LE PHÉNIX DE L'EMPEREUR TIBÈRE
Voici ce que rapporte cet auteur sous l'année XXI de Tibère, époque du zo* diaque rectangulaire:
,JPaulltis Fabms, Lucius Vttellms étant constdsj F oiseau phénix tnnt en Egypte „apris une longue série de siècles, et fournit atéx plus savants des Orecs et des indtr ^gènes occasion à beaucoup de dissertations au sujet de ce fait miracvleux. Mais on ri est ffpas d accord sur T intervalle qui ^ est, écoulé entre chacune de ses apparitions. La plupypart des savants lui donnent un âge de 500 ans. D'autres prétendent que 1461 ans „^ écoulent cFune apparition duphênix à P autre. Quant aux oiseauxphénix apparus auparavant, ,fin rapporte lepremier phénix au règne de Sésostris^ le deuxièmeà celui d^Ama sis , le troir ^pStème àceluide Pto lém ée le troisième^) des Macédoniens «... quia régné Cependant l'antiquité jpôst obscure; mais entre Ptolémée et Tibère û^y a moins de 500 CD^)ans: setdement
Lepsioa Chronol. p. 189 entend ici Ptolémée Philadelphe; mais le Sjncelle p. 519 Dindorf. présente le passage: Alyvjtrov rpiro s.HiatsiXivde IlroXi/iialos 6 Evepyiri^f. Le règne de ce prince tombant entre 246 —222, on conçoit Fintervalle de 250 ans, que Tacite place entre Ptolémée et l'année XXI. de Tibère (34 ap. J. G.) *) J'écarte par cette conjecture le contres-ens du passage. Le D pouvait être retranché à cause du mot suivant Z>ucenti.
ydeu(b cents cinquante. Cestpourqtm gtielques-^ns prétendent que ce phéntX'là était ^fauxy qtitl ri était pas venu du côté de V Arabie et qtiil était dépourvu des signes que ,jt antiquité attri^e au véritahle phénix . . . Cependant il n^ est point douteux qu^ on „ne voie parfois cet oiseau en EgypteJ*
Je ne iïi'occa|)erai pas ici de la përiode-phënix m de ses 3 sections ; je fieas seulement ressortit le fait important que, selon Tacite, Toiseau phënix se mon* trait quelquefois en Egypte, Nous savons qu'il y fait son apparition chaque annëe au temps de la crue du Nil et qu'il représente la première des 3 saisons, celle de l'inondation. Mais pour flatter la vanité des empereurs, on pouvait mettre cette apparition annuelle et régulière du phénix en rapport avec la période-phénix, comme si telle ou telle année d'un empereur coïncidait avec un événement apocatastatique de la période. Voilà pourquoi ^,qaelques uns'[ — et c'étaient à coup sûr les mieux instruits — prétendaient que le phénix de l'année XXL.de Tibère, pris dans la significatibn aâtronomique , était faux. Ce même phénix est rapporté par Dio Oasdus (LVni 27) à Tannée XXIH de Tibère; car il dit:
^J3i T Egypte a quelques rapports avec les BomainSf le phénix apparut Van 789 de Borne et sembla, avec d autres indices j présager à T&hre sa movt^* survenue un an plus tard.
De même, on entra dans le goût de l'empereur Claude en disant que l'apparition d'un phénix avait signalé sa Censure'). C'est Pline (Histnat X, 2) qui le dit:
^fiomelius Valermnus phoemcem devolavisse m Aegyptum tradidit Qumto FlauttOj Seoh „timo Papinio Coss. Aïlapis est et in Urhem, Glaudii Prinçipis Censura, anno Urhis ,yDGGG et incomitio propositus, quodactis testaturri est] sed quem falsum essenemo duhitaret''
Voilà encore une fois le phénix de l'empereur Tibère sous le consulat correspondant à l'année XXTTT de son règne, en connexion avec un autre phénix,
Tacite Annal XI, 11: y^Iisdem Consulibus (de Van 800 de Rome) ludi saecularea cet ingentesimo poat Romam condùam, sexagesimo quarto (post) quam Augustus ediderat, spectati sunt^^ etc. ibid. 13: „Claudiit8 .... munia Censoria icaurpana^' etc. La reforme du caL égyptien attribuée à Auguste Tan 25 avant notre ère, peut se rapporter à un véritable phénix, c'est-à-dire, à la coïncidence du 1|L Epiphi vague avec le solstice d'été.
réellement apparu d'après des témoignages officiels (qnod actis testatum est) et cependant reconnu faux dans le sens astronomique.
La position exceptionnelle du Cancer hors de ligne, aux genoux de la grande figure (pL Vil), contient un indice de cette apparition du phénix; car, en mesurant l'espace qui s'étend des pieds aux genoux, et en le reportant sur la bande des mois, on voit que le Cancer coïncide avec la colonne du Thôt, 1= mois de la saison de l'inondation.
§ 11. LES FIGUKES EMBLÉMATIQES DES MOIS ÉGYPTIENS.
