CONCLUSION
Nous avons expliqué par quels moyens Lessing a combattu riufluence de l'esprit français en AUemagQe..n ne s'agit pas seulement pour lui de faire préyaloir une doctrine sur une autre dans un genre particulier : c est le génie allemand qu il veutafi'ranchir du joug d'une littérature étrangère. Irrité de voir que dans son pays on s'applique à copier tout ce I qui vient de France, par une réaction naturelle, mais I regrettable^ il déclare une guerre acharnée au goût français, et fait trop souvent passer le patriotisme avant la justice dans la critique. Il n'est pas nécessaire d'être Français pour juger qu'il a manqué de mesure dans ses attaques contre la littérature de notre |»ays, puisque Goethe, un peu plus tard, pensait qu'il était sage d'y revenir, quoique avec discrétion.
Le moyen le plus sûr de triompher du goût régnant, lorsqu'il n'est pas le bon, est de produire de vrais chefs-d'œuvre, qui finissent toujours par éclipser les chefs-d'œuvre de la mode. Mais Tesprit d'une iMdicm ne passe guère de l'imitation à l'originalité
a^ant que la discussion ait éclairé le goui public. Leasing était né plutôt pour la critique et peur l'éni-
diiion que pour riiivcnlion poétique. 11 lut l'homme de cette époque de transition qui a préparé en All^ magne Tavénement des génies originaux. Cest S1l^ tout par la critique et par les ruines qu'il fit, qu'il Qumtla Yoie à Goethe, à Hevder et à Schiller.
li a détruit sans retour l'opinion qu'on avait en Allemagne de la perfection de nos écrivains. Cependant, lorsqu'il apprécie le style denos meilleurs poêles, on reconnaît en lui Télranger: leurs mérites lui échappant,. quoiqu.' il se ilatle d'en pouvoir juger auasi bien que les Français* Eclairé de lumières iiH sulfisantes sur un point si essentiel, il a porté sur nos auteurs des jugemenls qui feraient sourire chez ua Français^ mai^. qui^ en Allemagne, panmat révélas d'une grande aulorilé. Exagérant certains défauts plus sensibles que les plus rares qualités, il a cru notre poésie classique vouée au joli^ as tendre elaa galant. Il s'est indigné contre les bienséances de notre théâtre; il n'a trouvé chez nous que goût aristocratique, vanité, et.aervîtude à.Tégard dacMveatÎMiS contraires à la nature.
Ses théories générales, comme se^ appréciations particulières, sont conçues dfins un esprit d'hostililé à l'égard de la poésie française. 11 procède pourtaut à la manière des philosophe», et en porticijdier d'Aristote. Il déiGunit les genres, et déduit des principes de ses définitions^ Ses définitions sont géuéralemeal justes, et ses principes soUdes. iMaia il s'arrête trop tôt, et tire de ses raisonncnayents dea condusiooa trop
àbsohm M poésie. Les ceatres de rinaaginatfon
échappent souvent à la rigueur des classifications. Leieingy qui reoonuaU ^tte mérité eu profit des au* très nations, résem toute la rigidité de ses doctrines pour les Français. ILprouve, par la déûnilion de la fable, que la Fontaine a ^ié ee genre, et par la théorie dn potaie dramatique, que les Français n*ont pas de Ihéàtre tragique. Ainsi , en combattant les règles françaises, qu'il juge avec raison trop exdusi* ves, il se montre tout aussi exclusif que nos auteurs, mais à leurs dépens.
11 applique à la critique des arts la même méthode. 11 définit les genres, et lem* assigne leurs domaines respectife, d'où il leur défend de sortir. Ainsi, il attribue auK arts du dessin pour- unique objet le beau physique, et leur retranche les ressources de l'allé* gorie. 11 bannit de la poésie le genre jdescripiif et didactique, sans songer que les Géargifues de Virgile sont enveloppées dans Tarrèt de proscription. Des rè* gles précieuses à recueillir se trouvent ainsi couk" promises par des eonséquences abusives.
