LES GENRES DE POESIE
3° OU il les fait agir sous nos yeux. (Poét. III.) De là les trois genres lyrique, épique, et dramatique. Il n'est pas question des autres formes, sinon de la satire, qui rentre elle-même dans le drame satyrique. Les espèces différentes semblent reléguées à un rang inférieur, étant d'un caractère plutôt prosaïque. L'origine historique (ch. iv) qui s'y ajoute ensuite et vient se mêler à la division logique, la complique et y jette la confusion. On ne voit plus apparaître alors que deux genres principaux qui eux mêmes se divisent : l'un, le genre sérieux comprend Y épopée et la tragédie ; l'autre, le ridicule, la comédie et la satire. Mêlés à l'origine chez les plus grands poètes (Homère, etc.), ils se distingueront ensuite selon le goîàt des poètes, les uns se sentant portés vers le genre sérieux, les autres vers le ridicule et le burlesque ou le familier. (IMd.) La tragédie et Yépopée se trouvent ainsi englobées dans le même genre. L'une et l'autre se définissent, l'imitation d'une action noble à l'aide du discours (ch. v. 5). Elles ne diffèrent que par la forme : d'une part l'action scénique, de l'autre, le récit. L'étendue de la composition, le mètre et la forme du vers par lesquelles elles s'en distinguent, n'atteignent pas la vraie différence spécifique. La tragédie s'efforce, autant que possible, de se renfermer dans une seule révolution du soleil ; l'épopée n'a pas de limites de temps. L'unité est plus concentrée d'un côté, elle est plus vaste et plus accommodante de l'autre. L'espace où l'action se déroule y est aussi plus grand. Toutes les conditions de l'épopée sont dans la tragédie, bien que toutes celles de la tragédie ne soient pas dans l'épopée. C'est peut-être pour cela qu'Aristote a choisi comme sujet de son traité la tragédie. C'est aussi elle qui doit nous occuper. Quant à la comédie dont l'objet est le ridicule, ce qu'en dit Arisiote sera examiné plus tard.
IV. — Aristote, qui a fait le premier de la tragédie, la théorie, à peu près complète, l'étudié 1° dans sa nature ou
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dans son idée ; 2° dans sa composition et ses parties principales auxquelles il assigne des règles ; 3° il la compare à l'épopée, le genre le plus rapproché et résout quelques objections relatives à la poésie en général. Des réflexions assez brèves sont consacrées çà et là à la comédie. (Ch. ii, V. ix).