa carrière. Aussi croyons-nous que depuis cette . époque^ les organistes habiles , sauf quelques rares exceptions^ se sont tous réfugiés dans les églises ou les instruments n'étaient guère ou très-rarement admis. De là la supériorité incontestée des organistes allemands sur ceux d'autres pays. Comparez plutôt les organistes français , italiens ou belges avec ceux de TAllemagne , et vous serez forcé, bon gré mal gré , de vous déclarer en faveur, des derniers. Et s'il fallait en venir aux noms propres, qu'on me cite par exemple, en France ou en Belgique, des Hasse, des Rpchlitz, des Zachau, des Reinken , des ËbeHin , des Rinck , des Albrechberger , desWeber, des Mozart, des Handel, des Hummel, des Beethoven , des
Bach.... La Hollande même , où certes l'art musical n'a pas fait tant de progrès qu'en Belgique, est, pour ce qui concerne les organistes, bien supérieure à notre pays. D'où nous concluons que l'usage trop fréquent de la musique dans nos églises a porté un coup sensible aux talents des organistes.
Les deux autres causes que nous avons à signaler, sont corrélatives à la première et elles en découlent nécessairement. — Avec les bons oi^nistes anciens ont disparu les institutions classiques où l'on formait des élèves. 11 n'est pas possible que les organistes suivissent d'eux-mêmes. Il faut qu'ils soient habilement dirigés dans leurs études , et puissent profiter de bons exemples pratiques. Il y a , nous l'avouons et nous désirons qu'on le remarque, de grands obstacles à la renaissance de l'art des oi^anistes. Ces obstacles (troisième cause) nous les trouvons dans le peu d'encouragement donné à ceux qui , par des travaux rapides et spéciaux , aspirent à se distinguer. Pour avoir une idée de cet obstacle , il suffira de constater que le traitement ordinaire d'un organiste est si faible qu'il ne suffit pas pour le soutenir , et que l'organiste ne peut considérer sa chaire que comme un emploi accessoire , qui n'exige de lui ni études profondes, ni un grand dévouement. Dès-lors on conçoit sans peine que dans un temps où la carrière des arts ouvre presque toujours la voie à la fortune , on ne s'adonne pas volontiers à des travaux immenses qui ne conduisent à aucun résultat financier. Aussi, la plupart des orgues d'église , même dans les cathédrales et collégiales , et en général dans presque toutes les villes, sont abandonnées à des pianistes qui n'ont fait aucune étudede la composition, étude indispensable à l'organiste qui veut se mettre à la hauteur de sa mission. En effet, à quoi l'art de l'organiste se reduit-il relativement aux fonctions qu'il doit remplir? Il doit , pensons-nous, accompagner et improviser. Il doit en premier lieu accompagner le plain-chant; et comment s'y prendra-t-il ? Lui suffira-tnll peut-être de connaître les tons majeurs ou mineurs auxquels se rapportent plus ou moins les modes caractéristiques du chant grégorien? Se contentera-t-il de faire quelques combinaisons de notes prises au hasard, qu'il décorera ensuite du beau nom d'accords, sans avoir la moindre idée de l'harmonie ou de ses règles? Lui sera-t-il libre, d'agglomérer sur une note de chant une multitude de passages en forme de roulades , de manière à improviser des variations infinies , sur la mélodie du chant qui semble lui servir de thème? Peut-il ne faire aucun cas de la pédale , dont l'usage bien réglé ajoute tant de force et de
beauté à l'accompagnement?... Si nous consultions la pratique journa* lière et commune de la plupart des organistes, nous serions malheureu-» sèment portés à croire que pareilles questions doivent être résolues affirmativement. Mais si, au contraire, nous consultons les données de la science , voici ce que nous croyons devoir tenir pour certain.
Le plain-dbiant étant un chant religieux et par sa nature même monotone et grave, demande avant tout un accompagnement analogue à sa constitution éminemment simple. Gomme le chantre , en respectant l'œuvre de l'antiquité chrétienne, est tenu de rendre les notes du chant ay^c la plus grande simplicité , sans y rien ajouter , et sans vouloir l'embellir par des ornements usités dans la musique moderne ; de même l'organiste ne peut se servir que d'accords simples et plaqués^ tout en renonçant au facile, mais bien misérable mérite de briller par des traits propres au piano , qui dénaturent le texte du chant , embrouillent les chantres et détournent les fidèles d'un recueillement pieux , et qui détruisent ainsi la fin que l'église s'est proposée en adoptant l'emploi de l'cNTgue dans les cérémonies du culte. En effet, il n'est pas permis, comme le remarque , avec plusieurs autres , le savant et pieux cardinal Bona (Div. psalm. C. XVII. § II, n"" 5.), il n'est pas permis de faire servir au plaisir et à la satisfaction sensuelle des auditeurs, ce que les saints Pères ont admis pour l'édification du peuple de Dieu. Donc , poursuit*il , il faut que le son de l'orgue soit si grave et si modéré qu'au lieu d'attirer vers lui seul l'attention des fidèles, il laisse la portion principale au sens des paroles chantées; car c'est seulement pour qu'elles pénètrent mieux dans les cœurs, qu'elles sont chantées et accompagnées.
