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tumeur et les pulsations s’affaiblissent et se dissipent en quinze jours par la seule compression de l'appareil.
OBSERVATION CXLII. — CAUVIÈRE. (Journ, chir., Malgaigne, janv. 1846.)
En 1844, dans la clinique de Marseille, un journalier de vingt et un ans portait, à la partie postérieure et supérieure de la jainbe, une tumeur du volume du poing, présentant tous les caractères d’un anévrysme, et compliquée de fracture de la tête du péroné ; le malade venait de faire, à quelques mois d’intérvalle, deux chutes dans lesquelles la jambe avait eu à supporter tout le poids du corps. On fit la ligature de la fémorale au triangle de Scarpa:; mais, le dixième jour, il y eut une hémorrhagie de la plaie opératoire, pour laquelle on lia l'artère à l’arcade crurale. Une nouvelle hémorrhagie, par la seconde plaie, obligea de recourir à la ligature de l’iliaque externe, dont les suites furent, cette fois, plus heureuses, car, quelque temps après, le malade se servait assez bien de son membre.
OBSERVATION CXLIIT. — CRUVEILHIER (Anat. pothol., I, p. 98)
Dit qu'il a senti souvent des pulsations dans les membres fracturés et considérablement tuméfiés, mais que cependant la résorption s’est effectuée, et = la guérison opérée sans intervention spéciale,
OBSERVATION CXLIV. — DupuyTREN. (Pelletan, Clin. chir., 1, p. 178.)
M.-M. Barbe, soixante-deux ans, toinba, en courant, le 2 janvier 1809, et se cassa la jambe au tiers inférieur ; les fragments étaient déplacés, mais il n’y avait pas de plaie. Le lendemain, on constata en arrière une tuméfaction molle et des pulsations évidentes; le tibia avait probablement lésé la tibiale postérieure. Après mûre réflexion, on se décida pour la ligature de la fémorale à sa partie moyenne; la plaie opératoire guérit par un pansement simple en six semaines. Le membre conserva sa chaleur et sa sensibilité ; il y eut cependant une légère eschare au talon et des taches scorbutiques à la peau. La tumeur diminua, puis disparut ; mais la cicatrisation des os fut lente etdura quatre mois. La guérison fut complète cependant.
OBSERVATION CXLV. — DUVERNEY. (Trait. malad. os, 1751, t. 1, 407.)
Fracture de jambe par roue. Appareil. Tumeur grosse comme une noix constatée ensuite. Ponction donnant du sang, qui prouve lésion de la tibiale antérieure. La plaie est bourrée de charpie. — Hémostase et guérison.
OBSERVATION CXLVI. — HENRY. (Holme’s Surgery, t. XL, p. 44, cité par Nepveu, p. 401.)
Blessure de la tibiale postérieure sur un jeune garçon qui avait une fracture simple de la jambe; le diagnostic reposait sur l'absence de pouls dans l’artère et la présence de bruits avec une particulière agitation du membre. Guérison en deux mois environ; les symptômes mentionnés disparurent graduellement, mais le pouls ne revint pas dans lartère.
OBSERVATION CXLVIT. — LiSFRANC (Clin. chir. Pitié, t. I, 331)
Cite un homme entré à l’'Hôtel-Dieu pour une fracture de jambe simple; il y avait une infiltration sanguine abondante provenant évidemment de la tiabiale antérieure. On ouvrit pour faire la ligature, et on trouva une poche contenant du sang et un petit caillot et communiquant avec l'artère. La guérison, quoique non mentionnée, me parait probable.
OBSERVATION CXEVITT. — ORÉ (du service de Chaumet) communig. à la Soc. chir., rapportée par Verneuil le 10 janv. 1855 et discutée le 24 janv. Union médic., 1855, p. 75.)
J.-D..., cultivateur, trente-huit ans, entre à l’hôpital Saint-André, le 4 juin 4854, pour une fracture de la jambe gauche par roue, sans plaie, siégeant au tiers supérieur pour le péroné et plus bas pour le tibia. Six semaines après, quand on enlève l'appareil appliqué tout d’abord, on s'aperçoit que la cons olidation est très imparfaite; et l’on constate, s’étendant de la malléole externe à la face interne etsupérieure du tibia, une tumeur fluctuante, incompressible, sans soulèvement, mais qui présente un bruit de souffle dur, unique en bas et double à la partie moyenne. On remet le Scultet. Quinze jours après, la tumeur s’est accrue à la partie supérieure, et est devenue plus douloureuse ;
EN
la peau est chaude à ce niveau, et il y a de la fièvre. Une ponction donne un écoulement abondant de sang noir, puis rouge, qui s'arrête par une forte compression de la fémorale. On fait une contre-ouverture et l’on a une suppuration épaisse et fétide pendant quelques jours. Le 28 juin, le 5 juillet,
hémorrhagie; l’état général est mauvais. Amputation le 43 juillet. A la dissec-
tion, après injection du membre amputé, l'hémorrhagie est vue provenir de l'artère nourricière du tibia et de ses branches très dilatées. La tibiale antérieure est comprimée entre les deux fragments obliques du tibia ; la tibiale postérieure est intacte et en place ; la péronière est coudée et comprimée
entre le fragment inférieur du péroné et une esquille du tibia. La pièce est
au musée de Bordeaux. On jugea que le souffle avec renforcement, qui avait fait songer à un anévrysme artério-veineux, provenait de la compression des artères par les fragments osseux.
OBSERVATION CXLIX. — Jean-Louis PEriT. (Trait. mal. os., t. II, p. 46.)
