‹ Les Zones Franches: De Leur Applicabilité en AlgérieChapitre 23 sur 34 · IE DAC · texte numérisé non relu

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En effet si la création de zones franches rencontre en France des arguments favorables, il n’est pas douteux que ces mêmes arguments se trouvent plus puissamment étayés encore lorsque l’on envisage la question au point de vue algérien. Et il est, d'autre part, des considérations de fait spéciales à notre colonie dont la prise en considération ne peut que donner des conclusions favorables aux désiderata exprimés par notre commerce.

Il faut tout d’abord. observer que l’Algérie au contraire de la France est un pays neuf, loin encore d’être en possession de toutes ses forces productives. Partant elle se trouve dans une nécessité beaucoup plus importante d’être assurée par une mesure de faveur d’un instrument de prospérité commerciale et de progrès industriel.

Comme corrollaire de ceci observons que si les colonies sont faites pour assurer un débouché aux producteurs de la métropole, ce débouché sera d'autant plus important que la colonie sera mise en mesure d'augmenter, avec sa richesse, sa faculté d'absorption.

Enfin il appartient d'observer que l’Algérie, de par son régime douanier se trouve dans la nécessité de demander au marché métropolitain, l'écoulement de tous ses produits dont les principaux, le vin et le blé, sont déjà récoltés en abondance sur le territoire fran-

çais. D'où pour supprimer cette concurrence, utilité

de favoriser aux produits algériens l’accès des marchés étrangers.

Nous allons essayer de démontrer la vérité de ces observations par une étude rapide de la situation économique de l'Algérie actuelle.

Situation économique de l'Algérie.

L'Algérie conquise depuis bientôt quatre-vingt ans n’a été cependant ouverte à la colonisation qu'après une longue période de luttes continuelles contre la population vaincue mais insoumise. Les premiers colons, hardis pionniers dont on n’a pas suffisamment dit tout le courage et la volonté patiente, commencèrent, le fusil à la main, la mise en valeur du nouveau pays. Sous la menace constante de retours offensifs des indigènes tout puissants à l’intérieur ce fut le défrichement des côtes de Sahel. Puis peu à peu l’apaisement se faisant derrière nos colonnes victorieuses, la Mitidja, la Kabylie tentent les audaces des nouveaux venus. Progressivement chaque année voit s’étendre largement l’étendue des cultures. En même temps l'Algérie s'organise politiquement. Les voies ferrées, les routes pénètrent le pays et le rendent plus accessible aux bienfaits du progrès et de la civilisation. Les centres se créent et prospèrent le long

de ces voies. La conquête économique s'organise.

Les indigènes intéressés par les résultats merveilleux des procédés agricoles modernes, oublient leur haine du roumi et viennent offrir leurs bras.

Enfin dans une dernière étape, les progrès de nos armes dans le Sud, en même temps qu’ils assurent la sécurité dans le Nord Africain, permettent d’aborder les Hauts Plateaux.

Cinquante ans de lutte et de labeur opiniâtre ont assuré à la métropole une possession dont les ressources ne sont pas sans doute bien assises encore mais dont la prospérité fait l'admiration de tous les visiteurs.

Notre pays suit dans ses progrès une marche ascendante dont nous pouvons Justement nous enorgueillir.

Quand on réfléchit que l’Algérie, pays inculte et malsain il y a bien moins d’un siècle, est arrivé par ses seules ressources à parfaire cette œuvre immense; quand on constate avec surprise que d’après les données les plus exactes, notre pays a réalisé par lui seul « un capital mobilier, immobilier, urbain ou créé par la colonisation et l’industrie qui atteint près de trois milliards de francs »,ilsemble que notre colonie peut se passer de tout secours et que son évolution économique est trop heureuse pour qu’il soit besoin de lui chercher encore des sources de prospérité.

L'Algérie n’est pas pour la Métropole une simple colonie d'exploitation à la façon des anciennes colonies

ER espagnoles. L’Algérie est une nouvelle France capable et en voie de devenir un pays ayant une vie économique propre, indépendante de celle de la Métropole. « Son capital, son travail, sa production, se développent normalement, mais elle aura encore besoin pendant de longues années de l’aide pécuniaire de la France. Si cette dernière lui retirait les subventions qu’elle lui accorde et qu’en toute équité elle lui doit pour une forte partie au point de vue militaire, l'Algérie serait à la merci des aléas climatériques. Elle ne pourrait pas acquérir en France l’outillage manufacturé dont elle a besoin, sa prospérité économique se ralentirait,le résultat d'efforts accomplis pendant trois quarts de siècle avec une persévérance et une énergie qui font l’admiration des coloniaux detous les pays serait gravement compromis » (Cochery, Rapport de l’ Algérie, 1908).

