‹ Lésions mutilantes congénitalesChapitre 44 sur 56 · LUE DS · texte numérisé non relu

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Vers 1883-1890, la valeur pathogénique attribuée à ces sillons tendrait à faire admettre qu’ils étaient l'équivalent d’un sillon d’ainhum. |

Nous verrons, dans le prochain chapitre, quelle est la véritable nature de l’ainhum et des sillons d’élimination circulaires que l’on observe sur les orteils au cours de l’évolution de cette affection.

Une des principales objections à la notion que les sillons résultent d’une action mécanique consiste dans l’observation de sillons incomplets ou spiroïdes.

Le fait est que ces sillons paraissent impossibles à expliquer si l’on se contente de penser que les formations adhérentielles sont simplement des brides (type lacet). Mais, comme nous l’avons vu, il existe des formations vélamenteuses à travers lesquelles certaines parties fœtales sont prises comme dans une toile tendue.

Pourquoi observe-t-on souvent, par exemple, ces sillons sur plusieurs doigts, et à des hauteurs correspondant à un même plan? L’observation n° XXIX (obs. n° 4.558 de Streeter) va nous rendre compte à la fois du sillon incomplet et du sillon circulaire.

Géométriquement, il s’agit d’un cylindre intéressé sur une partie de sa circonférence par un plan oblique ou perpendiculaire.

. Si nous nous reportons à l’observation XXIX, nous saisissons le mécanisme de formation de ces sillons à trajet irrégulier ou incomplet, où une face d’un membre est respectée. Par suite de la distension et des mouvements, il arrive sans doute fréquemment que le fœtus se dégage de ces adhérences quelquefois min-

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ces et relativement fragiles. Sont-elles alors susceptibles de se résorber par suite de la rupture des rares néo-vaisseaux qui les ont pénétrées et d’une action autolytique ?

Nous compléterons cet exposé par les relations des examens histologiques pratiqués sur des sillons congénitaux. Les lésions décrites présentent des degrés divers, de la dégénérescence simple des glandes sudoripares dans l’observation de Jeannel, à l’absence complète de glandes et de papilles dans le cas publié par Bar.

Examen d’un sillon superficiel sus-malléolaire (Jeannel) : « L’épiderme n'offre aucune modification. Il a, au niveau du sillon, la même apparence qu’au-dessus et au-dessous. On voit sur plusieurs coupes, au fond même du sillon, en face de la bride, les goulots des glandes sudoripares traverser le corps muqueux et s'ouvrir à l’extérieur. Je n’ai vu de poils en aucun point de mes préparations. Les papilles du derme sont identiques sur toute l’étendue de la coupe; elles sont absolument saines et normales. Le derme seul présente une altération au niveau de la concavité du sillon. Il est là véritablement sclérosé, c’est-à-dire qu’il est composé de trousseaux fibreux épais et enlacés, serrés les uns contre les autres, qui augmentent son épaisseur au point de la doubler. Au sein de ces trousseaux fibreux, dans la zone scléreuse, on voit des glandes sudoripares, acini ou tubes excréteurs plus ou moins dégénérés, c’est-à-dire étouffés par la production fibreuse qui les enveloppe. »

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