Cette Observation ayant été souvent citée, et avec des variantes, je la reproduis textuellement : « Dans une fracture de jambe sans plaie extérieure, j'ai vu l'artère qui passe entre les deux os ouverte par le tranchant de la fracture du tibia, qui était cassé en flûte. Il survint une ecchymose par toute la jambe et le pied ; la partie était froide et brune. On la croyait gangrenée. J’ouvris la jambe et, ayant commencé l’incision quatre travers de doigt audessus de la fracture, je la poussai autant au-dessous ; je découvris l’ouver-
ture du vaisseau. J’arrêtai l’hémorrhagie sans déplacer les os. Je fis, du reste,
le pansement qui convient aux fractures compliquées, et mon malade fut guéri dans le temps ordinaire. Pour se rendre maïtre du sang, il faut absolument découvrir le vaisseau ouvert, afin de le comprimer immédiatement, de ‘le lier, s’il est besoin, ou d’y appliquer des styptiques. Ce sont là trois moyens que nous avons pour arrêter les hémorrhagies. »
OBSERVATION-CL. — VERNEUIL# (Soc. chir., 30 mars 1859, et Gaz. hôp.. 1859, p. 167.)
Gabriel T.., tonnelier, trente-deux ans, constitution athlétique. Étant à cheval, le 15 janvier, il se heurte violemment la jambe contre un brancard.
Examiné à Beaujon, vingt heures après, on constate une fracture du tibia au
tiers inférieur, en V, et une fracture du péroné, siégeant un peu plus haut; la peau, qui n’a pas de solution de continuité, est très tendue, et, dans la
Ts
tuméfaction, qui n’est pas limitée, on perçoit des battements très nets. La fracture est réduite, et on applique le Scultet avec des résolutifs. La douleur et le gonflement diminuent, mais les battements persistent, et la consolidation ne se fait pas. On exerce le malade à se comprimer lui-méme la fémorale avec les doigts, et, comme les résultats sont bons, on applique, dix jours après, le 14 février, un sac de deux livres de plomb sur la fémorale et un
+ appareil plâtré à la jambe. Le 2 mars, la mobilité des fragments et les pulsations sont bien moindres; on renouvelle l'appareil plâtré. Le 4 avril, le cal est formé, et on enlève définitivement l'appareil.
OBSERVATION CLI. — Ch. Wuire. (Cité par Nepveu.)
\ En 1764, fracture simple de la jambe chez un homme fort; six semaines
après, il se produisit une tumeur qu’on reconnut être un anévrysme de la -tibiale antérieure; on ouvrit et ontamponna, eton refitle tamponnement pour une hémorrhagie. La guérison se fit très bien. Laurent, qui site ce fait, dit qu’on eut recours à l’amputation.
Cas de mort.
OBSERVATION CLIL. — J. et Ch. BELL (Princip. of Surgery, cités par Laurent et Nepveu)
Donnent le fait d’un chirurgien de Gand qui avait traité une fracture de jambe simple par l'appareil ordinaire. Quand le jeune homme marcha, on vit une tumeur derrière le cou-de-pied, au-dessous du siège de la fracture. On -appliqua des caustiques, qui causèrent une violente hémorrhagie, difficilement arrêtée, même par la syncope. La mort arriva le surlendemain.
ARTICLE II. — KFractures compliquées de plaie
$ 1. — Guéries sans amputation. OBSERVATION CLIIL. — BURGGRAEVE (de Gand). (Bull. Acad. Belg., 26 mai 1860.)
Fracture comminutive compliquée sus-malléolaire ; ouverture de la tibiale postérieure. Résection du fragment du tibia saillant; tamponnement au per-
LOUE chlorure de fer; pansement ouaté. Suppuration, frissons combattus par la quinine. Pleine convalescence.
OBSERVATION CLIV, -— J. CALÈs (de Villefranche). (Th. Montpelller, 28 août 1854.) e
Bédrune, trente-un ans, fort. Fracture de jambe au tiers inférieur, compliquée de plaie, par cause indirecte. Hémorrhagie. artérielle fournie par la péronière. Ligature médiate, appareil, irrigation continue. Suppuration, résection d’esquilles osseuses, commencement de pyohémie, mais guérison finale.
OBSERVATION CLV. — CARTEREAU. (Th. Paris, 1829.)
Farcy, trente-neuf ans, tombé d’un quatrième étage : fracture de la jambe au tiers inférieur, Hémorrhagie de la péronière ; compression au-dessus de la plaie et appareil de Scultet. Guérison.
OBSERVATION CLVI..-— CHaAssAIGNAC. (Traité suppur., t. I, p. 520.)
Audéaton, trente-deux ans, cocher, entré à Lariboisière en septembre 1856. Fracture de jambe et ouverture de l’articulation tibio-tarsienne par chute de voiture ; forte hémorrhagie par la tibiale postérieure. Ligature des deux bouts de l'artère; pansement par occlusion; antiphlogistiques ; délire nerveux. Élimination de séquestres. Guérison avec demi-ankylose.
OBSERVATION CLVII. — CoLLoMB (de Lyon). (Cité par Nepveu, p. 385, ex Œuvres, 1798.)
X..., quarante ans, chute de cheval; fracture de jambe à la partie inférieure, avec saillie du tibia. Hémorrhagie artérielle secondaire causée par les esquilles, non maîtrisée définitivement par la compression de la fémorale. Débridement, tamponnement. Guérison.
OBSERVATION CLVII. — DeLpecu (de Montpellier). (Chir. clin., 1823, | UT, p: 38)
Boudet, dit Galon, postillon, trente ans, entré à l'hôpital Saint-Éloi, en mai 1815, étantivre, avait eu la jambe écrasée par une charrette. Anévrysme dif-
fus de tout le mollet avec un commencement d’engourdissement et des marbrures de la peau. Ligature de la fémorale à sa partie supérieure, le lendemain. Amélioration progressive ; le sang se résorbe, les os se ressoudent, et la guérison est complète trois mois après.
