‹ Lésions Traumatiques de l'Atlas et de l'AxisChapitre 4 sur 47 · ANATOMIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE

Bien que notre but soit de parler des deux premières vertèbres cervicales, en vérité, quatre os et quatre articulations sont à considérer : |

l’occipital,

l’atlas,

Vaxis,

la troisième cervicale, d’une part ;

l'articulation occipito-atloïdienne,

l'articulation atlo-axoïdienne,

l'articulation atlo-occipito odontoïdienne,

Enfin, l'articulation de la deuxième avec la troisième.

Nous ne nous arrêterons pas longtemps sur les os. Leur description est trop bien faite dans les traités classiques pour que nous y insistions. D'ailleurs, au point de vue où nous nous plaçons, l’occipital peut se ramener à ceci:

Un bord osseux assez mince limitant un trou, le trou occipital; et deux condyles destinés à l'articulation avec l'atlas. Si l’on mène une ligne transversale par la partie moyenne du trou octipital, on remarque que les condyÿles se trouvent sur la moitié antérieure des deux portions osseuses ainsi délimitées. | La troisième cervical ne présente d’intéressant pour

nous que la face supérieure de son corps, peu large, mclinée enavant, et les apophyses articulaires supérieures, toutes portions qui entrent en rapport avec l’axis, Cette articulation n'offre rien de bien particulier.

L’atlas comprend deux arcs osseux, l'un postérieur, l’autre antérieur ; les deux arcs se continuent par leurs extrémités avec les masses latérales qui supportent les apophyses articulaires supérieures et inférieures destinées à s’articuler les premières avec l’occipital, les deuxièmes avec l’axis. Si l’on mène une ligne transversale qui unit les deux points de jonction de l’arc postérieur avec les deux masses latérales, on divise la circonférence de l’atlas en deux leges: l’une antérieure plus petite, occupée par l’apophyse odontoïde ; l’autre postérieure plus grande, pouvant loger le pouce sur l’os sec, l’index à l’état frais, et destinée à la partie supérieure de la moëlle. Trélat, dans une discussion à la Société de chirurgie, à propos d’un cas de luxation de latlas, a fait observer que la moëlle est très au large dans la cavité de l’arc postérieur ; elle est séparée de l'os par la dure-mère et les sinus.

En ce qui concerne l’axis, nous retiendrons son apophyse odontoïde implantée sur la face supérieure de son corps, ses apophyses articulaires supérieures qui l’unissent à l’atlas, tout en permettant à celui-ci des mouvements de rotation assez étendus, enfin ses lames vertébrales et surtout sa volumineuse apophyse épineuse qui déborde de beaucoup l’atlas en arrière, tandis que celui-ci déborde l’axis latéralement par ses apophyses transverses.

Cecip''al, atlas, axis, sont unis entre eux par de A0

breux Ljaments.

Un véritable manchon fibreux s’insère,en haut,au pourtour du trou occipital, en bas, au bord supérieur des arcs antérieurs et postérieurs de l’atlas. Sur le côté, il enveloppe les articulations occipito-atloïdiennes, formant ainsi le ligament capsulaire. Il s’épaissit en certains endroits, en avant, en arrière et sur les côtés,ce qui a permis aux auteurs de distinguer les ligaments occipito-atloïdiens antérieur, postérieur et latéraux.

Les seuls mouvements que permet cet agencement sont

des mouvements de flexion et d'extension de la tête. Mouvements de oui, dit-on.

Disposition presque identique en ce qui concerne lunion de l’atlas à l’axis : Du bord inférieur des arcs de la première cervicale, descend un manchon fibreux qui s’attache ea arrière au bord supérieur des lames de l’axis, en avant sur la face antérieure de la même vertèbre et englobe sur les côtés les articulations atloïdo-axoïdiennes pour former la capsule des dites articulations. Epaississements analogues en avant, en arrière et sur les côtés, où nous trouvons les ligaments atloïdo-axoïdiens antérieur, postérieur et latéraux. Les mouvements normaux sont des mouvemeuts de rotation, mouvements de non,

Au milieu de cet ensemble osseux, se trouve, en quelque sorte ,la cheville ouvrière de la partie supérieure du rachis cervical : l’artieulation odonto-occipito-atloïdiénne.

L’apophyse odontoïde, implantée en bas sur le corps de Vaxis, solidement attachée en haut à Poccipital par les ligaments résistants, dits à tort suspenseurs de la dent, doit rester appliquée contre l'arc antérieur de l’atlas. Pour

cela,un puissant ligament, dit transverse, agissant de con-

-cert avec les ligaments occipito-odontoïdiens, s'étend en arrière d’elle, d’une masse latérale de l’atlas à Fautre. Ce ligament est même renforcé du côté de l’occipital et de VPaxis par des bandes fibreuses. L’ensemble ainsi constitué a mérité, à cause de sa forme, le nom de ligament cruciforme.

L'apophyse odontoïde doit rester immobile dans sa loge : c’est l’atlas qui tourne autour d'elle comme pivot, les mouvements de rotation étant limités par la tension des ligaments atlo-axoïdiens.

Arc postérieur de l’atlas et lames de laxis en arrière, face postérieure du corps de l’axis et de l’apophyse odontoïde recouverte par le ligament cruciforme en avant,contribuent à former par leur réunion un canal ostéo-fibreux qui continue le trou occipital; c’est la portion supérieure : du canal médullaire qui contient non pas précisément le bulbe,qui est plus haut,couché dans la gouttière basilaire, mais la partie qui lui fait immédiatement suite. Là sont des centres importants, centres de la circulation et de la respiration notamment, ce que Flourens avait appelé le nœud vital.

Comme particularité digne d’être retenne, nous mentionnerons les inflexions que suit l’artère vertébrale dans les trous des apophyses transverses de l’axis et de l’atlas, avant de pénétrer dans la boîte crânienne.

Par dessus les os et les articulations que nous venons de considérer, sont des muscles nombreux. Nous ne les nommerons pas, ne voulant pas allonger outre mesure notre exposé. Nous dirons seulement que,de ces muscles,

les uns vont de l’axis à l’atlas, d’autres de l’atlas à l'occiz

RS pital, d’autres directement de l’axis à l’occipital, enfin un très grand nombre venant des parties inférieures du rachis et même du tronc, se superposent aux précédents et vont prendre attache sur l’occipital. Ils forment ainsi aux deux premières vertèbres cervicales un épais matelas protecteur.

Ce plastron musculaire est développé en arrière et surtout sur les côtés ; il fait presque défaut en avant, où les vertèbres sont accessibles par le toucher pharyngien, précieux moyen de diagnostic, comme on le verra par la suite.

Toutefois, sur le cou normal, l’atlas et laxis peuvent être sentis à laface postérieure du cou : en effet, l’apophyse épineuse de l’axis est volumineuse. C’est elle qui forme la première saillie qu’on rencontre en palpant le cou sur la ligne médiane de haut en bas. Le tubercule postérieur de l’atlas n’est ordinairement pas accessible ; mais, par contre, ses apophyses transverses qui débordent notablement celles de l'axis, peuvent être senties chez un très grand nombre de sujets, en particulier chez ceux dont les

muscles ou le tissu cellulaire ne sont pas très développés.

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