‹ Letellier de Saint-Just et son temps [microforme]Chapitre 24 sur 31 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

Démission du Ministère mackenzie.— M. Letellier censuré par le nouveau parlement.—Le Gouverneur-général refuse de le destituer.—Renvoi au cabinet impérial.—Protestation de la Légisture de Québec.—Destitution de M. Letellier,—Sympathie du public.

Après sa défaite aux élections de septembre 1878, M. Mackenzie ne prit que le temps de mettre ordre aux affaires urgentes, et résigna ses fonctions (le 16 octobre),

Lord Dufferin appela immédiatement Sir John A. Macdonald pour le remplacer. Celui-ci composa un ministère formé de presque tous ses anciens collègues, tombés avec lui en 1873, et le 18 octobre les nouveaux ministres furent assermentés. Le même jour Lord Dufferin quittait la capitale pour l’Argleterre, et terminait sa brillante carrière dans l'Amérique äu Nord, pour la continuer plus gloriuuse encore en Europe.

Depuis le succès qui l'avait fait remonter au pouvoir, Sir John Macdonald semblait avoir perdu de vue l’affaire Letellier, Il l’éloignait, et aurait désiré la laisser tomber. Divers motifs l'empêchaient de céder aux

exigences et aux clameurs des conservateurs de Québec, qui espéraient, par la déchéance de M. Letellier, remonter d’un bond au pouvoir, Sir John savait le marquis de Lorne décidémment opposé à cette destitution, et il n'osait, comme ministre, la lui proposer. Le vieux diplonffte était trop clairvoyant pour ne pas apercevoir les conséquences qu’elle entraînerait, entre autres, celle de saper les bases de la grande œuvre de la Confédération, en attaquant l'autonomie et l'indépendance des provinces. Son opinion personnelle n’était pas favorable à cette destitution, si on en juge par son inaction préméditée, et par le sentiment exprimé par son organe, le Muil de Toronto, du 8 octobre 1879. Cette opinion sembla percer davantage le jour où il dit au Marquis de Lorne, que, quand bien même les ministres seraient d'avis contraire au vote du parlement, ils devaien.se soumettre au vœu exprimé par le vote des deux chambres. On nommait trois d’entre ses collègues comme ayant d’abord partagé l'avis contraire à la démission. Mais Sir John s'était engagé envers ses partisans, par des promesses inconsidérées, et la représentation conservatrice de Québec, qui, par son nombre, dominait la situation à Ottawa, le força à plier. Le temps pressait, le Parlement allait s’ouvrir. Jamais à bout de ressources dans les moments critiques, Sir John prit une voie détournée, en permettant à M. Mousseau, député de Bagot, de prendre l'initiative

d'une démarche, qui incombrait au ministère lui-même, et dont il devait assumer la responsabilité officielle, Par cette tactique, il jouait le Marquis de Lorne, en faisant faire indirectement par d’autres ce que le Marquis ne lui aurait pas permis de faire comme ministre, et il évitait, du même coup, le péril dont les siens le menaçaient. On voit qu'il joignit, à un manque de courage dans une occasion aussi grave, une duplicité coupable vis-à-vis du Gouverneur, Il comptait, pour forcer la main au Marquis, se retrancher derrière le vote de la Chambre, dont le résultat était sûrement prévu, et dont la responsabilité ne retombait sur personne, Ce plan, ainsi combiné, ne lui réussit que trop bien. Le vote qui allait en assurer l'exécution étant considéré dans toute sa portée, il en découlait une censure des ministres, pour avoir négligé de de remplir un devoir que la Chambre prenait sur elle de leur imposer. Mais ceux-ci s’entendaient avec leurs putisans, pour n’avoir rien à craindre sur ce chef.

Une fois la balle lancée, Sir John n’était pas homme à la laisser tomber, et nous allons voir qu’il ne manqua pas l’occasion d'aider M. Mousseau, et qu’il prit le soin de lui adjoindre, comme affidé sûr, M. McCarthy, député de Cardwell.

