M""*' DE Saint- Vallier (Maf/re Cor«e/n/s), tome V
2 1-22. — M"'* DE Verneuil et M'"'= DE GuA {les Chouans).
Et Balzac ajoutait en note au bas de ce tableau :
« L'auteur omet à dessein plus de dix femmes vertueuses pour ne pas ennuyer le lecteur; mais il les nommerait s'il y avait contestation sur le résultat de cette statistique littéraire. »
Ce travail comparatif, dressé en i835, eût été intéressant à continuer douze ou quinze ans plus tard, par une statistique d'ensemble des femmes vertueuses et criminelles, non plus des Études de mœurs, mais de la Comédie humaine, où toute l'œuvre de Balzac se trouve fondue.
Un critique écrivait : la femme appartient à AT. de Balzac, et rien n'est moins contestable. Elle est à lui dans ses atours, dans son négligé, dans les soins de son intérieur ; il l'habille à ravir et, moralement, la déshabille encore mieux. Il la voit en réaliste : nul mieux que lui n'a compris la femme du xix« siècle, plus complexe peut-être que celle du xv!!!*", car la société, en cessant de la diviniser comme nos pères, en a fait une incom-
ijC ZIGZAGS D'UN CURIEUX.
prise dans le bouleversement de nos moeurs positives, qui tendent à s'américaniser chaque jour davantage.
Baî^^ac poète.
On a pu dénier à Balzac le sentiment de la poésie, lui retirer la conception et l'art particulier de la forme poétique ; mais on ne pourrait affirmer son impuissance absolue vis-à-vis de la Muse, ni prétendre, comme on ne craint point de le faire, d'après une légende controuvée, que l'auteur de Séraphila ait demandé à des amis tels que M™'= de Girardin, Lassailly ou Théophile Gautier, toutes les versions poétiques qui se trouvent dans son œuvre. Certes, ces derniers ont bien voulu rimer pour le grand prosateur certains sonnets charmants et quelques pièces légères que l'impétueux travailleur n'aurait eu ni la patience ni le loisir de ciseler dans la terrible fièvre de ses larges compositions; mais il reste acquis que Balzac ne dédaigna pas, à ses débuts, de faire un peu l'école buissonnière, en nourrisson des Muses, dans les petits sentiers du Parnasse. Si toutes les pièces qui figurent dans son œuvre romancière ne sont pas toutes de sa main, tout au moins pouvons-nous prouver qu'il n'était pas incapable d'en avoir fait la majeure partie.
Nous avons parlé de la tragédie de Cromwell, que Balzac, qui s'intitulait alors Sophocle jeune, perpétra dans la mansarde du Marais, et dont il ne nous reste qu'un plan détaillé publié dans la Correspondance. A cette époque, Honoré était vivement préoccupé de poésie ; il rêvait de grands poèmes dans le genre badin et léger de la fin du xv!!!*" siècle, il jalousait Parny et Mallilàtre, et il passait son temps à rimer dans l'étude de AP Guyonnet de Merville, qui avait eu l'honneur d'avoir pour clercs deux physionomies bien tranchées : Honoré de Balzac et M. Scribe.
Dans la Galette de Champfleury du !•=' novembre i85b (cette Galette n'eut que deux numéros), nous trouvons deux curieux débuts de poèmes, copiés sur les manuscrits mêmes de Balzac par le conteur des Sensations de Josquin. L'un est intitulé le Livre de Job, l'autre les Merveilleuses aventures de Robert le Diable. Il est bon de citer les premières strophes de celui-là :