Cependant, lorsque l'ardeur de la polémique ne l'entraîne pas, Lessing est un génie de tempérament et d'équilibre. Il déleste également le pédantisme des règles, lorsqu'elles prétendent limiter l'essor du génie , et la témérité des novateurs, qui foulent aux pieds les règles essentielles des genres. Dans la théorie, il prend les questions d'assez haut pour pouvoir tenir la balance entre les excès opposés.
L'élévation de son esprit ne nous paraît nulle part plus remarquable que dans les questions religieuses.
n a combattu àla fois rirréligion et Tiololénuice. H a relevé les juifs des mépris de l'opinion publique; il a réclamé la tolérance pour les sectes du protestantisme et pour les déistes. Cependant il a composé une comédie contre les esprits forts, et il a toujours méprisé ralTeclalion de matérialisme et d'atbéisme. Quoiqu'il ait entendu le christianisme autrement que l'église luthérienne, il n a jamais souillé sa plume d'une insulte à 1 égard de la foi d autrui. Dur et acerbe dans la controyerse contre les personnes, il n'est pourtant jamais sorti de la question que pour se défendre» et n'a cherché que la vérité. Les opinions et le ton des libres penseurs anglais et des philosophes français étaient à la mode en Prusse : il ne leur emprunta que l'esprit d examen. Quant au droit de la critique , il l'a revendiqué et pratiqué avec une énergie sans exemple. Il a ainsi tonde la critique savante des origines du christianisme, qui fait rhonneur de TAllemagne.
Dans ce siècle des philosophes, nul n'est plus digne que lui du titre de philosophe. C'est par la hauteur et l'impartialité de l'esprit philosophique qu'il a renouvelé la critique, aussi bien dans les matières religieuses que dans les matières d'art et de httérature. Son érudition vaste et sAre est un instrument qu'il emploie trop souvent à de petits usages, mais qu'il sait aussi &ire servir à de plus hauts desseins* En réunissant Féradition avec la philosophie, il a montré à 1 Âliemague qu il y avait quelque chose de plus grand que de foire une guerre de détait et de sar- <:asmes aux croyances religieuses, que de débattre
desquefitioDs particulières de goût dans les arts, ou de maMirar toutes les csovres de k poésie d'après des
règles rainulieuses. C'est ainsi qu'il a réellement fait sortir le génie germanique des voies étroites de la critique française.
Mais ni la critique négative ni la théorie philosophique des genres ne suffisent pour donner le jour à une littérature originale. 11 faut donner des exemples. Lessing, avant d'en produire lui-même, en cberclu3 chez les nations étrangères et dans l'antiquité. D'abordy il essaie d'ensevelir, en quelque sorte, les écrivains français, ces uniques modèles de l imitatiou allemaudei sous la multitude des auteurs de tous les temps et de tous les pays. L'universalité dans l'imitation lui parait déjà un affranchissemonL Peu à peu, ses idées se limiteut. Il reconnaît dans le génie anglais une parenté avec le génie allemand. C est de ce côté qu'il dirige les regards de ses compatriotes.
L'Allemagne ne Favait pas attendu pour faire des
emprunts, ou demander des inspirations à la poésie anglaise. Les deux écoles rivales de Leipzig et de Zurich, malgré leur antagonisme, puisaient déjà à cette source commune. Mais chacune d'elles le faisait suivant ses prédilections. Ciottsched, disciple des Français, et promoteur ardent du geiiie dramatique, concentrait ses emprunts sur le théâtre, et n'estimait du théâtre anglais que la tragédie classique à la manière d'Addison, c'est-à-dire soumise aux règles françaises. Bodmer elles Suisses, ses amis, plus jaloux
de Findépeiukoee dn géDk aUeiuind, nuis ptitoooh
pés du dessein pieux de faire servir la poésie à l'édificatiau des âmes, se portèrent de préléreace sur une œuvre impiiée de la loi religieme d^un peuple pro* testant, sur le Paradis perdu de Milton. De leur école sortit Tépopée religieuse de la (jermanie moderne« le Memie de Kkpsteck ; de l'écde de Gottoched, il ne sortit rieu, sinon peut-être Lessing luiiDéme.
hmÎBgy oonuDe G^rftoebed, tenait pour le théMre.
