‹ Lethaea rossica, ou, Paléontologie de la Russie (volume 2)Chapitre 2 sur 20 · CONTENANT XIV PLANCHES LITHOGRAPHIEES · texte numérisé non relu

CONTENANT XIV PLANCHES LITHOGRAPHIEES

Seit der Herausgabe meiner naturhistorischen Skizze von Litthauen, Volhynien und Podolien im Jahr 1830 ist mir von vielen Seiten her der Wunsch geäussert worden, dass ich eine ausfübrliche Beschreibung und Abbildung der dort nur kurz erwäbnten neuen Arten fossiler Thiere Russlands liefern môchte, um darnach etwas sicherer über die Selbständigkeit der von mir aufgestellten Arten, und somit auch über das relative Alter der Gcbirgsformationen urtheilen zu kônnen. Ich hatte diese Arbeit schon längst angefangen, war aber, vieler Amtsgeschäfte wegen, immer wieder genôthigt sie liegen zu lassen : da ich jedoch so eben eine Paläontologie Russlands für meine Vorlesungen in russischer Sprache herauszugeben angefangen habe, so will ich damit gleichzeitig eine ausfübrlichere franzôsische Bearbeitung derselben verbinden und diese unter dem Titel Lethaea rossica ou le monde primitif de la Russie erscheinen lassen, um auf diese Art auch Russland in die Reiïhe der wissenschaftlich untersuchten Staaten zu stellen, die wie England, Frankreich, Deutschland, Italien und Schweden schon längst ihre Lethäa besitzen. Meine Absicht war anfangs, in natürlicher Reihenfolge, mit der ältern Periode anzufangen, dann die mittlere folgen zu lassen und mit der neuen das Werk zu beendigen; allein mancherlei Widerwärtigkeiten hinderten mich, meinem einmal gefassten Entschlusse treu zu bleiben und ich sah mich genôthigt, mit der Schilderung der neuen Periode anzufangen: ich werde sofort die andern beiden Perioden folgen lassen, wenn diese

erste Beifall findet. Das ganze Werk wird demnach aus drei Bänden mit einem Atlas von vielen lithographirten Tafeln bestehen; die Bände werden auch einzeln zu haben seyn.

Die Diagnosen der neuen Arten sind in lateinischer Sprache verfasst und ausserdem ihre ausführliche Beschreibung und der Fundort in franzôsischer Sprache gegeben; ich habe mich so viel als môglich bemüht, alles, was die russischen Arten fossiler Thiere und Pflanzen betrifft, mit Kritik aufzunehmen und die Arten mit Berücksichtigung von Bronw's für jede Lethäa so wichtigen Index palaeontologicus so genau wie môüglich festzustellen.

Der erste Band wird die Palaeontologie Russlands in ihrer neuen Periode enthalten, mithin die fossilen Thiere und Pflanzen der Molassenbildung und des aufgeschwemmten Landes, etwa 40 Bogen Text in 8° und 11 lithographirte Tafeln in 40, sowie 3 in Folio mit Abbildungen der Knochen eines ziemlich vollständigen Skeletes der Phoca pontica und die einzelnen Knochen des Ziphius priscus. Die andern Tafeln enthalten Abbildungen sehr zahlreicher Arten Bryozoen oder Foraminiferen, die ich in Volhynien beobachtet habe und wodurch sich die nahe Verwandtschaft unseres volhynisch-podolischen Beckens mit dem Wiener erweiset ; darauf folgen seltene Terebrateln, Trigonocoelien, Corbis, Arthemis, Galeomma, Anatina, Calypträen, Rimulen, Cerithien, Turbinellen, Pleurotomen, Planorben, Helix, Pupen und viele andere seltene Gattungen, die die grosse Selbständigkeit unseres Beckens darthun.

Eine freundliche Unterstützung von Seiten des Publikums bei der Herausgabe dieses mit so vielen Kosten verbundenen Werkes wird mich antreiben, die beiden andern Bände meiner Lethaea rossica recht bald folgen zu lassen.

E. vw. Eichwald.

Professor emeritus, wirklicher Staatsrath etc. in St. Petersburg.

Von dem vorgenannten wichtigen Werke ist die erste Text- Lieferung mit allen 14 Tafeln zum I. Bande erschienen und kann in allen Buchhandlungen auf besonderes Verlangen zur Ansicht vorgelegt werden. — Der Druck des Textes wird nun rascher fortschreiten, so dass wir hoffen, denselben in kurzer Zeit vollständig liefern zu kônnen, Preis des Erschienenen : fl. 6. — R, 3. 15 sgr.

E. Schweiserbartsche Verlagshandlung.

Classe première.

Zoophytes.

Il y a deux ordres de Zoophytes, les Bryozoaires et les Anthozoaires; les premiers sont presque les seuls qui se trouvent à l'état fossile dans le ‘bassin volhyno-podolien; il y en a plus de 60 espèces en 20 genres, nombre plus grand que celui des bassins tertiaires de Londres et de Paris, mais beaucoup moindre que celui du bassin subapennin et de Vienne, dans lequel le nombre s'élève jusqu’à 150 espèces. Il y a néanmoins la plus grande affinité d’un côté entre le bassin volhyno-podolien et celui de Vienne, et de l’autre, entre le bassin subapennin et celui de la Touraine et de Bordeaux, quoique les Anthozoaïires, si abondants dans les deux bassins de Vienne et du bassin subapennin, manquent presque entièrement dans le nôtre qui se caractérise plutôt par le grand développement de deux sousordres des Thallopodienset des Scleropodiens*. Maisles Anthozoaires ne manquent pas au bassin de Pologne qui a la plus grande analogie avec le bassin volhyno-podolien, en s’approchant cependant un peu plus du bassin de Bordeaux pour ce qui concerne la distribution générique des fossiles. En général, tous les genres du bassin volhyno-podolien sont microscopiques, et il n’y en a qu’un seul, près de Kertsch, qui se distingue par sa grandeur et qui forme un grand banc de ces coraux de la mer primitive de la Russie méridionale: c’est l'Eschara lapidosa de PALLAS.