Cette conclusion de M. Cochery dans son rapport de 1908 sur le budget de l’Algérie sera unanimement approuvée de tous ceux qui ont étudié la situation économique de notre pays. On est eneffet frappé lorsque l’on recherche les forces productives mises en œuvre dans la colonie, de constater que partout c’est à l’agriculture surtout que l’on demande la richesse” Comme dans tout pays neuf c’est à la fertilité du sol que les habitants ont demandé les ressources de la vie. Et rencontrant dans les terres vierges du Nord

Africain une abondante rémunération de leurs mai-

gres capitaux et de leur labeur acharné ils n’ont de longtemps songé à d’autres sources de revenus. Céréales, vignes, élevage, huiles, primeurs, ont en effet donné à l’Algérie des éléments de richesse dont les progrès constants se traduisent clairement dans les chiffres,

Lescéréales quien 1871-1875couvraient2.199.874h. pour une production de 12.852.063 quintaux (moyenne par année) ont couvert en 1907, 2.738.357 hectares semés qui ont produit 19.098.810 quintaux.

Cet accroissement de production est énorme si l’on veut bien prêter attention que l’éiendue de la superficie cultivée a fait proportionnellement des progrès bien moins sensibles. Cela démontre avec quel sens du progrès nos agriculteurs poursuivent par Ia mise en pratique des procédés modernes une utilisation plus complète du terrain ei obtiennent des rendements supérieurs. Quant à la valeur d'échange de ces produits nous la constaterons importante. Si recherchant, avec M. Cochery quelles sommes représentent ceux d’entre eux qui, excédant les besoins du pays, vont à l'exportation, si l’on ajoute à la valeur des céréales exportées annuellementcelles des farines, pâtes

alimentaires, etc..., également exportées on arrive :

Pour l’année 1903 . . . à une valeur de 32 millions de francs 1904 . . . ONE —

1905 (très mauvaise) — 29 — 1/2 defr.

1906 (bonne) — 48 — 1/2 de fr.

1907 (très bonne) — 86 — de francs

Pour l’année 1907 l’exportation des céréales, farines, pâtes alimentaires, etc…., représente à elle seule plus du quart de l'exportation de la colonie (336.107.000 fr.).

C’est donc une des sources les plus importantes de la richesse algérienne qui, indiquons-le en passant, fait vivre non seulement une masse de producteurs eux-mêmes mais encore fournit un élément très sérieux de prospérité au négoce et surtout à une branche très importante de l’industrie algéroise : les minoteries et les fabriques de pâtes alimentaires, 3.577 établissements, peu importants pour la grande majorité, mais dont une partie cependant est installée avec tous les derniers perfectionnements de l’outillage moderne.

À côté des céréales, et pour un gros chiffre également, la vigne apporte à l’Algérie l’appoint de sa production. Le vignoble algérien est relativement jeune. Dès 1871 nous rencontrons bien 17.000 hectares produisant 200.000 hectolitres dont 5.000 tout au plus vont à l’exportation. Mais ce chiffre va bientôt augmenter avec une rapidité très grande.

Le phylloxéra qui envahit la France et anéantit

son vignoble ouvre à notre colonie un débouché

mure inattendu et dès 1886 c’estun bond dans la production algérienne, qui de 48.518 hectares pour 710.088 hectolitres dans la période 1881-1886, passe à :

97.328 hectares pour 2.228.372 hectolitres pour la période suivante 1886-1890. Et ce mouvement continue sans arrêt pour arriver en 1907 à :

186.504 hectares pour une production de 8.628.000 hectolitres. L’exportation suit une marcheascendante proportionnée à cet accroissement de production.

De 128.540 hectolitres en 1881-1885 elle passe à 1.112.082 hectolitres en 1886-1890 et atteint en 1907 6.026.878 hectolitres, c’est à dire 75 °/, de la production. Sa valeur est à ce moment de 60 millions de francs, soit le cinquième de l’exportation totale de la colonie.

Ce mouvement énorme si l’on veut bien envisager le peu de temps qui s’écoule entre ses deux points extrêmes a été évidemment provoqué par l'apparition du phylloxéra en France et la ruine du vignoble métropolitain. Mais cette cause disparue avec la reconstitution en plants très productifs et sur une étendue de terrain aussi considérable qu’autrefois, d’où vient que l’exportation algérienne, loin de diminuer, continue sa marche ascendante.Sans doute les droits prohibitifs sur les vins étrangers ont-ils fayorisé une partie de nos vins dont la teneur en alcool et la riche couleur pouvaient en partie remplacer les produits espagnols, portugais ou italiens. Mais si l’Oranie peut