Ce premier principe vraiment fondamental , mis en rapport avec la nature du chant grégorien , est le point de départ et l'essence , si nous osons nous exprimer ainsi , d'un bon accompagnement. En effet, ce chant est essentiellement consonnant et unissonique; il faut donc qu'il soit accompagné par des accords consonnants et autant que possible unissoniques , c'est-à-dire , qu'on ne doit employer qu'avec sobriété les modulations , et ne se servir que de celles qui sont indispensables à la nature du chant et à l'enchainement des accords. Arrivons maintenant à l'application de ces préceptes. Que faut-il pour les mettre en pratique ?
N'est-il pas d'abord évident qu'il faut être initié aux secrets du contrepoint, pour trouver des basses applicables à la mélodie du chant? N'eét-il pas certain encore que cela seul ne suffit pas ; qu'il faut aussi savoir
revêtir les notes de chant et de basse de parties intermédiaires , pour en former on tont, c'est-à-dire des accords? Et conunent Umt cela se Cwa-t'-il à moins qae Torgàniste ne soit snflisamment instruit dans les deux branches de l'art qui doivent se prêter un mutael appui? L'organiste , nous le disons hautement , doit sous un certain rapport posséder les règles de l'harmonie plus que tout autre musicien. Et pourquoi? parce qu'il lui &ut, ou des accompagnraoents écrits et tout &its , ce qu'il ne trouve pas, ou la facilité d'improviser ces mêmes accompagnements à chaque instant ; or , sans ces connaissances , il lui est impossible d'improvtter convenablement. Je sais du reste que, si l'organiste se Ixnrne exdusivement à faire des accords consonnants, trouvés d'après les rc^^les du contrepoint simple à trois ou quatre parties , on pourra lui objecter une simplicité excessive qui , par sa -^ monotonie fatigante , finira par causer de l'ennui. On ajoutera peut-être que la manière actuelle d'accompagner , que nous combattons , doit être attribuée surloul au désir d'être moins sombre, moins grave, plus gai, jdus enjoué. On insistera sur ces oljjections , parce qu'il est beaucoup plus haie de toucher lestement les oi^es avec l'habileté d'un pianiste , que de Cure des études sérieuses de contrepoint , d'harmonie et de composition musicale. Cependant, une seule réflexion suffît pour réduire ces objectons à néant. 11 s'agit pour l'organiste d'accompagner un chant monotone et d'une grande simplicité , une prière chantée pour ainsi dire , im chant tel que l'ont voulu ceux qui savaient parCeûtement ce qui convenait pour rehausser au moyen du chant les cérémonies du culte ; un chuit dont au moins la tonalité fut r^lée par un illustre pontife , à qui certes les lumières naturelles et divines ne manquaient point ; un chant approuvé et prescrit par l'Eglise, laquelle (on ne nous le contestera pas) a seule le droit de r^ler tout ce qni concerne l'exercice de son culte ; un chant enfin qui , à cause^ de sa monotonie et de ses effets sévères et majestueux , est éminemment propre à répondre au but que la Religion se propose. Aussi , interrogeons les personnes éclairées et de bon goût , ne fassent-elles pas d'une piété exemplaire , et demandons leur quel est l'accompagnement qu'elles préfèrent à l'église pour le chant ecclésiastique. Toutes reconnaîtront que F^ilise n'est pas un théâtre ou une salle de concert , que les sons graves du plain-chant ne sont pas des ariettes ou des romances , et que Torgue , cet instrument suUime, n'est pas une guitare ou un piano. Rien ne serait plus facile que d'étendre ces considérations ^ si nous voulions nous
prévaloir d'une masse d'autorités qui viennent à Fappui de nos assertkms. Nous aurions à citer tant d'illustres pontifes, tant de saints évéques, tant de conciles, tant de philosophes, tant de savanls^ tant de musiciens , tant d'organistes avec leurs méthodes et leurs pratiques aévères , tant de catholiques , et leiussi tant de protestants , qui ont été frappés par un beau plain-chant dont l'accompagnement lui conserva sa divine simplicité , tandis qu'un accompagnement surchargé et mis à la moderne; leur parait toujours un sujet de scandale.
