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sauver du iiéché d'hérésie, et lui prouver qu'il est au fond plus aristotélicien qu'il ne croit. Malheureusement, Diderot ne s'est pas expliqué comme le fait Hurd; il paraît se soucier médiocrement d'Âristote. Q(ie faire? Lessing, pour tirer d'affaire son maître, trouve un expédient qu'un casuiste ne désavouerait pas. Faute de preuves positives, il suppose que fiiderot a dû comprendre la question connue la comprend Hurd, et comme il la comprend lui-même, « pour peu qu'il tienne à cœur de ne se trouver jamais en contradiction avec Aristote, et, ajoute Lessing, comme il m'importe que deux penseurs n'affirment pas le pour et le contre sur la même question, il doit m'être permis de lui prêter (unterschieben) cette interprétation et de lui ménager cette issue* ».

Voilà ce qui s'appelle en user galamment et généreusement avec quelqu'un qu'on admire ; auquel on ne veut pas donner tort, et auquel on ne peut pas donner raison. Pourquoi Lessing, dans sa polémique contre Corneille, n'a-t-il pas voulu en faire autant?

Au surplus, cette question paraît présenter à Lessing plus d'une difficulté qu'Aristote n'a pas éclaircie. Ce général, ce xaOoXou peut s'entendre de différentes manières, et Aristote n'a pas dit quelle était la vraie, ni surtout, comment il faut l'entendre dans la comédie d'une part, et de l'autre dans la tragédie; car évidemment ces deux genres dramatiques ne conçoivent pas leurs sujets et leurs personnages de la même manière. Le problème n'est pas résolu, el Lessing déclare qu'il ne se charge pas de le résoudre. Il se dérobe, en

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