Le Parlement fut ouvert le 13 février 1879, avec

une pompe et un éclat inaccoutumés, par le nouveau

Gouverneur-Général, Marquis de Lorne. La Princesse y assista, entourée d’une suite brillante.

Le même soir, au lever, tous les hauts dignitaires et les personnages de distinction allèrent rendre leurs hommages à l’auguste couple. Parmi eux figurait le Lieutenant-Gouverneur M. Letellier de Saint-Just, Sa présentation fut signalée par une marque d'égard qui fut loin de passer ina, roue, Au moment où M. Letellier allait saluer, le Marquis et la Princesse firent un pas vers lui, en descendant le degré du trône, et lui tendirent la main uvee un accueil de bienveillance prononcée, d'autant plus visible que cette distinction se borna à lui seul.

‘ Trois jours après, M. Mousseau demandait la production de la plainte contre M. Letellier, et le 27il renouvela mot pour mot la motion présentée par Sir John Macdonald à la session précédente. *

* M. Moussea, qui n'avait joué jusqu'à ce moment qu'un rôle effacé en Parlement. saisit avec empressement cette occasion de faire figure pour se hisser au pouvoir. Il ne mit tant d'acharnement au renvoi de M. Letellier, que parce qu'il voyait au delà un portefeuille de min stre. Il l'obünt en effet plus tard ; mais devenu, par sa nu lité, un embarias pour Sir John, il dut bientôt céder le pas à M. Chapleau, lon.me d'une autre capacité, dont la situation cependant était trop compromise à Québec po r yiester. M, Mousseau fut alors imposé à la plice de ce dernier comme : remier ministre de cette Province. On connait le reste, et l'effondrement qui s'ensuivit Homme sans valeur ct sans prévoyance, aussi incapable de relever les affaires publiques que les siennes propres. sac.ifiant le devoir à son appétit, M. M usseau, se mit en quelqnes mois dans un pétrin d'où âme qui vive ne pouvait le sortir. Elu par la ccrruption, il vit son élection invalidée, et il était à la

veille d’une seconde et fatale invalidation, lorsqu'il vint implorer la

LE

Dans an discours soigneusement élaboré et imprimé qu'il tenait à la main, M. Mousseau passa en revue tous les documents relatifs au renvoi du ministère de >oucherville, et il développa tous les griefs et toutes ls raisons invoquées pour condamner l'acte de M. Letellier, Elles étaient les mêmes que celles déjà dis-. cutées au long dans la session précédente, et résumait le talent et le travail des hôtes de la fameuse muison bleus d'Ottawa ; car il faut dire que c’est dans la maison qualifiée de ce nom qu'étaient venues s’instailer en permanence les principaux meneurs qui dirigeaient activement le mouvement contre M. Letellier, entre autres MM. Angers, Dansereau, Tarte, Ross, Sénécal, ete, etc, Ce dernier, disait-on, en faisait généreusement les frais, an moyen d'un contrat lucratif dont il venait de s’assurer, pour fournir des ut locks au chemin de fer du

gouvernement fédéral.

merci de son rival, qui le prit à rançon, et le laissa échapper par une porte de derrière.

Accusé de pécalat par les deux partis, il dut se retirer sous le coup d2 la vindicte publique, et fut forcé, par ceux-là mêmes qui l'avaient placi, à signer sa démission.

Monté au pouvoir pa: la chute de M. Letellier, M. Mousseau a subi, comme il le méritait, la peine du talion: avec cette différence que .M. Let:llier a été destitué par $es enn2mns, tandis que M. Mousseau a été destitué par ses propres amis. Cela est triste à'dire, mais laissons: passer la justice de l’histoire.

Depuis, on a jeté le manteau d'hermine sur les épaules de M. Mous seu. Dans cette nouvell: carrière. nous a'mons à croire qu'il comprendra l'âme de la divise qui accompagne l'hermine, Potiis mori quam

Lœdari.

