Voy. le chap. suivant
à l'occasion du centenaire de l'Université de Heidelberg. C'est Saumaise qui, en 1616, en prit la première copie ; Reiske en publia trois livres ; enfin, Jacobs l'a édité complètement (1813-1817). Auparavant, c'était le recueil de Planude du xive siècle qui servait de base aux études ; c'est d'après lui que Lessing cite toujours. Ce recueil ne contenait pas les épigrammes satiriques dont Martial fit sa spécialité. Lessing se doutait bien que les Grecs n'avaient pas dédaigné ce genre. Il dit que c'est une folie de penser que l'esprit de saillie et la malice piquante n'existaient pas pour les Grecs, eux qui aimaient tant à s'amuser et qui avaient même formulé la théorie du comique. On n'est ni bien portant, ni sage, dit-il, si on ne veut voir sa bien-aimée que dans le costume d'une innocente bergère '. Certes, ce genre d'e-sprit ne manquait pas aux Grecs; seulement ces sortes d'épigrammes ne sont pas les seules, ni les meilleures que l'Anthologie nous ait conservées.
Lessing, ennemi de la grande simplicité des épigrammes grecques, voudrait voir dans les pièces d'apparence très simple, comme dans les inscriptions funéraires des allusions que nous ne comprenons plus aujourd'hui; il croit que la simplicité tant vantée n'est que de surface. Il cite l'épigramme du jeune Simonide sur la mort de Sophocle 2 et