AVANT-PROPOS
Nous avons fait cette Méthode , à la demande expresse d une personne haut placée dans la hiérarchie ecclésiastique. Il était donc juste que nous y missions tous les soins possibles, afin que nos faibles moyens répondissent à la haute confiance, dont nous avons été honorés. Partant, nous n'avons dû rien omettre pour rendre les préceptes du chant ecclésiastique assez complets , sans donner dans une prolixité ennuyeuse et dès lors inutile.
Le désir de contribuer d'une manière efficace à une exécution convenable des chants sacrés, en les rétablissant sur leurs véritables bases, a été le but de nos travaux et de nos recherches. Si cet avantage en résulte , nous serons amplement dédommagés des études spéciales, auxquelles il nous a fallu nous livrer.
Cet avant-propos paraîtra peut-être un peu laconique ; mais le lecteur avide de s'instruire nous passera cette brièveté après la lecture de quelques réflexions générales que nous allons lui présenter. Elles serviront à faire ressortir l'importance de la matière , et à prédisposer le lecteur a étudier avec fruit les règles de notre Méthode.
INTRODUCTION
Le chant, d*après la définition des auteurs, n^est qu*une modulation artificielle de la Yoix , ou une inflexion et un passage de la voix du grave à Taigu , ou de l'aigu au grave, par le moyen d'intervalles propres à exprimer diverses affections de Tâme (i).
La voix est un son produit par des organes que nous tenons de la nature , et qui servent à Tusage de la langue (2). D*où il suit que toute voix est un son, quoique tout son ne soit pas toujours une voix ; car pour cela il est nécessaire que le son soit produit par les organes corporels de l'homme. Ainsi, les effets d'un instrument de musique ne sont pas appelés voix, mais sons; ainsi des quadrupèdes, des oiseaux etc.
Ensuite , le mouvement continu de la voix qui du grave passe à l'aigu , ou de l'aigu au grave, ou cette variation artificielle de la voix est ce qui feit la eonsonnancey dans le sens le plus large de ce mot. Cette consonnance consiste dans un mélange de sons graves et aigus qui firappent nos oreilles d'une manière uniforme et suave (3).
Lorsque diverses voix sont simultanément et artificiellement unies , il en résulte ce qu'on appelle contrepoint^ et dans un sens plus restreint hannonie (4). Les anciens, il est vrai, parlent aussi d'harmonie, mais ordinairement dans un sens autre que celui que nous venons d'indiquer.
D*un autre côté, les dénominations de chant, nu>tif, mélodie etc., expriment l'idée que nous attachons à la production des sons par une seule voix, ou pur plusieurs voix unisonniques, continuées sur divers degrés successifis (5).
Ceci nous conduit à expliquer les deux espèces de chant, composé et simpk. Le chant composé ou figuré est celui qui est exécuté par plusieurs voix diverses, mais réunies d'après certaines règles reçues , ou aussi par une seule voix , mais , avec quantité , mesure et cadence , d'après la variété des figures qui indiquent les modifications de l'organe de la voix (6). — Le chant simple est celui qui s'exécute à une ou plusieurs voix unisonniques , sans mesure notable et sans un mouvement rigoureusement déterminé. C'est le chant connu sdùs la dénomination de PlainrChant {7).
(1) P. Merten. Harmon. L. 7. (S) Franc. Salioat de mos. L. S. C. 3.
(3) Consonaniia est acuti toni ^avisque mixtura , saaTÎter anifonniterque auribus acciileot ( Boèce L • 3. de mas.)»
(4) Zarl. instit. harm. T. II. C. IS.
(5)Melodia est •oaoruoi contiouata commixtio , ità ut alter post alteram fluxu cootiouo sooet, et propriè dicitar caotio unius Tocit ( Bureta apud Martio. ).
(6) Mutica fiçurata ea est , io qaa Tarie notule secnndùm Tariaa figuras aliam snbindi quantîtatem accipiant (Sehast. Heyden de arte Can. L. I. ).
(7) Cantus pUnus dicitur cujus notx squali mensura et pari tempore pronuntiantur {Pelr, Aaron de MMltl. Harwwn, ).
