Coïic. TolHanumyW
\. H. FtaiiEi, Eapana aagradfi^ l. IV, ji. 134-133; L XJ^ p. :j41-3i0 el la dissertation de ïii&cu^ p, !ii»-!î84»
*K CASPAïu.A/ar^in \>onBracara'» Schrifl De corrcciiont! ruêticorumj iu-8% CrisUania, 18â3.
doutes. Sous les empereurs chrétiens, on ne rencontre guère que des épitaphes plus ou moins prolixes. C'est à l'époque de la monarchie visigothique que Tépigraphie se développe et forme deux groupes bien marqués : les inscriptions funéraires et les inscriptions honorifiques et commémoratives, et cellesci ont d'autant plus d'importance que les épitaphes sont d'ordinaire plus laconiques et banales. Contrai- . rement à ce qui se rencontre en Gaule, en Afrique, à Rome, les chrétiens se montrent peu soucieux de nous révéler leurs secrets de famille et de faire allusion aux querelles et aux croyances religieuses. Catholiques, ariens, priscillianistes ne se sont guère préoccupés de nous mettre au courant de leurs rivalités. La seule allusion confessionnelle incontestable se lit sur une inscription de Grenade restaurée sous le règne de Récarède. On y parle de trois églises et on dit : Hec s{an)c[t)a tria tabernacula in gloriam trinitatis ^ . Nous devons cependant mentionner une curieuse inscription de Corao dans laquelle Don Aureliano Fernandez Guerra croyait pouvoir interpréter un sigle par ces mots : En el nombre de la santa é indisfidua Trinidad.
L'épigraphie nous a conservé un assez grand nombre de compositions dans lesquelles l'intention poétique et la forme métrique tiennent lieu le plus souvent de poésie véritable ^. Les pièces dont se compose VAnthologia hispana vêtus se rapportent, pour la plupart, aux v®, vi® et vu® siècles^. Leur mérite littéraire est nul ou peu s'en faut; on y retrouve les
A. HrsDNER, Inscript. Hispan, christ.,, n. 113.
2. Id.y n. 10, 12, 23a, 49, 86, 123, 12*, 130, 132, 142, 158, IGo, 176 : Supp^em., n. 355, 363, 371 ; rien d'utilisable dans les n. 21, 34 a, 55,65, 128,129, 144, 156, 169.
3. E. Le Blànt, dans le Journal des Savants, 1872, p. 312 sq.
comparer leur style, leur fabrique et leur titre. Leur décadence déjà si marquée dès le temps du roi Wamba, ne fait que continuer en augmentant sous les règnes suivants ; les types empreints sur le flan des triens ne sont plus que d'informes débris, avec lesquels il est souvent difficile de reconstituer l'apparence d'une tête ou d'un buste. En 1891, un trésor visigoth contenant environ mille pièces de monnaie a été découvert à la Capilla, révélant diverses particularités inconnues et, entre autres, les noms de deux rois Jajita et Judila, les mentions de nouveaux ateliers monétaires.
L'archéologie monumentale de l'Espagne romaine et vîsigothique, au point de vue chrétien, est d'une pauvreté insigne. L'ouvrage consacré aux antiquités chrétiennes par D. Aureliano Guerra demeure manuscrit, faute d'obtenir du gouvernement espagnol ou de l'Académie de l'Histoire la subvention nécessaire pour sa publication. Il n'est pas possible de juger ce travail sans l'avoir vu. Les divers fragments publiés par l'auteur attestent un esprit cultivé et érudit, avec quelque excès de bienveillance pour les légendes locales. Les majestueuses et encombrantes collections : Monumentos arquitectônicos de Espana et Museo Espahol de Antigûedades s'occupent principalement des souvenirs d'une période que nous n'étudions pas; on y trouvera quelques monographies ayant trait à des monuments chrétiens, sarcophages etc. Les Visigoths ont détruit plus qu'ils n'ont créé, car ce qui subsiste aujourd'hui de leur architecture, les deux basiliques de San Juan de Banos et de San Roman de La Hornija, ainsi que quelques chapiteaux, des dalles funéraires, des fonts baptismaux et quelques statues mutilées, ne per-
