Poésie et Vérité, livre VII, p
2. Die zweite Handschrift, mit (1er ich vor kenger als zehn Jahren eine leere Stunde verdorben, p. 177.
3. Nous y relevons : arra au lieu de ara (poème 75) : Talia quinque au lieu de TaUïicimque (15); Quaeque tibi posui tanquam, au lieu de : Haec quaecunque tibi posui, leçon que Gruter avait proposée d'après une note marginale et que le Guelferbitanus et le manuscrit de Rhediger donnent dans 14 texte.
1. Voy. aussi deux lettres de Lessing nos 280 et 333. 5. Anmerkungen, V, p. 180.
l'epigramme 91
Planude. On voit par les notes que les parties de l'Anthologie grecque publiées jusqu'à 1771 étaient l'objet d'une étude assez pénétrante de la part de Lessing. Plusieurs de ces remarques ont passé dans la grande édition de l'Anthologie de Jacobs et de là dans celle de Diïbner. Ce n'est pas la connaissance du détail qui lui fit défaut, mais il ne se rendait pas bien compte du développement historique et naturel de la petite poésie chez les Grecs et de ce qui la distingue de celle des Romains.
L'epigramme fut déjà cultivée chez les Grecs par Simonide, mais ce n'est qu'après le règne d'Alexandre le Grand qu'elle prit son essor. A l'origine, elle ornait les statues et les monuments de l'art, mais plus lard elle empruntait ses sujets à toutes les circonstances de la vie. Le temps de sa floraison en Grèce coïncide avec l'époque brillante de la glyptique, cet art qui reproduisait, avec exactitude et finesse, sur les gemmes les traits d'un personnage ou un objet quelconque. Les meilleures épigrammes grecques sont comme l'accompagnement de cet art exquis. Ce sont les Doriens qui ont le mieux réussi dans ce genre littéraire ; ils avaient l'esprit juste et observateur, un langage bref et incisif qui n'a pas manqué son effet dans la comédie non plus. Si Lessing dit qu'aucun poète avant Martial n'était épigrammatiste, que chacun faisait seulement des épigrammes, il se trompe. Il est vrai que Théocrite et son ami Nicias, le médecin de Milet, Asclépiade de Samos, Archelaus, Rhianus,
Bion et Moschus n'étaient pas des épigrammatistes de profession, mais Léonidas de Tarente le fut deux siècles avant Martial ; d'autres, comme Théodore de S}Tacuse, Alcée le Messénien, Dioscoride et surtout Antipater de Sidon, firent de l'épigramme leur occupation constante '. Ces poètes se sont essayés dans tous les genres de l'épigramme, une quinzaine environ variant selon l'objet et l'occasion qui les font naître. La moisson était certainement très riche, lorsque Méléagre de Gadara (60 av. J.-Chr.), le poète de ce morceau exquis qui s'intitule « Le Printemps », forma la première Anthologie, en choisissant les plus belles fleurs d'une cinquantaine de poètes grecs. Mais cette collection ne nous est pas conservée ; elle a servi de base aux recueils futurs.
L'époque des empereurs a produit beaucoup
1. Voy. Bernliardy, Grundriss der griechischen Litteratur, II, 2, pp. 753 et suiv. ; Flach, Gesch. der griechischen Lyrik, pp. 111 et suiv.; Susemihl, Gesch. der griech. Litt. in der Alexandrinerzeit, II, ch. xxxvi ; et surtout R. Reitzenstoin, Epigramm und Skolion, 1893, pp. 87 et suiv. L'auteur croit que les premières épigrammes étaient des naiyvia: la définition de Lessing ne correspond, selon lui, à aucune époque de l'épigramme et n'embrasse nullement l'œuvre de Martial dont l'épigramme I, 49, montre suffisamment que le poète n'avait aucune idée de la définition du genre. — La thèse de M. Ouvré sur Méléagre, 1891, et son article : Quelques remarques sur la composition littéraire à propos de V Anthologie {Iievue des Ètin 1rs grecques, 1895); Radinger, Meleagros von Gadara,
d'épigrainmes ; même les Romains s'essayèrent à écrire en grec. C'est dans les pièces de Crinagoras, d'Antipater de Thessalonique, d'Antiphilus et de Lucillius que Lessing a pu remarquer la décadence. Il a raison quand il dit que les épigrammes de ces poètes ne sont nullement supérieures à celles de Martial et qu'ils lui ont peut-être emprunté des sujets *. Ces poètes ont trouvé dans Philippe de Thessalonique et dans Diogenianus d'Héraclée leurs collectionneurs, mais cette Anthologie aussi a subi le sort de la première. Enfin vinrent les Byzantins ; ils travaillaient beaucoup dans ce domaine tant cultivé, mais leur petite poésie sent la rhétorique et l'école. Ils s'amusent même à décrire, dans des épigrammes d'une longueur respectable, les monuments célèbres de Byzance, ou bien ils posent en épigrammes des problèmes mathématiques 2. Parmi eux excelle ce Paul Silentiaire dont Lessing a édité le poème sur les Thermes de Pythie 3. Un de leurs poètes, Agathias, a réuni en sept livres les meilleures productions, mais ce troisième essai ne fut pas non plus épargné par le temps. La collection d'un certain Constantin Céphalas (xe siècle) nous est seule parvenue dans un manuscrit qui a été successivement à Heidelberg, à Rome, à Paris, fut découpé et restitué enfin par le pape à l'Allemagne