AVANT-PROPOS
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Dé tous lea monuniènts que le soi mépiiisàbië de 1* Eg jr](rtè' tioué a' cônôèt^^éà, àuôtin n^a jeté plus d^écïàt, aucun n'a excite tant d'espéraïiceô que les zodiaques de Dendei'àli." Car les dou^ie signes zodiacaux bieii connus s'y-trôu^^^t deux fois, etsur fe zodiaque circulaire et sur le rectangulaire du Portique, on croyait pouvoir fixer /par un calcul astronomique quelconque, la date de la construction du temple et des figures qu'on y trouve.
L'inscription bilingue de la pierre de Rosette, dans les mains deChampollionle- Jeune, porta bientôt remëde aux systèmes tout -à -fait fantaàtiqùes , en ramenant^ au moyen des cartouches, les zodiaques à leur véritable époque, c'est-à-dire, à la période gréco-romaine.
Le' même résultat avait été obtenu par Letronne à l'aide des inscriptions grecques. Ce savant alla même jusqu' à prétendre qu'on aurait beau chercher un zodiaque (dodécatémorique) sur les monuments pharaoniques, qu'on n'en trouverait jamais. Cette assertion a été pleinement confirmée par les recherches ultérieures. Le même auteur dit*): „Qtie les zodiaques perdent presque toute leur mportance et qiûtTs ne sont plus qu^un simple objet de curîosit&^. Mais mon ouvrage, je me flatte de cet espoir, détruira cette opinion, en montrant qu' à lui seul, le zadiaque circulaire constitue un des plus grands trésors de la Bibliothèque Impériale, et qu'il ne le cède guëre en importance à la célèbre pierre de Rosette. On verra qu'il „offire
') Opuscules p. 110.
en réalité un but de recherche vraiment philosophique, et, quoique dëchu de cette haute antiquité qu'on lui avait si génëreusement départie, il nous révélera néanmoins le secret d'une ancienne science* — calendrique. Ainsi donc, loin d'être „V expression de rêveries absurdes, et la preuve encore existante dune des faiblesses qui ont le plies déshonoré Tesprit humain" (astrologie) — les zodlaques de Ocnderah nous expliqueront 5 ponr ia première fols % le calendrier des anciens ESiryptlens. Ils nons fourniront les emblèmes des douze mois, des cinqEpaicomènes et du (quart du) Jour Intercalaire, en nous indiquant^ en même temps, ia place de Tlntercalatlon. Ils
pourront ainsi devenir la cle^, cherchée en vain jus(]^u' ici, de l'intelligence de l'antiquitë égyptienne et conduire à la reconstruction de la chronologie. Espérons qu'il sera possible d'en fixer un jour les jalons les plus indispensables sur la base des monuments!
') Loc. cit. p. 66 . . . j^les figures du scorpion et du lion qu^on prétend être zodiacales,
coordonnées avec des images symboliques dont per sonne, quant h présent, ne peut dire la
-signification^^ — Comparez M. le Vicomte de Rongé : Notice des monuments égyptiens p. 92, 38:
^Le zodiaque circulaire a perdu le prestige dune antiquité fabuleuse^ mais il reste très-intéressafU par
sa matière astronomiqu 6^^
LE ZODIAQUE CIRCULAmE DE DENDERAH.
Notices préliminairee.
C'est au gënëral Desaix que revient Thonneur d'avoir découvert, vers la fin du siècle passe, le zodiaque circulaire de Denderah* Les membres de^ la CommissiQu d'Egypte se mirent à l'oeuvre pour dessiner ' ce monument sur une ëohelle plus grande que M. Denon ne venait de faire. M. Fourier, averti par M. Descostils, s'y rendit de même et reconnut bientôt qu'il s'y trouvait xpie procession allégorique des diverses parties de l'année. Il n'admettait point de prpjection qui se présente natureUeqient k l'esprit) quand ou jette un coup d'oeil sur la représentation cirçulaircé En eflTet, la plupart des explications — il sufiit de rappeler celles de MM, Jollois, Devilliers, Dcr lambre, Visconti, Biot*) ^— roulent sur la projection.