ne

prétendre à ce résultat, il n’en est point de même des vins des départements d’Alger et de Constantine. Sans doute aussi l'accroissement de la consommation produit-elle un écoulement plus considérable. Mais la grosse part dans le succès obtenu revient d’abord à l'esprit d'initiative et de progrès qui anime le viticulteur de notre colonie. Sans hésiter il a recherché tous les procédés qui lui permettaient de faire bien et vite. L'outillage de la moindre cave est ici adapté aux besoins d’une vinification dont chacun s’étudie à connaître la meilleure méthode. La vapeur, l’électricité, les moteurs industriels sont employés dans des installations même de peu d'importance. Les vins soignés assidument et avec intelligence attestent par une qualité meilleure d’année en année que ces efforts ne sont pas perdus. Présentés sur les marchés français d’abord rebelles à ces produits inconnus ils les ont conquis de haute lutte et l’on a pu voir en 1908, malgré une concurrence acharnée des vins du Midi la production entière de l’Algérie s’écouler dans des conditions acceptables sur le marché métropolitain. La vigne est donc pour l’Algéric un élément de prospérité indiscutable. La qualité de ses vins assurée par d'intelligentes pratiques s'impose aux consommateurs et il semble que le producteur puisse se garantir ainsi en partie tout au moins contre les effets d’une crise passagère.

A côté de ces deux productions importantes on

—" 907 rencontre encore en Algérie d’autres industries agricoles dont le développement sans cesse aceru vient augmenter son revenu. Le primeurs (raisins de table, légumes frais, pommes de terre) font l’objet d’une exportation intense. Favorisés par le climatde la colonie, les producteurs arrivent à devancer de quelques semaines leurs concurrents de la métropole et trouvent tant sur le marché français qu’à l’étranger des débouchés toujours plus importants.

Dans la période de 1901 à 1905 l'exportation était :

Pour les raisins de table de. . . 43.600 quintaux Pour les légumes frais. . . . . 133.000 — Pour les pommes de terre . . . 133.000 —

Elle est passée en 1907 à :

Pour les raisins de table. . . . 74.796 — Pour les légumes frais. . . . . 174.434 — Pour les pommes de terre . . . 97.641 —

Pour ces dernières le chiffre révèle une baisse qui tient seulement à l’infériorité de la récolte pendant l’année 1907. L'année 1906 avait donné comme résultats :

117.295 quintaux pour une valeur de 3.050.000 francs. L'ensemble de la production des primeurs montre un progrès très certain.

À la culture des primeurs se rattache par certains côtés une production qui depuis quelques années prend dans notre colonie une extension remarquable. Nous voulons parler des orangers, mandariniers et cédrats dont les fruits excellents, aux qualités sélectionnées vont tous les ans en plus grand nombre fournir le marché français. On comptait en 1901, 504.477 orangers contre 611.134 en 1907. De même les mandariniers et citronniers passent de 393.836 en 1901 à 463.154 en 1907. Disons de suite que ces progrès seraient beaucoup plus sensibles si, par le jeu des dispositions douanières nos produits ne se trouvaient plus chers sur le marché métropolitain que leurs concurrents espagnols. Malgré cette anomalie les chiffres cités nous indiquent une situation très prospère de cette culture spéciale à qui le climat algérien convient parfaitement.

Il en est de même de l'huile d’olive. Ici comme pour les céréales l'exemple des colons français a déterminé chez les indigènes un mouvement très heureux en faveur de cette culture d’un grand avenir. Le greffage des oliviers qui couvrent les pentes de la Kabylie a pris une extension importante (12.802.170 arbres en 1907 contre 4.576.146 en 1901). La même progression se retrouve si nous recherchons par quels chiffres se traduit l’exportation de l'huile. Celle-ci qui était de 17.746 quintaux en moyenne de 1891 à 1895 passe à 78.600 quintaux en 1906,

Colin fl

SOS Er

26.092 quintaux en 1907, pour atteindre en 1908 (pour les sept premiers mois) 82.910 quintaux.

Hors ces productions qui exigent une culture et des soins de la part de notre population agricole d’autres richesses venues à l’état naturel sollicitent l’activité des algériens. Le liège recueilli dans les forêts de chènes nombreuses qui couvrent le pays (240.000 hectares) fournit à l'exportation un aliment de plus en plus conséquent qui s’est chiffré en 1907 par 305.881 quintaux, représentant une valeur de 17.856 francs.

D'autre part l’alfa qui croît abondamment sur d'immenses étendues, évaluéee à 5 millions d’hectares pour la seule région des Hauts Plateaux s’exporte en grandes quantités pour fournir aux fabriques de pâte à papier, de vannerie, de corderie, de sparterie. La sortie de ce produit s'établit pour 1906 par 1.020.000 quintaux et en 1907 par 989.000 quintaux.

Enfin le crin végétal, extrait mécaniquement des feuilles de palmier nain qui pousse à l’état naturel sur de irès grands espaces procure à la main-d’œuvre algérienne un aliment important, tant pour l’arrachage que pour le défibrement. Les usines de crin végétal sont groupées dans le département d'Oran où on en compte unecinquantaine et dans le département d'Alger pour un chiffre sensiblement égal (40 environ). Elles ont fourni à l’exportation en 1907 448.403 quintaux contre 288.655 en 1897 et 165.489

= JDN en 1887. Ici encorenous constatons une progression constante.

