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Steine und ihrer Abdriiehe). Ces ouvrages étaient écrits ^h allemand. Klotz avait abandonné le latin, pour étendre sa réputation hors du cercle trop étroit des savants. La lecture de ces publications, pleines d'erreurs, où s'étalait prétentieusement et avec un grand appareil de citations une science d'emprunt, mal digérée, et où Lessing était personnellement mis en cause, le décidèrent à entrer en lice et à entreprendre ' une nouvelle campagne. L'archéologie, d'ailleurs, était \me de ses passions. Il n'avait jamais cessé de s'en occuper, et ce que Lessing savait, il le savait bien, dans tous ses détails et recoins. Il en avait assez de la Dramaturgie, qu'il achevait de mauvaise hiuneur , comme un pensum obligatoire. Il avait besoin de diversion. L'occasion était toute trouvée, et l'adversaire dont Lessing lie pouvait se passer, s'offrait de lui-môme.
L'ouvrage de Klotz avait été prôné dans un journal <le Hambourg, et l'auteur anonyme de l'article avait annoncé, comme nouveauté intéressante, que Klotz y signalait une faute impardonnable de Lessing. Celui-ci, immédiatement, adresse une réponse au journal, et prouve sans peine que cette faute impardonnable n'est qu'une erreur de Klotz, qui n'a pas compris, ou n'a pas voulu comprendre sa pensée, très clairement exprimée pourtant. Klotz s'est battu, non contre l'auteur du Laocooiif mais contre un advensaire imaginaire .qu'il appelle de ce nom *.
Cette réponse qui visait Klotz, n'était pas adressée à lui, mais au rédacteur anonyme de l'article du journal hambourgeois. Lessing voulait entreprendre Klotz à
1. Il t'ogiaflail dus tableaux lires (l*Homôro. Voy. plus loiu.
part, dans un écrit spécial, et réfuter une opinion selon lui erronée qu'il avait émise * au sujet des Portraits des ancêtres qui figuraient dans les funérailles des Romains.
Ces images, selon l'opinion admise par les saTants, étaient des figures de cire. Klotz prétendait, donnant son opinion comme ime découverte, que c'étaient des peintures à l'encaustique '. Lessing qui voyait là une erreur affirmée sans preuves isuflisantes, et d'un ton péremptoire, se proposa de la combattre, et commença à cet effet une dissertation sur les Images des ancêtres chez les Romains (JJeber die Ah/nenbilder der alten Rômer). Cependant la réponse au rédacteur du journal de Hambourg avait fait du bruit et obtenu grand succès. Lessing résolut de laisser là, pour le moment, la question des Portraits et de continuer dans une autre direction, et sous forme de lettres, la campagne contre Klotz'. Quatre semaines après la publication de cette première lettre (qui ouvre la série) parut une seconde, suivie bientôt de plusieurs autres. En septembre de 1» même année la premièi*e partie des Lettres archèologiqtêes, comprenant trente-quatre lettres, parut à Leipzig. Après cotte première partie, une année plus tard parut une seconde, comprenant vingt-deux letti*es.
Déjà Lessing s'occupcoit de la troisième partie des
1 . Dans celle prëfoco mcnlioDDue plus haut, à la traductioD des Distcrtation$ du comte do Caylus.
9. Cette opinioa que Klotz donuait comme sienne, était celle do Cliriât, le célèbre archéologue de l'Université de Leipzig, dout KIoi/ avait su se procurer les cahiers qu*il exploitait sans vergogne. Lessiug ignorait ce détail qui ne fut connu quo plus tard.
3. Cetio Diêsertalion est reslce à Tétat de fragment. Elle fut publiée dans une édition posthume des CEuvrts de Lessing, par Eschouburg, llerliu, 179S, vol. 13. Éd. H.
Lettres archéologiques, quand il interrompt son travail, pour écrire une nouvelle dissertation également archéologique : Comment Us Anciens ont reprèsentilaMort. Nous en parlons plus loin.
Cette troisième partie des Lettres devait rester inachevée. La raison en est qu'à ce moment, une nouvelle perspective s'ouvrait pour Lessing. Il s'agissait du poste de bibliothécaire du duc de Brunswick, à Wolfenbûttel, qu'on lui offrait. Les négociations à ce sujet aboutirent, et donnèrent une nouvelle direction à sa vie et à ses travaux.
Les deux premières parties des Lettres archéologiques eiiibi*assent différentes questions. Elles ont toutes un caractère polémique. Elles sont dirigées contre Klotz, que Lessing ne perd jamais de vue, qu'il presse et poursuit dans tous ses retranchements, et sur tous les points, prend plaisir à le convaincre d'ignorance, de légèreté, de mauvaise foi. A ce titre, comme témoignage du talent d'escrime dialectique et de la science archéologique <'t i>hilologique de Lessing, de son habileté à interpréter les textes en sa faveur, ces Lettres sont une œuvi'e remarquable. Mais pour le fond, et quant à la nature même des questions qui successivement passent sous nos yeux, l'intérêt ne se soutient pas. Cependant les douze premières où Lessing défend contre Klotz plusieurs assertions de son Laocoon, sont intéressantes, car elles foiment un très instructif commentaire de cette œuvre capitale. Ainsi nous retrouvons avec plaisir, fortifiées par de nouveaux arguments, quelques-unes des opinions émises par Lessing : la difficulté de reproduire sur la toile les descriptions d'Homère, difficulté contestée par Klotz, qui a seulement prouvé qu'il ne l'avait
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pas compris ; la distinction très importante faite par lui, entre peindre conmie Homère et peindre d'après Homère; ensuite, son appréciation de l'attitude des vieillards en extase devant la beauté d'Hélène, spectacle propre à inspirer le dégoût, avait-il dit, en songeant au tableau que le comte de Gaylus recommandait au peintre; mais non pas au récit d'Homère, comme affectait de le croire Klotz ; ensuite encore, son affirmation que les artistes anciens, uniquement préoccupés do l'idée du beau, n'ont jamais représentés de Furies* j et que l'auteur du Laocoon n'appliquait qu'aux statues, aux bas-reliefs, aux tableaux, exceptant expressément les monnaies, dont Klotz, ne tenant pas compte de cette réserve, lui présente triomphalement un échantillon « croyant par là infinner sa thèse. Enfin Lessing répète et démontre de nouveau que les artistes anciens n'ont pas connu la perspective, dans le sens étroit et précis que l'art moderne attache à ce mot, et non dans le sens très large et vague où l'entend Klotz, qui confond la perspective avec le dessin lui-même.
Sur tous ces points Lessing n'a pas de peine à triompher d'un adversaire qui ne possédait ni sa connaissance, même imparfaite, de l'art antique, ni surtout sa sagacité pénétrante dans l'interprétation des textes et des monuments.
Les lettres suivantes (13-35) jusqu'à la fin de la première partie, et presque toutes celles de la seconde partie, traitent de questions toutes spéciales d'archéologie : des pierres précieuses, des camées, des gemmes. Lessing maintenant ne défend plus ses propres opinions.