n va saçis dire qu'xm géomètrje aussi distingué quç M. Biot, ne nourrissait pas d'idées aussi .exagéras que Dupuifs, dont les vue§ épient en vogue alors et accréditées d'autant plus qu'il avait ^prédit , 25 ws auparavant, la découverte .dcf zodiaqups en Egypte.: Cl^ça^ JM, , ipylpt tout est calcul et mesure. Ainsi il avait, dès 1^22, avancé: y,q\i^^ la.prqfefition du zq^iaqu^- circulaire de D.e^eràh se rfpj^ortai^ (istrm(mv(quemm à îFan f 76, ,<m;(»|^- 3%o<re ^re, ajpec t^ne mcert^ude d^ W5 q/^$ e^ ,pftts ,qu en moins'', •
**) Dans la Notice sur le voyage de M. Lelorraîn, quî a transporté le célèbre zodiaque à Paris, Qjpt trouy0 cit^^rp, 90, quelques autres ouvrages quî traitent du, même monument: de Testa, Tardieu,. Ferlus, SjU; Martin^ Saulnier fils, Paravey, Jomard.; Cette liste nçst pas complète. Mais toutes I^s tentatives, p^r expliquer ,lç. zodiarque ayaut échoué, on peut sa dispenser d'en tenir compte en détail. Toutefois j§. .regrette ^e n'avoir pu consulter l'ouvrage de M. Bru net de Presle.
L'alphabet des hiéroglyphes phonétiques, découvert à la même époque par ChampoUion-le-Jeune, qui constatait la présence de noms d'empereurs romains à Denderah, contraignit M. Biot, a reconnaître l'exécution matérielle du problême à l'époque romaine; toutefob, par un tour de force, il maintenait sa plus ancienne date de 716 pour la conception. Dès 1824, M. Letronne avait insisté sur le fait, qu'on n'avait pas encore trouvé de zodiaque de l'époque pharaonique. Cette assertion a été pleinement confirmée par Ghampoliion. Car, quoiqu'il se fdt promis, lors de son
voyage de 1828, de rapporter d'Egypte des zodiaques pharaoniques, il dut s'avouer, k son retour, qu'il n'en avait nulle part découvert de vestiges. Cependant il y a, même dans la bonne critique de Letronne, quelques points qui exigent une rectification. Je veux parler des D é c a n s seulement ChampoUion avait lu les noms de quatre décans :
Ouaré, Knem, Charknem, Tapébiou, qui répondent exactement aux Ovape, Kvovjutj^, Xapnvovjuij^ et Tnr}lii}6v , iî^pportéô par Héphaestion et d'autres auteurs astrologiques, lièttonne ne les admettait point sur le zodiaque de Denderah. Cependant M. Lepsius, dans son grand ouvrage sur lia chronologie des ancienis Egjrptiens, a prouvé, d'tme manière décisive, que les Udms des 36 décans sont réellement inscrits sur la- bande équatoriale. Il pense en même temps aux 86 décades de l'année égyptienne, toutefois sans en faite Inapplication. Enfin il y a trouvé les cinq planètes et il se ci^oit autorisé, d'après la place qu'occupe son Jupiter, de fixer l'époque du zodiaque circulaire à Fan 46 avant Jésus-Christ. Il le rapporte à la naissance de Césarion, laquelle seifàit indiquée aussi par la représentation d'Hermonthis. Nous prouverons que les vtiies de M. Lepsius^es'écil^irt pas beaucoup de la vérité. ' ;
Dans un article plein de renseignements neufs M. Brugsch') rectifia,' sur quelques points essentiels, la nomenclature des 5 planètes, proposée par son savant compatriote. H essaya de trouver le copmiencement de lar légende circulaire et finît par annoncer une partie calendrique, oti il s'agirait de fêtés.
' Zeitschrift der Deutschen Morgenl&odischen OesellBdhaft X, p. 667. La continuation de cet ^article n'a pas paru jusqu' icL Comparez cependant les Matériaux etc. du même auteur, où il s'agit de fôtes religieuses, il est vru, ùiais ians application aux zodiaques de Denderah. Peut-être la seconde partie de cet ouvrage remarquable contiendra-t-elle les vues de l'auteur.
Enfin M. le Vicomte de Rougé^), en corrigeant la lecture concernant les plaùètes de Mars et de Jupiter, a contribué, ici encore, au progrès de là science ëgyptolojgique.
