‹ Lésions des nerfs par coups de feuChapitre 31 sur 37 · PQ · texte numérisé non relu

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section du nerf est incomplète et que la continuité des fibres nerveuses existe encore à la partie postérieure ; seules les fibres des deux tiers antérieurs du nerf sont sectionnées et séparées au moins de 1 centimètre, Ceci nous décide à poser deux fils en V au catgut sur les deux extrémités qui sont ainsi ramenées au contact. Nous lavons encore une fois et suturons avec des points profonds et superficiels. Un pansement sec avec des drains est appliqué, la main est soutenue par une attelle palmaire.

Pas de changement dans les troubles nerveux immédiatement après l'opération.

Les jours suivants, pas d'élévation de température, la sensibilité semble revenir, sauf dans la pulpe de la dernière phalange de l'index et, au bout d'une dizaine de jours la sensibilité à lapiqûre est revenue nettement,

La plaie conserve toute sa laideur pendant quelques semaines, bien que des bourgeons charnus remplacent petit à petit l'éliminalion des tissus mortifiés. Au bout de six semaines la main est à peu près cicatrisée, les mouvements des doigts reviennent lentement. On fait chaque jour de l'électrisation de l'avant-bras et de la main, du massage et de la mobilisation de la main et du poignet.

Nous avons revu le malade six mois après, au moment où il

était présenté au Conseil de réforme, nous avons relevé le rapport sulvant :

Le nommé C..…., est atteint de: cicatrice par coup de feu, adhérente, étoilée, très irrégulière et fragile de la région carpienne antérieure du poignet droit, avec troubles trophiques de la main qui est froide et violacée. Les mouvements de Ja flexion et de l'extension des doigts de la main, se font incomplètement, Les mouvements de l'articulation radio-carpiennne sont conservés intégralement, mais il existe une atrophie mar-

quée du poignet et du bras.

OBSERVATION XXVII (personnelle).

Due au service de M. Gangolphe, chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu.

Eugénie B. R..., seize ans, salle Saint-Martin, lit 16, a reçu, cinq semaines avant son entrée à l'hôpital, un coup de carabine Flaubert à une distance de 5 mètres environ. L'arme était chargée avec de petits grains de plomb de 1 à 2 millimètres de diamètre environ. Toute la charge a porté sur la face postérieure du bras gauche qui est criblée de petites plaies. Immédiatement après l'accident, la malade a remarqué qu'elle ne pouvait plus remuer son bras. Ce dernier étant en demi-flexion lors de l'accident, reste dans cette position : il est impossible à la malade de l'étendre ou de le fléchir davantage. Elle ne pouvait remuer aucun doigt : peu à peu les doigts se mirent en griffe. Le médecin qui la soignait alors put lui enlever une douzaine de petits plombs. Recherchant les zones d'anesthésie, celui-ci constata qu'elle existait au niveau des trois premiers doigts et sur la face antérieure du tiers supérieur de l’avant-bras et des deux tiers inférieurs du bras : la sensibilité était conservée intacte dans les deux derniers doigts, et dans les deux tiers inférieurs de l’avantbras (zone de sensibilité en manchette). La malade ressentait fréquemment des fourmillements dans tout le membre supérieur jusqu'aux extrémités digitales.

* Huit jours après l'accident, la malade commença à remuer les deux derniers doigts, mais pendant tout le mois qui suivit l'accident, les troubles moteurs restèrent les mêmes.

Actuellement, on trouve sur la face postérieure du bras un grand nombre de petites cicatrices noirâtres et couvertes de petites croûtes sèches. Le bras gauche malade comparé au bras droit paraît un peu diminué de volume : l’atrophie musculaire est surtout marquée à l’avant-bras, qui est en flexion sur le bras. L'extension est très douloureuse, la flexion se fait assez bien. Le

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poignet est fléchi sur l'avant-bras. Le malade ne peut le remuer volontairement, Les doigts sont également fléchis. L'extension de la première phalange ne peut pas se faire : si on corrige cette position vicieuse en la redressant, on constate que l'extension des deux dernières phalanges se fait très facilement. La main étant fléchie, la malade ne peut pas serrer un objet avec force, ce qu'elle fait assez aisément en mettant sa main en extension : les mouvements de pronation et de supination sont abolis. La sensibilité revenue petit à petit, est à peu près complète.

Comme tout traitement, on a immobilisé son poignet sur une planchette, en lui recommandant de mobiliser ses doigts le plus possible, On lui fait faire des mouvements répétés de flexion et d'extension de l'avant-bras Au bout de trois semaines, la malade part grandement améliorée : à présent, elle se sert de sa main comme jadis.

OBSERVATION XX VIII (personnelle)

(Due à l’obligeance de M. le D' Robin).

X..., sous-officier à l’armée de Metz, reçoit un coup de feu au bras droit, à la bataille de Gravelotte Saint-Privat. La balle est entrée par le côté externe du bras, un peu au-dessus de l’articulation du coude pour sortir au niveau du milieu du pli du coude. En traitement aux hôpitaux de Metz, il vit sa plaie suppurer abondamment. Dès le début de l’accident, il accusait une impotence fonctionnelle de son avant-bras et de sa main : les deux derniers doigts pourtant avaient toute l'intégrité de leurs mouvements. Une anesthésie très marquée régnait également dans le domaine du radial et du médian. Après la reddition de l’armée du Rhin, il fut évacué en Allemagne, puis de là en Suisse, à Bâle : la plaie suppurait toujours et donnait lieu à un phlegmon diffus de l'avant-bras et du bras. A l'hôpital de Bâle, on lu; proposa l'amputation qu'il refusa, A force de soins énergiques, au bout de trois mois, on obtint la suppression complète de la

suppuration : on observait alors des troubles trophiques marqués dans l'avant-bras et la main. Rentré en France, après la guerre, il est réformé pour impotence fonctionnelle absolue du bras droit. Ne voulant se prêter à aucun traitement, il vit son état rester stationnaire pendant près de trois ans : il ne pouvait ni écrire, ni se servir de sa main. Puis brusquement, petit à petit la sensibilité revint peu à peu, et après, les divers mouvements; quelques mois plus tard il pouvait se servir à nouveau, comme

avant sa blessure, de son membre supérieur droit,

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