Homme de critique, non de foi ; d'action et non de mysticisme» il ressentit tout d'abord un grand éloigoenent pour la*poéeie reUgieuee, qu'elle Tint A* Ait* gleterre ou d'ailleurs. Il salua froidement Fapparitiou du poème de Klopttock, et tourna ses regards dHm autre oMé« Il déconyrit que, dan» le théâtre anglais, Gollsciied avait négligé, pour des copies de modèles éiraugera, le vrai, le grand original, le plus prodigieux génie dramatique des temps modernes. Dès qu'il connut Shakspeare, il sut ce qu'il fallait emprunter à la poésie ai^^ane* C'était, si Ton pouvait y atteindre, la variété , l'originalité profonde, la puissance créatrice, le pathétique et l'esprit méditatif du grand contemporain d'Elisabeth. Combien les tragédies françaises lui paraissaient pèles et unî-^ formes auprès des siennes; combien leurs règles lui semblaient mesqpiines 1 Les véritables règles, c'était Shakspeare [qui les avait observées; il prit envie à Lessing de comparer sou théâtre avec la Poétique d' ArisMe^ et il trouva que rien ne s'aœordait mieux
ougqnible. Les Français, qui rairoquaient si sotnrent '
Arislote, ne le comprenaient pas ; Shakspeare, qui ne l'avait pas connu , Tavait deviné.
Les AUemands, à k suite de Lesiing; se prirent d'enthousiasme pour Shakspeare : ils crurent l'iaiiter* Us tombèrent dans la confusion et dans la grofsi^é de la barbarie* Leurs inritalions ina-
pirèreirt du dégoût à un homme pénétré de Tesprit de r^tiquité. Us s'étaient jetés de la servitude des règles dans uiie licence effMnée ; du roman dam l'archéologie. L'équilibre que le savant critique aurait voulu étaiilir entre la liberté et les règles, entre la poésie et rhistohe dans le drame, se troutait encore rompu.
Cependant une nouveUe forme du drame s'était montrée en Angleterre dans ce siècle même. La tragédie héroïque avait fait place à la tragédie bourgeoise. Le Marehand de Londres de Li^o lév^ait les ressources do genre nouveau. Peu après, les romans de Richardson mirent en pleine lumière Tiutérét qui peut s'attacher aux drames de la rie domestique. Lessing sentit que l'Angleterre donnait des exemples précieux à rAUemagne, oii la vie de famille est si puissante. Ses sentiments plébéiens furent flattés de voir le drame descendre à Fa hauteur de la classe moyenne. Il trouva même que la tragédie bourgeoise satisfaisait plus que tout autre genre à un précepte d'Aristote , qui veut que les héros tragiques soient nos semblables. 11 conçut donc avec chaleur Tidée d'un genre dramatique, où Ton combinerait ensemble le roman à la manière de Ri-
cbardsoD avecle tn|pk|ae de Lilk>. Ce fiit sa dernière . \ théorie dinmatique. H songea bientôt à réduire am I
proportions de la condition moyenne des fables autrefoia traitées par la tragédie noble. Ainsi le sujet antique de la mort de Virginie devint celui d'JFmslia GaloUi, Ce fut sa protestation la plus radicale cimtre le goAi aristocratique de la tragédie française.
Lessing a donc fait une guerre générale au goût français, et rAllemagne est portée à ne lui tenir compte que de la part d'originalité qui se trouve
dans ses écrits. Opendaut il est juste de rappekr aussi ce qu'il doit aux écrivains français*
Familiarisé de bonne heure avec l'étude de notre langue, il a lu presque tous nos auteurs. On reconnaît chez lui des tours et des phrases de Voltaire et de Diderot; son style a souvent une allure toute française. Notre littérature pourrait donc revendiquer une certaine part dans les mérites littéraires du meilleur des prosateurs allemands.