•^ Quant à mon propre travail, il porte sur les points suivants. D'abord j'expliquerai la particularité du zodiaque de Denderah en ce qu'il est circulaire, en montrant l'orientation de la représentation d'après les données intrinsèques « du monument. On verra par là qu'il présente, autant que possible, l'état général du ciel, et que, dans ce sens restreint, on pourrait parler^ aujourdhui encore, de projection.
Après cela , je tâcherai de décbiflfrer les légendes latérales pour en déduire l'époque approximative du zodiaque. La légende circulaire, par ses sections très-évidentes, nous indiquera plusieurs commencements de différentes années.
Les emblèmes qui se trouvent auprès des signes du zodiaque grec, nous révéleront la plus importante partie, c'est-à-dire, lesnoms des douze mois égyptiens, y compris la désignation des cinq jours épagomènes et du (quart du) jour intercalaire.
Trois oiseaux de passage: le phénix, l'hirondelle et le cygne nous donneront les trois saisons de l'année égyptienne.
Ce fameux médaillon de Denderah est donc un calendrier, et, & ce titre, il ne peutv se passer d'éléments astronomiques. ^A.in8i mon système se prête à la ré^îeption de tous les résultats positifs obtenus jusqu' ici par les savants , et comme il ne compromet nulle part ni l'histoire ni l'ensemble des faits constatés, cette qualité m'en garantit la justesse. Je ne crains pas d'être taxé d'amour -propre excessif, en comptant, dès à présent, le zodiaque circulaire parmi les monumentis expliqués.
§.1. ORIENTATION DU ZODIAQUE (PL I.) La g^randc fl^^ro^ malheureusement restée en Egypte, suffit, à elle
*) Note Bor les noms égyptiens des planètes p. 9; de même: Sur quelques phénomènes etc. et tout récemment: Sur les noms des trois saisons égyptiennes.
seule, pour donner Torientation du monument: c'est la TerFC Un auteur*) ancien la décrit ainsi: „La Terre est couchée au milieu de Hunivefi^s, en femme qui regarde le del comme son père etcJ' Or, le zodiaque rectangulaire de Denderah oflBre une figure tout-à-fait semblable , laquelle étend les mains et les pieds vers le signe (pi. II, 1), c'est-à-dire, le ciel. Le fragment ajoute: ^,ses pieds sont tournés vers V ourse du Nord et sa tête vers le Sud, de sorte que T Egypte y occupe le miliev/^'^y En effet, si nous avançons la règle parallèlement à la grande figure jusqu' au point central du zodiaque, les deux bouts de cette ligne atteignent la circonférence justement là où les hommes (à fête d'éperviers) agenouillés semblent soutenir la voûte céleste. Elle longe le Cancer, signe zodiacal de Tannée tropique et la colonne surmontée d'un épervier avec le Pschent, emblème du mois Thôt, comme je le prouverai plus loin. C'est ici que M. Biot met 0^ et vis-à-vis 180". ^
Mais l'axe du plafond ne coïncide pas avec U ligne du nord vrai; celle-ci se trouvé à une distance de 17^ environ. Elle passe par la légende du, décan Hpovju^^ et tombe sur l'étoile de la vache Sothis. De l'autre côté, elle traverse: la légende du àécm „pesioU'Oua'' (l'étoile unique), de sorte que la flèche, ailleurs ; couchée, semble être à dessein changée dans sa position, pour désigner la direction de la ligne du nord vrai. Ce décan „J! étoile unique"^ forme précisément le milieu de tous; car il est placé entre Tapesmat etSmat, c'est-à-dire, les ,,diviseurs". Or, dans toutes les listes et sur toutes les représentations, le décan Ki/oi;,aî;fc commence la série. Il est donc rigoureusement exact de prendre la ligne qui s'étend du Kpopjuijç au Pe-siouou a, comme celle du nord vrai et dy voir un indice du commencement de l'année sothiaque, parce que l'étoile Sothis tombe sous elle.
H y a plus; après les deux figures agenouillées, vient immédiatement une colonne de texte, dressée obliquement de sorte que spn prolongement aboutirait au même point que la ligne parallèle à travers le centre, c'est-à-dire, au pied droit avancé du