4 IJITI0Di;CTI05.
Le Plain- Chant est ordinairement assimilé au Chant Gr^orien; mais alors il est nécessaire qn'il soit com|M>sé dans la tonalité de S. Grégoire I. C'est le dhant qui depois des sièdes a été adopté généralement dans Féglise poor aceompagner et rehausser les eérânonies du Culte. Mais disons-le en passant, ce beau chant est arrivé aujonrdliui à un tel point de dégradation, qu'il est à peine reconnaissahle, lorsqu'on le compare aux traditions anciennes et légitimes.
n fiiut id remonter un peu plus haut^ afin que le lecteur ait une idée, pour ainsi dire , historique du chant, rclat i vcmq it aux eérànonies religiaises.
Le diant est incontestablement un don de la nature pour soulager les cœurs affligés et pour alléger les misères de cette Tie mortelle. Or, la nature, c'est IMeu. Et /e SdgMUT a tout fait pour Lui (I). Donc la Toix de Homme doit louer son Créateur, comme sa langue doit annoncer sa gloire (2); ce qu'elle fait d'une manière bien plus digne de Dieu , lorsqu'dle se mêle aux doux transports de la reconnaissance (^.
Ausd 9 le peuple fidèle a-t-il dans tous les temps accompagné de sa Toix le Culte qu^l rendait i Dieu , quoique les saintes écritures n'en fassent pas une mention spéciale, avant le grand législateur des Hébreux. Poursuivis de près par le roi Egyptien, les Jui6 venaient de mardier à pied sec au milieu de la mer rouge, ayant l'eau à droite et à gauche , qui leur servait comme de rempart. Alors M oise et les enfants dIsraS chantèrent ce eantique au Sdgneur : Chantem des hymnes au Sdjfneur, parceqv^il a fait édater 9a grandeur et sa ghire, et qu'il a précipité dans la mer le cheval et le caioalier — qui nous poursuivaient (4).
Depuis cette époque, et jusqu'à la venue du Messie, nous rencontrons k diaque pas des témoignages en tKvear du diant religieux. Nous le voyons r^ularisé sous les rois David et Salomon ; sous les juges disrael. Les Lévites furent qiédalement diargés de son exécution (5).
Dès l'aurore de la Loi nouvelle , nous trouvons le grand mystère de la rédemption annoncé et proclamé par le chant : écoutez donc comment la nouvelle Eve a chanté; die dit : mon Ame glorifie le Seigneur. De sorte que le chant de Marie a remplacé les plaintes^ la première Eve (6).
Arrivons à des témoignages plus éclatants oicore. Le fils de Dieu , Dieu lui-même , a voulu nous enseigner h élever nos voix , dans la célébration des saints mystères. « Et faymno dicto — Km 'ufunfjacafTeç — et après avoir dianté l'hymne, ils sortirait pour s'en Mer sur la montagne des Oliviers i» (7).
Aussi lear Apdtres furent-ils fidèles à imiter l'exemple du divin Bédempteiir. Ecoutons S. Paul (8) : Instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres par des Psaumes, des Hymnes et des Cantiques spirituels, chantant de cœur avec édification les louanges du
il) ProT. C. 16. 4.
(2) « Dcdit mihj Dosiniu lioguam mereeden meam : et io ipsa laadabo eom (Eccles. C. 51. 30. ). •
(5) Landabo Domen Dei cam cantieo.
(4) Eiod. XIV. 23. Ibid. XV. 1.
(5) iod. XV. 17. Dan. UI. I. parai. XV. 16. Hud. XXV. 1. 7. 1. Reg. 18. 6. Confer. S. Aagns . L. XVII. De la cité de Diea C. 14. Habac. III. iodiUi XVI.
(6) « Andite igitar qaeBadmodom tjopaniUria nostra cantaverit, ait enim ; magnificat anima mca Dominum. Heirxplanctam Mari« cantos excimit (S. Aogns. »cnn. 18. de Sanc.).
(7) Malh. XXVI. 30. (8) Col. III. 16.
INTRODUCTION
Seigneur. — Et dans son épitre aux Ephésiens (i) : Remplissez^votis du S.-Espritj vous entretenant de Psaumes j d'Hymnes et de Cantiques, chantant et psalmodiant du fond de vos casurs d la gloire du Seigneur. — Lui-même donne l'exemple de cette pieuse pratique, lorsqu'incarceré avec Silas (â) il entonne un h}rmneji la gloire de celui , pour qui il devait soufirir (3).