Sous-division première.

Bryozoa.

Les polypes microscopiques ont le canal alimentaire en forme de sac muni de deux orifices, dont l’un représente la bouche, et l’autre

* J'ai donné, il y a déjà longtemps, une description de ces Broyzoaires fossiles du bassin volhyno-podolien dans mon ouvrage: Naturhistorische Skizze von Lithauen, Volhynien und Podolien. Wilna 1830.

d'Eichwald, Lethaea rossica. I. 1

l'anus, caractère qui les distingue principalement des Anthozoaires. Les polypiers (polyparium ou stirps des zoophytes) sont des enveloppes testacées, divisées en plusieurs loges (loculi) et occupées par autant de polypes. La forme de ces tests est très-différente: ils sont tantôt enroulés en spirale, tantôt disposés sur deux ou trois côtés ou empilés loges par loges (les Polythalamiens), ou ils forment de petits tuyaux ou de petites cellules, disposées très-régulièrement d’un ou de deux côtés (les Thallopodiens etles Scléropodiens). Les polypes se reproduisent par des bourgeons ou des ovules ; les premiers naissent autour des polypes déjà développés, en augmentant indéfiniment le nombre des individus réunis sur le même polypier; les derniers se montrent sous la forme d’une petite protubérance ou d’un tubercule reproducteur au dessous de l’orifice de la cellule-mêre.

Ordre premier.

Polythalamiu.

C’est BREYNIUS qui, le premier, donna le nom de Polythalamiens à de petits êtres microscopiques que Mr. D'ORBIGNY, après une étude approfondie de plusieurs années, préféra nommer Foraminifères, à cause des pores nombreux ou ouvertures de leur premier pourtour, en les prenant pour des coquilles intérieures ou pour des tests de mollusques, comme tous les observateurs l’avoient fait avant lui. Mr. DusarniN les déclara plus tard pour des infusoires et enfin Mr. EHRENBERG, d’après les observations faites sur quelques espèces vivantes, les prit pour des polypiers calcaires libres et mobiles. Les polythalamiens se composent ou d’une seule loge, dansles Monostègues dont les deux genres Orbulina et Oolina ne se trouvent pas à l’état fossile en Volhynie, ou de plusieurs loges, dans les Pleiostègues, dans ces derniers la forme du polypier est déterminée suivant le mode de réunion de ces loges entre-elles; ils se trouvent représentés en Volhynie par les familles suivantes.

Famille première.

Helicostegia.

Les loges du polypier s’enroulent les unes sur les autres dans le même plan et sur un seul axe, et sont couvertes, à l’exception de la dernière ; les deux surfaces des loges sont égales entre elles; le polypier

est lenticulaire (la sous-famille Helicosorina Exr8.) ou fusiforme (Ja sous-famille Alveolina ERRB:.).

Gem'e I. Polystomella Lam.

Le polypier lenticulaire comprimé, à dos plus ou moins caréné, se compose de loges simples sortant du centre ombilical et pourvues de fossettes transversales entre les sutures des loges ; les ouvertures de la dernière loge se réunissent à la partie supérieure en triangle. Les espèces se trouvent en grande quantité dans le terrain subapennin et dans celui de Vienne et manquent aux environs de Paris.

Espèce 1. Polyst. flexuosa D'OR.

Planche I, figure 1, a vue de côté, b vue du dos, c grandeur naturelle du polypier,

Polypario disciformi, loculis 16—18 inflexis, centro utrinque laevigato aut subnoduloso, sulcis laterum loculorum transversis 10—11, dorso nodoso ; latitudo 1/,//.

Hab. près du village de Bilka en Volhynie, ainsi que dans le bassin tertiaire de Vienne.

Le polypier est microscopique, comprimé, également bombé des deux côtés, à dos un peu tranchant, noduleux, les côtes aux sutures des loges sont au nombre de 16—18, infléchies très-grosses, les dernières sont presque aussi larges que les interstices des loges, qui montrent 10—11 fossettes transversales assez profondes; le centre ombilical est lisse ou un peu noduleux.

L'ouverture est presque triangulaire, anguleuse en haut, les pores sont très rarement visibles, très-petits et disposés en triangle.

Cette espèce ressemble beaucoup au Polyst. crispa D'ORB. qui se trouve aussi à Bilka, mais dont le dos est plus tranchant et moins noduleux que dans l'espèce en question qui a le centre ombilical presque toujours lisse.

Esp. 2. Polyst. crispa Lam.

Polypario disciformi, loculis 20—30 simpliciter inflexis, angustis, centro utrinque noduloso, sulcis loculorum transversis 12—15, dorso laevi; latitudo 1/,#.

Hab. près de Bilka, ainsi que dans le bassin tertiaire de Vienne ; elle vit encore dans la mer Adriatique et Méditerranée et dans l’Océan- Atlantique.

Le polypier se distingue principalement de la première espèce, par un plus grand nombre de loges, 20—30, et par des fossettes plus nombreuses, 12—15; il a le centre ombilical toujours lisse.

Esp. 3. Polyst. indigena m.

PI. I, fig. 2, a vue de côté, b vue du dos, ç grand. natur.

