Lettre do Klotz. Éd. Hempel, \ol. 90, i* partie
CRITiQUK ESTHÉTIQUE. 24t>
Cette visite ne se fit pas. Mais trois mois plus tard, Klotz envoie à Lessing sa critique annoncée, avec une nouvelle lettre de plus en plus complimenteuse, et lui exprime le désir de venir prochainement « Tembrasser >► à Berlin.
L'article des Aeta lUeratia, très prodigue d'éloges' à l'adresse du Laoeoon et de son auteur, renfermait néanmoins plusietœs critiques, que Klotz d'ailleurs avait demandé la permission de formuler. Elles étaient très réservées dans la forme, justes pour la plupart, et ratifiées depuis \ Mais Lessing ne fut pas content^ quoiqu'il eût déclaré dans sa réponse à Klotz « qu'il ne pouvait que se réjouir d'avance de son appréciation* ». Il croyait sans doute voir, à travers cette politesse affectée et cette phraséologie laudative, percer une certaine sufiisance, et comme une prétention de lui faire la leçon. £t puis Lessing, il faut bien le dire, car on le lui a souvent repi'oché, souffrait difficilement d'être contredit. Il prenait volontiers Tofifensive, mais trouvait mauvais qu'on la prît à son égard. Il ne répondit pas à Klotz, qui fut vivement blessé de ce silence, comme d'une impolitesse et d'une preuve de dédain. Une autre circonstance encore augmenta l'incitation de Lessing contre le journaliste de Halle. Celui-ci s'était brouillé avec Nicolaï, à la suite d'une appréciation assez sévère de ses.OpuseiUa et de ses Carmina, dans la AUgemeine Bibliothek de Berlin, à laquelle il avait collaboré lui-môme. Pour se venger de ses anciens alliés, il fonde de son côté une revue nouvelle à Halle, la DetUsche
1. Voy. à ce sujet Danzel, vol. II, p. si6. 3. Lettre à Klotz du 9 juia 1766.
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Bibliothek de$* Wissenschaflerij destinée à faire pièce à la revue berlinoise. Il y attaque assez méchamment Nicolaîy.Mendelssohn, Ramier et Lessing lui-même, qu'il considérait, mais à tort, comme un de leurs collaborateurs. Lessing était resté du moins leur ami, et prit parti pour eux dans cette lutte qui s'engageait, et où le talent, la science, la bonne foi n'étaient pas du côté de Klotz et de sa bande. « C'est insupportable vraiment^ écrit-il à Nicolai, comme ces gaillards de Halle font de misérable besogne, et dans quel style ! Le second numéro est si pitoyable que je ne promets pas une longue vie à ce fantôme *. »
Lessing, sans être indifférent à ces attaques, où se trahissait le dépit du professeur-journaliste, ne songeait pas encore à répondre. Même, dans un voyage qu'il lit à Leipzig en juin de la même année, il avait l'intention de passer par Halle pour rendre visite à Klotz. Mais les renseignements que Nicolaï, qu'il avait rencontré à Leipzig, lui fournit sur les agissements de ce personnage, le firent renoncer à ce projet. La guerre n'ét«iit pas déclarée encore, mais elle était dans l'air, et bientôt elle éclata.
Klotz menant toujours de front ses occupations de journaliste et ses publications scientifiques, avait fait paraître coup sur coup : une préface à la traduction des Dissertations du comte de Gaylus, par Meusel, un de ses amis et collaborateurs ; une préface encore à la traduction d'ApoUodore du même, ainsi qu'un ouvrage sur VUliliU et l'usage des pierres gravées et de leurs reproductions (Ueber den Nutzen und Gebrauch der geschniUenen