Élevé en Saxe, ayant étudié à Leipzig, au centre de l'action de Gottsched, c'estrà-dire du ]^usiélé disciple du goût français, il a gardé, plus qu'il ne Ta cru, des | opinions qu'il avait entendu professer dans son adolescence. Je n'en voudrais pour preuve que celle prédilection constante pour le théâtre, genre (jui n'avait été jusqu'alors cultivé en Àllemagne que par innilalion à l'égard de la France. Ses premiers essais poétiques sont des imitations de Fontenelle, de Chapelle et de Chaulieu, de la Fontaine. En vain frapperari-il plus tard sur ses premiers mattres;
c est avec eux qu'il apprit à penser et à écrire, ou
avec leurs imitateurs.
Ijorsqu'il se détache des croyances que lui avait inculquées sa pieuse famille , c'est au milieu des disciples des philosophes fnuoçais. Quand il s'essaie dans rhistoire des opinions religieuses, c'est en copiste de Bayle. Ses plaidoyers pour la liberté Ulimitée de la critique historique ne sont qu'une conséquence rigoureuse des principes du sceptique français. C'est de lui qu'il apprend à porter la controverse religieuse sur le terrain des origines du christianisme. Vers la fin de sa carrière , lorsqu'il soutiendra cette éclatante polémique contre les partisans de rimmutabilité du luthéranisme, c'est à l'école de Voltaire qu'il apprendra ces artifices de composition qui transforment une controverse Ihéologique en une amusante comédie.
Dans la critique des arts, il doit beaucoup d'idées de détail à l'abbé Du Bos; et au comte de Caylus,
' qu'il maltraite, sa distinction capitale entre rimitsr» tien poétique et rimitation des arts du dessin. Il a transformé en une théorie philosophique une observation fugitive du critique français, je le re-* connais ; mais c'est quelque chose que d'en avoir oonçtt la première idée, même en passant.
Dans la critique littéraire, que d'obligations n'»t-il pas envers nos auteurs? Je ne veux rappeler que les principales. 11 fait la guerre au goût fran-> çais avec des jugements d'écrivains français. Ses sévérités les mieux motivées à l'égard de Corneille
sont extraites du Commentaire de YoUaire- Une
grande partie de ses critiques justes ou injustes contre le théâtre de Voltaire et les tragiques français en gteérat^ esl tradiritt oo tirée par dèdodkm des écrits de Diderot.
Oppoëe4-il le goût anglais au goût français, il ne vient qu*aprii éèè éemmo» fronçais ré?éier an monde lettré les beautés de la poésie anglaise. Voltaire a fait connaitre à la France et à F Alleoiagne mtaiè le nom de flhakapeare, longtempe avant que l^ssing prît la plume. Le Marchand de Londres el les romana de Ricbarson sont traduits en France avant qn*il eonçom l'idée de la tragédie bonrgeoise. Il écrit et fait jouer, il est vrai, Misz Sara Sampson un peu avant que le théâtre de Diderot ait paru. Mais e*est l'auteur français qui rédige la poétique da genre; et presque aussitôt Lessing le traduit, et le prend pour guide, iqiràs Aristote, dans le reste de sa oarrièn de dramaturge.
Si nous descendons enfin dans le détail de ses CBiifrea, combien d'empnmts faits à des auteurs dra* matiquea de notre pays? Combien ne deil-il fias à Destouches, combien à Marivaux, combien à Voltmref 11 modifie ce qu'il emprunte, il y ajoute ' dea idées et des intentions nouvelles, je Taceorée; mais il reste Tobligé de cette littérature française qu'il a tant décriée.