Lenticulina indigena Zoologia specialis Vol. I, Viln. 1829, Tab. II, fig. 16.

Polypario disciformi, compresso, in centro prominulo, costato costis 25 radiorum instar in dorsum carinatum excurrentibus, falciformibus, costarum interstitiis sulcatis, sulcis transversis approximatis, numerosissimis, 30 et ultra, ultimi anfractus orificio subclauso, compresso : latitudo 1‘.

Hab. à Zukowce, à Bilka, à Tarnaruda, et dans d’autres endroits de Volhynie et de Podolie.

Le polypier lenticulaire se compose d’une spire embrassante, sur laquelle on compte 25 loges étroites très-infléchies en forme de faucille, se continuant au dos qui est très-tranchant ; les interstices des loges sont très-finement striés à leur surface, les stries transversales sont trèsrapprochées, fort nombreuses; l’ouverture du dernier pourtour est comprimée, presque fermée.

L'espèce ressemble fort peu au Lenticulina radiata Monrr.*, car celui-ci n’a pas les stries transversales qui caractérisent notre espèce comme un Polystomella; ce n’est pas non plus l'Heterostegina Puschii Reuss (Nummulina disciformis Pusca**) qui est inéquilatérale, toujours plus bombée d’un côté que de l’autre, et qui se compose de plusieurs tours, dont les premiers sont très-petits et dont les deux côtés montrent les compartimens des loges. Le Polyst. indigena a de vraies stries transversales entre les cloisons des loges; à l’extérieur on ne voit pas les compartimens, mais ces stries fines qui passent d’une loge à Pautre et la surface du polypier n’est point du tout usée ou polie.

Les Hétérostégines du bassin de Vienne sont très-comprimées, à dos plat et à loges très-larges ; je n’en ai rencontré aucune espèce au bassin volhyno-podolien. Notre espèce n’est pas non plus le Lenticulina planulata (Lam.) »'ORB. qui n’a pas de stries transversales entre les cloisons et dont la surface est toute lisse et dont les cloisons sont simplement courbées et point arquées en faucille.

* D'ORBIGNY, foraminifères fossiles du bassin tertiaire de Vienne.

Wien 1846.

** Puscu, Polens Palaeontologie. Stuttgart 1837. PI, XIL, fig. 18, p. 164.

Esp. 4. Polyst. subaculeata m.

PI. L, fig. 3, a de côté, b vu du dos, € grand. natur.

Polypario disciformi, costato, compresso, medio Convexo, dorso carinato ultimoque loculo versus aperturam aculeato, loculis inaequalibus, remotioribus, anticis approximatis, costis 25 pluribusve tenuioribus falciformibus, interstitiis costarum grosse profundeque transversim sulcatis; latitudo 17,114

Hab. près de Zukowce avec l'espèce précédente, à laquelle elle ressemble beaucoup.

Le polypier est beaucoup plus petit que dans l'espèce précédente; les côtes et les stries entre les côtes sont un peu plus grosses, le centre ombilical est lisse, non granulé, comme danslePolyst. indigena, auquel manquent entièrement les épines du bord inférieur et antérieur du dernier tour en dessous de l’ouverture; le dos est très-tranchant.

Cette espèce nouvelle diffère autant du Polyst. indigena, que le Polyst. aculeata D'Or8. du Polyst. crispa; les jeunes individus des deux espèces sont peut-être épineux au premier tour, et ne deviennent lisses au dos qu'avec l’âge. En tout cas il y a encore une autre différence: le Polyst. subaculeata a les côtes proportionnellement plus fines, par conséquent plus nombreuses, et les stries transversales plus grosses et moins nombreuses que le Polyst. indigena; le centre ombilical est aussi bombé et aussi lisse que dans celui-ci, quoiqu'il soit plus souvent plutôt pointillé ou granulé que lisse.

Genre II Lenticulina Lan.

Le polypier lenticulaire équilatéral est formé d’une spire embrassante à loges très-rapprochées, nombreuses, lisses, la dernière qui est bien distincte a une ouverture transversale fort petite, souvent peu apparente. Les espèces ne se trouvent que dans le terrain tertiaire, car il en faut distinguer les vrais Nummulites du terrain crétacé dont la dernière loge avec son ouverture ne fait pas de saillie évidente. C’est le genre Nummulina D’ORr8.

Esp. 5. Lentic. radiata Moxrr.

PI. L, fig. 10, & vue de côté, b vu du dos, ç grand. natur.

Polypario disciformi sublenticulari laevissimo, loculis 25 inflexis, dorso rotundato ; latitudo 1 1/,“,

Hab. près de Tarnaruda, et dans le bassin tertiaire de Vienne.

Le polypier a des loges infléchies, les interstices lisses et le dos arrondi: il a 25 loges, l'espèce de Vienne n'en a que 22; le centre ombilical est lisse comme toute la surface du polypier. Mr. D'ORBIGNY le nomme Nummulina radiata; c’est le Rotalites radiatus Moxrr.

Esp. 6. Lentic. planulata Lam.

PI. 1, fig. 11, a vue du dos, b grand, natur.

Polypariolenticularilaevissimo, dorso acute-carinato; latitudo FR

Hab. avec le précédent à Tarnaruda et dans les bassins tertiaire de Vienne, de Paris et de Londres, ainsi qu’en Gallicie.

Ce polypier se distingue principalement par son bord très tranchant de l'espèce précédente ; la grandeur en est la même.

Genre III. Rosalina D'OR.

