‹ Les Zones Franches: De Leur Applicabilité en AlgérieChapitre 17 sur 34 · SR · texte numérisé non relu

SR

facilités, tous les perfectionnements modernes inventés pour assurer un transit rapide et économique,tous avantages d’une réalisation difficile dans les locaux étroits de l’entrepôt réel.

Sans doute, dira-t-on, ces avantages ont leur importance mais en somme ils ne favorisent que lecommerçant obligé, sans zone franche, de recourir à l’entrepôt car l’industriel admis au bénéfice de l’admission temporaire pourra dans un port bien outillé user des mêmes facilités. Il sera libre de transporter ses produits sous le couvert de l’acquit à caution dans une usine outillée avec tout le soin désirable. Quels avantages rencontrera-t-il donc dans la zone franche? Il est bien certain que si nous envisageons la question sous le point de vue spécial de l’utilité matérielle de la zone franche, les préférences pour celle-ciseront singulièrement diminuées.Encore qu’il soit facile de démontrer toute l’économie que réaliserait l'industriel de la transformation sur place de ses matières premières, la raison ne serait pas suffisante si nous n’opposions de suite à l'admission temporaire limitée en durée et d’une application réduite la liberté complète dont va jouir l’industriel dans le port franc: ici plus de formalités au débarquement, plus de visites, plus de prise en charge. La question de l’équivalent ou de l'identique, l'obligation de réexporter dans un délai déterminéunproduit déterminé

disparaissent. L’industriel, tous les industriels, pu's-

yo

que sauf des restrictions rares, tous sont admis en principe, pourront sans crainte de sanctions transformer au mieux de leurs intérêts ou même réexporter tels quels les produits importés. Ce sont là des avantages incontestables. Et si nous tournons les yeux vers le commerce,déjà favorisé matériellement, nous l’avons vu, nous le trouvons aussi singulièrement avantagé dans cette zone franche où les navires librement accostés lui livrent sans contrôle vexatoire des marchandises dont il va pouvoir assurer hors de toute surveillance le conditionnement conforme aux goûts de sa clientèle. Il peut trier, classer, mélanger, couper au mieux des intérêts et des préférences de chacun sans qu’une administration tatillonne lui marchande une autorisation toujours précaire. Sûr du lendemain il peut accumuler en stock,acheter aux années d’abondance pour revendre pendant la disette. Et cette opération, loin d’être dangereuse, nous paraît au contraire propre à assurer une plus grande stabilité des cours et constituer une sécurité pour le consommateur.

Enfin il faut envisager l'essor que donnerait à noire marine marchande l’activité commerciale et industrielle de ces centres d'échanges internationaux. Nos navires trouveraient des éléments de frets nombreux tant à la sortie qu’à l'entrée, dans ces ports francs qui deviendraient, à l'exemple de leurs concur-

rentsétrangers, tête de ligne decompagnies puissantes.

Car il n’est pas de raison pour que le système de franchise qui a donné à l'étranger des résultats si concluants, ne soit pas pour la France un élément de prospérité certaine.Sans doute ne faut-il pas l’accorder sans réflexion à tel port pris au hasard, ou encore à tous les ports. Il faut de toute évidence que le centre appelé à en profiter soit indiqué par sa position géographique et reconnu par l'expérience comme un port de transit. Mais sous cette condition réalisée en France par quelques ports(entre lesquels nous distinguons surtout Marseille, Bordeaux et Le Havre) nous avons la conviction très certaine que la création de zones franches donnerait à notre pays un essor économique que nous attendons vainement

des mesures actuellement en vigueur.

Page 1