En disant ce qu'il doit aux Français, noua avons d^ rappelé son mode d'invention poétique. Il met le monte uniiur à oontribulîon. L'art d'en^nter et de transformer est une partie importante de ssa fjéxûiù dramatique. U compose d'ailleurs par mé-
thode. Suivant un précepte d'Aristote, il conçoit ♦ d'abord son dessein duae manière abstraite, puis il ajoute les noms et les dreonstances» O froid procédé d'invention n'est que trop sensible dans son théâtre, oà le» intentions de Tauteer resaoï^ent le plus souvent au-dessus même de rintérM dramatique. Cependant il a composé deux œuvres à la fois originales et Titantes, Mùma de Barfûêelm et* fmtlia Galotti, rnie comédie et une tragédie. Quant à MisA Sara Sampson et à Nathan le Sage , quoique ces deux pièces renferment de Yéritd>le8 beautés dramaliques Tune doit trop à Lillo et à Richardson ; l'autre, sans parler des emprunts faits à Boccace et à VoUaîre, est trop remplie d'intentions étrangères à l'objet propre du théâtre.
Ses FableSy d'ailleurs ingénieuses et d'un tour élé« gaut, nous paraissent souvent gfttées par un parti pris de brièveté ésopique et par une prétention d'innoy%X et de raffiner en morale. Ses Bpigramnes sont pins mordantes qn^aisées; ses petites poésies lyriques ne sont guère que des exercices d'écolier. - làntre tous ses écrits, nous donnerions volontiers kl préférence au Laokoon, quoique cet ouvrage manque de pian et soit demeuré inachevé. Mais c'est là qu'à peu près exempt de passion, il a déposé le plus de vérités complètes et durables ; c'est là qu'on trouve réunis dans la plus heureuse alliance l'esprit philosophique et l'éroditton.
La Dramaturfjie de Hambourg étincelle d'idées neuves et ingénieuses ; elle est pleine d'enseignements précieux ; mais Tauteur écrit an jour le jour^
stns eooidoniier mb idéM, et s'abudrane trop i n
haine pour le nom français.
Ses phili|ipiqiies coiiUre Goetze sont d'uo polémiste qui ne compte gnèro d'é^ni. Son BdmeiBin tion du genre humain fait longlemps rèiléchir sur ke destinées reHgieosesde rbumaoité.
Enfin, pour apprécier équîtablement le génie de Lessing, il faut laisser de côté toutes ses œuvres particulières, dont aucune ne donne eiactemeot sa mesure, et considérer l'ensemble de ses idées, de ses seutinients, de ses desseins.
C'est un homme du xvni* siècle, esprit très-piéeis, nullement rè?eur, nullement enthousiaste, ennmi de tout mysticisme, en un mot, la critique personnifiée. C'est un philosophe, en religion, en politique, partout. Jamais homme ne fut plus altéré que lui de vérité, de justice, de progrès. Partout il ébranle hardiment les idées établies : mais il ne fait pas appel à l'Etal, comme les philosophes français, pour bouleverser les anciennes institutions. C'est par la discussion seule qu'il essaie de triompher du passé. U cherche, suivant le caractère de sa nation, à produire une révolution dans les esprits plutôt que dans les iaits.
Au resic, il forme une exception en Allemagne par son goût littéraire. Il brûle d'affranchir le génie germanique ; mais il voudrait le couler, pour ainsi dire, dans un moule antique ; disons même qu'il le voudrait assez semblable à l'esprit français, sauf les défauts qui le choquent en nous. U éprouve une véritable antipathie pour Klopstock et pour Goethe; et
cependant il a provoqué le réveil de l'originalité germanique. Mais il est surpris et déconcerté lorsqu'il la voit se dresser devant lui : elle ne répond point a son idéal. Aussi reste-t-il isolé dans son pays, el meurt-il désespéré au milieu de sa victoire.
Lcssing est d'ailleurs un écrivain plus original par son tour d'esprit que par ses doctrines; plus grand par le mouvement qu'il excita que par l'expression de ses pensées. Il ne fut i^Uement créateur que dans la critique; mais peu d'hommes ont plus que lui forcé les autres a réviser leurs opiuioos.