Le polypier est contourné en spirale inéquilatérale, trochoïde, souvent légèrement fixé par son côté ombilical, la surface en est finement tuberculeuse ou rugueuse ; les loges sont déprimées, peu saillantes, les petites ouvertures en fente de la région ombilicale se continuent d’une loge à une autre. Les espèces se trouvent déjà dans la craie blanche, plus souvent dans le terrain tertiaire et à l’état vivant.

Esp. 7. Ros. laevigata m.

PI. I, fig. 9, a vue du côté ombilical, b d’en haut de la spire, c vue du dos, d grand. natur. du polypier.

Polypario depresso-conico, trochoideo, laevigato, basi plana, umbilico conspicuo, tuberculo vel nodulis compluribus clauso ; latitudo %/,'#.

Hab. près de Bilka en Volhynie.

Le polypier est trochoïde, inéquilatéral; les trois tours qui grossissent très-insensiblement sont lisses à la surface ou quelquefois noduleux et rugueux, la base du polypier est un peu concave, et se compose de dix loges plus grandes et bombées, dont les ouvertures en fentes passent à l’'ombilic, qui est couvert par un gros tubercule ou par plusieurs petits nodules; les fentes sont droites, non anguleuses, ce qui distingue principalement le Rosal., viennensis D'ORB. de notre espèce qui n'est pas aussi pointillée à sa surface que celle-là; le bord du polypier est arrondi, tandis qu'il est plutôt tranchant dans le Ros. viennensis.

Le genre Rotalina en diffère par le manque du grand ombilic et par la présence d'une seule ouverture à la dernière loge *.

Genre IV. Siderolina p'OR8. Siderolites Lam. Siderolithus BRONN.

Le polypier est en forme d'étoile et se compose de segmens enroulés en spirale; les simples loges ont l'ouverture souvent masquée et les tours au bord des appendices. Ce genre n'avait été rencontré jusqu'à présent que dans le terrain crétacé supérieur de Mastricht; il se trouve aussi, quoique très-rarement, dans le bassin volhyno-podolien.

Esp. 8 Sider. hexagona m.

Zoolog. special. Rossiae Vol. I, Tab. IL fig. 5.

Polypario depresso hexagono, tribus apicibus aculeorum instar dextrorsum , aliisque tribus sinistrorsum conversis, superficie radiatim tenuissime striata: latitudo 1‘/.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est déprimé, un peu convexe au centre, finement strié vers le pourtour; les stries se composent de très-petits tubercules très régulièrement disposés des deux côtés ; les deux bords opposés sont ornés de trois appendices épineux. C’est la seule espèce jusqu’à présent découverte dans un terrain tertiaire. J’ai observé aussi une autre espèce

Je suppose que le genre Peneroplis Enrg. se trouve aussi dans le bassin volhyno-podolien, car lPArgonauta Zborzewskii m., espèce microscopique que j'ai décrite dans mon Zoologia specialis Vol.IT. Vilnae 1830, Tab. 11, fig.16, ressemble beaucoup au PeneroplisplanatusEnre8.*. Je la réunirais plutôt à ce genre qu’au genre Argonauta, dont il n'existe pas d’espèces aussi petites; il ressemble également aux Planulina, genre peu connu et mal déterminé dans ses espèces nombreuses. J’ai observé PArgonauta Zborzewski pendant mon voyage de 1829 en Volhynie; je l’ai dessiné d’après un individu de la collection de Mr. ZBorzEwSkI, mais je ne me rappelle plus si la coquille en était équilatérale ou non; dans le premier cas elle différerait un peu des genres Peneroplis et Planulina dont les coquilles sont inéquilatérales; ajoutez-y la forme anguleuse des cloisons de notre espèce et la différence en serait encore plus grande. Elle pourrait aussi avoir quelque ressemblance avec un Cristellaria, comme p. e. avec le Cristellaria Josephina p’Ore., coquille équilatérale et contournée en spirale comme elle.

* ERRENBERG über die Bildung der Kreidefelsen. Berlin 1839, PI. Il, fig. 1.

à huit épines dans le sable tertiaire de Zalisce, sur la colline de Kozubowaja gora.

Genre Y. Alveolina D'OR.

Le polypier est fusiforme ou globiforme, les petites loges superposées sur un seul axe forment un test en spirale; elles sont divisées intérieurement en compartimens réguliers à ouvertures transversales par rapport à l’enroulement spiral. Les espèces se trouvent dans tous les bassins tertiaires anciens et modernes. C’est le genre Melania Lam. et Borelis MONTr.

Esp. 9. Alv. costulata m.

PI. I, fig. 4, a vue de côté, b d’en haut, c grand. natur. Melania costulata Zoolog. special. Vol. IT, 1830, Viin. Tab. IL, fig. 1, Alveolina Haueri p’Ore. var. £.

Polypario ovato-fusiformi, utrinque aequaliter rotundato, loculis angustioribus 12 planis, propter dissepimenta transversim minutissime striatis ; latitudo 1‘.

Hab. près de Zukowce, aussi dans le bassin de Vienne.

Le polypier fusiforme a des loges plates, à peine convexes, comme lAlveol.Haueri »D’ORB., qui lui ressemble en tout, mais dont l’ouverture du dernier tour s'élève un peu plus haut que dans notre espèce ; il a 12 loges, le nôtre n’en a que 9, proportionnellement un peu plus larges que dans celui-là ; les loges sont très-finement striées en transvers et la dernière est peu prononcée aux deux extrémités du polypier; les loges deviennent très-convexes dans les échantillons roulés et polis.

Famille seconde.

Stichostegsia.

Le polypier se compose de loges superposées les unes aux autres sur un seul axe droit ou courbé, sans spirale; l'ouverture est à l’extrémité de la dernière loge.