A. PoTTHAST,t. I, p. 249; P. L., t. CXXIX, col. 1127-1136, 1136-114(>.
Chronique d'Alfonso III :
H. Florez, t. XIII, p. 478-481, in-8, Madrid, 1783, 2' édit. Chronique du moine de Silos :
/d., t. XVII, p. 263-271, in-8% Madrid, 1789. Chronique de Luc de Tuy :
ScHOTT, Hispania illustrata, in-4," Francofurti, 1608, t. IV. Rodrigue Ximenez, de Tolède :
De rebits Hispanix, dans Opéra PP. Tolelanorum, Matriti, 1783, t. II ; J. Tailhan, op. cit., préf., p. xiv-xv. Akhbàr Madjmoua ;
AKHBAR-MACHMuà, Colecctôn detradiciones. Cronicaanonima del siglo XI dada â luz por primera vez, tralucida y anotada por E. Emilio Lafuente y Alcantara, in-8*, Madrid, I8G7; R. DozY, Recherches sur Vhistoire de la littérature de V Espagne pendant le moyen âge, in-I2, Paris, 1881, t. 1, p. 21-57. Ahàdîth al-imàma wa-'s-siyàsa — « Récits relatifs au pouvoir spirituel et temporel », écrit entre 1062 et 1150, contient le récit détaillé des conquêtes de Mousàen Afrique et en Espagne. C'est presque la fantaisie pure.
Évêques de Mérida :
H. Florez, t. XIII, p. 325 sq., 2« édit., Madrid, 1816; C. de Smedt, Anonymi Libellus de vitis et miraculis Patt^m Emeritensium Paulo diacono Emeritensi vulgo inscriptus, in-8«, Bruxelles, 1884.
Saint Millan :
Saxdoval, Fundaciones de San Benito, in-fol., Madrid, 1601, p. 3-10; T. Minguella, San Millan de la Cogolla, Madrid, 1883. Saint Fructueux :
A. PoTTHAST, t. II, p. 1323; II. Flouez, t. XV, p. 450-464, Madrid, 1759.
Valerius :
IL Florez, t. XVI, p. 391-410, 20 édit., Madrid, 1787 : De vana saeculi sapientia, c. xxlx-lxvii.
Sisebuth :
P. L., t. LXXX, col. 363-378; A. Potthast, t. III, p. 1023; B. Krusch, Passiones vitaeque sanctorum aevi Merovingici, llannoverae, 1896, p. 621-628.
Bulgaran :
A. Potthast, 1. 1, p. 175; P. L., t. LXXX, col. 167. Braulion de Saragosse :
A. Potthast, 1. 1, p. 169; t. lï, p. 1221.
Cassiodore :
A. Potthast, t. I, p. 197; Juxghans, Histoire critique des
du trésor de Guarrazar, accompagnée de recherches sur toutes les questions archéologiques qui s*y rattaclient, in-4', Paris, 1860; AuRELiANO GuERRA, La Corona de Recesvinto y otras Alhajas, dans Hist. de Espafla, t II, p. 64-83, 437-474; S. Pedro de Madrazo, dans Monum. arquitect. de Espafia. Sarcophages :
J. FiCKER, dans Mittheilungen des deutschen archûologischen Instituts 1889, t. IV, p. ll-IS (Rômische Abtheilung); Die altchristlichenBildwerke in Muséum de^ Lalerans, in-8», Leipzig, 1890; E. Huebner, Inscript. Hisp. ChHst. Supplem., 1900, préf., p. ii-v, donne un catalogue de 23 sarcophages A. E. de Molins, Catalôgo del Museo provincial de. antigiiedades de Barcelona, in-8°; Barcelona, 1888, p. 112, n. 871; Joaquin Botet y Siso, Sarcofagos romano cristianos esculturados que se conservanen Catalofla, in-8*, Barcelona, 1895; Aureliano Fern. Guerra y Orbe, Monumento Zaragozano del ano 3i2 que représenta la asuncion de la Virgen, in-8», Madrid, 1870; J. Botet y Siso, Noticia historica y arqueolôgica de la antigua ciudad deEmporion, Madrid, 1879, p. 118 sq.; F. FiTA, Inscriptiones romanas de Talavera, n. 52 : Sarcofago cristianoy dans Boletin de la real acad. de la Historia, 1^, p. 287-298, flg. ; Fragmento central de un sarcofago Cristiano, hallado en Dénia, dans même recueil, 1890, t. XVII, p. 521, flg.; IHd., 1887, t. X, p. 267 sq., ûg,iPiedra gnostica de Astorga, dans Boletin, 1887, t. X, p. 242, fig.; Sobre très lapidas cristianas de la epoca visigoda, hallado^ en Merida, dans Boletin, 1886, t. IX, p. 396 sq., fig.; t. X. Sepulcros delprimitivo arie cristiano existentes en la cripta de santa Engracia de Zaragoza, dans Atti del II Congresso intemazionale, Roma, 1902, p. 79-84; Roque Chabas, Elsepulcro de Severina, dans même recueil, p. 149-151.