Mais abordons le côté le plus pratique de l'accompagnement.
II y a des auteurs qui règlent l'accompagnement de Toi^niste pour les huit Tons d'église d'après les gammes majeures et mineures de la musique > parce que ceux-là ont une apparence de rapport -avec mlles-ci. Ainsi, lorsque la dominante commune est 2a, ils font accompagner le premier Ton en ré mineur, le II en fa dièse mineur , le III en fa dièse mineur , le IV en la mineur terminé en mi majeur, le Y en ré majeur, le VI en fa majeur, le VII en ré majeur, et le VIII en la finissant sur mt majeur. A mon sens cette règle ne peut pas être suivie , à moins qu'on ne veuille assimiler l'une à l'autre deux choses essentiellement diverses. Effectivement , le mode majeur et mineur ou , si vous voulez , la gamme musicale est un composé de Tons diatonico-chromatiques ; tandis que les Tons d'alise ou les échelles tonales du chant grégorien n'admettent que des Tons purement diatoniques , comme nous croyons l'avoir démontré dans le cours de la méthode. Et en cela nous étions d'accord avec • les fondateurs , les régulateurs et les réformateurs du chant ecclésiastique de tous les siècles. Tout en acceptant cette théorie , les auteurs susmentionnés croient ne pas devoir être conséquents avec le principe dès qu'il s'agit d'accompagner pratiquement le plain-chant , parce que , disent-ils , ce chant est accompagné à l'aide de l'harmonie moderne qui ne connaît que les gammes musicales modernes.
Pour faire sentir d'une manière palpable la fausseté de cette doctrine , nous ferons seulement remarquer
1 ."^ Qu'elle subordonne les échelles grégoriennes à celles de l'harmonie moderne , ce qui n'est pas rationnel , vu que l'harmonie ne sert que d'accompagnement , c'est-à-dire n'est que le moyen , et Taccessoire ; or, s'il est vrai que accessorium sequiiur suum principale y il doit être vrai aussi que l'harmonie doit céder le pas au chant , et non pas mee-versâ.
S./" Qu'elle détruit la distinction entre les modes ou Tons d'alise , et, partant la différence caractéristique qui existe entre le système tonal
de S. Grégoire cl celui des musiciens modernes. Car, en assimilant les modes antiques aux modes majeurs et mineurs , il n'y a plus que deux modes auxquels tous les autres se réduisent par la transposition. Eà effet , en quoi consiste la nature des huit Tons d'église , si ce n'est dans la place diverse qu'occupent les semi-tons dans chacun d'eux? Or , la place des demi-tons dans les gammes musicales n'est diverse que pour autant que le mode est majeur ou mineur.
S."* Qu'en substituant ainsi les deux modes musicaux aux huit modes gr^orienS;^ ou du plain-chant , elle substitue un genre à un autre , le moderne à l'antique , le profane au sacré , avec toutes les conséqueqees <)u'il serait trop long d'énumérer ici.
