‹ Lésions mutilantes congénitalesChapitre 42 sur 56 · PATHOGÉNIE DES AMPUTATIONS · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DES AMPUTATIONS

1° Striction par formation cicatricielle externe.

C’est, en effet, l'hypothèse qui doit se présenter la première à l’esprit; la cause des amputations spontanées de l’adulte est la gangrène.

Gangrène qui relève toujours d’une cause circulatoire intrinsèque, à type d’artérite, ou extrinsèque, à type garrot. Il semble donc logique d’admettre que la cause des amputations spontanées de la vie intra-utérine est identique.

On sait qu’une des principales objections à la notion d’amputation vraie était, il y a un siècle, l’absence de la partie distale amputée lors de l’accouchement ou de l’avortement; on retrouve rarement dans les membranes l’extrémité séparée. Cependant, cela peut arriver (Obs. XXIV ).

Fraenkel a émis l’idée que la résorption partielle du fruit mort était due à la fonction endocrine du corps jaune. On remarque souvent, en effet, qu’après une rétention prolongée, le liquide amniotique disparaît; le fœtus se transforme en une sorte de pâte qui se résorbe lentement. Polano et B. Wolff ont prétendu qu'il existait dans le liquide amniotique des ferments protéolytiques. D’après Méda et Iguchi, on trouverait également un ou plusieurs ferments dissociant les hydrates de carbone.

En réalité, cette preuve du pouvoir résorbant du liquide amniotique semble n’avoir jamais été apportée. Inselmann nie cette propriété et rappelle que le liquide disparaît rapidement après la mort du fruit.

Dans ces cas, d’ailleurs, il se produit une nécrobiose de l’amnios, avec transformation de sa perméabilité et arrêt de la circulation dans les vaisseaux du cordon, qui modifient totalement les conditions d’observation. On ne peut donc tirer aucune conclusion ferme de cette étude; mais il semble que dans les tissus mortifiés eux-mêmes apparaît un ferment protéolytique:

Il est assez naturel de penser que si la striction a été suffisamment forte pour amener une gangrène par gêne circulatoire et la chute de la partie distale, toute la bride peut se trouver libérée du membre, et la cause de l’amputation ne pas apparaître à première vue. Cependant, dans de nombreux cas, on voit persister, juste au niveau de la section, un anneau fibreux qui maintient les doigts ou les orteils en syndactylie terminale.

Il ne faut pas perdre de vue que l’apparition du liquide amniotique et les mouvements du fœtus vont influer sur ces formations fibreuses. Il est absolument impossible de juger des modifications produites par lés mouvements actifs du fœtus. Ces mouvements sontils gênés? Peuvent-ils rompre les adhérences? C’est très possible. Mais on peut très bien se représenter les phénomènes de distension, de tiraillement auxquels va donner lieu la production de Irquide.

2° Processus d’amputation intrinsèque.

Rien ne s’oppose à la possibilité, chez le fœtus, d’un mécanisme d’amputation par gangrène intrinsèque. La réalité de ces processus nécrosants est affirmée par des observations telles que celles des cas XL ei XLIL.

On peut observer, chez le tout jeune enfant, l’évolution de lésions artéritiques. Il est tout à fait logique de penser que ces artérites peuvent évoluer pendant la vie intra-utérine et donner naissance à de véritables gangrènes, avec amputation spontanée.

Si la surface de réparation vient en contact, à ce moment, avec les membranes de l’œuf, elle peut contracter des adhérences dont l'interprétation pourra être abusive, puisqu'elles ne seraient pas, dans ce cas, la cause, mais la conséquence de l’amputation.

Il est vraisemblable que ces effets mécaniques, isolés ou conjugués, peuvent arriver, dans un certain nombre de cas, à rompre les adhérences ou à soustraire les membres à l’action de striction exercée par elle.

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