Les seuls points nouveaux invoqués par M. Mousseau furent : la justification des résolutions au sujet des chemins de fer de Québec, qui ne contenaient, suivant lui, rien de repréhensible, d’odieux ou de rétroactif, et la répudiation de l’acquittement obtenu du dernier parlement.

M. Dalton McCarthy seconda la motion de M. Mousseau, et s'attacha à établir que M. Joly n'avait pas obtenu une majorité parlementaire.

Au moment où M. Mackenzie, chef de l'opposition, se leva pour prendre la parole, M. Ouïmet, député de Laval, à la suggestion de Sir John A. Macdonald, eut encore recours à la tactique de l’année précédente, pour étouffer toute autre expression d'opinion que celle directement soumise à la Chambre, et il proposa la question préalable. Elle avait l'effet, sinon de clore le débit, du moins d'empêcher l'opposition de manifester sa propre opinion. L'opposition se vit obligée d'adopter comme tactique celle qui avait été suivie l’année précédente, savoir, de ne pas exprimer une opinion, ni pour ni contre, et de laisser la Province de Québec seul juge dans l'affaire.

M. Mackenzie reprocha à l'administration d’avoir manqué à son devoir, en n’ayant pas eu le courage de prendre d'elle-même l’initiative d’une mesure aussi importante, et de ne pas avoir destitué M. Letellier, si elle le croyait coupable, pour ensuite soumettre les motifs

de cette destitution au Parlement, ainsi que l’exigeait l'acte de la Confédération. Si M. Letellier avait excédé ses pouvoirs dans le but de favoriser un parti politique, pourquoi, dit-il, craindre de l’accuser sur ce chef? Pour lui, M. Mackenzie, il cherchait en vain cette impartialité judiciaire dont on voulait se targuer de l’autre côté de la Chambre. Un fait incontestable, continua-t-il, est clair, c’est que le ministère de M. Joly se maintient, qu’il fait passer ses projets de loi, qu’il s’est fait voter les subsides, et que l’opposition ne pouvant l'empêcher, a déserté la Chambre. Il désapprouva, comme inconstitutionnelle et contraire aux usages parlementaires, la manière insidieuse dont on se servait pour arriver à censurer le Lieutenant-Gouverneur, et ses ministres, et toute la Province de Québec. C'était mettre en péril notre système politique, et l'autonomie des Provinces, qui doit demeurer intacte pour la Province de Québec plus que pour toute autre.

L'Hon. M. MacDougall blâma le procédé de M.

Ouimet, qui impliquait la méfiance de voir découvrir l'opinion réelle de la Chambre ; il désapprouva le renvoi du ministère, mais fit observer que les Communes s'étaient déjà prononcées pour un acquittement, ainsi que le corps électoral de Québec ; et il conseilla aux députés de cette Province d’hésiter longtemps avant d’établir un précédent si préjudiciable à l'intégrité de leurs droits. La parole de M. McDougall avait du poids, car

il était un des délégués lors de la Confédération, et un des vétérans du Parlement,

Le débat dura trois jours et trois nuits, et la motion de M. Mousseau fut emportée par 136 voix contre 51. Le vote Ctait tranché suivant les partis, Pas une voix ne se détacha ni d’un côté ni de l’autre,

Les conservateurs de Québec jubiluient, leur triomphe paraissait assuré, Pouitant ils devaient, sous peu, subir une déconvenue, L'affaire allait entrer dans une nouvelle phase, qui allait lui donner une tournure plus grave que la destitution d’un Lientenant-Gouverneur. Elle allait produire un résultat aussi peu satisfaisant pour les conservateurs, que malencontreuse pour le ministère et le pays tout entier.

Après le vote de la Chambre, il fallait obtenir l’assentiment du Gouverneur-Géntral, que Sir John Mucdonald était convaincu ne pouvoir arracher, La rumeur publique avait même déjà deviné ce secret miuistériel.

