AU PUBLIC
‘En face de l’Eternité, où bientôt, peut-être, Dieu me donnera l’ecrdre d'entrer ; :
‘Me souvenant du pré ‘epte de charité qui oblige le chrétien de n'avoir point d'ennemis, et l'invite à pardonner les offenses reçues, comme aussi à réparer celles que lui-même aurait commises envers ses frères ;
4 Pour m’assurer de plus en plus les grâces de Dieu et sa miséricorde au moment solennel de la mort,
‘4 Je désire faire en toute humilité et sincérité chrétiennes les déclations suivantes :
41. Je pardonne de grand cœur à tous c2ux qui, dans ma vie privée ou publique, en paroles ou en actes, m'auraient causé offense, injure ou ressent ment quelconque.
‘9, Je demande moi-même pardon aux personnes que, dans la vie privée ou publique, dans les luttes politiques ou les écrits sortis de ma plume, j'aurais pu offenser en paroles ou en actes. Si la chaleur de la discussion et l'’amertume du moment m'ont parfois entrainé au delà des bornes de la modération et de la charité, je le regrette sincèrement, et le désavoue de tout cœur.
3, Sienfin, contre mon intention, et les sentiments de respect et d'obéissance filinie que j'ai toujours eus pour la Sainte Eg:ise, ma mère, il m'était échappé, dans mes paroles ou mes écrits, des chose: que l'on pourrait regarder comme moins favorables à l'esprit de soumis:ion et d'amour qu'un chrétien doit avoir pour Celle qu’il considère comme la Maîtresse de la vérité et son unique organe autori.é sur la terre, je les
ET SON TFMPS 941
Parmi tons ceux qui ont pris une part active pour où contre l’un ou l’autre des partis politiques, où qui ont pris fait et cause d’un côté ou de l’autre dans l’ingérence directe du sacerdoce dans les élections civiles, combien y en a-t-il qui, de fait, sont entrés dans le véritable esprit de l'Eglise, et se sont rendus À son appel, quand ils ont été invités, à l’occasion de l’ordination de ses ministres, “ à prier avec elle Jésus-Christ “qu’il envoie de saints prêtres, remplis de vertu et de “ science, capables d’édifier par la pureté de leur con- “ duite et la force de leur paroles ? *
Combien y en a-t-il, parmi ces ministres eux-mêmes, qui se sont livrés à une étude sérieuse et approfondie de ces matières délicates, et plus importantes que jamais, qui font depuis des années le sujet des réflexions et des travaux studieux des Audisio, des Perrone, des Horoy, ete. ? Bien plus, n'est-il pas permis d'affirmer un fait
désavoue complètement, et exprime hautement mon désir de les regarder comme non-avenues.
‘ Dans la situation où je me trouve aujourd’hui, en face de l’éternité qui s'avance, l'homme juge mieux de la valeur des choses humaines. S'il éprouve des regrets, c’est d'avoir donné trop d'aitention aux affaires de c: monde. et d’avoir poursuivi avec trop d'ardeur ce qui, pour le chrétien, devrait toujours être subordonné aux grands intérêts de l'éternité.
‘Que mes; amis, que ceux qui furent mes a lversaires politiques, prient pour moi le Père commun des chrétiens, et si Dieu m'appelle à lui, qu'ils ne refusent pas à mon &me la charité de leurs prières.