ARTICLE NEUF
Curent, Parochi til qui ad canlandum vel MM. les Guf es auront soia que ceux qui sout
organa aliave instrumenta pulsanda in offi- admis à chantelr , à toucher l'orgue , oa à jouer
vifs divinis et maxime in processionibus ad- des instruments dans les offices divins , et snr-
millunlur , vilam verè cliristianam ducant , tout dans les processions , mènent une vie vrai-
et piè dccenterquc iuo munere fungantur, Nec ment chrétienne , et s'acquittent de leur, charge
fœminœ admillantur, prœterquamin sacellis avec piété et avec décence. On n'admettra les
et ecclesiis monialium aliarumque fœminarum personnes du sexe que dans les chapelles et
Deo devolarum. ^ les églises des religieuses.
Mandamus ut Parochi et ecclesiarum sa- Nous ordonnons aux Curés et aux Recteurs
ccllorumque Redores prœfala seduld explicenl des églises et chapelles d'expliquer avec soin
inculcenlque organistis et cantûs ac musicœ tout ce qui précède aux organistes et aux
magislris, eisque commendent ut finem quem maîtres de chant et de musique , et de leur
Ecclesia per cantum et musicam obtinerein- recommander d'avoir constamment devant les
tendit , constanter ob oculos habeant. yeux le but que l'Eglise veut obtenir par le
Actum Mechliniœ in Congregatione Adm. chant et la musique.
RR. DD, Archipresbylerorum , die 26 mensis Fait k Matines dans la Congrégation des
Aprilis anni 1842. Doyens le 26 du mois d'Avril de l'an 1842.
ENGELBERTUS Gard Arch. Mechl. ENGELBERT Gard. Arch. de Malines.
De Mandate Eminentiae suse. J. J.G.Bagdet, Secr. Par Mandement de SonËmiu. J.J. G. BAcuET^Secr.
OBSERVATIONS
L'auteur de l'article sur la musique religieuse , que nous avons déjà cité, dit avec raison au sujet de ce dernier article du Décret, qu'il lui paraît plus qu'étrange de rencontrer aux jubés des exécutants et même des directeurs d'orchestre du théâtre. Comment est-il possible , ajoute-t-il, aue ces versonnes aient le goût sévère et pieux de la musique religieuse , elles qui s*occupent habituellement de la musique légère et profane?
Los Sociétés d'harmonie baissent quelquefois beaucoup à désirer sous le rapport de la conduite (le leurs membres, ou de la manière dont ils se comportent pendant Ips offices ou les processions. Dans ces cas, MM. les Curés ne peuvent pas les y admettre, et ils doivent se contenter du chant ordinaire , à inoins qu'ils ne préfèrent employer dans les processions des chœurs de chantres avec accompagnement d'instruments k vent, ou des chœurs déjeunes gens, auxquels ils auraient fait apprendre des hymnes, des cantiques ou d'autres chants d'ensemble , écrits en style religieux imr les paroles du Processionnel.
Terminons ces observations par les excellents avis d'un judicieux auteur de la fin du dernier siècle. a La musique d'église est faite pour transporter l'âme dans les deux parmi les Chœurs des
sifflé par tous les connaisseurs , les amateurs , les virtuoses. La méthode que suivaient les
* anciens, est la seule qui convienne à la musique sacrée. Leur première attention était qu'on >> ne perdit pas une seule parole de leur chant. En conséquence le mélange des voix ne eau- « sait point de confusion dans leur musique , comme dans la nôtre, parce qu'elles prononçaient <• toutes ensemble le même mot, et que parmi ces voix il y en avait toujours une plus claire et plus sonore, qui dominait toutes les a\itres. De plus, les anciens avaient extrêmement k » cœur que leur chant fût naturel , simple, noble, touchant , et surtout proportionné à sa signi- » fication, de manière qu'il pût réunir tous les agréments de la mélodie avec tous les avantages » de la déclamation. Aussi Vossius , dans son traité du chant , des poèmes et de la force du rhytbme , prétend-il que la décadence et le peu d'effet de notre musique , viennent de ce » qu'il n'y a plus de proportion entre les paroles et le chant, de ce qu'on a dépouillé les paroles
> de la vraie prononciation , et qu'on les chante si confusément , qu'elles ne sont point enten- >> dues. Saint Clément d'Alexandrie , très-instruit et très-curieux des antiquités, assure que les » Hébreux , dans la musique destinée pour le Temple, observaient le ton grave du chant dorique, fi presque tout composé de spondées. Puissent nos savants compositeurs de motets se réformer » en se rapprochant des Anciens! Au lieu de nous donner une musique compliquée, toute ar-
> tificielle , et trop éloignée du ton de la belle nature, pour être l'expression du sentiment; une
* musique confuse et bruyante qui remplit l'oreille de sons vagues, sans rien dire au cœur; une » musique si assommante par sa longueur, que ceux qui en sont le plus avides, en sortent lou- T> jours excédés; une musique molle et langoureuse, ou fade et monotone, ou légère et sautiU » lante, plus dignes des parades que du lieu saint Tenfin qui pourrait fdire l'énumération des vices , " qui déparent la musique des Cathédrales ou Collégiales, dont on est si las?). Au lieu donc de
* s'attacher uniquement à plaire au petit nombre des gens de l'art , dont les vues sont trop » bornées, nos Orphées modernes , nos sages Amphions , pénétrés de la fin sublime, qui doit B élever leur génie , encourager leur talent, annoblir leur profession, envisageront la gloire du » grand Maître dont ils se chargent d'exécuter et d'embellir les louanges ; alors la beauté de leurs a cantiques , les charmes de leur harmonie assureront à Dieu l'hommage de tous les cœurs; et par ') un prodige nouveau ce sera au plaisir même que la Religion devra son triomphe. ^{Le Théologien philosophe par Mr. Pontallicr. Paris. 1786. Tome 2. page 215 et suiv.)
Nous approuvons la tradnctioQ qui f récède de notre Décret concernant le ebant et la musique d'église, ainsi que les Observations dont elle est accompagnée, et Nous exhortons vivement les maîtres de chant et de musique de notre diocèse à bien s'en pénétrer.
Afin d*encourager les compositions^ bons morceaux de chant et de musique sacrée , nous approuverons volontiers pour l'usage tes églises de notre diocèse , ceux qui d'après le jugement des personnes auxquelles nous en confierons l'examen , réuniront les conditions voulues par notre Décret et expliquées dans ces Observations.
Donné à Malines le 22 Novembre 1842.
ENGELBEKT Gard. Arcb. be Mali^fi.
La Notification suivante , publiée récemment à Rome par le Cardinal Patrizi , Vicaire Général de 8a Sainteté, contient une approbation si éclatante des dispositions du Décret de Son Eminence Le Cardinal Archevêque * que nous ne pouvoas nous dispenser d'en joindre ici la traduction en entier: