PLANTES
La couche tertiaire moyenne qui seule est développée au midi de la Russie, en Pologne et en Bessarabie, n’est pas riche en Plantes fossiles; il ne s’en trouve que des troncs de Conifères, qui se rencontrent aussi dans le tertiaire moderne du nord de la Russie et de l’Oural septentrional; les empreintes de feuilles * d'arbres dicotylédones se trouvent encore beaucoup plus rarement dans la couche d’alluvion aux environs d'Orenbourg et dans le royaume de Pologne **, près de Lubline, de Lipowetz et de Zwerginetz.
Les troncs d’arbres se sont le mieux conservés à cause de la dureté de leur bois qui est pour la plupart complètement silicifié; mais il est très-difficile d'en déterminer le genre et plus encore l'espèce à laquelle ils appartient, car la structure microscopique est très-uniforme dans la plupart de ces arbres.
Les Conifères fossiles se trouvent quelquefois en grande quantité avec leurs racines bien conservées et les troncs s'élèvent verticalement du sol, comme dans leur position naturelle. Une telle forêt de la période tertiaire se voit près du village de Zalisce au-delà de la ville de Mohilew au bord du Dniester, où les deux côtés d’un ravin profond et large se composent d’une argile tertiaire à couches calcaires alternantes et riches en Coquilles marines, dont j'ai décrit les espèces plus haut. Les troncs de Conifères fossiles de l’argile ont une grande longueur et un diamètre de plus d’un pied; ils sont entièrement silicifiés ; les racines sont placées encore dans le sol les unes si près des autres qu'il faut conclure qu’il a existé là une forêt de Pins pendant la période tertiaire; Mr. GôPPERT a appelé ce pin Peuce Eichwaldiana.
* Mr. Murouison (Russia and the Ural mountains vol. IT, pag. 503) regarde les empreintes de feuilles de Kamyschine comme tertiaires, mais elles se trouvent plutôt dans un grès quartzeux crétacé.
** Purcx Polens Palaeontologie 1. c. pag. 180.
Le caractère de la Flore tertiaire en général se manifeste dans l'absence des plantes exotiques, principalement des Fougères arborescentes, qui croissaient dans le midi de la Russie pendant les périodes antérieures. C’est le même cas avec les contrées occidentales de l'Europe, dont la Flore avait un caractère semblable; on trouve dans leurs terrains tertiaires des troncs fossiles d'Araucaria, de Cupressus, de Taxus, de Thuja, de Taxodium et d’autres Conifères, en outre des empreintes de feuilles de Chènes, de Hêtres, de Noyers, d'Ormes, de Peupliers et de beaucoup d’autres arbres-qui constituaient les forèts, dans lesquelles habitaient les Mastodontes, les Mammouths, les Rhinocéros et d’autres espèces éteintes deRuminants; par conséquent le climat a dû être plus chaud que maintenant et la Flore a dû avoir un caractère tout particulier et différent du caractère actuel de notre Flore européenne.
Les contrées tempérées de l’Europe en général et de la Russie en particulier se distinguaient par les familles des Conifères, des Cupulifères, des Bétulinées, des Salicinées, des Ulmacées, dont on trouve, surtout en Allemagne, les feuilles ,-les châtons, les cônes fossiles, plus souvent encore le bois des Conifères, dont les feuilles ne se trouvent fossiles chez nous que dans l’ambre des provinces Baltiques ; le climat était tempéré ou même plus chaud, que celui d'aujourd'hui dans les mêmes régions, car les insectes de l'ambre ressemblent beaucoup aux genres qui vivent maintenant en Amérique.
Quant à la Flore du terrain d’alluvion, elle a changé continuellement, comme le terrain lui-même; c’est ce que nous voyons encore de nos jours. C’est ainsi que la côte nord-ouest de l'Esthonie change sans cesse, nous y voyons des iles qui se réunissent au continent, comme p. €. l'ile ci-devant de Nuck, à laquelle se sont réunis peu-à-peu les ilots de Harja, de Bysholm, de Lickholm à la côte orientale et l’ilot de Ramsholm à la côte occidentale de Nuck, qui tous ne forment maintenant qu'une seule presqu’ile avec la côte nord-ouest de l'Esthonie s’élevant de plus en plus au-dessus du niveau de la mer“. C’est de cette manière que les anciennes îles à ambre de la Baltique ont disparu, en se réunissant au continent de la Prusse.
* Voy. mon mémoire: Dritter Nachtrag zur Infusorienkunde Russlands, nebst einer geologischen Einleitung über Esthland und die nahe gelegenen Inseln, avec une carte, dans le Bulletin de la Soc. des Naturalistes de Moscou, IT, 1852, pag. 16.
En même temps que la surface du globe change, différentes couches du terrain d’alluvion se déposent continuellement les une au-dessus des autres et nous trouvons assez souvent des troncs d'arbres bien conservés et ensevelis dans ces couches, situées assez profondément, comme presque partout dans l'Esthonie occidentale, quelquefois ce sont des chênes, dont les racines se trouvent en grand nombre les unes près des autres à la surface de la terre, comme p. e. sur une vaste plaine aux environs de Kattentak où il y avait encore à la fin du siècle passé une forêt de chênes. Quelquefois des débris de ces troncs d'arbres se retrouvent à une profondeur beaucoup plus grande; comme à Ekmès, à Nyby, mêlés de cônes de pins, de noisettes, de glands de chênes, de semences de Menyanthes trifoliata, de tiges de Phragmitis.communis, même de quelques objets d'art: tout celà nous prouve que ces forêts ont été successivement envahies par des marais et ensevelies pendant la période actuelle, puisque ces plantes, sont encore indigènes en Esthonie,
Il y avait aussi autrefois en Livonie et en Courlande de grandes forêts de chênes qui ont disparu depuis longtemps; car on y trouve aussi des troncs de chênes* sous le gazon à une profondeur assez considérable, de même qu’en Courlande où également ces forêts ont été envahies par des marais.
Ce qu'il y a de très-curieux, ce sont les débris d’un charbon noir, se trouvant ensemble avec d’autres restes de végétaux dans la tourbe, comme p. e. près de Sôttküll en Esthonie, sur la route de poste pour aller de Pernau à Réval. La tourbe y contient à une profondeur de # ou 5 pieds du charbon tout noir en couches presque régulières et nous montre que le bois se change aussi en charbon friable par la voie humide à une certaine profondenr au-dessous de la surface. En même temps l’oxyde de fer hydraté se développe et conserve, en les pénétrant, les corps organiques, surtout les troncs d’arbres,.
L'origine de là tourbe est à l’ordinaire accompagnée de quelques changements de niveau du continent et des fleuves voisins ; cela se voit par les débris végétaux, surtout par les grands troncs d'arbres qui se trouvent ensevelis dans la tourbe sans y croitre, les seuls arbres et arbrisseaux qui croissent maintenant en Esthonie dans la tourbe maré-
* Voy. Weper und WiepEemann Flora von Liev-, Esth- und Curland pag. 583, où il est dit: an mehreren Stellen von Lievland finden sich unterirdische Eichenwälder,
cageuse, ce sont les Aulnes (Alnus glutinosa), les Bouleaux nains (Betula nana), le Myrica Gale et quelques autres, dont les feuilles et les troncs se rencontrent assez souvent carbonisés dans la tourbe.
En dessous de la tourbe se trouve dans ces contrées marécageuses un terrain très-semblable au terrain noir ou tschernozem de la Russie, comme il se voit bien distinctement en Esthonie près de Nyby; le terrain noir doit être par conséquent de la même origine lacustre que le terrain tourbeux, car il contient beaucoup de Diatomées, de cuirasses siliceuses de Synèdres de Cocconèmes,deNavicules et de beaucoup d'autres genres, vivant dans les marais.
Le terrain erratique à blocs de granit et de gneiss, entremélés de blocs calcaires arrondis ou polis et striés est plus ancien que ce dépot du terrain noir qui le couvre le plus souvent; il est lui-même couvert | en plusieurs endroits de petits nids d’une couche argileuse et celle-ci d'un sable grossier à coquilles marines, actuellement vivantes dans la Baltique, comme nous verrons plus bas.
Plantes fossiles.
Dicotylédones.
Ordre premier.
Conifères.
Famille première.
Abietineae.
Genre I. Aslerodeñndron m.*.
Le tronc de cet arbre fossile est très-fort, il à presque la structure de l’Araucaria, ses couches concentriques sont à peine distinctes; le corps ligneux est très-grand, compact et traversé par beaucoup de rayons médullaires très-minces, le corps médullaire est petit, anguleux, irrégulier, presque excentrique. Les vaisseaux ponctués du corps ligneux sont pourvus sur les parois qui correspondent aux rayons médullaires de pores arrondis, disposés quelquefois en 3 ou 4 rangées très-
Le nom vient de asmp, étoile et Ôevôpoy, arbre; j'ai proposé ce genre en 1846; voy. ma Géognosie de la Russie (en russe).
rapprochées ; les pores en deviennent anguleux (hexagones) et sont situés en spirales obliques; le seul orifice intérieur des pores se voit distinctement. Les rayons médullaires sont simples, très-minces écartés les uns des autres et réunis par des rayons obliques transversaux non ponctués sur les parois.
Ce genre ressemble beaucoup au genre Dadoxylon ENDz. * qui selon Mr. GôPPERT “* est le même que le senre Araucarites;il se trouve dans le terrain d’alluvion du nord de la Russie.
Esp. {. Aster. Issedonum m.
Pis XIV, fig. 4-0,
Trunci cylindrici strata lignea concentrica non distinguenda, vasa ligni seu cellulae prosenchymatosae porosae, tres-quatuorve pororum sexangularium series longitudinales, parietibus tenuissimis, pororum radii medullares tenuissimi inter 2, 3, 6, vel 10 series vasorum porosorum dispositi, canalibus intervascularibus distinctis.
Le tronc de l’arb'e a un diamêtre de 10 pouces, la PI. XIV, Fig. 9 en montre la section transversale très-réduite; il est dépourvu de couches annuelles concentriques distinctes, les vaisseaux du corps ligneux ont 3 ou 4 rangées longitudinales de pores anguleux à parois minces; les rayons médullaires très-minces se trouvent entre 2, 3, 6 ou même entre 10 rangées de vaisseaux ponctués; les canaux intervasculaires sont distincts.
La couleur du bois est brun foncé dans les lames très-minces et noire dans les gros morceaux.
Hab. dans le terrain d’alluvion de la pente occidentale de l’Oural au bord d’une rivière près de la ville d’Oufa aux mines de Yougoffsk; le centre médullaire du fragment du tronc est rapproché d’un côté; un autre tronc très-grand, dont je donne la section transversale sur la PI. XIV, fig. 8, s’est trouvé dans un marais à 40 verstes de la ville de Totma du gouvernement de Vologda; il est entièrement changé en silex et pourvu dans ses fentes de beaux groupes de crystaux d’améthiste et de très-petites veines onduleuses d’agathe rubanée; le diamètre de ce tronc est de 2 pieds et sa couleur d’un noir foncé.
Section transversale de l'arbre de Totma (PI. XIV, fig. 7): les cellules du corps ligneux sont pour la plupart tétragones, quelquefois hexagones ct de grandeur différente; les rayons médullaires se
* Voy. UNGEr genera et species plantarnm. Vindobonae 1850, pag, 378. ** Voy. Gürreer Monographie der fossilen Coniferen. Leiden, pag. 230.
composent indistinctement de petites cellules minces, allongées et sont séparés, par de petites fentes, des cellules du corps ligneux; les canaux intervasculaires sont toujours distincts.
Sectionlongitudinale parallèle aux rayons médullaires (1 c. Tab. #—5): les vaisseaux du corps ligneux sont un peu infléchis, même ondulés (I. c. fig. 5 a) dans une section un peu oblique, à extrémités très-pointues ou aiguës, minces, disposés en faisceaux et très-rapprochés à 3 ou 4 rangées longitudinales des pores anguleux hexagones; les rayons médullaires traversent très-souvent (on voit 20 et plus de rayons médullaires superposés les uns aux autres) les vaisseaux ligneux rapprochés, qui dans ces endroits sont dépourvus de pores. Les cellules des rayons médullaires sont allongées à extrémités obtuses. |
Section longitudinale parallèle à l'écorce (I, c. fig. 6): les rayons médullaires sont disposés entre 2 ou 3 vaisseaux ligneux, superposés de 2 à 20 les uns au-dessus des autres; leurs rangées ne sont pas droites, mais un peu infléchies, les parois des cellules des rayons médullaires sont assez grosses et plus ou moins comprimées et anguleuses ; les vaisseaux ligneux sont très-longs et infléchis à extrémités très-pointues. 4
Le tronc se trouve tout-à-fait dépourvu de vaisseaux résineux,
Genre II Peuce WITH. ENDL.
Le tronc d'arbre est conique et rameux, le corps médullaire est petit, mais les couches concentriques annuelles du corps ligneux sont très-distinctes, les rayons médullaires se composent d’une ou de deux rangées de cellules très-minces à pores très-petits; la paroi des vaisseaux ligneux est pourvue de 1, de 2, quelquefois de 3 rangées longitudinales de pores.
Les Pins de nos forêts ont la même structure; l’écorce se compose de cellules hexagones vasculaires, le corps ligneux de couches concentriques annuelles très-distinctes, dont le côté extérieur contient des cellules minces et comprimées (cellulae prosenchymatosae) à parois grosses (cellulae exteriores pachytichae), le côté intérieur est composé de cellules très-grandes à parois minces (cellulae interiores leptotichae) ; le centre médullaire est petit, et se compose de très-grandes cellules allongées (cellulae parenchymatosae). Les pores des vaisseaux ligneux sont arrondis et écartés les uns des autres ou opposés les uns aux autres.
Le genre se trouve partout dans les terrains de toutes les périodes et surtout dans les terrains tertiaires et d’alluvion.
Esp. 2. Peuce Eichwaldiana Gôpr. Pinites Eichwaldianus Gôpp,*
Strata ligni concentrica distincta, vasa pachyticha ad strati limitem crassiora, pori uniseriales sparsi subremoti, radii medullares simplices e cellulis 1 — 10 superpositis exstructi,
Hab. dans le terrain tortiaire près de Zalisce où l’on en rencontre des fragments silicifiés d’un demi-pied de long et de large, d’un brun foncé et d’une couleur tout-à-fait noire.
Les couches concentriques du corps ligneux sont très-distinctes, les vaisseaux à la limite de chaque accroissement annuel sont très-gros, les pores sont disposés en une seule rangée, assez écartés les uns des autres et les rayons médullaires sont simples, composés de 1 à 10 cel- Jules, disposées les unes au-dessus des autres.
Section transversale: les couches annuelles se composent de 25 à 35 cellules anguleuses, les cellules du printemps sont trèsgrandes à parois très-minces, il y en a 15 à 20, celles de l'automne sont petites, ovales à parois épaisses, au nombre de 10 à 13; elles se montrent incessamment après les cellules du printemps, parmi lesquelles on voit rarement des canaux minces intervasculaires; les rayons médullaires sont disposés dans une rangée à cellules allongées et étroites et ne se distinguent que sur quelques endroits de la section transversale. |
Section longitudinale parallèle aux rayons médullaires: les vaisseaux du corps ligneux sont tantôt larges, tantôt étroits, disposés en rangées alternes, 6 à 8 vaisseaux étroits se trouvent entre 5 à 6 plus larges; sur ceux-ci on aperçoit de très-grands pores à deux cercles et disposés en une ou deux rangées longitudinales, les pores des vaisseaux étroits sont toujours plus petits et disposés en une seule rangée ; les rayons médullaires sont rapprochés les uns des autres, les parois sont pourvues de 1, 2 ou 3 pores très-petits, composés toujours d’un seul cercle; les canaux intervasculaires des vaisseaux ligneux à extrémités très-pointues ne sont pas bien-distincts.
Sectionlongitudinale parallèle à l'écorce: les rayons
* GüPrErT über ein in Volhynien gefundenes versteintes Holz in Er- MaN’s Archiv für wissenschaftliche Kunde von Russland. Heft III, 1841, Tab. Il, pag. 493. ‘
médullaires sont au nombre de 1 à 8, quelquefois même de 10 à 12 et disposés les uns au-dessus des autres.
Ce tronc fossile ressemble beaucoup au Pinus abies, quoique dans celui-ci les grands pores des vaisseaux ligneux soient disposés plus régulièrement les uns à côté des autres et que les pores des rayons médullaires soient au nombre de 3; quelquefois de 4, les uns près des autres et que les rayons médullaires soient en nombre double, situés les uns près des autres.
Esp. 3. Peuce borealis 7.
PLAIT. das:
Trunci cylindrici strata concentrica tenuissima, vasorum ligneorum parietes ad strati limitem externum crassi et ad internum limitem tenues, pori horum vasorum biseriales, majores, binis semper invicem oppositis, radii medullares inter #, 5 vel 6 vasa lignea dispositi biporosi, sibique invicem {0 vel 12 superpositi; vasa resinosa nulla.
Hab. dans le terrain aurifère du nord de l’Oural près de Bogoslawsk, avec les ossements fossiles du Bos priscus, du Rhinoceros tichorhinus et de l'Elephas mammonteus.
Le fragment de ce tronc d'un jaune clair est d’un diamêtre de 10° pouces et se compose de couches concentriques, assez grosses qui se séparent facilement les unes des autres; les couches annuelles concentriques sont tellement minces, que quatre en occupent la largeur d’une ligne ; les 12 ou 13 cellules qui composent des rangées transversales très-régulières du corps ligneux montrent l’accroissement du printemps très-différent de celui de l'automne ; les rayons médullaires sont situés entre 4, 5 ou 6 rangées longitudinales de vaisseaux ligneux et ont deux pores très-petits, disposés l’un à côté de l’autre, les vaisseaux ligneux sont pourvus de deux pores très-grands.
Section transversale (PI. XIV, fig. 3 a b): les vaisseaux ligneux sont un peu allongés presque quadrangulaires, ceux de l’automne sont pourvus de grosses parois, ceux du printemps ont les parois minces; il existe souvent entre deux rangées de grands vaisseaux ligneux deux rangées de petits vaisseaux; les cellules sont aussi ovales, quelquefois triangulaires, mais plus souvent quadrangulaires ou sexangulaires; chaque couche annuelle se compose de 12 rangées transversales de cellules qui diminuent très-vite en grandeur et finissent rapidement à l’acroissement de l'automne; les rayons médullaires, situés entre 4 ou 5 rangées de cellules ligneuses, sont assez gros, à cellules
comprimées et très-allongées, plus longues et plus grosses que dans les espèces vivantes de Pins.
Sectionlongitudinale parallèle auxrayons médullaires (1. c. fig. 2): les vaisseaux ligneux sont gros et longs, pourvus de deux rangées de pores assez gros et opposés les uns aux autres ; on voit rarement des pores simples et encore plus rarement trois rangées longitudinales de pores; les rayons médullaires sont rapprochés entre eux et ordinairement pourvus de 2 pores très-petits, situés les uns à côté des autres.
Section longitudinale parallèle à l’écorce (1 c. fig. 1): les rayons médullaires se composent de 4 à 8 ou même de 12 cellules disposées les unes au-dessus des autres en rangées longitudinales un peu infléchies, sans vaisseaux résineux, en quoi l'espèce ‘diffère du Pinus pumilio, dont elle est très-voisine, mais dont les vaisseaux résineux sont très-distincts.
Quatre couches annuelles ligneuses occupent l’espace d’une ligne, voy. la grandeur naturelle d’un fragment de ce bois fossile (1. c. fig. 3 b); il s’en suit que le fragment du tronc de la grosseur de 10 pouces se compose de presque 480 couches annuelles, mais comme le tronc entier avait sans doute une grosseur double, il doit avoir un âge de 700 à 800 ans.
Le Peuce Baeriana Goep. et le Peuce Middendorfiana Gôpr, des toundres de Sibérie près des fleuves de Taimyr et de Boganida sont pénétrés de chaux carbonatée et diffèrent de notre espèce du nord de l'Oural par les pores des vaisseaux ligneux, dont il n’y a qu’une seule rangée sur leurs parois; les deux espèces de Sibérie se rapprochent beaucoup plus du Pinus sylvestris. Des troncs de Pins entièrement silicifiés se trouvent aussi dans le terrain d’alluvion au mont Daschkesan près d'Elisabethopol au Caucase,
Esp. 4. . Peuce succinifera Goppr.
BERENDT Organische Reste des Bernsteins, Bd, 1, Abth, 1. Berlin 1845, pag. 60, PI, I, fig. LP PI. IL, fig. 1—8.
Ligni strata concentrica distincta, vasa ad strati limitem leptoticha sensim angustiora, pori vasorum ligneorum uniseriales subremoti aequidistantes, radii medullares simplices e cellulis 1—16 superpositis exstructi,
Hab. avec l’ambre de la Baltique, surtout sur les bords de la Samlande, où il y a, d’après les observations de Mr. GôPPERT, 4 espèces de Pins à ambre; ce bois à ambre se trouve aussi sur les bords de Ja Courlande,
d’Eichwald, Lethaea rossica, “4. 28
près de Libau et même au golfe de Riga, où la mer rejette souvent de l’ambre sur les côtes; le lignite contenant de l’ambre s’est trouvé aussi sur le continent à une grande distance de la Baltique, à Lomza et à Ostrolenka dans le royaume de Pologne, à Brest-Litowski au gouvernement de Grodno, au bord de la Samara, affluent du Dnieper au district de Novosmokowski du gouvernement de Jekaterinoslaw, et même à Koltschedansk près de Kamensk dans les environs de Katharinebourg, où le lignite provient peut-être d’une autre espèce d'arbre à ambre. Le grandnombre des rayons médullaires du tronc fossile, car il yen a jusqu’à 16 cellules disposées les unes au-dessus .des autres, et les simples rangées des pores des vaisseaux ligneux ainsi que les vaisseaux résineux, distinguentle Pin àambre des autres espèces fossiles, quoiqu'il se rapproche beaucoup des espèces de Sibérie, mentionnées ci-dessus.
Esp. 5. Peuce pannonica UNG. Pinites protolarix Gôpr.
Ligni strata concentrica distincta, vasa ad strati limitem angustiora pachyticha, pori vasorum ligneorum uni-bi-triseriales subcontigui, radii medullares numerosi simplices e cellulis 2—10 superpositis exstructi, ductus resiniferi pauciores.
Hab. dans le terrain d’alluvion à ambre en plusieurs endroits du royaume de Pologne, peut-être aussi aux environs de Lomza, plus souvent aux environs de Kôünigsberg et de Dantzig.
Les couches annuelles sont très-distinctes, les vaisseaux ligneux de l’automne sont plus étroits à parois épaisses et les pores sont disposés sur 2 ou 3 rangées, quelquefois il n'y a qu'une rangée de pores très-rapprochés; les rayons médullaires sont simples très-nombreux et se composent de 2 à 10 cellules situées les unes au-dessus des autres ; les canaux résineux ne sont développés qu’en petit nombre. |
Genre III. Pinites ENDz.
Les étamines sont insérées sur l’axe des châtons, les filaments sont très-petits, les anthères sont biloculaires; les cônes se composent d’écailles ligneuses et deux graines occupent la base des écailles ; les feuilles de ces arbres sont linéaires, acéreuses, aplaties, solitaires (Elate) ou en fascicules de 2 ou de plusieurs (Pit ys).
* Elate.
Esp. 6. Pin. obtusifolius ENDL.
Berenpr 1, c. PI, V, fig. 41—45.
Folia solitaria plana linearia obtusa versus basin attenuata margi-
neque revoluta.
Hab. dans l’ambre de la Baltique.
Les feuilles qui se rencontrent rarement dans l’ambre du terrain d’'alluvion de la Pologne appartiennent probablement à cette espèce de Pin fossile; elles sont petites, aplaties, solitaires, linéaires, amincies à la base et réfléchies aux bords.
Esp. 7. Pin. Wredeanus ENpz.
Amenti ovati squamae arcte imbricatae subtrigonae, margine superiore convexae, denticulatae,
Hab. dans l’ambre de la Baltique et peut-être du royaume de Pologne.
Les petits châtons ovales sont longs de 2 à 5 lignes, les écailles sont étroitement imbriqués, presque trigones, leur bord supérieur est convexe et dentelé.
a à À À GC Esp. 8. Pin. sylvestris Gôpr.
Strobili ovati squamae apophysi rhombea tetragono-pyramidata instructae.
Hab. dans l’ambre du bord de la Baltique et peut-être aussi du royaume de Pologne. i
Les cônes sont ovales et se composent d’écailles ligneuses, terminées en massue à sommet rhomboïdal, étroitement imbriquées avant la maturité et ouvertes plus tard pour la dispersion des graines et persistantes.
Les cônes de l’ambre ressemblent beaucoup à ceux du Pin. sylvestre avec lequel ces restes sont probablement spécifiquement identiques.
Famille deuxième.
Cupressineae.
Genre IV. Juniperiles BRONGN.
Les rameaux sont épars, les feuilles sont verticillées par #4, linéaires, subulées obtuses, courtes, à base élargie, les châtons sont petits les étamines sont insérées sur l’axe du châton, les filaments sont élargis en écaille et portent les anthères à leur base, celles-ci sont au nombre de 3 à 6, globuleuses, uniloculaires ; le éône est presque globuleux, bacciforme, à écailles charnues à la base et soudées ensemble, contenant 1 —3 graines. Le genre fossile ne s’est trouvé jusqu’à présent que dans le terrain deslignites et dans l’ambre des hords de la Baltique et de la Pologne
Esp. 9. Junip. Hartmannianus Gôpp, Berenpr 1. c. I, pag. 102, PI. IV, fig. 17—18, PI. V, fig. 11.
Amentum staminigerum ovato-ellipticum 3 lin. longum et 11/, lin, latum, squamis late cordatis obtusis, antheris globosis. |
Hab. dans l'ambre,
Les châtons mâles du Genévrier fossile ne se rencontrent que trèsrarement dans l’ambre, ils sont ovoïdes, elliptiques, longs de 3 lignes sur 1!/, ligne de large, ils sont garnis inférieurement d’écailles imbriquées très-larges et obtuses; les anthères sont globuleuses.
Genre V. Thuiles UNG.
Les rameaux aplatis alternent sur deux rangs, les feuilles sont très-petites et disposées sur #4 rangs opposés (quadrifariam opposita); les écailles du cône sont imbriquées, et se terminent en disque mucroné en haut; les châtons à étamines sont très-petits et composés de quelques étamines nues, les filaments s’évasent en bouclier excentrique et sont imbriqués en écailles, Le genre se trouve dans l'ambre et dans le terrain des lignites.
Esp. 10. Thuit, Ungerianus Gôpp.
Berenpr |. c. PI. V, fig. 27 —928.
Ramuli ancipites erecti, foliis squamae formibus, obtusiusculis, adpressis, subconcavis non carinatis.
Hab. dans l’ambre de la Baltique et du royaume de Pologne. Les rameaux sont droits comprimés, à feuilles en forme d’écailles obtuses presque concaves et sans carine.
Genre VI. Cupressinoæylon Gorr.
Le tronc de l'arbre est très-grand, très-gros et se distingue trèspeu des genres vivants des Cupressineae; l'écorce, le corps ligneux et les rayons médullaires sont semblables à ceux des Cupressinées en général; le corps ligneux se compose de couches annuelles concentriques très-étroites, le bord extérieur des couches contient des cellules minces à parois épaisses, l’intérieur offre de très-grandes cellules à parois minces; les pores des vaisseaux ligneux sont disposés en simples rangées et parmi eux on voit des vaisseaux résineux simples en forme de vaisseaux étroits allongés; les rayons médullaires sont simples et pourvus sur les côtés d’une simple rangée de petites cellules. Le genre se trouve souvent fossile dans le terrain d’alluvion de plusieurs contrées de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique.
Esp. 11. Cupress.aleuticum m.
PI. XIV, fig. 10 — 12.
Truncus cylindricus robustus stratis concentricis tenuissimis vasisque resinosis ad Jimitem strati externum obviis.
Hab. dans le terrain d'alluvion des îles Aléoutiennes des colonies Russes de l'Amérique septentrionale,
Section transversale (1 c. fig. 10 ab): les cellules du-corps ligneux sont presque quadrangulaires, quelquefois sexangulaires, il y en a 26 ou davantage dans chaque couche annuelle, c'est-à-dire de 12 à 15 très-grandes de l'accroissement du printemps et de 10 à 12 plus petites de Pautomne qui ne sont pas limitées très-distinctement les unes des autres et dont les parois ne sont pas beaucoup plus grosses que les parois de celles-là; Iles rayons médullaires, composés de cellules très-étroites sont situés quelquefois très-près les uns des autres, de sorte qu'il n’y a que 3 ou 4 rangées longitudinales de vaisseaux ligneux entre 2 rangées de rayons médullaires; mais ordinairement ils se trouvent entré 5 rangées des vaisseaux ligneux, quoiqu'ils soient en tous cas très-minces et ne s’aperçoivent qu’à peine dans des fentes très-étroites. Les vaisseaux ligneux sont quelquefois infléchis de côté, mais après un accroissement nouveau ils gagnent leur direction antérieure. Les vaisseaux résineux situés entre les vaisseaux ligneux, sont arrondis et plus larges que deux vaisseaux ligneux réunis et se trouvent souvent près de la limite des couches annuelles de lautomne et du printemps.
Section longitudinale parallèle aux rayons médullaires (1 c. fig. 12): Les vaisseaux ligneux sont allongés à extrémités très-pointues, les pores sont situés dans une ou deux rangées sur leurs parois; s'il y en a deux rangées, les pores sont disposés les uns à côté des autres; les rayons médullaires sont minces, très-rapprochés etil y a ordinairement deux pores sur les parois de ces rayons, mais quelquefois il n’y en a qu’un seul.
Section longitudinale parallèle à lécorce ( c. fig. 11): Les vaisseaux ligneux sont un peu infléchis ou ondulés, à canaux intervasculaires très-distincts, les rayons médullaires sont disposés de # à 10 les uns au-dessus des autres et forment tantôt une seule rangée, tantôt il y en a une double ou triple «angée, entourant alors un gros vaisseau résineux comprimé de côté et plus grand que 2 ou 3 rayons médullaires; les vaisseaux ligneux sont quelquefois striés en spirale.
La couleur de ce fragment du tronc fossile.est d’un brun-roux dans des débris très-minces; la densité en est très-grande, parcequ'il, est entièrement pénétré de silex.
Il est inconnu sous quelles conditions ces troncs d'arbres fossiles se rencontrent sur l'ile d'Unga, sur laquelle des couches argileuses alternent avec des couches sablonneuses d’alluvion ou même avec des couches tertiaires supérieures.
La figure 10 & de la Planche XIV représente le même morceau de bois fossile de grandeur naturelle qui est vù au microscope à la figure 10 a.
Ordre seconde.
Juliflorae.
Famille troisième.
Salicineae. Genre VII Populites Gürr.
Les feuilles, trouvées seules jusqu’à prèsent, ressemblent aux feuilles du Peuplier, elles sont alternes à stipules écailleuses et caduques ou foliacées et persistantes, les nervures se ramifient en veines et en veinules (folia penninervia), Le genre se trouve dans l’ambre.
Esp. 12. Pop. succineus Gôppr.
BErENDT |]. c. PI. V, fig. 66.
Folium (incompletum) latius quam longius, penninerve, nervis collateralibus subalternis, divisis, nervos folii Populi referentibus. |
Hab, dans l’ambre des bords de la Baltique,
Les feuilles qui se trouvent rarement dans l’ambre sont plus larges que longues, à bords entiers, le nerf médian se ramifie en nervures latérales alternes, qui se divisent de nouveau en veines et en veinules, sans former avec les veinules voisines un réseau fibro-vasculaire.
Famille quatrième.
Betulaceae.
Genre VIIL Ainites Gôrpr.
Les feuilles qui seules se sont rencontrées jusqu’à présent sont alternes à stipules caduques et à nervures qui se ramifient en veines et en veinules, dont celles-ci se mêlent avec les nervures voisines en for-
mant un réseau fibro-vasculaire ; les feuilles ressemblent aux feuilles de l’aulne. | Esp. 13. Aln. succineus Gôrp.
Berenpr L. c. PI, V, fi. 55 —56. |
Folium (incompletum) coriaceum penninerve nervis secundariis subrectis, reticulis nervorum coilateralium minorum ac minimorum distinctis.
Hab, dans l’ambre du bord de la Baltique.
Les feuilles ne se rencontrent qu’en petits fragments qui néanmoins montrent très-distinctement le nerf médian à nervures collatérales
presque alternes, les veinules en forment un réseau fibro-vasculaire très-fin; les aréoles sont quelquefois quadrangulaires, plus rarement ovales et toujours anguleuses.
Famille cinquièm e, Juglandeae.
Genre IX. Juglandites Unxc.
Les fruits qui se rencontrent quelquefois fossiles sont ovoiïdesallongés ou anguleux, quadrangulaires, renfermés complètement dans l'involucre et le calyce intimément soudés et qui se déchirent en fragments irréguliers, la drupe a le mésocarpe fibreux et l’endocarpe ligneux, et est bivalve, le péricarpe est ridé à l'extérieur et irrégulièrement silloné. Le genre se trouve quelquefois dans l’ambre de la couche moderne {ertiaire.
Esp. 14. Jugl. Schweiggeri GôPr.
BerenDrT I. c. PI. V, fig. 12—192. |
Fructus conico-oblongus, quadrangularis, acuminatus, 12—14 lin. longus et 6—8 lin. latus, pericarpio quadricarinato laevi.
Hab. dans les couches qui renferment l’ambre du bord de la Baltique et probablement aussi du royaume de Pologne.
Le fruit est allongé, pointu à sa base et ressemble un peu au fruit de la Carya olivaeformis.
Esp. 15. Jugl. Hagenianus GôpPp.
BereNDT 1. c. PI. V, fig. 30—32.
Fructus ovato-oblongus, rotundatus, 1 pollicem longus et 7 —8 lineas latus, extus irregulariter rugoso-sulcatus, basi stellatim quinque sulcata, sulcis longitudinalibus sulcatis.
Hab. dans les mêmes couches des bords de la Baltique.
Le fruit est ovoide et sillonné, ce qui le fait ressembler beaucoup au fruit du Juglans regia.
Famille sixième.
Cupuliferae.
Genre X. Quercus LI.
Les châtons du Chêne sont allongés, les fleurs sont écartées, le périanthe (calyce} est divisé en 6 à 8 lobes inégaux ciliés, les étamines au nombre de 6 à 10 sont insérées à la base du périanthe autour d’un disque glanduleux; les anthères sont à deux loges : les feuilles sont alternes, à stipules caduques et à nervure ramifiée, le nerf médian est très-gros, les veines collatérales ramifiées passent jusqu’au bord de la feuille. Le genre se trouve dans l’ambre et dans le terrain d’alluvion, |
Esp. 16. Querc. Meyeriana UNG.
Benendr D. c. PI, IV, fig. 3339,
Amenti elongati flores remoti, perianthio 6—8 partito, pilis stellatis obsito, laciniis inaequalibus ciliatis, passim bifides, stamina 6 — 10 perianthii basi circa discum glandulosum inserta,
Hab, dans l’ambre des bords de la Baltique et du royaume de Pologne.
Les châtons allongés montrent les fleurs écartées les unes des autres et très-bien conservées dans l’ambre qui se rencontre souvent aux environs de Dantzig, mais peut-être aussi dans les morceaux qui se trouvent en Lithouanie et en Pologne.
Esp. 17. Querc. Qualeniana m.
(voy. la fig. a.)
Folium integerrimum, coriaceum, lanceolatum, acutiusculum, nervo medio crasso, lateralibus suboppositis, alternis, divisis, crassioribus, sub acuto angulo e collateralibus emergentibus.
. Hab. dans une argile compacte aux environs d'Orenbourg,
Les feuilles de ce Chêne se trouvent en grande quantité les unes au-dessus des autres dans une argile d’Orenbourg; le nerf médian est très-gros, les nervures collatérales passent sous un angle aigu du nerf médian jusqu'au bord de la feuille, d'autres
nervures proviennent des collatérales et se joignent aux nervures voisines, et leur ensemble forme un réseau à grandes aréoles irrégulières ; le bord de la feuille est entier et sa pointe est presque obtuse.
D’autres feuilles {voy. la fig. b) de la même argile sont plus étroites et plus longues, elles sont linéaires à bords entiers et à nerf médian très-gros, les nervures collatérales sont plus rapprochées les unes des autres, alternes et presque simples, car on ne voit que rarement sortir quelques autres nervures latérales; par conséquent il n’y à pas de réseau fibro-fasculaire qui est beaucoup plus marqué sur les feuilles mentionnées ci-dessus plus larges. Les feuilles, qui se trouvent pêlemêle avec les autres dans la même argile, pourraient être les jeunes individus des feuilles larges, qui seraient tout-à-fait développées. Le pétiole des deux feuilles est court.
