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Cet enfant était porteur de malformations congénitales : hydrocéphalie, syndactylie, pied bot gauche. Longuet admet les causes mécaniques (brides amniotiques pour l’amputation du médius droit; mais pour les sillons, il cherche une autre explication). En rapprochant, dit-il, ces lésions bizarres de celles qui constituent les pieds bots et la syndactylie, est-on autorisé à leur attribuer la même origine? Pour ma part, je suis tenté de le croire, sans pouvoir en donner une démonstration évidente.
Il conclut en disant : « L’observation que je présente ici plaiderait en faveur d’une nouvelle hypothèse qui consisterait à mettre sur le compte de certaines altérations du système nerveux survenues pendans la vie intra-utérine, la production des sillons et des ampuiations que l’on rencontre chez les nouveaunés. »
D’une façon générale, Tredemann, Variot et Salmon ont plaidé que l’on se trouvait en présence de lésions nerveuses : atrophie de l’hémisphère cérébral correspondant, diminution de volume des renflements médullaires avec réduction de la substance grise.
Cependant, ces lésions sont extrêmement variables, et, histologiquement, Lesbre et Forgeot, en 1902, signalent l’intégrité parfaite de la moelle.
Souques et Marinesco, en 1897, dans un cas d’aruputation congénitale des doigts, constatent du même côté une réduction du renflement cervical, une dimuinution de volume importante des racines postérieures de C8 à DI1, et une atrophie des racines antérieures
dans la moelle,
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Voici un cas de Variot, datant de 1870 (Bulletin de la Société d’ Anthropologie), dans lequel cet auteur a trouvé sur la moelle cervicale d’un enfant atteint d’amputation congénitale de l’avant-bras, les lésions suivantes : atrophie portant uniquement sur les cornes antérieure et postérieure du côté de la malformation, asymétrie frappante des deux cornes antérieures.
Mais tous ces cas se rapportent à des sujets présentant déj à un certain âge (trois ans dans le cas de Variot, plusieurs années dans le cas de Souques et Marinesco). Dans ces conditions, il est permis de se demander si ces auteurs n’ont pas finalement pris la conséquence pour la cause.
En effet, comme le dit Bachelier dans sa thèse sur l’ectromélie, « il semble a priori évident que la réduction considérable du membre, le non-développement d’une partie importante des masses musculaires ne peuvent qu’entraîner des dispositions médullaires anormales, beaucoup plus qu'être entraînées par elles ».
Il est bien entendu que, selon Dujarier et A. Thomas, « l’importance et la fréquence des troubles trophiques dans la séméiologie des affections de la moelle démontrent l’influence qu’exerce la moelle sur la rutrition de la plupart des tissus. Cette influence trophique ne se manifeste qu'après la naissance, car l’absence complète de la moelle n'empêche pas le développement normal des tissus, comme le prouve l'examen des monstres amyencéphales ».
Si l’on ajoute l’inconstance des lésions de la moelle dans les lésions mutilantes congénitales, comment
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pourrait-on faire dépendre, comme le veulent certains, lanomalie du membre d’une malformation méduk laire?
Que l’on ait pu constater une diminution des renflements médullaires ou une certaine atrophie des cornes antérieures, soit! C’est une loi physiologique d'application générale qu’un organe appelé à fonctionner en dessous de ses possibilités finit par s’adapter au rôle restreint qui lui est dévolu. Deux observations, d’ailleurs, en font foi : celle de Bérard, observant, en 1829, la moelle d’un soldat amputé quatorze ans auparavant à Waterloo, et notant un amincissement de la partie de la moelle correspondante; celle - de Vitrac, en 1896, qui rencontre une diminution du renflement lombaire et surtout des cordons latéraux droits chez un homme de soixante-deux ans amputé de la jambe droite trois ans auparavant.
À la base de ces théories de l’origine nerveuse des mutilations congénitales, on rencontre une série d’expériences pratiquées sur les batraciens, et en particulier sur le triton. La régénération des membres existe dans ces espèces animales, à l’encontre des mammifères, où on ne l’a jamais observée. Cette régénération semble être sous la dépendance du système nerveux.
Si l’on sectionne la cuisse d’un triton, le membre repousse; mais après destruction des plexus brachial et
crural, cette régénération ne se produit plus.
Si on sectionne le nerf sciatique d’un triton, et si on greffe son bout central libre sous la peau du dos,