Il est certain que les premiers chrétiens pratiquaient ces préceptes et imitaient de si saints exemples. S. Denys l'Aréopagite, qui écrivit du temps des Apàtres, dit expressément que révéque ayant entonné la mélodie des Psaumes, le reste du clergé poursuivait le diant (4). Philon Thébreux, qui était à Rome du vivant de S. Pierre, avec lequel il eût plusieurs conférences , comme nous rapprend S. Jéràme , raconte que les chrétiens se rendaient de grand matin à un oratoire appelé Cénacle ^ et que là, ils chantaient i double chœur dliommes et de femmes , ayant de part et d'autre un directeur occupé à régler le tout avec un ordre admirable. Pline le proconsul de Bithjnaie fait mention du même usage dans un écrit qu'il envoya à l'empereur Trajan, l'an III. de J.-€. -^ Justin le philosophe , qui plus tard se convertit au christianisme et scella sa croyance de son sang; S. Clément d'Alexandrie, S. Gyprien, TertuUien, S. Basile dans le IV siècle , tous sont unanimes à cet égard.
Les souverains Pontifes de Rome , qui Airent les gardiens du dépôt sacré des traditions apostoliques , furent aussi les premiers à propager Tusage du chant dans les églises. Les Damase, les Léon, les Gelase, les Hormisdas et tant d'autres contribuèrent plus ou moins, et d'après les circonstances difficiles où ils se trouvaient, à régler les chants religieux.
Mais il était réservé à S. Grégoire-le-grand , de nous léguer le système tonal de ce chant admirable qui a immortalisé son nom , et qui , à travers tant de siècles et tant de révolutions sociales , est venu jusqu'à nous.
Pour avoir une idée de la haute importance qu'on attacha , dans tous les temps, k l'établissement, à la propagation et à la conservation intégrale du chant sacré , et notamment du chant Grégorien , il suffît de consulter l'histoire. Les attaques des hérétiques et des ennemis de l'église d'un cêté; et de l'autre, les soins des Papes, des Conciles et des Evêques , voire même les pieux efforts des Rois et des Empereurs, prouvent à l'évidence que rien ne coûtait, lorsqu'il s'agissait de conserver le dépôt précieux de la divine psalmodie, et du chant sacré en général.
Parmi les hérétiques d'ancienne date , les Nicolaïtes et les Gnostiques marchent à la tête des impies. Le deuxième concile d'Antioche , qui fut célébré vers l'an 270 , condamna Paul de Samozate , non seulement du chef d'hérésie dans le dogme , mais aussi parcequ'il proscrivit témérairement les chants religieux en usage , et les psaumes de David , auxquels il s'efforça de substituer des chansons à sa propre gloire. S. Augustin nous apprend que leç Donatistes remplacèrent l'antique psalmodie par d'autres chants ; mais qu'ils furent condamnés dans un concile romain sous le pape S. Melchiade (513) , et l'année d'après, dans celui d'Arles, sous le pontificat de S. Silvestre. S. Athanase s'arma de^zèle contre les Méléciens, par la seule raison qu'ils chantaient les psaumes d'une manière inconvenante et ridicule, en les accompagnant de battements de mains.
(1) C. V. 18. 19. (i) Act. XVi. 25.
(3) Conf. S. Chrys. C. XXIV. de oral, in hom : titneniibut Deum.
(4) De ecclei. hier. C. 3.
U IPITRODUCTiON.
et du bruit d'une multitude de petites cloches suspendues à une corde. — Les sectateurs d'Apollinaire-Ie-jeune , qui inventèrent des psaumes et des cantiques autres que ceux usités dans Téglise, furent condamnés dans le concile Romain de 373 sous S. Damase et en 381 , dans un Concile œcuménique. — S. Ambroise combattit les Ariens qui s'écartèrent de la pratique légitime. — ^.Julien l'apostat, dont en ce point Luther suivit l'exemple , tronqua aussi le chant de l'église. Mais l'église garda le dépôt sacré , et jamais elle ne se lassa de lancer ses anathèmes contre les innovateurs qui eurent le triste courage de travailler à la destruction , ou à la dégénérescence de son chant.