LESPAGNE CHRÉTJÊÎÎNE.
de renoncer à sa mélliode coDSlante d'entamer la fondation de ses Eglises par la prédication dans les synagogues. Sa mission en Espagne est indiquée par deux écrits très anciens : la lettre de Clément le Romain à T Eglise de Corinthe * et le Canon de Muratori ^. Quand môrae saint Paul ne serait pas venu dans la péninsule, il est certain qu'il a formé le projet de s'y rendre. Il considérait cette mission comme Tapogée de sa carrière après laquelle il pourrait ** lerminer sa course n, ayant porté la foi jusqu'à ces colonnes d'Hercule qui marquaient tout ensemble la limite de TEmpire et celle du monde. La séduction qu exerçait l'Espagne sur Tillustre apôtre s^explique par le prestige grandissant de cette province qui rivalisait de gloire avec l'Italie. Les plus grandes réputations littéraires, celles dHorace et de Virgile avaient à conqjter avec la réputation de pliilnsnphes et de rhéteurs, de lettrés et de poètes, comme les deux Sénèque, Lucain^ Martial, Silius Italiens, Quinlilien, l^ortius Latro le maître d'Ovide^ tous Espagnols. Dans la pensée de saint Paul, il semble que Rome ne lui offrît rien de bien séduisant, à part quelques amis qu'il comptait revoir; son intention était de bri'iler Fétape, ou du moins d*abréger son séjour le plus possible, afm de n'être pas retardé dans son impatience à aborder TEspagne ; « Quand je me serai mis en roule pour FEspagne, écrivait-il do Corinthe aux Romains, j'espère que je vous verrai en passant, et après que j'aurai d'abord joui de votre
LOS Uios, EmudioH sobre loi judios de EupuHa, Ïn-S«, Madrid, 184S, K\ r, E. 1Mr,n.\nr Snint Paul, m-8'S Koris, 1800, p. 19t.
1. Clénitiit, AdCorinth,, (, 5; It. <;aws. Die Kirckengc&chichle mn Spanien, in-a*", RegciiBljurg, luijâ, t 1, p. « sq.
li. K. Pni'.U:i(:UEîJ. Kûr^fTv Texte utr Geschîrhtf der aîtcn Kirche unfidt'sKanoHa,ïn-s,hrQ\biirs, 18UÔ, p, i;u, lignes» 381111.
appliqué à Rome un terme qui servait communément à désigner TEspagne. Quand on rapproche l'indication historique qu'elle parait contenir du souhait exprimé par saint Paul dans sa lettre aux Romains, on hésite à peine à accueillir Tidée de la mission en Espagne. Néanmoins Thistoire réclame des certitudes plus positives et, faute de les pouvoir produire, le voyage de Tapôtre ne sort pas des limites delà vraisemblance.
Un fragment manuscrit contenant le . canon des Livres saints, et dont la rédaction se place à Rome vers la deuxième moitié du second siècle, affirme lui aussi la réalité du voyage de Paul en Espagne : profectionem Pauli ah Urbe in Spaniam profîciscentîs. Cette affirmation dépend probablement de la lettre de Clément le Romain, à moins qu'elle ne dépende des souvenirs qui ont inspiré les Actus Pétri cum Simone, cpii eux aussi parlent du départ de Paul pour l'Espagne : nous n'y insisterons pas. Un témoignage beaucoup plus tardif est néanmoins très digne d'attention parce qu'il est indépendant de la lettre de Clément, c'est le témoignage de saint Jérôme qui nous apprend que l'apôtre se rendit en Espagne par mer, ad Hispaniam alienigenarum portatus est na» vibus ^ . Ce mode de transport répond bien au tempérament impatient de l'apôtre qui se fût morfondu à suivre la voie de terre par Rimini, Plaisance, Turin, le mont Cenis, Arles, Nîmes, Narbonne pour atteindre enfin Girone. La traversée demandait moins de temps. Au dire de Pline, on allait d'Ostie à Tarragone en quatre jours, à Cadix en sept ^. Il est probable que le voyage se fit vers l'an 63, au lende-