Genre VI Nodosaria LAM.

Le polypier est droit, allongé, cylindrique ou conique, formé de loges distinctes globuleuses, laissant entre elles un profond étranglement ; l'ouverture de la dernière loge est placée sur un petit prolongement. Les espèces se trouvent dans tous les bassins tertiaires, le plus souvent dans le bassin subapennin et dans celui de Vienne.

Esp. 10. Nodos. tenella m.

PI. L fig. 5, a vue de côté, b d’en haut, c grand. nat. Zoolog. special. I, Tab. II, fig. 4.

Polypario tenuissimo longitudinaliter striato loculis singulis elongatis constrictione sejunctis, orificio circulari margine lato circumducto ; longitudo 11/,‘.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est petit, mince, droit, noduleux, les loges sont plus longues, que dans les autres espèces, la dernière est pourvue de l’ouverture, qui est entourée d’un large bord lisse ; les étranglemens entre les loges ne sont pas profonds et les stries sont très-fines, quelquefois dichotomes; les loges du milieu sont les plus longues et les plus larges, la dernière loge est un peu plus courte que l'avant dernière; il n’y a pas d'espèce qui soit aussi finement striée que celle-ci.

Genre VII Dentalina D OR.

Le polypier est allongé, courbé en arc, cylindrique et formé de loges superposées bout à bout sur un seul axe arqué et séparées les unes des autres par des étranglemens ; l'ouverture est ronde, centrale au bout de la dernière loge. Les espèces se rencontrent déjà dans le terrain crétacé, mais plus souvent dans le terrain tertiaire et vivent dans nos mers actuelles.

Esp. 11. Dent. ensis m.

PI. IL, fig. 6 a dont 6 est grossie et a en grand. natur.

Polypario elongato, subarcuato, laevigato, loculis sensim crassioribus, longioribus, ultimo maximo perforato; longitudo fragmenti 1‘.

Hab. près de Zalisce.

Le polypier est très-allongé, peu arqué, lisse, les loges grossissent insensiblement et la dernière est plus longue et plus grosse que l'avant dernière; elle est obtuse et perforée d’une ouverture assez grande; les étranglemens entre les loges ne sont pas profonds; l'espèce ressemble un peu au Dent. scripta D’Or8. du bassin de Vienne, mais elle est plus droite que celle-ci et les loges grossissent plus vite,

Esp. 12. Dent. irregularis m.

PL 1, fig. 6, b dont 6 est grossie et b en grand. natur. Polypario laevi, brevi, arcuato, irregulari, loculis subito increscentibus, tertio ejusdem magnitudinis cum duobus prioribus simul sumptis; longitudo fragmenti 1‘.

Hab. près de Zalisce avec la précédente.

Le polypier lisse et assez court se distingue par ses loges très-irrégulières, grossissant plus vite que dans les autres espèces; la seconde loge est un peu plus grande que la première, mais la troisième a la longueur des deux autres réunies.

Esp. 13. Dent. costata m.

PI. IL, fig. 7, a grand, natur., & grossie.

Polypario costato, loculis subglobosis inflatis, costatis, costis lamelloso-prominulis, constrictionibus loculorum profundioribus, ultimi loculi apertura in latere disposita ; longitudo fragmenti 1/,/!.

Hab. près de Zalisce.

Le polypier ne s’est trouvé qu’en un petit fragment, formé de deux loges, dont les côtes lamelleuses (au nombre de 12—14) occupent toute la surface ; les loges, séparées entre elles par de profonds étranglemens, grossissent assez vite et la largeur de la dernière loge dont l'orifice arrondi est placé un peu de côté, surpasse presque sa longueur.

Esp. 14. Dent. seminotata m.

PI. Ï, fig. 8, « grand. natur., b grossie.

Polypario paullo majore semicostato, loculis subconicis, sursum attenuatis, inferiore parte eorum inflata costulata, superiore laeviultimo loculo breviore ac minore antepenultimo mediaque apertura per, forato ; longitudo fragmenti 1‘‘.

Hab. près de Zalisce avec les précédentes.

Le polypier se distingue par ses côtes peu nombreuses et ne recouvrant qu'à moitié les loges, dont la partie supérieure dépourvue de côtes est tout-à-fait lisse, la dernière loge est un peu plus mince et moins longue que la précédente.

Famille troisième, Agathistegia.

Le polypier se compose de loges rangées autour d’un axe commun, et dont chacune occupe la moitié de la circonférence ; elles se trouvent sur deux ou plusieurs faces opposées ; leur ouverture est ovale ou ronde, quelquefois en croix et toujours munie d’un appendice.

Genre VIII Biloculina D'ORz.

Le polypier libre, globuleux ou comprimé est formé de deux loges, dont l’une embrasse l’autre, l'ouverture est située au bout de la dernière loge. Les espèces se trouvent dans tous les bassins tertiaires et à l’état vivant.

Esp. 15. Biloc. appendiculata m.

PI. 1, fig. 12, a vue de côté, 6 d’en avant, c d’en haut, d grand. natur.

Polypario ovato compresso, loculis convexis subtus in stipitem excurrente, apertura transversa angusta, dente utrinque acuminato latoque clausa ; longitudo 1/,/

Hab. près de Zalisce.

Le polypier est ovale, presque comprimé, les deux loges se prolongent en bas en un appendice étroit garni de deux rainures longitudinales ; l'ouverture est transversale et étroite, à dent large et tranchante, comme dans le Biloc. lunula D’OR8. du bassin de Vienne, la notre cependant est beaucoup plus applatie; elle est d’un blanc brillant comme de la porcelaine.

Esp. 16. Biloc. simplex D'ORs.

Polypario globoso, loculis convexioribus, margine majoris obtusiore quam in antecedente, apertura consimili denteque exiguo ; longitudo 1‘.

Hab. près de Zalisce, aussi au bassin de Vienne.

Ce polypier ressemble un peu au précédent, mais il est plus bombé et n’a point d’appendice à sa partie inférieure.

Esp. 17. Biloc. clypeata D'Or.

Polypario ovali-globoso, margine majoris loculi latiore denteque aperturae utrinque acutiore quam in antecedentibus.

Hab. près de Zalisce , aussi dans le bassin de Vienne.

Ces deux espèces se ressemblent beaucoup, le Biloc. simplex est plus bombée et a le bord plus étroit que le Biloc. clypeata, dont la dent de l'ouverture des deux côtés est plus pointu que dans celle ci; les deux espèces se trouvent aussi dans le bassin de Vienne.

Genre IX. Triloculina D'OR.

Le polypier se compose de trois loges successivement plus grandes et disposées sur trois faces opposées ; l'ouverture qui termine la der-

nière loge a une dent souvent divisée. Les espèces se trouvent dans ditférens bassins tertiaires et à l’état vivant.

Esp. 18. Tril subtriquetra m.

PI. L, fig. 13, « et b vue de deux côtés, € d’en haut, d grand. natur. Melania triquetra Zoolog. special. Vol. Il, Tab. Il, fig. 3.

Polypario subtriquetro laevi, loculis convexis sensim increscentibus, extremo planiore, marginibus rotundatis, basi in exiguam appendicem bifurcam excurrente, dente aperturae quadripartito ; longitudo °/,‘#.

Hab. près de Mendzibosh et Zukowce.

Le polypier presque trigone, les loges très-inégales, les deux premières bombées, la troisième plate à bords arrôndis, la base de la seconde munie de deux petites pointes, la troisième d’une pointe plus petite encore; il ressemble au Trig. trigonula LaM. du bassin de Paris, quoique celui-ci soit plus petit et qu'il ait des loges plus étroites que le nôtre.

Esp. 19. Tril. nodulus m.

PI. I, fig. 14, a et b vue de deux côtés, c d’en haut, d grand. natur.

Polypario subplano compresso, duobus loculis planam tertioque convexam partem occupantibus, illa transversim rugosa ac sulcata et haec grosse foveolata; apertura elongata cum dénte tenui; longitudo 1/, ‘#.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est très-petit, comprimé, convexe d’un côté, presque concave de l’autre, les deux faces sont irrégulièrement sillonnées et fovéolées, les sillons traversent en grand nombre les sutures du côté concave ; l'ouverture est plus longue que large et la dent est presque conique et simple,

Genre X. Quinqueloculina D Org.

Le polypier est comprimé, arrondi ou anguleux et formé, de cinq loges toujours apparentes et très-inégales; la dent de l’ouverture est simple ou trifide. Les espèces sont très-nombreuses et se rencontrent dans les bassins tertiaires et dans les mers actuelles.

Esp. 20. Quinq.saxorum D'OR.

Polypario fusiformi pentagono, utrinque rotundato, superficie foveolis exiguis exarata, apertura tereti cum denticulo acuto; longitudo 1‘”.

Hab. près de Zukowce, aussi dans le bassin tertiaire de Vienne et de Paris.

Le petit polypier est presque fusiforme, pentagone, arrondi aux deux bouts, sa surface est couverte de très-petites fossettes, régulierement disposées; il est plus rare en Volhynie que l'espèce suivante.

: Esp. 21. Quinq. affinis m.

PI. 1, fig. 15, a et b vue de deux côtés, c d’en haut, d grand. natur. Miliola affinis Zoolog. special. Vol. Il, Tab, 1}, fig. 2.

Polypario inaequilaterali elongato, compresso, altero latere convexo , altero concavo, loculis duobus lateralibus cylindraceo-rotundatis, apertura subovali, cum dente tripartito; longitudo ?/,‘/.

Hab, près de Zukowce.

Le polypier inéquilatéral est ovale, fortement comprimé, convexe d'un côté, presque concave de l'autre, les deux dernières loges quioccupent des côtés opposés sont arrondies et plus grandes que les autres; l’ouverture est presque ovale et munie d’une dent trifide.

Esp. 22. Quinq.subafñffinis m.

PI. 1, fig. 16, « et b vue de deux côtés, ec d’en haut, d grand. natur.

Polypario aequilaterali laevi, utrinque concavo, marginibus acutis, apertura ovali cum dente tripartito ; longitudo 1/,‘.

Hab. près de Zukowce, avec la précédente.

Le polypier, est presque équilatéral et lisse il se distingue par son bord tranchant et caréné et par ses deux côtés concaves ; l’ouverture est allongée-ovale, la dent allongée est bifurquée ; les cinq loges sont beaucoup pius apparentes que dans l'espèce précédente, dont le bord est arrondi et le polypier en général inéquilatéral.

Ordre second.

T'hallopodia.

Le polypier calcaire est tubuleux, les petits tubes sont simples ou divisés et forment des cellules tubuleuses, reunies par leur base en faisceaux rampans ou en une expansion membraneuse qui encroûte d’autres corps marins ; les polypes sont grêles à douze tentacules simples, garnis latéralement d’une rangée de cils vibratiles, produisant des mouvemens fort rapides; la bouche, placée au centre destentacules, s'ouvre dans le sac

alimentaire qui est allongé et membraneux, et dont la partie inférieure rétrécie se recourbe en haut et s’y termine en un anus distinct.

Famille quatrième.

Auloporina.

Le polypier se compose de petits tubes calcaires agglomérés solidifiés peu à peu par une partie de la gaine tégumentaire du polype et intimement soudés entre eux à la base ou près de l’ouverture; ils naissent en forme de bourgeons du côté inférieur de la cellule tégumentaire, de sorte qu'ils affectent tantôt une disposition radiaire sur des polypiers plats, ou tantôt s’empilent obliquement les unes ou dessous des autres autour de polypier qui s'élèvent continuellement plus haut.

Genre XI. Tubulipora Lam.

Les cellules tubuleuses du polypier sont membraneuses ou calcaires presque verticales et disposées par agglomération en rayons ou autour de tiges grèles d’autres corps marins, en formant des séries transversales qui s’élevent irrégulièrement., Les espèces se trouvent déjà dans le terrain crétacé, plus souvent dans les terrains tertiaires anciens et modernes et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 23. Tubul. cumulus m.

PI. II, fig. 6, a grand, natur., b très grossie. Naturhistorische Skizze von Lithauen, Volhynien und Podolien. pag. 191.

Polypario tenui incrustante, fisso, cellulis tubulosis brevioribus subgeminis, transversim striatis; longitudo 21/,‘,

Hab. près de Kischenew en Bessarabie et près de Zukowce en Volhynie, sur des coquilles fossiles.

Les tubes du polypier encroûtant et irrégulièrement bifurqué sont courts, disposés presque par paires à cause de leur multiplication par bourgeons; ils sont striés transversalement, un peu recourbés en haut, et les petits interstices entre eux sont striés de la même manière. L'espèce ressemble un peu au Tub, fimbriata LAM. * de la mer du Nord, espèce dont le polypier est irrégulièrement branchu de tous les côtés et dont les tubes sont lisses, et plus ou moins contournés sur eux-mêmes.

Une bonne figure se trouve dans l'ouvrage de MILNE Enwarps sur les polypes. Paris 1838, pag. 10, PL XIV, fig, 2 et 2a.

Esp. 24. Tubul. indigena m.

PI. II, fig. 7, a grand. natur., à grossie.

Berenicea indigena Naturhist. Skizze |. c. pag. 191.

Polypario suborbiculari tenui, cellulis tubulosis apicem versus paullo latioribus simplices series ad marginem usque radiatim exstruentibus, porosis; latitudo 2‘/.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est presque orbiculaire très mince, les tubes sont obconiques, un peu plus larges vers l'ouverture, lisses, très-petits et disposés en rayons sur toute la surface du polypier, les interstices sont poreux et les tubes occupent le polypier jusquà son bord. L'espèce ressemble un peu au Tubul. patina LAM.* de nos mers d’aujourd’hui, mais qui a le bord large et strié du polypier libre, et au Tubul. grignonensis M. Epw., fossile de Paris, dont les tubes plus grèles, cylindriques et n’approchent pas du bord du polypier qui en est entièrement garni dans notre espèce.

Esp. 25. Tubul. cordata m.

Berenicea cordata Naturhist. Skizze pag. 191.

Polypario subcordato incrustante, cellulis tubulosis oblique ad marginem usque dispositis interstitiis non porosis, angustis ; latitudo 2‘/’.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier se distingue par sa forme qui est en coeur aplatie; les tubes disposés obliquement, ne montrant pas de pores dans les interstices ; le bord est entièrement garni de tubes, ce qui le distingue du Tubul. patina qui a presque le même polypier cordiforme; le Tubul. Brongniarti M. Epw. de la craie n’a pas de simples rangées de tubes, mais des doubles et les interstices lisses.

Esp. 26. Tubul. Ammonis m.

PI. II, fig. 1, a grand. natur., b grossie et vue de côté, c grossie et vue

d’en haut.

Cellepora Ammonis Naturhist. Skizze 1. c. pag. 190.

Ceriolina Jarockii Z8orz. et Ceriol. Fischeri Zrorz. voy. les nouveaux Mémoires de la Société des Naturalistes de Moscou 1834. Vol. III, pag. 507, PI. 25, fig. 1.

Polÿpario incrustante, tenuissimos surculos Gorgoniarum,

Serpularum in uno plano obvolvente, cellulis tubulosis brevioribus

Micne-Enwarnps 1. c. PI. XIL, fig. 1, 1a et 1b.

duplices series bifariam exstruentibus, latis interstitiis laevibus ; latitudo 2‘.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est enroulé en spirale dans le même plan, les cellules tubuleuses sont fort peu relevées et disposées des deux côtés du polypier en rangées transversales, separées les unes des autres par un profond sillon longitudinal; les interstices sont larges et hérissés ça et là de quelques petites cellules ; les rangées sont disposées obliquement de chaque côté et les cellules sont plus ou moins rapprochées les unes des autres; le polypier entier est quelquefois garni irrégulièrement de ces cellules à peine saillantes dont l’ouverture est toujours arrondie, On observe ordinairement 6 ou 10 cellules dans chaque rangée transversale de chaque côté; elles diminuent de grandeur vers le centre ombilical qui est perforé, et par lequel le polypier était fixé sur une petite tige très mince de Serpula radicans ou d’un Gorgonia fossile; l’intérieur du polypier est tout-à-fait tubuleux parce qu'il est entièrement formé de cellules; il se dilate très-rapidement, pour prendre la forme d’une petite corne d’Ammon.

