‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 76 sur 84 · ARTICLE PEUX · texte numérisé non relu

ARTICLE PEUX

Ubi eantus mumui adkihetur , cunnt Pa- Hi Ton fait usage du chant musioal , MM. les

roehi u^ Ht gràvU , deeorus , $uavis ae pius : Cnrés auront soin qu'il soit grave , décent ,

invigUentqueneprofanimoduliintrodueanturj suave et religieux , et ils veilleront à ce qu'on

aut qui (evitatem êjpirent , nimiove strepitu n'y mêle point des airs profanes ou qui respirent

affcclus pietatis pottùs dissipent quàm foveant la légèreté , ni des pièces bruyantes , plus

et excitent. propres à dissiper qu'à nourrir et à exciter les

affections pieuses.

OBSERVATIONS

Dès que dans tontes les paroisses on exécutera exactement les dispositions de l'art. I , la force même des choses fera disparaître de nos solennités un genre de musique qui a donné lieu aux abus indiqués par l'art. II. Le bon goût des musiciens instruits sera là-dessus d'accord avec les sentiments pieux des fidèles.

On ne doit Jamais remplacer le plain-chant par la musique, sans avoir tous les éléments nécessaires pour que celle-ci puisse être, au moins relativement, digne de nos temples, autant par le caractère des compositionâ musicales que par les qualités de ceux qui doivent les exécuter. Il ne faut point dans le lieu saint scandaliser, affliger l'oreille des fidèles , pour plaire aux caprices d'un petit nombre d'amateurs peu éclairés.

Quant aux pièces mêmes , les maîtres de ipnsique n'Igporent pas que peu de compositeurs , parmi les modernes surtout, ont atteint le but que l'Eglise s est proposé en permettant la musique dans les offices divins. Elles sont certainement bien rares les pièces , dont l'exécution élève le cœur des fidèles à la contemplation des choses célestes et les excite à prier. Sans parler de tant de compositions d'un ordre inférieur, qui n'ont aucun caractère, presque tontes les Messes solennelles, presque tons les grands motets s'éloignent du but. Ecrits dans ce qu'on appelle le style dramatique ou descriptif, et comme tels passant et repassant sans cesse d'une nuance à une autre , du tendre au terrible, du calme au bruyant, loin de nourrir la dévotion et d'entretenir le re» cueillement» ils deviennent un sujet continuel de distraction.

Les maîtres de musique qui ont à cœur de se montrer dignes de la confiance des Curés , et de la charge à laquelle ils sont élevés , doivent donc être sévères et prudents dans le choix des pièces, et avoir constamment en vue de bien remplir les intentions de l'Eglise; ils doivent s'entourer à cet effet de toutes les lumières et de tous les conseils, dont ils peuvent avoir besoin.

(1) On croit souvent rehausser la solennité des offices en chantant haut : c'est une erreur ; en chantant trop haut , on 6te au chant la gravité qui lui appartient, et on empêche la voix de devenir ronde et sonore.

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