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LE CORDON OMBILICAL

À. — Ses Lésions.

Cliniquement, le cordon ombilical peut être intéressé par un processus d’étranglement très analogue à celui des membres du fœtus. Ce point particulier a fait l’objet de la thèse de Clément en 1900. Les quatre cas rapportés se sont terminés par la mort du fœtus.

En voici deux observations :

OBSERVATION n° XXXIII

(PINARD et VARNIER : Etudes d'anatomie obstétricale normale et pathologique.)

L... (G.), 22 ans, femme de ménage, entre le 6 mai 1890 à la clinique Baudelocque. Elle est enceinte pour la troisième fois. Son premier enfant est mort pendant le travail; le deuxième, né vivant et à terme, est mort à huit mois de convulsions.

Dernières règles le cinq août. Mouvements actifs perçus depuis cinq mois. Vomissements fréquents.

Le 7 mai, accouchement à 2 h. 45, après un travail régu- Hier, d’un garçon de 2.200 grammes normalement constitué.

Dix minutes plus tard, expulsion du placenta et d’un second œuf contenant un jumeau macéré de 450 grammes. La masse placentaire, unique, pèse 600 grammes.

Le placenta du deuxième fœtus est blanchâtre et macéré. La main gauche de ce fœtus ne présente que trois doigts, bien conformés : pouce, index et auriculaire. Le médius est amputé. Quant à l’annulaire, il est étiré par une bride qui se continue directement avec son revêtement épidermique, et va, après un trajet de quatre centimètres, se confondre, en s’effilant, avec la gaine amniotique du cordon. Mais, sur son trajet, la bride forme autour d’une anse du cordon un nœud très serré qui l’étrangle au point de le rendre filiforme, mettant par conséquent un obstacle absolu à la circulation funiculaire.

La main droite présente, en outre, des amputations du

médius et de l’annulaire.

OBSERVATION n° XXXIV (Observation de COUVELAIRE.)

Cette observation, accompagnée de photographies, concerne une femme de 39 ans. Six accouchements spontanés à terme d’enfants vivants, dont trois sont morts en bas âge de méningite ou d’affection indéterminée.

La septième grossesse est normale. Dernières règles le 20 juin 1899. Le 12 mars 1900, expulsion d’un enfant mort, du sexe masculin, de 3.850 grammes. Le placenta pèse 750 grammes. Le sac membraneux est incomplet.

La moitié seulement du bord placentaire donne insertion à un grand lambeau comprenant l’amnios, le chorion et la caduque. De l’un des bords du lambeau part un mince tractus très résistant, de 18 centimètres de long, formé par l’amnios, qui va se nouer trois fois autour du cordon ombilical. Il se continue ensuite directement avec un lambeau membraneux, libre, désinséré, constitué par de la caduque et de l’amnios. Le cordon est œdématié au-dessus et au-des-

sous de l’étranglement. Les vaisseaux sont ectasiés.

Signalons que, dans d’autres cas (comme notre observation personnelle XXV), on releva l'insertion sur le cordon de brides ou formations fibreuses.

B. — Rôle du Cordon ombilical dans la Pathogénie des Amputations.

D'un autre côté, puisque l’on rencontre si fréquemment des circulaires du cordon, on a pensé depuis longtemps à la possibilité d’étranglement par le cordon ombilical, et de nombreux auteurs ont adopté cette manière de voir.

Si l’on considère comme possible cette éventualité, il faut toujours tenir compte que l’amputation, dans

ce cas, sera unique, et se rencontrera sur un sujet par ailleurs normal. Les conditions nécessairement requises sont au nombre de deux : permanence de la circulation dans le cordon, et striction suffisante de la

part de celui-ci pour s’opposer au développement du membre lié.

Tarnier a prétendu que les vaisseaux du cordon n'étaient pas suffisamment comprimés pour s’oblitérer.

« J'ai pris, dit-il, un cordon frais, et j’ai pratiqué sur lui un nœud aussi serré que possible; puis jai poussé une injection dans les vaisseaux ombilicaux, et le liquide a traversé facilement toute la longueur du cordon. »

Cependant, il semble difficile a priori d'admettre que le cordon, si souple et si mobile, soit capable d’exercer sur un membre une constriction assez forte et assez persistante pour en opérer l’amputation. Comment concevoir, dans le cas où la chose serait possible, que le cordon, déjà volumineux à l’époque où il doit produire des mutilations, puisse être l’agent actif de sillons congénitaux étroits qui ne sauraient en aucun cas le loger dans leur dépression ?

À propos de l'observation d’Hillairet, que nous citons plus bas, Jeannel formule encore une critique. « Que d’enfants, écrit-il, ont le cordon fortement enroulé et serré autour du cou, qui n’ont pas la moindre déce!lation. »

Nous citons cependant les faits très exceptionnels qui ont donné naissance à cette théorie pathogénique.

OBSERVATION n° XXXV

(Observation d’HILLAIRET.) (Mémoires de la Société de Biologie, 1856.)

Femme de 30 ans, qui devint enceinte six fois, fit trois fausses-couches, eut trois enfants à terme qui avaient un circulaire autour du cou, et dont le dernier fœtus, venu dans une fausse-couche, avait le cou presque amputé par le

cordon.

Ainsi que le cas de C.-W. Corner (Université de Rochester U. S.), où le cordon, après un bref trajet, s’enroulait autour du bras gauche, au-dessus du coude, et le sectionnait pres-

que complètement.

Ces deux observations sont loin d’être concluantes, car en définitive nous pensons que le circulaire du cordon agirait à la façon d’un garrot placé à la racine d’un membre, et non par action locale de striction.

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