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En AUcmnuMic, Drockes, liai 1er ot leurs imiUilcurs

tifs et représentatifs de Tobjet tout entier, et grâce au pouvoir suggestif y à la magie éyocatrice de que]que8 mots heureusement choisis et combinés, il pi*oduit instantanément, par association dans notre imagination, le tableau qu'il voit lui-même. Ainsi procèdent les vrais poètes et surtout les poètes modernes et contemporains, qui excellent dans la peinture poétique : Gœthe, Byron, Shelley, Victor Hugo, Théophile Gautier, Heine, Freiligrath et d'autres, sans compter les romanciers et les écrivains voyageurs.

Lessing se trompe. L'imagination du lecteur n'est pas condamnée à ce pénible travail de synthèse qu'il veut lui épargner. La description vraiment poétique le rend inutile. Tout naturellement, sans effort et par sa loi propre, l'imagination suit le poète, ou plutôt elle le devance. Elle voit presque instantanément ce que le poète veut lui montrer. Au lieu de dire avec Lessing que l'imagination peut à peine suivre la description du poète, il faudrait dire que c'est le poète qui presque toujours a peine à suivre le vol de l'imagination de son lecteur. Sans doute ces tableaux du poète n'ont pas, ne peuvent pas avoir la précision de trait et de contour qu'offre le tableau du peintre, mais la poésie n'est pas, ne veut pas être la peinture. La description du poète n'est pas faite pour être vue par les yeux, mais par l'imagination. L'imagination du lecteur, voilà en quelque sorte le champ d'action et d'opération du poète. Il ne fait pas, à proprement parler, ses tableaux, il nous les fait faire à nous. Les signes du langage ne sont pas seulement représentatifs, ils sont surtout suggestifs des choses. Le langage ailiculé n'est pas la matière de la poésie, comme le son pour la musique, la couleur pour

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la peinture, le marbre pour la sculpture. La parole n'est que le véhiculei rinstrument de transmission, par lequel, comme à l'aide d'un fil télégraphique, le tableau passe de l'imagination du poète dans celle du lecteur*.

Mais ce tableau, ainsi suscité et formé dans notre imagination, n'en aura pas moins son unité; les parties n'en seront pas moins liées entre elles et formeront un tout. Le coexistant n'est pas, comme le veut Leasing, en contradiction avec le successif. L'intelligence, au contraire, les unit et les concilie; car l'unité est sa loi, qu'elle impose à toutes ses conceptions, aux images aussi bien qu'aux idées abstraites. Quand le poète représente des actions, conune le lui prescrit Lessing, ce sont encore des images et non des abstractions que nous avons devant nous. Le poète, s'il est vraiment poète, pense et fait penser son lecteur en images. Tout est peintiu*e en poésie, et dans ce sens le Ismeux ut pictura fwesis est parfaitement exact, et Jean-Paul Richter ne s'est pas trompé, quand il reprend à son compte la moitié de l'antithèse ingénieuse du poète grec Simonide, que Lessing repoussait, et qu'il définit la poésie, une peinture parlante.

Quand Lessing loue Homère, pour avoir compris et évité les écueils de la description poétique, en nous montrant Hébé composant pièce par pièce le char de Junon, au lieu d'en faire la description ; ou bien Agamemnon se revêtant de ses habits, au lieu de nous déorire son costume ; ou bien encore nous faisant l'histoire du sceptre d'Agamemnon au lieu de nous le

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