Voy. Œuvres, XI, 2, p
tant de lettres charmantes à Êva Kœnig, connaissait leur cœur quoiqu'il ne les eût pas souvent fréquentées. Il les observait froidement et voyait de mauvais œil la place de plus en plus large que la jeune génération leur accordait, tant dans la vie que dans la littérature. A propos d'Emilie Galotti il écrit à son frère : « Les jeunes héroïnes et les femmes-philosophes ne sont pas de mon goût. Aristote, en parlant des caractères propres à la tragédie, exclue les femmes et les esclaves f. » Théorie peu flatteuse et qui, appliquée rigoureusement, priverait la poésie de caractères que rien ne pourrait remplacer. Eloigné de toute sentimentalité, Lessing ne pouvait comprendre Werther. Sa lettre à Eschenburg exprime bien ses idées à ce sujet. « Croyez- vous que jamais un jeune Romain ou Grec se serait tué de cette façon et pour une telle cause ? Certes, non. Ils savaient se protéger tout autrement contre l'enthousiasme pour l'amour et au temps de Socrate, on aurait à peine pardonné à une petite fille une telle l\ epwroç xoto^ qui nous pousse à xt ToXaâv -aoà çptSffiv. Il était réservé à l'éducation chrétienne de produire de tels originaux, elle qui sait si bien changer un besoin du corps en une perfection de l'esprit. Donc, mon cher Gœthe, encore un petit chapitre comme conclusion et qu'il soit aussi cynique que possible 2. »