INTRODUCTION
Depuis de longues années déjà nous constatons avec trop d’évidence malheureusement que les progrès économiques de notre pays sont loin de suivre la marche ascendante de nos voisins. Les statistiques d'année en année nous montrent l’avance considérable que nous laissons prendre sur nous par des concurrents toujours plus redoutables. Les débouchés extérieurs qui récemment encore nous étaient acquis sont enlevés à nos produits par des rivaux plus forts tous les jours de leurs succès économiques. Stimulés par cette lutte incessante nous voyons l’Angleterre, l'Allemagne, l'Italie, de petits pays même comme la Belgique ou le Danemark augmenter sans cesse leur chiffre d’affaires. L'Allemagne de 11.020 millions en 1908 passe à 19.496 en 1909.
L’Angleterre de. 18.867 millions à 26.797 millions
Eltahiet:5:.0 169.617 — &.830. — La Belgique . . 3.831 — 6.621 — Le Danemark . 847 — 1.424 —
La Suisse. . . 1.789 = 2.840 —
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Alors que durant le même stade la France passe péniblement de 7.982 millions à 11.819 millions. Le même retard se manifeste si nous tournons les yeux vers notre marine marchande. Ici encore nous avancons péniblement alors que tous nos concurrents marchent à pas de géants. La situation est malheureusement trop connue pour que nous insistions. Les doléances que font entendre les Chambres de commerce, les plaintes des producteurs et des industriels, les déboires de nos armateurs sont dans les colonnes de tous les journaux. De partout on se lamente et tandis que certains réclament de l'État Providence la prime ou la prohibition qui sera leur salut, d’autres voient au contraire l’origine de tous leurs maux dans le protectionnisme à outrance qui nous opprime depuis 1892.
Il ne rentre pas dans notre programme de retracer ici la lutte séculaire engagée entre les tenants du protectionnisme et du libre échangisme. Nous voudrions nous borner à constater des faits, à connaître une situation pour ensuite rechercher après bien d’autres si cette situation n’est pas susceptible d’améliorations de détail. Nous voulons dire par là que la ou les mesures à trouver seraient d’heureuses exceptions qui sans ébranler le système douanier dont nous vivons en rendraient le fonctionnement plus souple et le principe moins rigoureux. Mais ce prin-
cipe lui-même porte-t-il sa justification? Nous pou-