Un coup d'oeil jeté sur le zodiaque rectangulaire suffît pour constater que les emblèmes des mois égyptiens sont les mêmes que ceux que j'ai découverts sur le zod. circulaire. Le zod. rect. m'en avait donné la première idée. Car ici, sur les bandes longitudinales, l'altemation régulière des emblèmes égyptiens avec les signes bien connus du zodiaque grec, exclut toute autre explication astronomique, tandis que sur le zod. circulaire, il aurait été impossible de trouver les emblèmes qui correspondent au Sagittaire, au Capricorne, et au Verseau, parce que les uns s'écartent notablement des autres. La même remarque est applicable à l'emblème des cinq Epagomènes et à celui du (quart du) jour intercalaire.
Mais le zod. rect. développant tous ces emblèmes successivement et excluant ainsi toute idée de projection astronomique, on conviendra qu'il explique à lui seul, la vraie nature du calendrier égyptien. Après ces remarques générales, je vais entrer dans la discussion des différences qui se manifestent dans les emblèmes des deux zodiaques.
1. XhÔt - CBncer. Les figures du zod. rectangulaire sont les mêmes que celles du zod. circulaire; ipême la place "exceptionnelle du Cancer*) se retrouve icL
') A proprement parler, c'est un scarabée qui remplace le Cancer sur les deux zodiaques. On a choisi probablement le scarabée (= yiveaiç d'après Horapollon I, 10) pour faire ressortir ridée que c'est avec ce signe zodiacal que commence ici l'année (tropique) du monument. Les planètes Mercure et Vénus ne sont pas loin de ce disque solaire lié au Cancer (scarabée); car elles se trouvent aux deux côtés du Taureau. Comp. I § 6 p. 18 note 3.
Mais tandis que le Canoei:. placé hors de la sëtie 4^ autres 'signes zodiacaux, indique^ pour le premier, l'époque de la nouvelle, ère de Cléopâtre (I § 3), c'est-à-dire, le jour de son avënement au trône (mois de Juillet), le zod. rect indique, par cette position exceptionnelle, le phénix de l'empereur Tibère, coïncidant ave(^ le Thôt, lj£ ' jnois de la 1^ saison, correspondant au solstice d'été et au commencement de l'année tropique. *
2. Phaophl - Ijlon. Les deux déesses Satis et Anoukis sont placées ici dans une barque, immédiatement «après la vache Sothis, symbole du commencement de l'année sothiaq'ue. Satis est couronnée comme pom* l'ordinaire; au lieu de l'arc et de la flèche, elle tient un sceptre. Anoukis est debout, avec sa couronne spéf iale, dite philistéenne ; elle verse de l'eau de ses deux vases k libation. Une partie de la queue du Lion est détruite avec le corbeau.
3. A tliy r - Vlerg^e. Quoique la partie inférieure de l'emblème égyptien soit détruite, ainsi que deux décans qui devraient se trouver au-dessous d'elle, la restitution est certaine. Elle tient le jeune Tibère sur une main et de l'autre elle semble le protéger. Le serpent à dix replis désigne la dernière décade du mois Athyr, c'est-à-dire, le 21 Athyr, jour natal de ce prince, exprimé à la manière romaine par la figure ^y^^ vis-à-vis. Le scarabée qui se trouve aux parties génitales opposées, a l'aile déployée. Eu égard à la courbure, cet emblème de l'année alexandrine fixe correspond exactenxent à l'emblème du mois Athyr.
4. Çboiahk« Balance* Les figures senties mêmes sur les deux zodiaques. Seulement ici le disque solaire avec le jeûne dieu est placé, sur l'horizon entre les deux bassins de la Balance.. Il peut désigner le commencement de l' année macédonienne, bien que les indices spéciaux à cette année ne se trouvent pas ici. L'oie à tête de qhien ou de chacal placée auprès de l'emblème du mois Choiahk, marque le point de l'ouest (§ 1). *
5. Tolli^ScorpiOU. Après la Balance vient un grand disque avec une femme (enceinte); ce groupe se rapporte à la VII^ heure de la nuit, figurée exceptionnellement à tète d'ép'ervier, pour indiquer 1' épa yepe^Xiamf ou plutôt (f^àpijuoç de Tibère (§. 4). Une hirondelle est perchée sur ce disque: c'est le symbole de
la 2^ tëtramënîe, ôelle de r hiver. Le lion au bassin manque ici, parce que là figure à pieds de lionne, avec les deux vases sur leâ ïnaiiis élevées, suffit à çlle dooleiy pour indiquer le mois des réservoirs {t6bi).
6. ]IËéchlr«Sag;lttall*e* Mêmes emblèmes sur les déoit zddiaques. L'éper^ vièr solaire avec le Pschent, lequel précède le chacal ïnatchant sûr un iii^ strument, symbolise ici l'année vague, parce qu'il est placé au-dessus du décan de Jules-César, aïeul de ïa maison impériale (§ 7).
7. JPfaaniéuoth-iCapricorne. Le joumeur^^ An tourne leqaartde
IlOeilf, lequel est tenu à la chaîne par le g^rand blppopatame^ emblème du
lïioîs Fhaménoth. Voilà Tliitercalation au milieu de l'année^; car la