OBSERVATION CLIX.— GIMès. (Journ. méd. chir. et pharm., 1788, CERN I ip 2374)
Paris, journalier, quarante-cinq ans. Fracture dela jambe au tiers inférieur par une roue.de charrette.Dix-septième jour, hémorrhagie récidivant etinfiltration sanguine provenant de la tibiale antérieure. Ouverture et tamponnement, puis ligature de cette artère. Suppuration, mais guérison.
OBSERVATION CLX. — Goocx. (Nepveu, p. 379.)
Fracture de jambe; forte hémorrhagie d’une artère médullaire, grosse comme une plume. On fut obligé de trépaner le tibia et de tamponner la plaie. Guérison probable.
OBSERVATION CLXI. — C. Hawkins. (Lancet, 1845, t. II, p. 678.)
Homme; fracture compliquée de la jambe, hémorrhagies artérielles répétées; ligature de la fémorale. Guérison.
OBSERVATION CLXIT. — De Jumné (d’Ostende). (Crocq, Trait. fractures, p. 480.)
Jean M..., fermier, 1847, alcoolique, a les deux tiers de la jambe broyés par une roue de chariot. Hémorrhagie abondante par la tibiale antérieure. Débridement, extraction des esquilles, ligature de l'artère et appareil amidonné. Guérison.
OBSERVATION CLXIIT. — KLosE et PAUL. (Nepveu, p. 378.)
Garçon, seize ans. Fracture compliquée comminutive de la jambe par la chute d’un tronc d'arbre. Hémorrhagie primitive. Ligature directe des deux bouts de la tibiale antérieure. Accidents : sphacèle, adynamie, suppuration, mais rétablissement final.
OBSERVATION CLXIV. — LETENNEUR (de Nantes). (Bull. Soc. chir., 1871, ù p. 293.)
J.-M. M.., dix-huit ans, lancé par une courroie; plaie contuse du dos, fracture du col de l’humérus et fracture comminutive de la jambe droite avec issue des fragments. Artère tibiale antérieure probablement déchirée (car on ne sent plus les battements de la pédieuse). Conservation ; irrigation continue ; alcool camphré ; débridements pour suppuration; rétraction de 40 cent. ; suture osseuse. Guérison complète au bout d’un an.
OBSERVATION CLXV. — LonG. (Cité par Poinsot, p. 315.)
Hôpital de Toulon. — Fracture de la jambe au quart inférieur, saillie des fragments ; blessure de l’artère interosseuse ; hémorrhagie arrêtée par syncope. Perchlorure de fer. Guérison.
OBSERVATION CLXVI. — MerziG (de Lissa). (Bull. Acad. Bely., 4857, p. 401.)
Ouvrier de chemin de fer ayant une fracture comminutive des deux jambes avec broiement des parties molles, qui ne laissait qu’un lambeau avec la tibiale postérieure. Cas d’amputation si jamais il en fut. Et cependant, guérison avec l’appareil amido nné.
OBSERVATION CLXVII. — PicHoreLz (du Havre). (Th. Fourquet, Montpellier, janv. 1865.)
Homme. Fracture compliquée comminutive de la jambe; lésion de la tibiale antérieure ; hémorrhagie primitive. Ne pouvant lier directement, on fit je tamponnement au perchlorure de fer. Guérison.
OBSERVATION CLXVIII. — Roux (40 ans prat. chir., t. IE, p. 318.)
Fracture compliquée de jambe; débridement par un chirurgien, qui sectionne la tibiale antérieure au bas de sa course. Hémorrhagie par le bout inférieur, et ligature de ce seul bout par Roux. Guérison probable.
OBSERVATION CLXIX. — SEuTIN. (Bull. Acad. Méd. Belg., 1860.)
Homme. Fracture sus-malléolaire comminutive, avec saillie du tibia, et lésion de la tibiale antérieure. Cas d'amputation; temporisation pourtant. Résection; tamponnement de charpie perchlorurée sur l'artère; réunion ; pansement ouaté. Vive réaction ; suppuration. Pleine convalescence.
OBSERVATION CLXX. — SyME. (Monthly, Journ. of., tEdimb., 1842, p. 965.)
Femme, soixante-deux ans. Fracture de jambe ; hémorrhagie de la tibiale postérieure ayant cessé momentanément par le froid et l'élévation, mais reprenant abondamment les jours suivants. Ligature de la fémorale. Guérison.
OBSERVATION CLXXI. — A.-D. VALETTE (de Lyon). (Gaz. méd., Lyon, 31 août 1849.)
Dussoire, quarante ans. Fracture du bas de la jambe par roue de wagon. Hémorrhagie artérielle. Tamponnement; occlusion collodionnée. Guérison.
OBSERVATION CLXXII, — VALETTE. (Art. « Fractures » du Dict. Jaccoud, XV, p.:497.)
Serrurier. Fracture de jambe compliquée. Hémorrhagie grave au début arrêtée par la compression directé et le sel ferrique. Puis, hémorrbagie secondaire ; compression digitale de la fémorale pendant dix jours. Guérison.
OBSERVATION CLXXIII. — VALETTE. (Clin. Hôtel-Dieu de Lyon, p. 488.)
Cordonnier. Fracture de jambe au tiers supérieur par une roue de voiture. Hémorrhagie primitive forte, mais arrêtée par une légère compression et Peau de Pagliari. Vingt-deuxième jour, hémorrhagie artérielle en nappe abondante; tamponnement au perchlorure de fer, puis par l'appareil, simple et peu coûteux, de Jacques Bonnet. Guérison.
