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CHAPITRE PREMIER

Généalogie de la famille Letellier de Saint-Just. — Un soldat de la compagnie de Fouville. — L'aïeul de M. Letellier. — Son père.

La maison paternelle où est né M. Luc Letellier de Saint-Just (12 mai 1820) est située à un mille environ de l'église de la Rivière-Ouelle, sur le sommet d'une élévation appelée les Coteaux, qui s'étend de chaque côté, à l'Est et à l'Ouest, et qui forme en cet endroit l'épaulement du rivage du fleuve. Le chemin du Roi, qui sert de communication tout le long de cette côte, après avoir traversé la rivière, monte le coteau et passe à une petite distance, en se dirigeant vers la

paroisse voisine do Saint-Denis. Formée «le soli murailles en pierre, la maison est à double étage, à toit surbaissé, et ornée d'une galerie qui s'étend sur toute façade. Elle s'élève au milieu d'un massif d'arbres disposés en avenue du côté du chemin. En été, quand les arbres sont garnis de feuillage, la maison est à demi cachée par ce rideau de verdure, et présente un aspect de gaieté et de confort.

La vue dont on y jouit est étendue et fort variée. Du côté du Nord, au delà du fleuve, sont les me bleues de la Malbaie, des Eboulements et de la B Saint-Paul. Vers le Sud, au pied du coteau, s'étend une crrande vallée où serpente la Rivière-Ouelle, et qui se termine à l'horizon par les hauteurs des Alleghanys. Sur un des monticules, qui en est détaché, on aperçoit l'église, le village et le collège de Sainte-Anne, où M. Letellier a lait une partie de ses études. En deçà, dans la vallée, près du pont de la rivière, s'élèvent l'église de la paroisse avec ses dépendances, sou couvent et un groupe de maisons, parmi des vergers et des touffes d'ail ires. Vers l.i gauche .s'étend une vaste savane, en partie couverte de bruyères, au centre de laquell trouvent des 11 iques d'eau qu'on appelle les mares, 1 1 i ù M. Letellier est souvent venu faire la chasse aux canards, aux ï et aux pluviers. Cette résidence

de M. Letellier fut construite au commencement d siècle par son père, sur une propriété considérable iju'il

avail acquise, et qui est encore aujourd'hui le bien ] aternel.

Les ancêtres de la famille Letellier sonl originaires de la Picardie. Grâce aux patientes recherches de Lîabbé Tauguay, il nous esl permis de tracer la généalogie d( cette famille jusqu'au ITième siècle, depuis son départ de cette province de France jusqu'à nos jours. Elle vint se fixer d'abord à Québec, puis à Saint- Yallier, et enfin ^tendre une de ses branches à la Rivière-Ouelle.

M. Michel Letellier, le premier ancêtre venu dans la Noi velle-France, émigra avec sa femme, Marie Mélic, dans les premières années du siècle dernier. 11 était natif de Saint-Quentin, aujoi rd hui du département de l'Aisne, et désigné dans nos registres comme relevant du diocèse de Noyon. Nous ferons observer en passant que la ville de Saint-Quentin est un endroil qui n'est pas sans intérêt pour les Canadiens ; c'est dans cet e \ que sonl àéâ deux écrivains français remarquables, qui ont occupés particulièrement du Canada ; l'un esl le P. de Charlevoix, le premier historien de la Nouvelle- France ; l'autre Henri Martin, l'illustre académicii u, mort récemment, qui a consacré au Canada des admir bl a grande Hû • ce.

Fn i ci i- 1 i tellier de Saint-Just fils de Mil h< I, Qi ébec » u 1709, suivit la car] : ei tra

dans un régiment fiançais stationné dans lu col< ni< , où

il fit partie de la compagnie de Fouville, ainsi qu'il est mentionné dans une lettre de congé qui est conservée dans les papiers de la famille Letellier. Ce document officiel porte, entre autres signatures, celle du gouverneur de la colonie, M. le Marquis de Beauharnois, et celle de l'intendant Hocquart. Cette lettre de congé, qui est aujourd'hui en notre possession, est d'autant plus intéressante et curieuse qu'elle constate le vrai nom de M. Letellier, que certains journaux hostiles lui ont souvent contesté, sous prétexte qu'il l'avait assumé sans droit par une ridicule prétention nobiliaire. Voici le texte de ce document :

François Letellier Charles, Marquis de Beauharnois, commandeur de deStJust l'ordre Royal et Militaire de St.-Louis, Gouvernent

et Lieutenant général pour le Roy en toute lu Nou-

JJe Fouville velle France, tenu et Païfi de la Louisiane.

NOUS avons donné congé absolu et permission de se retirer des troupes au nommé François Letellier de St Just, soldat de la compagnie de Fouville, pour rester en cette colonie, y étant marié et étably ; fait à Québec le premier octobre 17 40.

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