‹ Lésions Traumatiques de l'Atlas et de l'AxisChapitre 3 sur 47 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Alors que nous étions stagiaire dans le service de M. le

Professeur Le Dentu, nous avons eu la bonne fortune

d'assister à une intervention faite par le Docteur Morestin pour une lésion diagnostiquée : fracture de l’axis. L'observation du malade recueillie par le D' Morestin, et publiée dans les bulletins de la Société anatomique, a été le point de départ de ce petit travail.

En abordant la question si obscure des lésions traumatiques de l’atlas et de l'axis, nous ne dissimulons point notre embarras. Les observations ne font pas précisément défaut, mais elles sont si dissemblables que chacune d'elles est un véritable problème qu'on ne résout la plupart du temps que par des hypothèses. Le traumatisme, lor -

qu’il localise ses effets à la partie supérieure du rachis

cervical, est si fantaisiste en ses résultats qu'il faut pres-

sos que renoncer à formuler les lois générales de son action. Dire que, dans telles et telles conditions, telle lésion se produira, c’est s’exposer à être démenti par les faits. Le problème est en effet des plus complexes : l’atlas et l’axis sont des vertèbres de forme spéciale, ayant une situation spéciale, des rapports spéciaux.

Ces deux os, placés entre le crâne et le reste de la colonne vertébrale, sont entourés de nombreux muscles qui, en grande partie, s’insèrent sur eux ; ils sont unis entre eux et aux os voisins par de solides ligaments. Lorsqu'un choc direct, mais surtout indirect localise son action sur eux, il est évident que ces muscles et ces ligaments ne doivent pas demeurer spectateurs indiflérents :

Les ligaments agiront par leur résistance, leur direction; les muscles par leur contraction, et, suivant que cette contraction aura lieu dans tel ou tel groupe musculaire, pour une cause, en apparence la même, une chute sur la nuque, par exemple, la lésion osseuse pourra être très variable comme siège, comme forme et comme gravité. Ce sont là des hypothèses; d’autres les ont faites avant nous; elles ne pourront probablement jamais être vérifiées par l’expérimentation, car les expériences se font sur des cadavres et les lésions dont nous nous occupons se produisent chez des individus vivants et bien portants. Au reste, nous n'avons pas la prétention d'émettre des idées nouvelles : « L’art est long », disait Hippocrate, et nous sommes au début de notre carrière, ne pouvant nous baser que sur le savoir de nos aînés. Recueillir ce qui nous a paru intéressant sur les lésions traumatiques

de l’atlas et de l’axis, l’exposer d’une façon qui seit nôtre,

ET voilà ce que nous avons voulu faire ; nous nous estimerons fort heureux si quelque étudiant, ayant la curiosité de nous lire, trouve que nous n'avons pas été trop confus et retire un profit quelconque de cette lecture.

Notre plan sera des plus simples :

Dans un premier paragraphe, nous jetterons un rapide coup d’œil sur l'anatomie normale de la partie du rachis cervical qui nous occupe.

Dans un deuxième, nous décrirons les lésions traumatiques qu’on y à observées.

Le troisième paragraphe sera consacré aux symptômes. Nous discuterons leur importance et nous verrons ce que donne le nouveau moyen d'investigation que nous possédons, la radiographie.

Dans le quatrième, nous parlerons du pronostic.

Le cinquième sera consacré au traitement. Nos conclusions viendront ensuite. Les observations que nous avons pu recueillir, seront placées les unes, dans les diverses parties de notre dissertation, les autres, à la fin.

Mais avant d’entrer dans notre sujet, nous tenons à manifester notre gratitude et notre dévouement à ceux qui furent nos maîtres dans les hôpitaux. Nous n’oublierons jamais les années de stage que nous avons passées dans le service de Monsieur le professeur Gilbert, de Messieurs les professeurs Le Dentu, Budin et Grancher. Sur la terre lointaine où nous irons exercer, le souvenir des leçons de ces maîtres éminents nous sera d’une grande utilité.

D’autres maîtres moins haut placés dans la hiérarchie médicale, ont aussi droit à nos remerciements. Les doc-

wurs Morestin, Zuber, Hallé, qui ont été nos chefs de

chnique, furent pour nous de véritables amis; leur entfain pour le travail nous a été d'un précieux exemple et nous leur devons une bonne partie des quelques connaissances. que nous possédons,

Nous remercions particulièrement Monsieur le D: Moréstin pour la bonne grâce qu’il a mise à nous donner des conseils, et pour les agréables moménts qu'il nous a fait passer à l’hôpital.

Monsieur le professeur Guyon en voulant bien accepter la présidence de notre thèse;nous a fait un honneur dont nous sommes fier à un double titre : pour nous, le professeur Guyon n’est pas seulement un des grands parmi les maîtres de la chirurgie moderne, il est une des gloires de l'île lointaine où nous avons vu le jour.

Pour ces raisons, nous aurions été heureux de soumettre à Sa signature un travail plus digne de sa grande valeur scientifique. Mais nous sommes pressé : tandis que nous terminions nos études, là-bas, sur la terre natale que nous n’avons pas vue depuis six ans, la mort frappe nos plus chères affections, nous faisant sentir plus cruellement le poids de l'exil, et rendant plus impérieuse la nécessité d’un prompt retour.

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