‹ LE̕spagne chrétienneChapitre 6 sur 35 · în cap. XI Isaiae, 2. BisU nat,, XIX · texte numérisé non relu

în cap. XI Isaiae, 2. BisU nat,, XIX

sept évêques fut envoyée en Espagne par saint Pierre * . Elle se composait de Torquatus, qui en paraît être le chef, et fonda rÉglised'Acci(=: Guadix) au sud de la Tarraconaise ; de Secundus qui fonda celle d'Ab'ula (= Abla); d'Indalecius celle d'Urci; de Ctésiphon celle de Vergium (= Berja) ; de Caecilius celle d'Illiberis (= Grenade) ; d'Hesichius celle de Carcesa (= Cazorla) ; d'Euphrasius celle dlUiturgi(= Andujar). Si on pouvait attribuer quelque valeur historique à ce texte on remarquerait que Tévangélisation du pays a commencé par la région limitrophe de la Tarraconaise et de la Bétique, ce qui inviterait à placer le débarquement de saint Paul à Cadix et son champ d'activité dans la même région. Un seul fait, selon nous, favorise le récit des martyrologes. Au début du iv* siècle un concile se tint à lUibéris, au centre d'une région presque complètement évangélisée et ce fut l'évéque d'Acci, successeur? de Torquatus, qui présida le concile ; mais il n'y a peutêtre là qu'une coïncidence fortuite. Quant à la confirmation du fait historique qu'on a voulu chercher dans la liturgie ^ nous ne pouvons y prêter la moindre valeur. En admettant qu'on retienne le fait de l'envoi de sept évêques par le pape de Rome, la date de cet événement reste inconnue et on n'a aucune raison de la hausser jusqu'au temps des apôtres ; le plus qu'on puisse accorder semble être donc que la mission de saint Paul fut continuée et que, aune époque impossible à déterminer, les chrétientés fondées par l'apôtre avaient pris assez de développement pour que la région comptât sept Églises 2.

1. B. Gams, op. cit., 1. 1, p. 103-117 : Ueber die mozarabische Messe. Das offîcium der sieben Aposteischûler in der gothischen Liturgie.

2. B. Gams, op, cit., t. I, p. H8-2â7. Cf. L. Duchesne, Saint Jacques en Galice, dans les Annales du Midi, 1900, t. XII, p. 1CM66.

gne avant son martyre, qui eut lieu à Jérusalem en Tan 44, n'apparaît qu'un peu tardivement, et cette circonstance impressionne défavorablement, quand il s'agit d'un événement d'une importance capitale, paraît-il, pour l'histoire ecclésiastique de la péninsule. Ce n'est pas que les occasions de s*en expliquer aient fait défaut, ni que les écrivains aient manqué. Dès le IV* siècle. Prudence, très empressé à célébrer les gloires hagiographiques de sa patrie, omet de mentionner l'apôtre Jacques parmi ces témoins illustres que les cités d'Espagne représenteront à Dieu au jour du jugement général. Les Galiciens, gens cultivés et diserts, largement représentés dans la littérature ecclésiastique depuis le iv® jusqu'au IX* siècle, ne se soucient pas plus que Prudence de leur gloire provinciale. Ni Orose, Idace et Martin de Braga, ni Braulion, Taion, Jean de Biclar, Julien, ni Hildefouse et Isidore ne disent rien, ne savent rien. Leurs voisins de Gaule, très préoccupés de ces questions, ne sont pas mieux instruits. Le rédacteur auxerrois du martyrologe hiéronymien n'a rien appris, car il se résigne à ne rien dire. Grégoire de Tours ne sait rien non plus. Fortunat ne laisse pas sortir Jacques de Palestine ^ ; bien plus, dans une lettre écrite à un évêque de Galice, Martin de Braga ^, il parle des églises évangélisées par les apôtres sans y comprendre celles d'Espagne ; il parle même de saint Jacques et de la Galice, non point en rattachant l'apôtre ace pays, mais plutôt en l'en excluant : « Au temps, dit-il en substance, où les apôtres se partageaient le monde, Rome échut à saint Pierre, l'Illyrie

i. Carm,^ VIII, 3. Cf. L. Duchesse, Saint Jacques en Galice^ dans les Annales du Midi, 1890, t. XII, p. 145-479.

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