Sir John ainsi arrêté, chercha dès lors des atermoiments et des subterfuges ; maïs ses partisaus de Québec ne lui donnaient ni paix nitrève. Ceux-ci demandaient à tout prix la tête de M. Letellier, qui leur avait été promise, et meuaçaient de ne pas appuyer le nouveau plan fiscal, par lequel devait être inaugurée la politique nationale. Quinze jours se passèrent de la sorte, au milieu de péripéties les plus diverses, tantôt élevant les

espérances des uns, tantôt calmant les anxiétés des autres, Les hôtes de la muison bleue continuaient leurs conciliabules pour tenir leurs partisans en haleine, [ls maugréaient contre leur chef, surtout contre le Marquis, déterminés à ne rien lâcher sous aucun prétexte, Enfin, le 29 mars, Sir John fut obligé d'offrir à contrecœur son avis au Marquis, et de demander la destitution, Il motiva sa demande en exposant qu'après le vote du Sénat, l’année pr'eédente, et le vote récent des Communes, l'intérêt publie exigeait que M. Letellier fût destitué, Le Gouverneur répondit à Sir John qu'il ne pouvait se rendre à cet avis; qu'il devait savoir l'opinion que lui, Gouverneur, avait déjà fuit connaître à ses ministres sur ce sujet; que ce serait créer un précédent dangereux ; que M. Joly, en assumant la responsabilité de l’acte de M. Letellier, avait obtenu l'appui de sa province; qu'il pouvait exister un doute dans l'interprétation de l'acte de 1867, savoir, si la destitution d’un lieutenant-gouverneur était du ressort du Gouverneur-général en personne ou assisté de son consil; que, comme le régime fédéral inauguré par l’acte de la Confédération était jusqu'alors inconnu (unknown) dans la Grande-Bretagne et dans ses colonies, il n’existait pas de précédent pour le guider dans le cas actuel, et que, comme cette décision réglerait à l'avenir les rapports entre le gouvernement fédéral et les gouverne-

ments locaux, en ce qui concerne la charge des lieute-

nants-gouverneurs, il croyaic à propos de soumettre l'avis de ses ministres, ainsi que toute l'affaire et les faits s'y rattachant, au gouvernement de Sa Majesté, pour en recevoir des instructions ; et il termina en demandant à Sir John de mettre par écrit ses raisons, et que lui de son côté ferait de même,

La position des ministres devenaient plus embarassée que jamais, Il fallait plier, ou résigner le pouvoir, Celle du Marquis était également difficile : car il était évident que son ministère avait en main la force du nombre, Le Gouverneur avait à peu près la certitude que les ministres, en résignant, continueraient à être soutenus par la même majorité en chambre, et il entrevoyait la probabilité aussi, d’après les élections récentes, qu’un nouvel appel au peuple les ferait remonter au pouvoir,

Le 2 avril, Sir John revint à la charge auprès du Gouverneur, mais d’une autre manière, et en baissant pavillon cette fois. Il suygéra, comme alternative, d'adopter les vues du Marquis, et d’en référer aux autorités impériales. Cet avis, qui n’était autre que celui du Marquis, fut adopté, et il fut convenu entre eux d’une déclaration écrite que Sir John avait tonte prête, et qu'il communiquerait le lendemain aux Communes. Cette déclaration était rédigée de manière à laisser entendre, (était-ce par inadvertance ?, que c'était le Gouverneur lui-même qui soumettait de son chef la cause à l’An-

gleterre, et rien n'y démontrait que ce fût d'après l'avis de son Conseil, Elle trompa de prime abord la Chambre et le public.