Enfin l’'énumération des productions agricoles serait incomplète si nous citions un élément actif de la prospérité de notre colonie: l'élevage. Ici le mouvement ascendant qui caractérise l’ensemble de notre agriculture ne s’observe pas. La situation est stationpaire. La valeur du bétail exporté, passée de de 32 millions 4/2 de francs en 1901 à 38 millions en 1902 et 42 millions en 1903,tombée ensuite à 29 millions 1/2 en 1904, à 28 millions en 1905 et 1906 est remontée à 32 millions 1/2 en 1907, Ceci indiquerait une diminution inquiétante de cette industrie et ce, au moment où au contraire, elle devrait prendre un essor important par suite des besoins sans cesse croissants des nations européennes. L'Algérie semblerait au contraire placée exceptionnellement pour alimenter ces marchés en viande de boucherie. I paraît qu’il y a une erreur et il convient de remarquer comme le fait une note officielle du Gouvernement général que « la situation doit faire face à une exportation qui a tendance à augmenter et à un accroissement sensible de la consommation locale proportionnel à l’augmentation de la population » et que par suite «il semble que l’on doit conclure que les statistiques sont inexactes, que le cheptel est, en réalité, supérieur aux chiffres qu’elles accusent ».

Tel est l’ensemble des ressources importantes que

l'Algérie retire de son sol, de son agriculture sans cesse perfectionnée, sans cesse étendue à un territoire de plus en plus vaste.La masse de ses produits forme un ensemble imposant dont le total figure la plus grosse partie des exportations algériennes. Il est cependant d’autres richesses, mal exploitées jusqu'à ces dernières années, dont Pappoint, plus fort tous les ans, vient grossir le bilan du commerce de notre colonie,nous voulons parler des mines.

L'industrie minière a pris depuis une vingtaine d'années un développement que soupçonnaient tous ceux qui connaissaient les richesses considérables enfouies dans notre sous-sol. Les études et les propections avaient démontré la présence de minerais abondants de fer, de cuivre, de plomb, de zinc et d'importants gisements de phosphates. Malheureusement tout manquait pour tenter une exploitation sérieuse de ces richesses. Les voies de communication peu nombreuses, très éloignées souvent des cenires miniers ne permettaient pas des transports économiques. Et les capitaux surtout manquaient sans lesquels on ne pouvait songer à la mise en œuvre de l'outillage énorme exigé par de pareilles entreprises. Ils vinrent enfin avec une hésitation inadmissible pour qui comprenait que leur seule présence allait donner au pays et tout particulièrement à son industrie minière une plus value certaine, M. Jonnart,

Gouverneur général, disait fort justement lors des dif-

ficultés soulevées par l'affaire des mines de l’'Ouenza « La vraie richesse de l'Algérie est dans ses mines et dans son sous-sol qui jaillira plus tard à pleine puissance productive ; mais pour aller l’y éveiller il faut de l’argent et l’argent lui manque. Les capitaux français sont timides et passent difficilement la mer. En voici cette fois qui viennent à nous et nous proposent un sérieux profit. Si on les décourage, si on brise l’élan dès l’origine, c’est en réalité la capacité économique de la colonie qui en sera atteinte et il en résultera pour vingt-cinq ou trente ans un discrédit total sur toutes les affaires algériennes. Comprenez-vous notre ardeur à réussir ? »

Fort heureusement pour notre Algérie les initiatives favorables à son développement minier ne se sont pas toutes heurtées aux inconcevables difficultés qui suspendent encore la solution de l’affaire de l’Ouenza. Depuis 1890 l'exploitation de nos richesses minières s’est accrue constamment et nous pouvons par les chiffres d'exportation indiquer quels

heureux résultals ont été obtenus.

JR, RD

Exportation des Minerais de

PÉRIODES Er AN UNS

Fer Zinc Plomb | Cuivre |Phosphales Tonnes | Tennes | Tonnes | Tonnes Tonnes 1871-1875 (Moy. ann.)[373.935| 1.261| 2.825] 1.642| >» 1876 188040 0.451796)102:064 4,727 > 1881-1885. . . .1518.818| 2.413| 9.696113.028 > 1886-1890. . . .1423.534| 8.820119.597| 5.387 559 1891-1895. . . .1347.065121.078| 7.866 5171039320 1896-1900. . . .1507.055128.275| 3.322] 1.0631226.830 1901-1905. . . .1537.265146.360| 5.973| 1.7151304.332 Les années 1906-1907 ont donne :

1906 (Moy. ann.). .|720.505|69.633114.255 TRE ea br

Les concessions et les permis de recherches accordés plus nombreux chaque année nous assurent que ce mouvement n’est pas passager et que les intérêts privés ont touché du doigt la source importante de revenus qu'ils peuvent attendre de cette nouvelle industrie. Le département de Constantine plus favorisé de beaucoup que ses voisins est le principal centre de cette activité. Lenombre deconcessions accordées était en 1908 de 58 dont 33 en exploitation. Alger venait ensuite avec 22 concessions dont 6 en exploitation etenfin Oran le moins bien partagé ne comptait que 9 concessions presque toutes exploitées (7). Alger et Oran renferment surtout des minerais de fer. Cons-

tantine offre aux recherches des prospecteurs des gisements importants de zinc, de plomb, de cuivre, de fer et surtout de phosphates minéraux excessivement riches. La totalité de l’exportation de ces derniers provient en effet exclusivement de ce département qui verra encore sa production augmenter avec la mise en valeur du massif de lOuenza que nous souhaitons prochaine.