OU
OBSERVATION CLXXIV. — VERNEUIL. (Th. Vétu, P., 1878, Fract. compliq.)
Robert, alcoolique, à la Pitié. — Fracture compliquée comminutive par chute d’une futaille; bosse sanguine et hémorrhagie considérable indiquant une lésion de la tibiale postérieure. Occlusion collodionnée et pansement phé- 7 niqué. Guérison en bonne voie.
$ 2. — Amputation et guérison probable.
OBSERVATION CLXXV. — BAuDENs. (Gaz. Hôp., 1855, p. 127.)
Soldat. Fracture de jambe compliquée, comminutive, au tiers supérieur, par coup de pied de cheval. Hémorrhagies secondaires de l'artère tibiale postérieure lésée par les esquilles; ligature de la fémorale au triangle de Scarpa. Plus tard, amputation et guérison.
OBSERVATION CLXXVI. — BransBy Cooper. (Cité par Nepveu, p. 378.)
K..., soixante ans. Fracture de jambe compliquée comminutive par voiture. Hémorrhagie intense par la tibiale postérieure déchirée. Amputation immédiate. Guérison. |
OBSERVATION CLXXVIT. — EARLE et Skey. (Ment. par Nepveu, p. 387.)
Manœuvre. Fracture comminutive de la jambe, suite d’une chute de deux mètres. Hémorrhagie primitive, revenant le onzième jour. Débridement et ligature du bout central de la tibiale postérieure blessée longitudinalement et de la veine saphène. Malade très épuisé ; amputation.
OBSERVATION CLXXVIIL. — Guru. ( Lancet, 1849, p. 254.)
T..., quarante-quatre ans. Fracture de jambe; hémorrhagie artérielle primitive et revenant secondairement plusieurs fois. Ligature de la fémorale malgré Guthrie. Un mois et demi après, récidive de l’hémorrhagie ; amputation du : membre ; guérison. La lésion portait sur la tibiale postérieure.
D ou
OBSERVATION CLXXIX. — HARGRAVE. (Cité par Nepveu, p. 387.)
X..., soixante ans. Jambe écrasée à la partie inférieure par roue de voiture; hémorrhagie et infiltration sanguine. Débridement, ligature; récidive, amputation. La lésion était à l’artère péronière et on avait lié la veine saphène externe.
OBSERVATION CLXXX. — Moore. (Lancet, 1829-30, p. 841.)
B..., dix-huit ans, à Plymouth. Chute de douze mètres ; fracture compliquée de la jambe au quart inférieur ; résection du fragment saillant du tibia. Au trente-sixième jour, hémorrhagie artérielle répétée. Amputation; guérison. I y avait sur la tibiale antérieure un petit anévrysme à parois faibles, déchiré par le fragment inférieur du tibia.
OBSERVATION CLXXXI. — Nixon. (British, 2 avril 1881.)
Irlandais ayant eu la tibiale antérieure déchirée par un brancard qui avait pénétré d’avant en arrière entre les deux os, brisant le péroné et le séparant de ses attaches. Tamponnement. Sixième jour, hémorrhagie secondaire et arthrite du genou. Amputation de cuisse.
OBSERVATION CLXXXII — PELLETAN. (Dupuytren, Clin., t. IT, p. 507.)
Picard, 1805, soixante-un ans. Fracture des deux jambes par une roue ;
, la droite guérie sans accident. À gauche, fracture sans plaie; infiltration san-
guine considérable, ouverte comme un abcès. Amputation de cuisse; guérison pénible. À l’autopsie, on supposa que le sang venait des artérioles.
S 3. — Cas suivis de mort.
OBSERVATION CLXXXIIT. — GRgen. (Cité par Nepveu, p. 408.)
Homme, quarante-sept ans. Fracture comminutive de la jambe au milieu par roue ; pas de battements aux malléoles. Gangrène du membre; amputation de cuisse. Mort. Compression probable de la tibiale postérieure par un fragment du tibia.
SU
OBSERVATION CLXXXIV. — Henvey et Alph. GUÉRIN. (Bull, Soc. anat., 1870, p. 402.)
D..., quarante ans. Fracture de la jambe à la partie supérieure, écrasée par un bloc de marbre; plaie petite; hémorrhagie; amputation immédiate. Le tibia a cinq esquilles, le péroné, une; la tibiale antérieure est déchirée ; vaste épanchement sanguin. Gangrène du moignon. Mort le quatrième jour.
OBSERVATION CLXXXV. — KERN, de Vienne. (Cité par Nepveu, p. 385.)
Fracture de jambe compliquée, à la partie moyenne, par coup de pied de cheval ; menaces de gangrène et tuméfaction sanguine ; débridement après refus d’amputation. Hémorrhagie secondaire ; mort. Les artères tibialès, antérieure et postérieure, étaient rompues.
OBSERVATION CLXXX VI. — MACFARLANE (de Glasgow). (Cité par Nepveu, p. 386.)
Vieillard, 1833. Jambe brisée au tiers inférieur par une grosse pierre : les battements des tibiales persistent. Hémorrhagie secondaire arrêtée par le tourniquet, mais récidivant (venant de la tibiale postérieure). Gangrène ; mort.
OBSERVATION CLXXXVIL — NicHET {Gaz. méd., P., 1833, p. 652)
À vu un chapelier, ivre, qui avait eu le tibia fracturé au tiers inférieur par une roue, avec saillie du fragment supérieur du tibia. Hémorrhagie primitive arrêtée par le garrot sur la fémorale ; résection. Au dixième jour, hémorrhagie secondaire par ouverture d’un abcès; recompression de la fémorale, mal faite. Récidive; mort. Un fragment de la tête du péroné fracturée avait déchiré l'artère péronière. L'auteur ajoute : c’eût été le cas de la ligature d’Anel.