Cette déclaration fut lune aux Communes à l’ouverture de la séance suivante, et fut reçue pur les sifflets et les hautes des conservateurs, qui ne purent contenir leur dépit et leur désuppointement, La gauche applaudit à cette défaite, ce qui fut interprété par les journaux, mais à tort, comme un applaudissement à lattitude ferme prise par le Marquis. Cette démarche de sa part n'était pas tout à fait imprévue, car un député, dans le cours du débat, avait indiqué les autorités impériales comme le tribunal qui finirait par être saisi de l'affaire. #

La révolte de ses partisans fit passer un nuage sur le front de Sir John; c'était la première fois qu’il recevait en pleine chambre un affront public de son parti, Les mécontents quittèrent de rage leurs sièges, et se réunirent en cœucus, L'orage qui grondait depuis longtemps éclatait enfin,

A la séance du soir, M. Ouïmec protesta hautement contre l’étonnante déclaration qu'il avait entendue, et contre la conduite du Gouverneur, qui avait foulé aux pieds, disait-il, les droits du peuple, en refusant de se rendre à l'avis de ses ministres, et en référant au gouvernement impérial une question d'administration purement interne, “ Peut-être, ajouta-t-il, j: ne devrais pas

* Débat de la Chambre des Communes du Canala, 1879, page 392.

dire: refuser l'avis de ses ministres, car je suppose que si cet avis eñt été formellement refusé, le gouver. nement aurait agi d'une autre manitre...….., Come représentant du peuple, je me crois humilié aujourd'hun, j'ai compris que nous m'étions rien ici. Depuis

23 à 80 ans, j'avais toujours cru que nous jouissions du gouvernement responsable, J'ai appris, cet arrèsnidi, que je me trompais. L'homme d'Etat qui a fait cette déclaration à dû se sentir humilié Torsquil la faite, S: lon moi, elle m'est autre chose qu'une renoncation au gouvernement responsable,

……. "La vraie question n'est pas maintenant de savoir si le verdict de la Chambre est équitable, si M. Letellier a eu tort où raison, La question est celle-ci: la Chambre doit-elle laisser le Gouverneur-Gnéral refuser l'avis des ministres qui ont la majorité sur une question d'administration locale? où devons-nous protester, et dire que nous croyons au gouvernement responsable et que nous voulons le maintenir ??

Sir John À, Macdonald, au lieu de défendre la dignité

de la Couronne et de mettre le Gouverneur hors de

cause, en endogsant couragensement son propre avis et la

responsabilité qui y était attachée, donna clairement à en-

tendre que le Gouverneur agissait de son chef, et avait

pas enfreint la Constitution; qu’en agissant comme of-

ficier impérial, le Gouverneur désirait avoir des instruc-

tious de sa Suuveraine, Que lui, Sir Jobhu, aurait été heu-

reux de voir son avis acsept, mais que citavis n'avait été ni accepté ni refusé. Evil eut la Dichoté de laisser tomber sur le Marquis tout l'olieux d2 sa pros conduite, qu'il voila ainsi pour le moment,

M. le député Cockburn, ex-président des Coinnunes, ne voulut pas azsepter citte explication. [l désnpprouva le langag: irrespietucux de AL Oiinit envers le Marquis, ce qui, dit-il, ne doit junais Gr: purinis devant la Chumbre, [ajouta qu'il se sentait, lui aussi, humilié de la conlaite du premier ministre, MM. Vallée, Dsspurdins et Mousseau, parlèrent dans L: 3003 de M, Ouimet,.

La situation était trop tendue pour rester lon gonnps en suspens, Dès le lenlanuin, M. Monsseur donna avis d'un vote d> non-coufiinss contrs L: ministère, pour en avoir référé à l'Angleterre,

Si John avait commis une faute grave, en ab liquant son droit et son devoir d'initiative, pour les abaa bone à la discrétion du parti dominant aux Com nunes [len subissait la peins et les conshquensss, [n'avait pas a clé de suite à l'avis du Marquis, et il s'était vu frs d'y revenir en dépit de Tai-même, Eu pliant ainsi, il ronone Gil au gouvernement responsable, Son divoir était chair: destituer Letellier, ou résigner le pouvoir Une telle conduite dé sa part avait jeté le désarroi dans son Ginih. Les conservateurs, réunis en causes, jituisn fou

ctiliunue contre Le Gouverusur-gialrat, Ou voulait

demander son rappel, La presse conservatrice s’unissait à cette partie de la députation, pour le blimer et l'injurier, La Minerve alla jusqu’à dire “que le jeune “ homme de HKideau-Hall ne valait pas mieux que le “ forban de Spencer- Wood.”

