I. — Mibiale antérieure
OBSERVATION XI. — Asron Key. (Cité par Holmes, « Anévrysmes », in Gaz. Hôp., 1878, p. 934.)
À Guy’s Hospital, en 1845, amputant la jambe à un homme de quarantequatre ans pour une affection du cou-de-pied, et qui mourut de pyohémie, vil, à l’autopsie, une tumeur anévrysmatique située entre les deux os, à la partie antérieure et inférieure de la jambe, et complètement remplie de caillots solides.
OBSERVATION XIII. — Alf. BAKER. (British Journal, 11 janvier 1873.)
Un laboureur, entré à l'hôpital de Birmingham, s'était aperçu d’un léger gonflement indolore de la cheville; en travaillant, il se frappa fortement avec une bêche, sans entamer la peau, et alors la tumeur grossit rapidement. Une incision donna du sang, et, en opérant l’extirpation, on vit que l’origine était une blessure de la tibiale antérieure, laquelle saignait de l’intérieur d’un vieux sac. Résultat non men&onné, mais guérison probable.
OBSERVATION XIV.— W. Boyp MusHET. (British Journal, 1878, I, p. 12.)
T..., individu très faible, est porteur d’un anévrysme spontané de la tibiale antérieure au haut de son parcours, et de deux autres à la face. Vu le peu de résistance qu’offrirait le malade à une intervention sanglante, on applique sur la fémorale deux tourniquets qu’on serre alternativement, pendant sept heures; la tumeur se consolide alors. Mais le malade succombe vingt et un jours après à des symptômes cérébraux, ce qui fit penser à la rupture d’un anévrisme de quelque artère cérébrale. L’autopsie ne put être faite pour vérifier le diagnostic.
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OBSERVATION XV. — MACFARLANE (de Glasgow). (Cité par Holmes, ex Trans. méd. chir., 1832, p. 513.)
P. P..., trente-huit ans, à l’infirmerie royale de Glasgow, avait un anévrysme de la tibiale antérieure, profond, mal défini, dont les pulsations s’arrêtaient quand on comprimait la fémorale. Le malade attribuait sa lésion à un coup. Cinq mois après survint un anévrysme poplité, qui rendit le malade boiteux. La ligature de la fémorale les guérit tous deux, bien que le douzième jour les pulsations fussent revenués; mais elles cédèrent promptement à la compression directe.
OBSERVATION XVI. — Norris. (Gaz. méd., Paris, 1840, p. 667, ex Américan Journal.)
J. Russel, cinquante-deux ans, entre, en août 1838, à Pensylvany's Hospital, pour un anévrysme de la tibiale antérieure à la partie supérieure et externe de la jambe; il prétend avoir recu un coup en février, et la tumeur est apparue vingt jours après, pulsatile dès le début. La compression directe, essayée, est bientôt abandonnée comme intolérable, et, en présence du progrès de l’anévrysme, on lie la fémorale au milieu de la cuisse, le 22 septembre. La tumeur diminua sensiblement, devint dure et ne battit plus, et la chaleur revint dès le soir au membre, un instant pâle et froid; la plaie opératoire: guérit bien. Le cinquième jour, les pulsations reparurent dans la tibiale antérieure au-dessous, et dix-sept jours après dans la tumeur; la glace les y fit disparaitre et le malade sortit, se croyant guéri; mais, en septembre 1839, il revint avec une énorme tumeur occupant le haut de la jambe, douloureuse, élastique, mamelonnée, pulsatile quand on la presse; l’état général était d’ailleurs bon. On fit l’amputation de la cuisse le 16 octobre, et le moignon, très vasculaire, donna, la nuit suivante, une hémorrhagie qui ne se renouvela plus. Le malade guérit. L'examen nécroscopique de la jambe n’est pas mentionné.
OBSERVATION XVII. — W. RIVINGTON. (Lancet, 16 octobre 1880.) + Un homme de cinquante-huit ans avait vu, six semaines avant son entrée
à l’hôpital de Londres, une tumeur pulsatile qu'un médecin ouvrit comme un: abcès, et qui donna une hémorrhagie considérable, maîtrisée par la compres-
ET. us
sion directe. Elle se reproduisit, mais on hésitait entre un anévrysme et une tumeur maligne. La compression de la fémorale par un tourniquet ayant été abandonnée parce qu’elle était très douloureuse, on appliqua la bande élastique d'Esmarch pendant une heure; les battements et le souffle reparurent quand la bande fut enlevée, malgré l'application d’un compresseur; et, quand celui-ci fut ôté à son tour, le caillot qui fermait la petite plaie se détacha, et une hémorrhagie se déclara, combattue par le tourniquet, puis par la bande d'Esmarch pendant une heure un quart, enfin par la compression digitale. Les pulsations revenaient dans le sac et la circulation promettait de se rétablir dans le membre; mais quand la coagulation fut complète, la gangrène, commençant par le pied, remonta lentement; et le malade, refusant l'amputation, succomba dans l’adynamie. A l'autopsie, on constata une rupture de la tibiale antérieure et un anévrysme diffus contenant un caillot fibrineux qui remontait dans l'artère poplitée. Pour M. Poinsot, cette observation n’est pas un insuccès imputable à la méthode de Reid, car la bande élastique ne fut appliquée qu’en désespoir de cause, et trop longtemps; d’ailleurs, 1 y avait erreur d'indication.
Réflexions. — Ainsi, dans les six anévrysmes de la tibiale antérieur e observés par les Anglais, trois fois un traumatisme léger était invoqué ; le siège de la lésion a été tantôt en haut, tantôt en bas; l’anévrysme à souvent été diffus. Cinq fois il y a eu guérison, malgré quelques accidents, et cela avec les moyens chirurgicaux les plus divers. Le seul cas terminé par la mort est celui de Rivington, traité par l'appareil d'Esmarch et la compression indirecte, Bien-que pour M. Poinsot cet échec ne soit pas attribuable à la méthode employée, M. Verneuil, à la séance de la Société de chirurgie du 20 octobre 1880, où le Mémoire fut présenté, n’en insista pas moins sur les dangers que pouvait offrir le procédé de Reïd, qui avait à l'époque donné deux revers. Pour l’illustre chirurgien de la Pitié, 1l eût fallu ouvrir et lier les deux bouts de la tibiale antérieure ainsi rompue.