‹ Lesthétique dAristoteChapitre 24 sur 35 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Il faut savoir les leur laisser, quand il n'y a pas moyen de les concilier.

Chez nos voisins, souvent trop épris de tout ce qui a l'apparence de la profondeur et de l'originalité, cette méthode modeste ne peut manquer de paraître banale, superficielle, facile, surtout négative. L'épithète de philistin pourrait bien n'être pas épargnée à l'historien qui la suit. Nous n'en persistons pas moins à la croire la meilleure et la seule vraiment historique.

Est-il besoin de dire qu'elle n'interdit nullement de chercher à éclairer la pensée du philosophe, et à la mettre, s'il le peut, d'accord avec elle-même. S'inspirer de l'esprit général de son système sera toujours aussi la meilleure manière d'en expliquer les détails obscurs et incertains. Nous croj^ons n'y avoir pas tout à fait manqué. Mettre à contribution ses autres écrits, comparer les textes entre eux: loin d'en dispenser, cette méthode y invite; elle en fait même un devoir à l'historien. Sous ce rapport, elle laisse le champ libre à l'érudition et à la critique. Nous Tavons pratiquée dans la mesure de nos moyens. Ce qu'elle interdit c'est d'aller au delà de ce qui est réellement dans les doctrines que le passé nous a léguées, de devancer Tordre des temps et de méconnaître ainsi la loi de l'esprit humain.

A cet égard nous pourrions rappeler la maxime d'un ancien qui lui-même n'y est pas resté assez fidèle : Nihil sapientiœ odiosiits acumine nimîo. Audi quam mali facial nimia suUililas et infesta sit veritati (Senèq. Ep. 88). Mais nous préférons nous en référer au commentaire que Bacon lui-même a donné de son aphorisme : Magnis auctoribiis suus sic constet honos ut auciori auctorum, et Veriiatis parenii Tempori non derogetur (De Augm. I. 36). < Rendons aux grands auteurs l'honneur qui leur appartient, mais sans déroger à ce qui est dîi au Temps, l'auteur des auteurs, le père de la Vérité.

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