Tous les gisements exploités contiennent des réserves importantes qui ne laissent pas prévoir une interruption de travaux avant longtemps. Et d’autre part, l’activité des recherches est sans cesse encouragée par de nouvelles découvertes. Les données, aussi exactes que l’on peut les faire en pareille matière, indiquent pour l’Algérie une ère de prospérité dont la fin sera lointaine.

Ce nouvel élément de richesse d’une importance si considérable semblerait à l’abri de toute crainte pessimiste si l’Algérie à côté de tous ces minerais possédait dans son sous-sol des gisements de houille. Or il paraît bien impropable à l’heure actuelle que cette hypothèse heureuse soit jamais réalisée. Malgré toutes les recherches rien n’a été découvert qui puisse autoriser un espoir sérieux. Sans doute quelques traces de lignite très maigre ont-elles été rencontrées à Marceau dans le département d’Alger et à Smendou dans le département de Constantine.

Dans le premier de ces centres l’on peut voir encore

les ruines lamentables d’une verrerie qui avait été installée pour utiliser sur place la silice qui s’y rencontre abondamment et la lignite qui aurait fourni le combustible. L'entreprise échoua pour des causes que nous n’avons pu connaître certainement mais qui semblent provenir d’un manque de connaissances tant des ressources en matières premières que de celles des débouchés pour les produits. Cet exemple cité à titre purement documentaire ne peut être généralisé. Mais il n’est que trop certain que nos richesses minières restant en Algérie au premier stade de leur utilisation économique ne laissent pas dans le pays toute la somme des r2venus que seraient en droit d’en attendre les capitaux et la main-d'œuvre. Le manque de houille nous condamne à céder cette matière première aux hauts fourneaux de l'extérieur. Il reste à l’Algérie le seul profit du travail d’extraction et de la valeur du produit brut, valeur certaine évidemment, mais combien inférieure aux bénéfices plus certains encore réalisés par les industries de transformation. Car il faut considérer que l’Algérie, exportatrice de minerais brut, court Ie risque permanent de voir se fermer les débouchés extérieurs. Indépendamment du fait que les frais de transport élevés grèvent lourdement toute la partie de déchets que comporte le minerai, fait qui entraîne forcément ou une diminution de valeur de la marchandise ou

un renchérissement correspondant de l’ensemble de

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la matière, l'existence même de notre exportation est subordonnée à la découverte de gisements similaires dans une région plus rapprochée des hauts fourneaux qu’ils approvisionnent. Cette hypothèse a été vérifiée par les faits : il y a environ deux ans la découverte de minerais de fer aux environs des hauts fourneaux qui s’alimentaient antérieurement en Algérie, vint interrompre le mouvement d’affaires établi, pour le plus grand dommage des fournisseurs algérois dont l’exportation fut considérablement diminuée. Il s’agissait, si nos renseignements sont exacts, des mines de fer de l’Ouest du département d'Alger et d’une société de métallurgie du Nord-Est de la France. Enfin les dispositions douanières, si facilement modifiées. ne peuvent-elles brusquement supprimer à nos minerais la possession d’un débouché soit directement par l'élévation de droits, soit par la concession à des concurrents d'un tarif de faveur. Cette hypothèse est trop plausible pour que nous ne la mentionnions pas.

A ces causes principales de fléchissement de nos exportations minières s'ajoutent les risques de baisse qui peuvent frapper les métaux. Sans doute ces diminutions temporaires de valeur atteindraient-elles également nos minerais s’ils étaient apurés et transformés dans le pays, mais du moins la valeur représentée par le travail de transformation resterait-elle

acquise tout de même à notre colonie. Et d'autre

part il est certain que la baisse se ferait moins lourdement sentir sur les machines ou autres produits manufacturés dans lesquels la valeur du métal se trouve complètement masquée par la plus-value résultant des transformations nombreuses qu’il a subies.

De ce qui précède nous ne voudrions pas conclure à un effacement des ressources retirées par l’Algérie de son industrie minière. Celles-ci existent très réelles et déjà très importantes comme résultat pécuniaire. Mais nous ne pensons pas que leur présence soit, par suite du manque de combustible, suffisante pour amener l’apparition si nécessaire pourtant d’une industrie algérienne (1). Nous resterons donc limités à la production de nos richesses souterraines, production très appréciable certainement mais incertaine dans ses résultats parce que soumise sans lutte possible, au moins pour les minerais, à l’importance des besoins des débouchés et aux fluctuations très sensibles des cours.