OBSERVATION CLXXXVIIT. — PELLETAN. (Dupuytren, Clin., t. II, p. 507.)
Caloy, 1806, rachitique. Fracture de jambe à la partie supérieure, sans plaie, par chute d'escalier. Retard de consolidation dû à la mobilité des fragments. Anévrysme faux consécutif. Amputation de cuisse. Mort par pneumonte. Un fragment du péroné avait ulcéré l’artère péronière.
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OBSERVATION CLXXXIX. — P£LLeïan. (Ibid.)
Dagomet, 1809, trente ans, fort. Fracture de jambe à la partie moyenne, avec plaie, due à la même cause. Hémorrhagie, puis suppuration; état gé néral mauvais. Récidive d'hémorrhagie le soixante-quinzième jour; amputa-
tion de cuisse; mort le lendemain. La lésion venait de cinq ou six trous à la tibiale antérieure.
OBSERVATION CXC. — RicHaRD. (Th. Trapenard, P., août 1870.)
L..., vingt-huit ans, Beaujon. Chute de 3 mét. 50 c.; fracture de jambe à la partie moyenne, avec saillie du fragment supérieur du tibia. Pansement par occlusion. Au dixième jour, ouvertures d’abcès par flèches de Canquoin. Au trente-troisième jour, forte hémorrhagie artérielle arrêtée par compression et perchlorure de fer, mais récidivant le lendemain et emportant le malade. A l’autopsie, fracture en V, intéressant l'articulation ; collection sanguine ; tibiale antérieure ouverte, libre au bout supérieur, obstruée au bout inférieur par un caillot organisé.
OBSERVATION CXCI. — RicHer. ( « Fract. compl. commin. de jambe, » in Gaz. hôp., 1879, p. 201.)
Cocher, mai 1878. — Fracture compliquée comminutive de la jambe à la partie inférieure, par roue; épanchement sanguin et gazeux; pansement à l’alcool. Au dixième jour, hémorrhagie artérielle secondaire, répétée trois fois. Amputation dans les condyles. Mort par pyohémie. L’artère péronière était déchirée.
OBSERVATION CXCIT. — UYTTERHŒVEN. (In Crocq, Trait. fract. membres, 1851, p. 461.)
L..., soixante-douze ans, tombant de sa hauteur, se fait une fracture en V, spiroïde. Blessure de la tibiale antérieure ; hémorrhagie primitive, arrêtée par l’occlusion. collodionnée. Guérison en bonne voie, quand mort subite cinq semaines après.
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OBSERVATION CXCIIT. — VERNEUIL. (Th. Machenaud, 1868, Ligature fémorale, p. 37.)
Héget, quarante-cinq ans, charretier. Fracture de jambe compliquée, à la partie inférieure, par chute, le pied étant retenu. Résection des fragments supérieurs, occlusion collodionnée, puis phlegmon et drainage. Hémorrhagie le vingtième jour, venant de la tibiale antérieure, compression digitale, puis ligature de la fémorale à l’anneau. Le vingt-sixième jour, hémorrhagie foudroyante par la plaie opératoire. Mort.
OBSERVATION CXCIV. — Verneuil. (Mém. Nepveu, p. 369.)
Sauton, charretier, alcoolique. Fracture compliquée comminutive de la jambe à la partie supérieure. On constate une rupture de la tibiale antérieure, et on craint, à tort, une fissure articulaire. Amputation de cuisse immédiate. Mort le quatrième jour.
ARTICLE III. — Fractures par armes à feu
$ 1. — Guéries avec conservation.
OBSERVATION CXCV.-- Eug. BŒckEL. (Gaz. méd., Strasbourg, 1871, n° 2.)
Schænborn, soixante-deux ans, bombardement de Strasbourg. — Obus ayant fracassé la jambe gauche : amputation immédiate ; et atteint la jambe droite, en écornant le tibia dans l’espace interosseux. Abcès; drainage; fièvre. Hémorrhagie secondaire, récidivant malgré bandage compressif. De préférence à l'opération d’Anel, ligature directe des deux bouts de la tibiale postérieure, après large incision. Suppuration; pansement désinfectant. Guérison.
OBSERVATION CXCVI. — Courtier. (Clin. Guthrie, Lancet, 1819, t. I, p. 254.)
Debret, prisonnier de guerre français, à-Waterloo. — Fracture de ‘jambe par balle. Suppuration ; larges incisions ; soixante-seizième jour, hémorrhagie ; ligature de lartère à un pouce et demi au-dessus de sa lésion. Guéri.
OBSERVATION CXCVII. — Durour. (Arch méd. nav., 1866, t. I, p.199.)
Terrassier, à Cherbourg. — Jambe fracassée par poudre de mine, à la partie supérieure. Hémorrhagie primitive par la tibiale postérieure. Amputation refusée. Ligature directe et plaie régularisée, Conservation sans espoir. Guérison cependant, mais longue et pénible.
OBSERVATION CXCVIIT. — GILLETTE. ( Th. Vaslin, oct. 1871, p. 30, recueillie par Martin.)
À...,à Gravelotte, est blessé par un obus au tiers antérieur et supérieur de la jambe. Hémorrhagie artérielle secondaire ; extraction d’esquilles ; tamponnement au perchlorure de fer. Récidive trois jours après; ligature de la fémorale à l'anneau. Pansement ouaté ; suppuration. Guérison.