Une section des conservateurs de Québec voyait clairement le but que MM. Chapleau et Angers voulaient atteindre, en poursuivant leur vengsunte contre M. Letellier. Ils étaient loin de vouloir leur confier de nouveau l'administration des affaires de Ja Province de Québec, jugeant que M. Joly avait le support, non seulement de la masse du peuple, mais de la classe la plus influente par ses richesses et sa respectabilité,

I] se fit un mouvement parmi les conservateurs modérés, pour se débarrasser de ee qu'ils appellaient r'uisehell party; et jour opérer dans la Province un changement politique et financier, dans la prévision que la déchéance de M. Letellier y nécessiterait un nouvel appel au peuple.

L’icée de la location du chemin du Nord à des capitalistes pour en faire l'exploitation, et pour assurer un revenu fixe de 8200 000 à la Province, et la tirer ainsi d’embarras, contribuait à accélérer ce monvement, Il est regrettable que cette location n'ait pas été faite dans le temps: elle eût empêché la vente désastreuse du chemin de fer du Nord.

La déclaration du 2 avril, comme l'acte du 2 mars,

était, ainsi qu'on le voit, grosse d'événements, et il était fortement question d’une coalition des conservateurs avec MM. Blake et Mackenzie. Car les mécontents étaient tellement irrités qu'ils voulaient répudier Sir John.

Ils ne se génèrent pas de dire tout haut que le premier ministre, qui avait annoncé à ses partisans que le refus du Gouverneur, auquel il s'attendait, devait entrainer sa résignation, les avait joués ; “qu'il leur “ Cchappait toujours, et les faisait passer pour des fous. Is lui reprochaient amèrement de les avoir laissés aller si loin, sans leur dire que le but à atteindre était impraticable,

Quant aux amis de M. Letellier, toit en désappronvant la conduite humiliante du ministère, ils avaient intérét à recourir à un tribunal où au moins ils pourraient compter sur l’impartialité,

Le Marquis, froissé et piqué au vif, ne voulut pas laisser subsister plus longtemps la fausse impression qui avait ameuté injustement le publie contre lui. IT résolnt de faire peser sur ses ministres et non sur lui la responsabilité qui leur incombait, Il échangea, dit-on, nne correspondance à ce sujet avec Sir John A. Macdonald, Dans tous les cas, le résultat fut que celui-ci dut onvertement assumer en pleine chambre la responsabilité de l'avis adopté, comme donné par les ministres eux-

mêmes, Toutefois, il y apporta encore une réticence et un

manque de franchise, en se barnant à dire que la chose m'avait pas eu lien contre l'avis des ministres. En mêne temps il annonça, pour satisfaire ses partisans, que son collègue M. Langevin, du consentement du Gouverneur, partirait immédiatement pour lAnzleterre, afin d'appuyer les vues du ministère sur la dstitutior,

A la suite d2 ces événements, on remarqua, dans Les réceptions an chitean, un refroidissement visible entre le Marquis et ses ministres.

Le Gouvernsur-giniraltransinit au secrétaire des Colonies, Sir M.-E.-Hicks Beach, nn mémoire en date du

acc &«

v' Lee)

9 avril, contenant les motifs qui l'avaient en adopter la ligne de conduite qu'il avait suivie, et il eut soin de faire corroborer lexactitude de son exposé par

son premier ministre, Voici ce mémoire :

(Traduction) & Gouverneu:-Général, N>5<,5 mars 1=39.

& Gouverneur Général, N 5l,loimars 1+59 & HÔTEL pu GOUVERNEMENT,

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