Si notre production minière ne donne pas à la

1. L'Algérie présente un exemple remarquable de la théorie de List sur l’apparition et le développement progressif, dans les pays neufs, des différentes sources de production. L'industrie pastorale, puis agricole ont apparu dès l’abord et maintenant, suivant l’évolution théorique, apparaissent les industries extractives. Souhaitons pour le plus grand avenir de notre Algérie l’apparition des industries de transformation.

AO colonie une source de revenus assurés, nous devons cependant reconnaître qu’elle offre moins d’aléas que notre production agricole.

Nous avons vu l’importance de cette dernière, A l'exportation les céréales pour 1/4 et le vin pour 4/5 formaient à elles seules en 1907 la moitié du chiffre total. Dans la somme globale de 336.107.000 francs les céréales entraient pour 86 millions et les vins pour 60 millions. Ces chiffres justifient par leur importance les craintes que l’on peut concevoir lorsque l’on se demande quelle est la certitude de ce revenu de notre industrie agricole. Or quelle que soit la confiance que nous avons dans l’habileté, l’expérience et l’énergie de nos colons, comment admettre que ces seules armes permettent une lutte efficace contre les causes de dépérissement nombreuses et permanentes, qui menacent les récoltes pendant de longs mois ? Pour qui sait les intempéries du climat algérien et leur réaction rapide sur les cultures diverses la réponse n’est pas douteuse. Les récoltes sont rares qui arrivent à maturité sans subir une diminution notable sur les espérances qu’elles avaient fait naître. Les soins les plus attentifs ne prévaudront jamais contre la sécheresse ou l'humidité, la gelée et Le siroco. Ces calamités brutales sont sans remède et laissent seulement au cultivateur l'espoir d’un avenir plus heureux. Mais en attendant c’est

pour l’année en cours une diminution du revenu,un

affaiblissement de la richesse du pays. Les statistiques fournissent des preuves nombreuses de ces fluctuations dans la production, qui se traduisent par des différences très sensibles, d’une année sur l’autre. Les céréales qui en 1903 s’exportent pour une valeur de 32 millions de francs, passent en 190% à 36 millions mais tombent en 1905 à 29 millions et demi pour remonter d’un bondà 48 millions et demi en 1906 et 86 millions en 1907. L'année 1908 nous ramène brutalement au chiffre réduit de 42 millions.

Les vins d’autre part passent également par des alternatives qui paraîtront d'autant plus sensibles que

la surface complantée en vigne a augmenté très régu-

lièrement.

Quantiles Valeur

ANNÉES récoltées en milliers

en quintaux de francs 1897 Frais 46.442 1898 . 50410000 58.825 1899. 4.502.098 47.721 1900 5.634.829 59.729 1901 DOS A2 60.826 1902 4.353.867 46.150 1903 . 6.589.360 70.847 1904 . 7680107 S0.879 1905 . 7.051.821 74.749 1906 7.347.149 77.879 1907 8.628.526 91.462

Ces chiffres qui accusent déjà des différences appré-

ciables tant pour la production que pour la valeur

intrinsèque des vins produits, doivent être compléiés par ceux qui se réfèrent aux exportations de ces mêmes vins pendant les mêmes années. Nous constatons qu'après avoir dépassé 100 millions de francs en 1898 et 1899 et en 1903 l'exportation a encore atteint 95 millions en 1904, puis elle est tombée à 39 en 1905 pour se relever à 46 en 1906 et 60 en 1907. Ce sont là des écarts considérables qui arrivent s'ils se trouvent concorder avec ceux qui caractérisent l’exportation des céréales, à causer dans notre commerce d’importation des fluctuations de 50 et

100 millions de francs d’une année à l’autre.

Commerce général.

Totaux

ANNÉES Importalions Exportations Ge HN

exportalions

Mais il est à ces mouvementsinquiétants une autre

raison que la réduction de quantité en elle-même.

Nos produits sont en .effet soumis à des fluctuations de cours qui en font'varier la valeur dans des conditions souvent inattendues et toujours inévitables. Car nous nous trouvons à ce point de vue dans une dépendance très étroite du marché métropolitain. L’Algérie vit en effet sous le régime de l’assimilation douanière avec la France. La métropole et la colonie échangent en franchise tous leurs produits. Ce régime nous ouvre sans doute tout grand le marché français et celte facilité serait pour notre pays un avantage inappréciable si nous ne trouvions déjà ce marché encombré par la propre production de la métropole. Céréales ou vignes françaises fournissent abondamment la clientèle que nous sollicitons en faveur de nos mêmes produits. Et nous ne pouvons songer à les présenter ailleurs, à leur chercher des débouchés nouveaux sur les marchés étrangers. Ceuxci nous opposent les mêmes barrières douanières dont ils se sont entourés pour se défendre contre la France. Nous sommes donc réduits au seul marché national et condamnés à subir sans défense toutes les fluctuations de cours qu’il nous impose. Celles ci déterminées uniquement par l’abondance ou le manque de récoltes en France nous atteignent d’autant plus durement que l’avilissement des prix peut correspondre précisément à une année de disette pour la colonie. L'exemple en a été donné, notam-

ment pour les vins plus sujets que les céréales aux

caprices du marché français par suite de la moindre importance de leur consommation locale.