OBSERVATION CXCIX. — GuEuRY. (Mém. méd. et chir. milit., LOIS TD 282)
Huin, zouave, reçoit, au combat de Tafna, une balle qui lui traverse le mollet gauche, de dedans en dehors, éraflant le tibia et brisant le col du péroné. Irrigation continue ; extraction d’esquilles. Seizième jour, hémorrhagie abondante, venant probablement du tronc tibio-péronier. Injection et tamponnement hémostatiques, compression de la fémorale ; récidive trois jours après. Après consultation, ligature de la fémorale à l'anneau. Guérison.
OBSERVATION CC. — HouEeL. (Th. Milliotianu, nov. 1871. Recueillie par Georgesco, p. 28.)
A... zouave, ambulance de la Presse, avril 1871. — Fracture compliquée de la jambe, au quart supérieur, par balle ayant pénétré de dehors en avant. Hémorrhagie primitive abondante, probablement par la tibiale antérieure. Ne pouvant lier l’artère, on comprime son trajet; pansement à l'alcool. Guérison.
OBSERVATION CCI. — J. LucAS-CHAMPIONNIÈRE. (Nepveu, p. 589.)
X..., blessé, en 1870, à la partie moyenne et interne de la jambe, par un éclat d’obus. Hémorrhagie artérielle primitive arrêtée par la ligature de la
Ge
fémorale. Deux jours après, débridement, extraction d’un fragment d’obus
logé entre le tibia et le péroné, qui avait certainement coupé la péronière, et 8 >
probablement aussi la tibiale antérieure. Guérison en bonne voie.
OBSERVATION CCIL. — MICHEL. (Th. Malinas, mars 1872.)
Homme. Bombardement de Strasbourg. — Fracture comminutive du tiers supérieur du péroné et du bord externe du tibia, par explosion d’un obus. Extraction immédiate de sept esquilles ; à la fin de l'opération, hémorrhagie par la tibiale antérieure ; ligature de cette artère. Pansement phéniqué. Guérison.
OBSERVATION CCI. — SépizLor. (Trait. fract. par armes à feu, Gaz. méd., Strasb., 1870, p. 257.
Barbeau, à Reischoffen, a le bas du tibia traversé, d’avant en arrière, par une balle. Hémorrhagie primitive abondante, qu’on juge venir de la tibiale postérieure ; tamponnement, récidive ; amputation décidée, mais renvoyée au lendemain, faute de temps; et, en attendant, striction énergique du membre, sans craindre la gangrène. Amélioration, remises successives, et, finalement, conservation ; et guérison avec ankylose.
OBSERVATION CCIV. — SommÉ. (Flaies d'armes à feu au siège d'Anvers, Journ, hébd.; 15351, 1." *D.1222)
Verheyen, belge. — Fracture de la partie supérieure du péroné par balle, d'avant en arrière; débridement et extraction d’esquilles. Vingt-deuxième jour, forte hémorrhagie attribuée à la tibiale postérieure à son origine, et arrêtée deux fois par compression de tout le membre et graduée au creux: poplité. Récidive; ligature de la fémorale au triangle. Pleine convalescence.
$ 2. — Amputation et guérison.
OBSERVATION CCV. — ALLANSON. (J. Bell, Plaies, trad. Estor, p. 200.)
K..., matelot. Fracture compliquée comminutive de la jambe à la partie supérieure par une balle, lésant la tibiale postérieure. Longue suppuration ;
hémorrhagies pendant quatre mois. Amputation. Il eût fallu ouvrir et lier directement, dit J. Bell. |
OBSERVATION CCVI. — CamBay. (Gaz. hôp., 1856.)
Russe (Sébastopol), 1853. — Fracture de jambe par arme à feu; quinzième jour, forte hémorrhagie, ligature de la poplitée; vingt-deuxième jour, hémorrhagie de la plaie opératoire, ligature de la fémorale; recidive le vingt-neuvième. Amputation de cuisse. Guérison. :
OBSERVATION CCVII. — Dipior. (Mém., méd. et chir. mil., 1865, t. XIV, p. 246.)
X..., chasseur d'Afrique, blessé par les Koumirs (sic), en 1853, d’un coup de feu au tiers supérieur de la jambe, fracturant comminutivement le tibia et traversant l’espace tibio-péronier. Hémorrhagie abondante, révélant une lésion artérielle; on chercha vainement à lier la tibiale antérieure, même en agrandissant la plaie. Amputation immédiate au-dessous des condyles. Guérison.
OBSERVATION CCVIIT. — Maczeop. (Cité par Nepveu, p. 403.)
Soldat anglais, scorbutique, Crimée. — Fracture du péroné et de la crête du tibia lpar balle ; tuméfaction qui cède. Le cinquième jour, hémorrhagie, récidivant, par anévrysme faux de la tibiale antérieure. Amputation.
$ 3. — Gas suivis de mort.
OBSERVATION CCIX. — Benj. ANGER. (Th. Cauchois; 1873, Hém. second., p. 9. Rec. par Marcano.)
Farry, avril 1871. — Fracture comminutive de la tête du péroné par balle. Hémorrhagies le vingtième jour, récidivant malgré la compression directe et indirecte. Le trentième jour, essai de ligature sur place, mais un jet de sang oblige à lier immédiatement la fémorale. Faiblesse ; hémorrhagie par le bout inférieur de l'artère liée; phlébite; mort le trente-troisième jour. L’hémorrhagie devait venir des artères jumelles, ouvertes par la suppuration dans le foyer fracturé.
OBSERVATION CCX. — Baupens. (Clin. Plaies d'armes à feu, p. 500.)
Français, à Alger, mars 1836. — Fracture comminutive du tibia par arme à feu ; extraction des esquilles. Hémorrhagie secondaire et anévrysme diffus de la tibiale antérieure, ulcérée par des esquilles. Mort.
