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CHAPITRE

., Le Laocoon.

Quels furent les motifs qui déterminèrent Lessing à quitter Berlin pour Breslau ; à renoncer à la société de ses amiSy à sa chère liberté à laquelle il avait sacrifié déjà plus d'une position peut-être avantageuse; à accepter, lui homme . d'étude et de studieux loisir, le poste de secrétaire du gouvernement prussien auprès du général de Tauenzien, qui commandait alors en chef la place forte de Breslau * ?

On a dit que Lessing ne se sentait plus tout à fait à Taise dans son milieu de Berlin ; que l'accord entre lui et ses collaborateurs n'était plus aussi complet qu'auparavant. En effet, on trouvait Lessing ti'op tranchant,

1. Lessing avait déjà eu occasion de faire la connaissance du gunérai de Tauenzien, pendant son séjour à Leipzig (i766-i768), dans le cercle d'offlciers prussiens où i*avait introduit son ami E* de Kleist-. Des relations d*estime réciproque s*^taient établies entre Thomme de guerre et riiomme de lettres.

trop intransigeant dans ses jugements sur certains écrivains en Tue et en renom, qu'on tenait à ménager. En outre, Nicolaï inclinait de plus en plus vers ce christianisme cT.'c/imf/anisé, antipathique àLessing, réduit, ou peu s'en faut, à la philosophie du sens commun et à la morale utilitaire. La polémique des Lettres sur la liuèrature, contre Cramer et Basedow, u'avait pas été approuvée'. Malgré ce désaccord qui existait entre les opinions, Tamilié était restée intacte. Néanmoins on ^comprend que Lessing pouvait désirer, l'occasion lui en étant offerte, d'échapper à ces discussions, à ces froissements, et de quitter, pouir un temps, ce milieu saturé de critique et de polémique, c II en avait assez de Berlin, et il pouvait croire que ses amis en avaient assez de lui '. »

Toutefois, des motifs plus intimes et plus pressants, et qu'il avoue lui-même, déterminèrent Lessing à accepter des fonctions si étrangères à ses occupations et à ses goûts : « J'ai trente ans, écrit-il à Ramier; je dois songer à remplir ma bourse, et, ajoute-t-il, il est temps de vivre parmi les hommes, et non plus au milieu des livres'.» Mais ce qui le pousse également, c'est le désir du changement et du nouveau. Ce sont les ins-

] . Quelques-unos de ces Letlre$ furent supprimées, parsil-il, et manquent doDs les éditions berlinoises dea œuvres de Lessing. Voici le jiigeniont de Fichte, adversaire déclaré de Nicolaï : « Noire héros (Nicolaï) avec les autres (Lessing et Mendelssolih) avaient entrepris une croisade victorieuse contre quelques mauvais rimeurs, mais pas si glorieuse dans d*autre) parties, par exemple dans la philosoptiie. Son grand compagnon d*armes (Lessing) comprit peu à peu que c*élait une mauvaise alTaire et entreprise dans une société qui n*étail pas la meUieure. Il se relira. ■ (NieoloÀ'» Lebea und sonderbare Meinungen,)

s. Lettre à Ramlei (6 décembre 1760).

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