Ces causes de variations de revenu agricole pour importantes qu’elles soient ne produisent que des effets temporaires susceptibles d’être compensés par des relèvements de cours ou une abondance plus grande des récoltes suivantes. Elles laissent toujours le capital intact et permettent une revanche. Mais l’industrie agricole est encore menacée par des fléaux dont les effets, beaucoup plus dangereux, affectent la source même du revenu en détruisant le capital. Le phylloxera pour la vigne, le pourridier pour les orangeries menacent des plantations dont la mise en valeur a exigé des dépenses élevées. Si l’on calcule qu’un hectare de vigne en rapport vaut environ 3.000 à 3.500 francs alors que la même superficie de terrain simplement défrichée n’est estimée que 800 à 1.200 francs l’on peut se faire une idée très exacte du capital que menace l'invasion du phylloxera. Or la maladie existe en Algérie : après avoir atteint les vignobles de l’Est et de l’Ouest elle sévit en plein centre vinicole dans le département d'Alger où ses progrès étendent continuellement le rayon compromis. Le mal est déjà évident et les viticulteurs se demandent ce qu’il adviendra de leur capital si on ne les autorise à reconstituer avant que la destruction soit définitive.

C’est donc autour de notre richesse agricole une

série de dangers permanents qui tendent sahs cessé à l’atteindre soit dans l'importance de ses revenus soit dans la totalité du capital créé. Malgré l'importance de l’œuvre accomplie, l’Algérie ne peut compter absolument sur un revenu stable de son industrie agricole.

Or, sauf l’industrie extractive c’est la production de notre sol qui fait la prospérité du pays. À une bonne récolte est intimement liée la bonne marche des affaires.

Un pays qui est essentiellement agricole est profondément atteint dans toute son existence dès qu’un des produits principaux de son agriculture vient à se raréfier. Le développement des moyens de transport et des échanges par voie de mer ont supprimé les risques de famine. Mais les crises agricoles locales, dues spécialement aux circonstances climatériques, n’en sont pas moins redoutables. Les cultivateurs dont les bénéfices sont restreints, ont une capacité moindre pour l’achat de divers produits. Le pays vend moins de denrées, il est obligé d’en acheter davantage au dchors. C’est ce qui arrive au Brésil quand la récolte du café est déficitaire; dans l'Ouest, le Centre de la France quand le froment vient à manquer; en Algérie quand les céréales, dont la production est très irrégulière, donnent de faibles rendements (Jules Rouanet. Journal Général du 25 septembre 1909).

Le commerçant avisé se tient ici au courant des fluctuations de prix et des conditions climatériques tout comme le colon lui-même dont les ressources plus ou moins abondantes mesureront nécessairement la quantité des besoins à satisfaire, de désirs à réaliser. Et nous ne voulons pas parler seulement de ces négociants dont le commerce est directement tributaire de l’agriculture, soit qu’ils fournissent les semences, les ingrédients, les instruments nécessaires, soit qu'ils transportent (1), ou transforment les produits récoltés. Tous les commerçants sont intéressés à l’afflux d’argent qui suit les récoltes abondantes. Vêtements, meubles, approvisionnements de toutes sortes sont achetés avec moins de parcimonie

aux bonnes années (2). L'industrie du bâtiment

1. A l’appui de cette vérité citons la crise subie en 1908 par les Compagnies de navigation faisant le service Alger- Rouen-Le Hâvre. Les vins algériens étant en ce moment très vivement concurrencés sur les places de l'Est de la France par les vins du Midi, 1l s’ensuivit un ralentissement très sensible de l’exportation. Le fret descendit à des prix inattendus de bon marché, jusqu’à 5 francs des 0/00 litres. Cette année comptera parmi les plus désastreuses supportées par ces Compagnies de navigation.

2. La récolte de céréales a été très abondante cette année dans le département de Constantine. De tous les hauts plateaux sitôt les battages terminés ce fut un afflux de sacs de blé dans le port de Philippeville. La compagnie du P.-L.-M. fut obligée d'envoyer d'urgence un grand nombre de wagons et d'employés pour satisfaire aux demandes. Or, nous disait

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trouve dans ces ressources un gros élément d'activité. Enfin est-il besoin d'indiquer les bénéfices réalisés aux époques prospères par tout le commerce de luxe dont les produits superflus et coûteux exigent pour leur achat des ressources également superflues.