OBSERVATION CCXI. — Eug. BŒCkEL. (Gaz. méd., Strasb., n° 2.)
Schœæffer, dix-neuf ans, bombardement de Strasbourg. — Fracture du péroné, à la partie moyenne, par un fragment d’obus qui avait traversé la jambe d’arrière en avant. Hémorrhagie artérielle primitive; débridement; ligature des deux bouts de la tibiale postérieure et de la péronière, atteintes; gan” grène du pied, puis de la jambe; amputation de cuisse le trente-quatrième jour. Le surlendemain, hémorrhagie LOUE oyante de la fémorale dans le moignon, et mort.
OBSERVATION CCXII. — ALEZAIS. (Mém. méd. et chir. milit., 1868.)
Soldat français, Solférino. — Fracture du tibia au tiers supérieur; forte hémorrhagie, puis anévrysme diffus par la tibiale postérieure. Amputation. Mort par pyohémie.
OBSERVATION CCXIIL. — CmipauLr. (Fract. à feu, p. 298.)
Mobile, 9 novembre 1870. — Fracture de jambe au tiers inférieur, esquil-leuse. Les septième et huitième jours, forte hémorrhagie artérielle ; Dan. LU tion de cuisse. Mort le vingt-troisième jour.
OBSERVATION CCIV. — DupuyTRen. (Clin. chir., t. V, p. 402.)
Puit, Hôtel-Dieu, juillet 1830. — Fracture esquilleuse de la jambe au tiers supérieur, traversée par une balle. Tamponnement; saignées ; suppuration. Le seizième jour, hémorrhagie violente provenant de la lésion de la tibidle antérieure par une esquille. Amputation de cuisse. Mort par pyohémie.
AE
OBSERVATION CCXV. — VERNEUIL. (Th. Nepveu, 1870, Gangrène dans les fractures.)
Homme de vingt-cinq ans. Écrasement du pied par une lourde barre de fer lancée violemment; petite plaie. Hémorrhagie arrêtée facilement, mais transformée en vaste épanchement sanguin. Gangrène; amputation de jambe; mort par pyohémie. Le sang venait de la tibiale antérieure rompue à sa bifurcation en plantaires.
OBSERVATION CCXVI. — VERNEUIL. (Bull. Soc. anat., 1872, p. 298.)
Femme de soixante-quatorze ans, fracture de jambe au tiers inférieur, avec petite plaie. Occlusion collodionnée; gangrène; mort le huitième jour. Les artères étaient athéromateuses, la tibiale antérieure était comprimée par une esquille et obstruée par un caillot, la tibiale postérieure vide.
ARTICLE IV. —1HBlessures par armes à feu, sans - hémorrhagie.
Les faits de blessures artérielles et de sections vasculaires produites par armes à feu, sans hémorrhagie, du moins primitive, ne sont pas très rares. Un boulet, par exemple, peut emporter un membre sans qu’il y ait notable écoulement sanguin. Voici quelques exemples do ces plaies pour la jambe; il eût été facile de les multiplier.
OBSERVATION CCXVII. — Desprès. (Bull. Soc. chir., 1871, p. 109.) Pendant la guerre, section nette de la tibiale postérieure par une balle, sans hémorrhagie. Le malade succomba à l'infection purulente. OBSERVATION CCXVIIT. — LETENNEUR (de Nantes). (Bull. Soc. chir., 13 déc. 1871.)
Fracture de jambe comminutive, très compliquée, avec autres fractures produites par le choc violent d’une machine ; lésion probable de la tibiale
antérieure, sans hémorrhagie. Irrigation continue et pansement à l’alcoo!; résection. Guérison sans raccourcissement. :
OBSERVATION CCXIX. — Lizars (d'Edimburgh). (Cité par Velpeau, Cessat. spont. des hém. traum., 1830, p. 14.)
Un homme avait eu la jambe tellement fracassée, que les vaisseaux et les nerfs semblaient avoir été découverts pour une démonstration anatomique. Après l’amputation, on trouva les artères tibiale postérieure et péronière vides, et la poplitée fermée par un caillot.
OBSERVATION CCXX. — Ambr. PARÉ. (Œuvres, 1775, p. 408.)
Le capitaine Leclère eut, sur son navire, la jambe emportée par un boulet, sans qu’il y ait eu d’hémorrhagie, et il se rétablit.
OBSERVATION CCXXI — VERNEUIL. (Soc. chir., 13 déc. 1871.)
Présentation de pièces anatomique : sur une d’elles, section nette de la tibiale antérieure par éclat d'obus, et cependant pas d’hémorrhagie grave.
ARTICLE IV. — BBlessures artérielles avee fractures, par armes à feu, dans les guerres d'Allemagne et de Sécession. |
M. Hermann Schmidt, d’Ulm, a publié, dans le Deutsche militairärzlliche Zeischrift, de 1876, nes 10, 11 et 49, un travail considérable, intitulé : Traitement des fractures par coup de feu, compliquées de lésions artérielles. C’est le relevé de trois cent soixante-six observations provenant en grande partie des guerres de 1870, de 1866 (Sadowa), de 186% (Sleswig) et de la Sécession (il a remonté aux sources pour 333), et de quelques autres dues à nos chirurgiens français. Comme, d’une part, ce long et intéressant Mémoire n’a pas encore été traduit en notre langue (du moins à ma connaissance), et, comme, d'autre part, Je n'ai pu trouver la Gazette militaire médicale allemande qu’à
la Bibliothèque du Val-de-Grâce, je crois devoir reproduire ici, sommairement, les faits qui regardent les artères de la jambe. Je les laisserai groupés à la façon du chirurgien wurtembergeois, et, au lieu de renvoyer exactement à chaque source où il à puisé lui-même, je me contenterai d'indiquer le numéro de chacune de ses observations. Le nom propre est celui du chiruraien qui a observé ou opéré.
