J. — AMPUTATIONS CONGÉNITALES
L’amputation congénitale se définit d’elle-même. Point n’est besoin de grandes explications : l’enfant naît avec absence partielle d’un membre, généralement d’un segment terminal du membre. Il y a discontinuité brusque sur un même plan des différents tissus, alors que le segment proximal, — insistons sur ce point, — est presque toujours entièrement normal en volume et en longueur, comparativement au même
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segment du côté opposé (quand il s’agit d’une amputation au tiers inférieur de la jambe, par exemple). La lésion ressemble alors étrangement à une amputation chirurgicale.
Deux cas peuvent se produire : ou bien le moignon est entièrement cicatrisé, et la cicatrice, dans certains cas. n’est pas très apparente.
Il n’y a généralement pas adhérence des téguments aux plans profonds; on n’observe pas de prolifération
périostique et l’étoffe du moignon est presque toujours suffisante.
Ou bien la cicatrisation n’est pas complète : il existe, à l'extrémité, une plaie en voie de réparation, une surface plus ou moins recouverte de tissu de granulation.
Dans ce cas, mais dans ce cas seulement, on observe
des formations assez curieuses sur lesquelles nous re-
viendrons plus tard, formations fibreuses en forme de voiles, de fragments de membrane, plus souvent de filaments pendant librement, sorte de fils de catgut coupés trop long. Ces formations s’insèrent toujours au pourtour de la surface cruentée.
L’étude radiographique de ces moignons n’apporte aucun éclaircissement. On constate que, dans la majorité des cas, le moignon osseux ne montre aucune anomalie de croissance. |
Les amputations congénitales sont presque toujours multiples. Le siège des lésions est variable; mais, dans lPimmense majorité des cas, dans les cas les plus typiques, les doigts et les orteils sont seuls intéressés.
Ils peuvent manquer complètement. Il s’agit alors d’une. véritable désarticulation métacarpo-phalan-
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gienne. Cependant, ce n’est pas la règle, et c’est surtout au niveau des corps des phalanges que siège l’amputation.
Diverses particularités sont à relever :
1° Si l’on réunit les moignons des doigts bien parallèlement, il n’est pas rare de constater que leurs surfaces de section se trouvent sur un même plan oblique ou horizontal, comme si un même coup de hache les avait tranchés.
2° Il faut noter que le pouce est en général respecté à la main (il est beaucoup plus court et relativement indépendant). Au contraire, le gros orteil est presque toujours impliqué dans le processus mutilant.
3° Il est moins fréquent de rencontrer des amputations plus haut situées. Sur 58 observations relatant des amputations, 39 fois les doigts et les orteils étaient seuls intéressés. Dans 19 autres cas, au contraire, les amputations siégeaient à un niveau supérieur : cinq fois à travers le tarse ou le métatarse, cinq fois à la jambe (un cas bilatéral), six fois à l’avant-bras et trois fois au bras. Nous n’avons retrouvé aueun cas authentique d’amputation spontanée de la cuisse.
De tout temps, on a marqué une distinction nette entre les amputations des segments tout à fait distaux et les autres. Elles semblent, en effet, présenter parfois une certaine différence entre elles.
L’amputation d’un segment proximal est fréquemment unique, alors que les mutilations des doigts sont presque toujours multiples. C’est à ces cas d’amputation unique et haute que s’applique. d’ailleurs, la vieille dénomination d’ectromélie.
PS‘ "Ie
= Ÿ at-il vraiment deux sortes d’amputations congénitales? Nous ne le croyons nullement et n’hésitons pas à faire rentrer dans le cadre de notre sujet cette ectromélie. On observe, en effet, nous le verrons, toute une gamme d'états intermédiaires, états intermédiaires également avec le deuxième type de lésions mutilantes que nous allons envisager.