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III. — THÉORIES MÉCANIQUES

Nous nous trouvons donc en présence de cette objection finale définitive. Une explication par atteinte exclusive des gamètes est incapable de nous expliquer les lésions fibreuses d'apparence cicatricielle décrites depuis un siècle par Montgomery, sous le nom de brides amniotiques, aussi bien que les lésions ulcé-

reuses en vole d'évolution.

Ces lésions existent-elles fréquemment? Oui. Elles sont relevées par nous quatre fois au moins dans dix observations personnelles; six fois par Streeter sur quatorze cas, six fois par Durand dans sa statistique portant sur dix-sept observations de provenances diverses.

Dans notre travail, nous les trouvons mentionnées dans vingt-neuf cas sur soixante-seize, d’une façon explicite, ce qui est une proportion importante.

En quoi consistent ces formations qualifiées de brides amniotiques? Leur variété est très grande.

Le plus souvent, il s’agit (comme dans deux de nos cas personnels) de filaments siégeant au niveau des doigts et des orteils, et dont une extrémité, longue de quelques millimètres à quelques centimètres, pend librement, alors que l’autre se confond avec un anneau fibreux réunissant la partie terminale des moignons de plusieurs doigts, absolument comme un lien réunit un bouquet de tiges. Ces filaments ressemblent à des extrémités de fils de catgut coupés trop long après une ligature. Ils sont résistants. Dans un de nos cas, on n'avait aucune peine à soulever et à attirer le membre du nouveau-né en saisissant l’extrémité libre.

Dans d’autres cas un peu analogues, il s’agit de véritables brides épaisses, aplaties, larges parfois de plus d’un centimètre, qui sont tendues à leurs deux extrémités comme de véritables cordages.

Nous en avons relevé un cas particulièrement net dans nos observations, présenté d’ailleurs par M. le professeur Frælich à la Société de Médecine de Nancy.

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OBSERVATION n° XXIIL.

T... (Georgette), de Nancy, est amenée à la consultation du service le 8 décembre 1931, à l’âge de trois jours.

Les lésions portent sur les quatre extrémités : |

Au pied gauche : on note une syndactylie incomplète et terminale, acquise, entre le gros orteil et le deuxième. Il n’y a pas trace d’ongle.

Au pied droit : il existe un pied varus très prononcé; la cause de cette malformation est évidente.

De l’emplacement du gros orteil qui est amputé (les téguments du bord interne de l’avant-pied présentent un aspect cicatriciel net) part une véritable bande fibreuse très résistante, qui va s’insérer d'autre part dans le fond d’un sillon circulaire profond, au tiers inférieur de la jambe (en passant sur la face externe). C’est cette bride, et elle seule, qui maintient le pied dans sa position vicieuse.

À la main gauche : il y a ectrodactylie partielle. L’index n’a en effet que deux phalanges.

À la main droite : le pouce, l’index d’une part, et les quatrième et cinquième doigts d'autre part, sont amputés au niveau de la deuxième phalange et retenus en bouquet à la partie terminale par un anneau fibreux duquel pendaient plusieurs filaments qui tombèrent les jours suivants.

Le médius, par contre, échappe à la lésion et passe au travers de l’orifice laissé libre par les autres doigts qui le

cravatent.

Cette observation renferme un certain nombre de particularités intéressantes. La présence de cette bride qui fixe le pied dans une attitude vicieuse, l’accolement secondaire de la bride au fond du sillon, l’intégrité du médius droit.

OBSERVATION n° XXIV.

(ZAGoRskI : Mémoires de l’Académie Impériale de Saint-Pétersbourg, 26° série, tome III.)

Sur un fœtus de cinq mois, atteint d’encéphalocèle et de déformations thoraciques, on trouva la jambe droite amputée. La cuisse se terminait en un moignon arrondi et cicatrisé, d’où partait une bride membraneuse très résistante, malgré son petit volume, laquelle venait s’enrouler autour de la jambe gauche qu’elle serrait à la manière d’une ligature, produisant à ce niveau une dépression considérable. L’extrémité du membre située au-dessous de cette ligature était un peu tuméfiée. On trouve suspendu, vers le milieu de cette bride, un petit corps de forme oblongue, que l’on reconnaît pour le pied droit, parfaitement bien conformé avec ses cinq orteils, mais offrant seulement le

volume du pied d’un fœtus de trois mois.

C’est une des observations dans lesquelles on retrouve la partie amputée, donc une des plus démonstratives.

OBSERVATION n° XXV.

(Personnelle. Maternité départementale.

Service de M. le professeur FRUHINZHOLZ.)

L'enfant R... est né à terme, le 6 octobre 1934. Ses parents sont en apparence sains. Le père a passé seize mois aux colonies, mais nie y avoir contracté aucune affection.

La grossesse a eu une évolution normale. Notons cependant qu’au huitième mois la mère a présenté une glycosurie qui s’est élevée à 16 grammes. À l’entrée, on trouve trois

grammes de sucre au litre et des traces d’albumine. La mère

a fee présente, d'autre part, une légère ensellure nasale, de l’axyphoïdie et un B.-W. négatif.

Dix jours après son accouchement, est survenue une fièvre paratyphoïde due au bacille para B.

À la naissance de l’enfant, on constate tout d’abord que

celui-ci porte des mutilations de trois extrémités :

Main droite : le pouce est intact. Les quatre autres doigts sont réduits à l’état de moignons, en syndactylie terminale, avec surface cruentée. Au-dessus du sillon de stric-

ture qui semble les lier comme un véritable bouquet au niveau de la première phalange, on distingue des ébauches

informes, sans ongle.

À la main gauche : le pouce est également intact. L’index est dépourvu d’ongle; le médius est amputé au niveau de la deuxième phalange. Les troisième, quatrième et cinquième doigts sont en syndactylie terminale. Les plaies sont en voie de cicatrisation.

L’extrémité du cinquième doigt montre, au-dessus du sillon de striction, deux productions charnues semblables à des grains de blé. ;

Au pied gauche : amputation partielle du gros orteil qui ne porte pas d’ongle. Sillon circulaire de la base du troisième doigt. Le pied droit est intact.

Mais, en examinant le placenta et les membranes de l’œuf on fait des constatations extrêmement intéressantes. À cinq centimètres environ de l'insertion placentaire du cordon, se détache une bride de sept centimètres de long environ, très mince, mails résistante à son insertion funiculaire. Cette bride s’élargit, vers son extrémité, en une sorte de massue renflée. Cette massue est creusée d’une cavité en forme de cupule, cloisonnée par un véritable lacis

irrégulier.

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Observation XXV. — Bride fibreuse insérée sur le cordon.

Le dessin ne reproduit pas tout à fait exactement l'aspect réel. L'insertion au cordon était très grêle et la bride, deux centimètres plus loin, s'élargissait considérablement, donnant l’aspect d’un étirement secondaire.

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