Quant aux efforts dans un sens contraire , nous ne finirions pas , si nous détaillions ce que^ après S. Grégoire, on a eu de sollicitude à ce sujet. S. Augustin, l'apôtre de l'Angleterre , introduisit dans ce pays le chant religieux , en même temps que la foi. Ensuite, le concile de Gloveshove, et, à la fin du IX siècle Alfred-le-grand , travaillèrent successivement à la propagation du chant romain , ou au rétablissement de sa pureté primitive (1).
Dans les Gaules, on fit plus encore. GhilpericI, Dagobert, Pépin s'occupèrent du chant sacré; mais Gharlemagne surtout n'épargna rien pour que, dans les églises de ses états, on chantât selon les traditions et les règles de S. Grégoire (2).
Du temps de Grégoire II , des missionnaires furent envoyés dans la Bavière. Il leur était expressément enjoint de surveiller l'exécution du chant , d'après les traditions et les préceptes du Siège Apostolique (5). Ce fut un grand pas vers la propagation du chant Grégorien en Allemagne ; mais un peu plus tard, l'arrivée d'un chantre Romain, dans la célèbre abbaye des Bénédictins de S.^ Gall , acheva de le répandre généralement dans ces contrées (4).
Nous ne parlerons pas du grand nombre d'auteurs qui nous ont laissé des écrits remarquables sur la matière du chant ecclésiastique. Nous n'avons pas besoin d'eux pour insister davantage sur le cas qu'on faisait de cette partie de la liturgie. Au reste , nos lecteurs feront connaissance avec eux , dans le cours de la Méthode. Nous voulons seulement , pour encourager l'étude du chant , faire une revue succincte de quelques passages des annales de l'église , qui montreront , non seulement la grande utilité , mais de plus , la nécessité d'étudier le chant , pour tous ceux qui sont appelés aux fonctions sublimes du sacerdoce.
Déjà du temps de S. Grégoire I , la connaissance de la psalmodie était requise dans ceux qui aspiraient à l'épiscopat. S. Grégoire lui-même se refusa à sacrer Jean le prêtre, évêque, parcequ'il laissait à désirer sous le rapport du chant (5).
La même discipline fut maintenue dans des temps postérieurs. En effet , les Pères du deuxième Concile de Nicée, can. 2. décrétèrent que personne ne pouvait être
(1) J«ao le diac. L. 11. Bède , hist. Angl. L. IV. C. S. Mabillon L. XXIII. Wood hist. acad. oxoa. L. I. (3) Walaf. de reb. ecclet. C. 25. Baluz.- Mabill. F. I. capitul. col. 203 et. analect. ia f. p. 73.
(3) MioUtris quorum canonicam aJprobaveritis promotionem , sacrificandi et ministrandi , sÎTe etiam ptaUêndi^ ex figura et tradUione apostolicc et Romaoae sedit ordine tradetU poteslatem (Gerb. de can. T. 1. p. 274.).
(4) Ibid. loc. eit.
(5) « Sed nec Johannem presbyterum ptalmorum netcktm praesumpsimut ordioare, quia haec eum ret minus tui profecto habére studium demonstrabat (L. X. ep. 34.). Remarquez qu'il est indubiublement ici question du chant des psaumes, car ceux-ci étaient toujours accompagnés de chant. Du reste, c'est ainsi que Tentendeot les pères de la congrégation de S. Maure, dans leurs uotes sur les œuvres de S. Grégoire, ainsi que Tomassin et plusieurs autres.
INTRODUCTION
promu à la dignité*épiscopaIe , sâns être instruit dans la psalmodie (i). De roémCy le huitième Concile de Tolède , can. 6. déclare que nul ne peut être admis k un degré quelconque de la hiérarchie , sans qu*il soit parfaitement instruit dans le chant sacré, u Decrevimus ut nullus cujusque dignitatis deinceps percipiat gradum , qui non totum psalterium vel cantiœrum usualiumet hymnorum,... perfectè noverit supplementum. »
Il est Trai que la discipline d'autrefois a été modifiée en partie, touchant Iç psautier; mais elle est restée toujours en vigueur , pour ce qui concerne les chants habituels de réglise. En effet , si nous passons à des temps plus rapprochés , toujours nous rencontrons la même sollicitude de la part de l'église. Le Concile de Trente veut que le chant soit cultivé et enseigné dans les séminaires (2). Nous retrouvons la même disposition dans le demier'Concile Romain sous Benoit XIII (1725) (5). Le même Concile veut en outre que dans la collation des canonicats , on nomme de préférence ceux qui savent bien le chant Grégorien (4).