La première feuille ressemble, à cause de son réseau fibro-vasculaire, au Quercus palaeococcus Une. d’un schiste marneux tertiaire de Radoboi en Croatie, et la seconde, à cause de ses nervures collatérales simples, qui ne forment pas de réseau, au Quercus elaena UNG. d’un chiste marneux de Parschlug en Styrie, dont les bords sont aussi entiers, le pétiole court, mais la pointe encore plus obtuse que dans les échantillons d’Orenbourg, que nous devons à la bonté de Mr. de WANGENHEIM-QUALEN, En même temps avec ces feuilles on trouve aussi quelques fragments de feuilles de Graminées* dont j'ai
fait figurer un (fig. c d) des deux côtés; ce frag-
ment a quelques lignes de long, une ligne de large et il est strié longitudinalement, le nerf l médian s'élève en crête au côté inférieur de la feuille, qui en devient presque triangulaire, comme
les feuilles des Graminées en générai; quelquefois on aperçoit aussi des fragments de tiges cylindriques de Graminées, d’une longueur de
1} AT) | Ce) il |
2 pouces à nervures parallèles, et sans noeuds. Mr. Puscu * fait mention de feuilles dicotylédones fossiles de
* Mr. Puson (Polens Palacontologie 1. c. pag. 180) fait mention de feuilles de roseaux fossiles de Borkow entre Pinczow et Busko en Pologne, sans les décrire en détail.
Zwerginetz et Lipowetz dans le gouvernement de Lubline en Pologne sans déterminer leur genre.
Une argile semblable contient à Bilin en Bohême une riche végétation de Chênes ; les nombreuses espèces de Parschlug ressemblent beaucoup aux Chênes du Mexique.
Genre XI Corylus L.
Le fruit du Coudrier est protégé par l'involucre foliacé élargi, la nucule est uniloculaire par la destruction des cloisons, monosperme par avortement, Le genre se trouve dans l'ambre et dans le terrain d'alluvion,
Esp. 18 Coryl. Goepperti UNG.
Bsrenor 1. c. PI, V, fig. 15.
Nux oblonga apiculata, basi truncata, laevigata, semipollicem lata % lineas longa, areola medio prominula,
Hab. dans le terrain d’alluvion avec l’ambre auxenvirons de Dantzig et peut-être aussi dans la royaume de Pologne,
Genre XII C'arpinus 1.
Les châtons du Charme sont cylindriques, compactes à écailles imbriquées, servant chacune de périanthe à une fleur; le fruit est une nucule ovoide; les feuilles ont des nervures ramifiées.
Le genre se trouve quelquefois dans l’ambre.
Esp. 19. Carp. dubius Gôppr,
Berenor 1, c. PI. IV, fig. 29—31.
Amentum cylindrioum, 6 lineas longum et duas latum e squamis cordatis subobtusis margineque dentatis exstructum.
Hab. dans l'ambre.
Les châtons du Charme qui se trouvent dans l’ambre aux environs de Dantzig sont très-petits, mais très-distincts; ils ressemblent beaucoup à l'espèce ordinaire.
* Puson Polens Palaeontologie |. c. pag. 180.
Résumé
de la Période tertiaire et d’alluvion de la
Russie.
Il me reste à faire un résumé général de toutes les observalions sur la Nouvelle Période de la Paléontologie de Russie, pour constater ainsi l'âge relatif des différents dépôts tertiaires et d'alluvion qui se sont formés successivement jusqu à nos jours dans la Russie d'Europe et d'Asie. Les phénomènes qui se montrèrent à la suite des grands changements sur la surface de la terre, ont dû différer de ceux de la fin. Aussi les efforts que la surface du globe manifeste vers la fin des dépôts tertiaires ont-ils été plus rapides, plus vigoureux et plus généraux, surtout au nord pendant la grande débâcle des glaces et le transport des blocs erratiques, que ceux qui ont agi au midi de la Russie après la retraite de la mer tertiaire dans ses limites d'aujourd'hui et le dépôt des couches d'alluvion.
Tous ces derniers changements se firent très-insensiblement et leurs dépôts ressemblent plutôt aux dépôts locaux de nos jours, dont l'un des plus marqués est le dépôt du terrain noir de la Russie.
La température du globe a dû changer pendant cette période. Une diminulion de chaleur a commencé avec la fonte des glaces et s'est fait sentir rapidement au nord de l'Europe et de l'Asie; il se montra à la suite de ce changement une division plus marquée dans les climats et par conséquent aussi des Flores et des diverses Faunes.
Or, c'était vers le milieu de la Période tertiaire qu'il ÿ avait en Pologne, au midi de la Russie et en Bessarabie, trois grands bassins méditerranés qui ne formaient auparavant presque qu'une seule grande mer tertiaire laquelle se réunissait d'un côté à la Baltique et de l'autre à la mer Noire, comme celle-ci à la Caspienne, par des golles longs et étroits, en suivant le courant des grands fleuves, au nord en longeant la Vistule et le Niémen, au sud surtout en suivant le courant du Dniester, du Dnieper et du Don d'un Ccôlé, ainsi que du Manytsch et du Volga de l'autre.