Je dois, avant tout, adresser mes plus vifs remerciments à M. le professeur Morache, qui a bien voulu faire venir, pour moi, l'ouvrage en question, et à mon excellent camarade et ami Jules Ferrier, qui s’est gracieusement mis à ma disposition pour le traduire.
A. — Hémorrhagies primitives.
OBSERVATION CCOXXII (n° 181). — FISCHER.
F..., polonais, 30 août 1870, devant Metz.— Fracture du péroné ; déchirure de la tibiale antérieure ; hémorrhagie primitive, compression ; récidive, tamponnement. Gangrène, mort le douzième jour.
OBSERVATION COXXIIT (n° 182). — LOSSEN.
R..., devant Metz. — Fracture du péroné,; blessure de la tibiale posté-
rieure ; hémorrhagies primitives répétées, arrêtées par la compression avec des bandes. Évacué en bon état.
B. — Hémorrhagies secondaires.
OBSERVATION CCXXIV (ne 189). — Or.
S.., allemand, 2 déc. 1870. — Fracture esquilleuse du péroné, et simple du tibia. Au vingtième jour, hémorrhagie arrêtée par compression de la fémorale, récidivant, et combattue par compression digitale, tamponnement au perchlorure de fer, vessie de glace. Mort le trentième jour.
O BSERVATION CCXXV (n° 190). — LOSsEN.
Lieutenant prussien, 18 août 1870. — Fracture du péroné, blessant une branche de la tibiale postérieure. Sixième jour, hémorrhagie arrêtée par la compression digitale de la fémorale. Évacué le quinzième jour.
OBSERVATION CCXXVI (n° 194). — SALZMANN.
Hessois, 6 août 1870. — Fracture du haut de la jambe, esquilleuse du péroné, et transversale du tibia ; extraction de la balle ; hémorrhagie immédiate arrêtée par la suture de la plaie avec des épingles. Un mois après, hémorrhagies secondaires de la tibiale postérieure; tamponnement au perchlorure. Guérison.
OBSERVATION CCXX VII (no 195). — Socix et KLEBs.
Rhénan, 6 août 1870. — Péroné fracassé ; dix-huitième jour, hémorrhagies de la péronière, maïtrisées par la compression de Simon (avec des compresses graduées). Mort le vingt-cinquième jour par septicémie.
OBSERVATION CCXX VIII (n° 198). — FISCHER.
Prisonnier français, 6 août 1870. — Fracture de jambe au tiers supérieur ; quarante-deuxième jour, hémorrhagie par les bourgeons charnus; cinquantième jour, extraction d’esquilles, forte hémorrhagie artérielle, tamponnement. Guérison.
OBSERVATION CCXXIX (n° 199). — Socix.
Allemand, 13 janvier 1871. — Fracture du haut de la jambe. Hémorrhagies secondaires de la péronière déchirée, récidivant malgré la compression digitale et le tamponnement. Gangrène, septicémie. Mort le vingt-cinquième jour.
OBSERVATION CCXXX (nc 200). — BEcx.
Badois, 1870. — Fracture du bas de la jambe ; hémorrhagie artérielle secondaire arrêtée par tamponnement. Suppuration, amputation de jambe. Guérison.
OBSERVATION CCXXXI (n° 207). — Socin.
Allemand, 16 août 1870. — Fracture comminutive du milieu de la jambe ; extraction d’esquilles le dix-huitième jour ; le trentième, hémorrhagie artérielle, résection du tibia, tamponnement. Guérison avec raccourcissement et cal mobile.
OBSERVATION CCXXXII (n° 208). — BECx.
Badoiïs, 1866. — Fracture esquilleuse du milieu du tibia; troisième semaine, hémorrhagie par la tibiale antérieure, extraction d’esquilles. Guérison. OBSERVATION CCXXXIII (n° 212).
Américain, 3 mai 1863. — Fracture esquilleuse du haut du tibia, déchirant les vaisseaux tibiaux postérieurs. Mort le treizième jour par épuisement.
OBSERVATION CCXXXIV (n° 213). — Appla.
Italien, 1859. — Fracture comminutive du tibia, hémorrhagie probablement
de la tibiale antérieure. État grave, mais guérison. OBSERVATION CCXXXV (n° 214).
Américain, 22 septembre 1863. — Fracture du péroné par balle, déchirure de la tibiale postérieure, gangrène. Mort le dixième jour.
II — Ligature.
A. — Hémorrhagies primitives.
OBSERVATION CCXXXVI (n° 217). — FISCHER.
Allemand, 19 septembre 1870. — Fracture esquilleuse du bas du tibia par obus ; hémorrhagie ; ligature de la fémorale, Guérison longue et pénible. :
OBSERVATION CCXXXVII (n° 218.) — HEINE.
Allemand, 1864. — Fracture de jambe ; hémorrhagie de la tibiale antérieure ; ligature directe. Évacué.
OBSERVATION CCXXX VIII (n° 219). — LE CARPENTIER. Anglais déserteur, 1868. — Fracture comminutive du péroné et lésion de
la tibiale postérieure; collapsus; résection et ligature directe. Mort subite par maladie du cœur.
OBSERVATION CCXXXIX (n° 220). — LANGENBECK.
Allemand, 1868. — En duel, fracture du tibia et ouverture de la tibiale an-
térieure ; hémorrhagie ; compression, puis ligature de la fémorale. Gangrène du pied ; amputation de cuisse le cinquième jour. Guérison.
B. — Hémorrhagies secondaires.