C'est en nous fondant sur ces considérations que nous disons :
1 ."^ Qu'en accompagnant le chant religieux avec l'harmonie moderne^ il faut avoir soin avant tout que la mélodie reste intègre, tant pour la tonalité que pour les modes que l'antiquité nous a légués, et qui seules ont été sanctionnés par l'Eglise. D'autant plus
2.** Qu'on peut fort bien se servir de Tharmonie comme moyen d'accompagnement, sans qu'on touche à la pureté primitive du plainchant , et sans qu'on introduise des septièmes majeures ou des notes sensibles dans les cadences (i)*
(1) Les tons d*église dit • Cattil-BIaze (Diot. de mnt. art. totM de VEglite) ne sont point assemt aux lois n des Um$ de la musique; il n*y est pas question de mëdiante ni de note senetble^'ye mode (musical) y est peu » déterminé et on laisse les demi-tons où ils se trouTont, dans Tordre naturel de Téchelle (di«toiiiq«#). .•
Lesueur, danssonexpof^ d'wM mutique «im, tmttoiioe, etc. parle ainsi de Palliancedela musique moderne avec les mélodies du plain-chant : « On tAchera alors , que notre échelle moderne ne les contrarie point en leur » donnant, par exemple , de$ noUi aeneibUi tandii qu^elleê n^en com^porteni point. Ce serait alors les faire reieem- » hier à ces plain-chants, qui, accomodés à la moderne, ont perdu une partie de leur ancienne mijesté. U est • ridicule de transporter notre musique dans le plain-chant » etc. —
. « Le plain-chant — diffère esseotiellement de la musique moderne par les erdonnances tonales, et n'tk tLtVi » celle-ci que des ressemblances accidentelles. Pour comprendre en quoi consiste cette différence il faoi » se rappeler que dans toute composition musicale , la partie principale , qui en ce cas est la basse, ddit » finir sur une corde (note) portant un repos parfait, et qui soit tonique d^un mode mijeur ou minenr t dans » le plain-chant il n>n est pas de même; car bien que la mélodie finisse sur la note principale dumoda, il » ne s*en snit pas que cette finale soit celle d*nn mode majeur ou mineur, tels que nous Tes comprenons ; » alla est en effet finale d'un m^e qui n*est point en usage dans la musique moderne... On iroit par oes. détails » fort sommaires , que les modes du plain-chant ont une constitution et des affections très-différentes de celles » des modes de la musique. Aussi exp1iqoe-t-on assez mal les uns par les autres : c^est cependant le feit de la » plupart des musiciens qui se mêlent de musique d^Eglise , de se contenter de ces explications snperficîellea. » Nous pouYons certifier que rien ne décèje plus de légèreté et d'ignorance que la facilité aTOc laquelle » on adopte et Ton reproduit ces interprétations on ne peut plus fausses et plus incomplètes (Ch(rron. » BoaY. man. compl. de musiq. P. II. T. III, L. YIII. Sect. I, Ch. I.).»
Remarquons que le savant musicien faisait pratiquement ce qu'il enseignait en théorie. Pour s'en conTaîncfe on n'a. qu'à consulter sa méthode eoneertante de muiique, où il étite soigneusement la note sensible (Ions de l^Egliee . ou Umt du plain^hant , p. 901.) .
S."" Qu'en supposant même que 1 emploi de Tharmonie fût incompatible avec la tonalité rigoureuse du chant grégorien^ il s'ensuivrait seulement qu'il faudrait renoncer à un accompagnement de cette nature, plutôt que de proscrire les gammes légitimes de saint Âmbroise et de saint Gr^oire. Car après tout , ces gammes ne peuvent être modifiées que par une autorité semblable à celle qui les a constiluées.
Une seule objection raisonnable peut nous être opposée ; c'est Fusage presque général des organistes de régler l'accompagnement d'après les échelles harmoniques modernes. Mais celte objection n'a rien de sérieux ; cependant voyons comment nous y répondrons.
Tout en avouant cet usage, abusif selon nous , nous ferons remarquer
l.o Que lorsque des arguments intrinsèques sont de nature à ne pouvoir être ébranlés , ce n'est pas le grand nombre qui doit entrer en ligne de compte , surtout quand on considère :
2.® Que cet usage n'est pas fort ancien ; et le fut-il, qu'on doit l'attribuer particulièrement ou aux caprices des chantres qui confondent la tonalité gr^rienne, — dont ils font ordinairement peu de cas — avec celle de la musîique qui les enchante , ou à l'instruction insuffisante des organistes en fait d'harmonie , ou enfin , au mauvais goût des uns et des autres. Toujours est-il que les éléments constitutif de la gamme musicale et de celles de S. Grégoire diffèrent du tout au tout , et que par conséquent ils s'excluent mutuellement.
Nous osons à peine formuler une deuxième objection qui cependant se répète assez souvent. On dit : mais accompagner sans note sensible, cela ne se peut pas , c'est barbare. — De grâce , expliquons-nous.
En premier lieu, nous n'entendons aucunement rejeter la note sensible dans les parties intermédiaires d'un accord , pourvu qu'elle ne soit pas de nature à induire les chantres en erreur , c'est-à-dire à leur donner l'idée de la chanter aussi. Ensuite, voici ce que nous répondons: Vous souffrirez parfaitement notre manière d'accompagner^ Vous la trouverez même belle , large et analogue à la mélodie du chant , si vous acceptez ces quatre conditions :
i.o Qu'il faut avoir la conviction de la nécessité d'un tel accompagnement. Cette nécessité nous croyons l'avoir suffisamment établie. «.
%. "" Un accompagnateur assez versé dans le contrepoint et l'harmonie.
3.^ Des chantres qui rendent le chant comme il doit être rendu.