La puissance d’absortion du pays est parallèle du nombre et de la valeur de ses produits à échanger. Il est inutile d’insister sur ce point.

Or cette richesse agricole est essentiellement variable, nous l’avons vu. Pour des causes trop nombreuses elle peut être soumise d’une année à l’autre ou même pour de longues années à une dépréciation dont le contre-coup affecterait durement, non seulement la colonie mais encore notre meilleur fournisseur:la France. Car nous sommes pour la Métropole un client très sérieux : sur le total de nos importations consommées sur place, en 1908 8% 1/2°/, nous viennent de France. Sur un chiffre total de 450 millions,380 millions représentent la valeur des

marchandises françaises de toute nature que nous

le haut fonctionnaire de cette administration de qui nous tenons ces renseignements, il s’est produit ce fait inattendu que les wagons descendus chargés à Philippeville et dont on craignait le retour à vide, sont remontés pleins sur Constantine, Leur chargement se composait de tissus, objets d'ameublement, marchandises diverses qui s’enlevaient dès leur arrivée et passaient dans les mains des producteurs qui venaient de vendre leur récolte,

avons absorbées. Ces chiffres sont éloquents. Ils démontrent l'étroite corrélation qui existe entre les intérêts économiques des deux pays. Et il est impossible que la France ne soit pas atteinte le jour où l'Algérie diminuée dans sa production restreindrait ses besoins et limiterait ses achats.

Nous ne voudrions pas paraître pessimistes et pousser au pire une pareille situation. Il est certain que l'Algérie prospère activement. Nous marchons à grands pas dans la voie du progrès et malgré les difficultés notre mouvement commercial s’accroît chaque année. Notre outillage économique prend plus d’importance et se perfectionne, les capitaux commencent àse montrer moins dédaigneux ou craintifs. Nous allons vers une plus complète organisation de notre production mais nous ne pouvons enlever à cette dernière le caractère de précarité qui est dans sa nature même. Nous insistons sur ce fait que nous n’aurons pas en Algérie une situation économique stable aussi longtemps que notre richesse principale sera dans nos récoltes. Un pays ne peut être assuré de son avenir s’il reste purement agricole. A cette source de revenus il doit en joindre d’autres qui puissent la suppléer. L'Algérie ne possède que son agriculture. Les mines certainement viendront de plus en plus grossir le patrimoine commun, mais nous avons vu de quels aléas est entourée

leur exploitation et combien incertains sont les dé-

bouchés. Nous ne pouvons parler de l’industrie algérienne : elle est à créer. Sauf la transformation du premier degré des produits agricoles et la fabrication de matériaux pour les entreprises de bâtiment, l’industrie n'existe pas dans ce pays où les cours d’eau rares et intermittents refusent une force, dont la cherté de la houille rendrait la production très onéreuse. Resterait le commerce : commerce intérieur limité à une consommation locale dont les besoins, nous l’avons vu, sont limités par ses propres ressources et nous revenons à notre considération principale ; commerce extérieur, commerce d'exportation très actif, ardent aux affaires, mais venant se butter et se localiser forcément sur le marché français, le seul qui lui soit d’un accès facile.

Ces considérations ont émutous ceux de nos économistes qui en ont raisonné. Et ils ont pensé trouver le remède à cette situation lorsque, la question de franchise partielle apparaissant en France, ils ont envisagé la possibilité de l'adoption en Algérie de ce régime favorable.

Voyons, en effet, en nous aidant des renseignements acquis au cours de cette étude quelles conséquences nous pouvons prévoir d’une pareille institu-

tion.

AVANTAGES. — Nous avons reconnu à la fran-

chise partielle des avantages que l’on peut classer en

trois catégories: avantages commerciaux, avantages industriels et avantages maritimes.

1° Avantages commerciaux. — Nous venons de voir quel était le commerce algérien. D'une part le commerce intérieur répartissant suivant des besoins limités par une production capricieuse les objeis manufacturés, les instruments, les produits nécessaires à son outillage économique, tous objets importés de France pour les trois quarts. Et d’autre part, lecommerce d'exportation écoulant au dehors la majeure partie des productions du sol et du sous-sol,c’est-àdiretoutes celles que les besoins locaux n’ont pu absorber.Nous avons vu également que par suite de notre assimilation douanière avec la métropole nousencombrons de nos produits le marché national déjà chargé de ses propres ressources. Il nous est difficile d’aller à l’étranger qui nous oppose ses tarifs. Resterait le commerce de transit permettant auxcommissionnaires algérois la réexpédition lucrative sur des marchés déficitaires de marchandises reçues en disponible. Or, si nous consultons le tableau qui pour les années 1906-1607 nous donne les résultats du commerce général et du commerce spécial de la colonie nous constatons que ce commerce de transit n’a pas en Afrique l’ampleur que nous devions trouver.

Commerce et Industrie

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