Mais pourquoi multiplier les autorités en faveur d'une thèse, dont la valeur ne peut pas être raisonnablement contestée ? Néanmoins , il importe de répondre ici à deux objections qui se présentent assez souvent. Certaines personnes croient pouvoir se dispenser de l'étude du chant, en prétextant l'ingratitude de la nature qui ne les a pas douées d'une belle voix , ou d'une ouïe musicale. Nous n'avons qu'un mot à leur dire , il est encourageant. Etudiez , leur dirons-nous , et chantez sous la direction d'un maître habile ; et vos défauts disparaîtront bientôt , sinon totalement , du moins, assez pour que votre chant soit tolérable. D'autres ne cultivent pas le chant , et négligent ]es études qui s'y rapportent , à cause de leur talent même. Ils croient qu'ils peuvent se contenter de ne pas chanter faux , et que là doivent se borner leurs soins. A ceux-ci , nous laisserons répondre un ancien, le célèbre Gui l'Aretin : « nam qui facit » quod non sapît , diffinitur bestia (5). » De là le proverbe : Bestia, non cantoVj qui non eanit arte, sed usu (6).
Si nous nous adressons ici spécialement au clergé, c'est parce que nous sommes persuadés, que les études du chant et sa bonne exécution dépendent, en grande partie, de l'impulsion qui viendra de ce côté. En vérité , il n'est guères possible d'avoir de bons chantres dans les églises , à moins que les ecclésiastiques ne veillent à leur éducation musicale , et prêchent surtout d'exemple. Qu'on nous pardonne cette franchise ; mais nous ne serons que trop vrais , lorsque nous dirons , que l'insouciance de plusieurs personnes qui ont une mission spéciale pour faire fleurir le chant sacré , est une des causes principales de sa décadence. A cet égard , on serait tenté de dire avec un illustre Cardinal : (7) »t Ut fatear quod res est , pudet me plerosque ecclesiasticos viros totius vit» « cursu in cantu versari , ipsum verô cantum , quod turpe est ignorare. )» Et ailleurs : (8) « Ipse cantus ecdesiasticus quàm à vero Gregoriano dissimilis est ! Fastidit œtas nostra « concentum gravem et stabilem , amatque modulos quosdam quibus in frusta concisus » cantus dissiliat et enervetur. »
(1) Decernimus quemlibct quidcm qui ad episcopalem gradum eal provehendu», psalieriuni omnioè not»e« ot ex eo omnem quoque suum clericum ità initiari moneat.
(2) Sess. XXIII C. 18. de reform. (3) CaDtum gregorianum «ddiscant.
(4) C.V. In canonicatibus verô... confercndi», cœleri» paribus, semper cos prœfcranl qui eantum ealient
gregorianum.
(5) Reg. mus. rhylm. (6) P. Alfieri.
(7) J. Bona de canl. cccles. S Hl. N- 1. (8) Ibid. N»3.
*8 INTRODUCTION
Cependant nous aimons h le constater , il se manifeste de nos jours un revirement dans les esprits , qui tend à. rétablir le chant d*égUse dans sa pureté primitive , et dans son antique splendeur. Puisse cette Méthode contribuer à obtenir un si heureux résultat ! Nous avons eu à tâche de la faire aussi romaine , aussi grégorienne , aussi vraie que possible. Dociles à ce mot de Charlemagne : « Retournez à la source de » S. Grégoire dont vous avez feussé le chant. » Nous avons puisé aux sources mêmes , en consultant les plus grands auteurs anciens et modernes. C'est pourquoi nous avons été forcés de rétrograder , n'en déplaise au progrès du siècle.
Si parfois Ton nous trouve des idées neuves , neuves à force d'être anciennes , et des préceptes , qui semblent heurter les opinions et les pratiques reçues , nous ne savons qu'y faire. Nous ne prétendons en aucune manière au mérite de l'invention. Nous citons des autorités en traduisant leurs paroles avec conscience ; nous avons adopté les principes qui nous paraissent devoir être admis , nous tirons les conséquences qui en découlent ; le lecteur jugera du reste.