Mr. ZBORZEWSKI* en a fait son genre Ceriolina à cause de l’'enroulement du polypier en spirale; on y distingue 11/, tours de spires, mais à l'exception de cette forme accidentelle, les cellules ressemblent plutôt aux tubes d’une Tubulipore, dont elles ont la même disposi-

tion rayonnante, Esp. 26, Tubul. echinus m.

PI. Il, fig. 14, a grand. natur., b vue à la loupe. . Cellepora Echinus Naturbhist. Skizze 1. c. pag. 190. Polypario exiguo foliaceo incrustante, cellulis tenuissimis tubulosis cylindraceis confertis rectis, raro inflexis, interstitiis cellularum nullis indeque superficie stirpis quasi hispido-echinata ; latitudo 1°.

* Mr. ZsorzEwsxr (observations microscopiques sur quelques fossiles rares de Volhynie, dans les Nouv. Mémoires de la Soc. de Moscou. Vol. Ill, 1834, pag. 307) décrit entre autres aussi plusieurs corps tout-à-fait problématiques, comme ses genres Phyllocrina et Actinina qui à ce que je suppose sont de petits fragmens de quelques fossiles qu'il ne fallait pas distingues par des noms propres, n’ayant pas de structure distincte; c’est Je même cas avec son genre Raphulina qui n’a de ressemblance avec aucun autre genre. Je ne les aï pas vus dans sa cellection pendant mon séjour à Krzemienec de sorte que je n’en peux pas juger, autrement que Mr. Rarake (voy. Dorpater Jahrbücher 1834. Vol. 111, pag. 507) qui les considère comme des corps imaginaires. Je suppose que se sont des Br y ozoaires mal figurés.

Hab. près de Zukowce,

Le polypier est très-petit, membraneux, encroûtant, les tubes relevés sont grèles, tellement soudés à leur base qu’il n’y a pas d'interstices libres entre eux; la surface du polypier est comme hérissée par les nombreux tubes rapprochés en faisceaux irréguliers.

L'espèce ressemble un peu au Tubul. parca RoEM*, du terrain crétacé, espèce dont les tubes cylindriques forment des petits faisceaux arrondis ; dans notre espèce les tubes ne sont pas disposés aussi régulièrement que dans celle-ci. Par ses tubes en partie soudés entre eux elle fait passage au genre Diastopora.

Genre XII Pustulopora BLAINFT.

Les cellules tubuleuses soudées forment un polypier cylindrique simple ou ramifié, dont la surface est hérissée tout autour de tubes plus ou moins éloignés les uns des autres, mais peu saillans ; les jeunes cellules naissent au sommet des vieilles, et augmentent ainsi de plus en plus la longueur du polypier. Les parois de celui-ci sont perforées à l’exisertion des tubes et par conséquent criblées à leur face intérieure de nombreux trous correspondant, à ces tubes. Les diverses espèces se trouvent vivantes dans nos mers et fossiles dans tous les terrains tertiaires.

Esp. 28. Pustul. primigenia m.

PL II, fig. 11—192, a grand. natur., b grossie. Tubulipora primigenia Naturhist. Skizze p. 191.

Polypario simpliei aut ramoso, incrustante, clavato, superiora versus incrassato, intus tubuloso propter cellulas tubulosas cylindraceas, in basi stirpis approximatas, in summitate remotas, interstitiis ipsisque tubulis transversim striatis; longitudo fragmentorum 4!/,‘/.

Hab. près de Zukowce et en Bessarabie près de Kischinew.

Le polypier cylindrique a son sommet renflé et arrondi en massue, sa surface est hérissée de tubes plus ou moins éloignés les uns des autres, un peu infléchis et redressés dès leur base; ils sont striés transversalement ou rugueux, et disposés irrégulièrement ; ils se réunissent à leur base et forment par leur soudure un polypier, à parois tubuleuses et perdoré au centre par une æ&avité cylindrique, au moyen de laquelle il se fixe autour des tiges grèles d’autres petits polypiers.

se

Aporrm Rosmer, die Versteinerungen des norddeutschen Kreïdegebirges. Hannover 1841, p. 19, Tab, V, fig. 17.

d’Eichwald, Lethaea rossica. # 2

Le Pustulopora gracilis M. Enw.* se distingue de notre espèce par ses tubes plus courts et moins saillans et par sa tige trèsgrele , jamais renflée en massue. N

Esp. 29. Pustul. laevis m.

PI. If, fig. 13, a grand. natur., b vue à la loupe, c section transversale.

Polypario exiguo laevissimo, ramosissimo, ramis convergentibus, stirpe propter cellulas numerosissimas intus tubulosa, cellulis paullo prominulis laevibus, remotis, basi connatis; longitudo 4—6‘/’.

Hab. près de Zukowce et en Bessarabie près de Kischinew.

Le polypier n’est pas encroutant et par conséquent sans cavité cylindrique à l’intérieur ; il est tubuleux à cause des tubes nombreux qui à la surface du polypier forment des cellules courtes peu saillantes, séparées par des interstices larges et tout-à-fait lisses ; le polypier s’élargit en haut, en se ramifiant ; deux rameaux sont presque soudés ensemble et le troisième en est très-écarté; les bouts des rameaux se rapprochent un peu, en se courbant l’un vers l’autre.

C’est une des plus grandes espèces des Pustulopores fossiles de la Volhynie et de la Bessarabie.

Esp. 30. Pustul. fruticosa m.

PI. IL, fig. 9, a grand. natur., b grossie.

Polypario ramoso, instus tubuloso, ramis dichotomis quam maxime divergentibus apicemque versus sensim tenuioribus, cellulis tubulosis paullo emergentibus remotis, subangulatis, ac transversim rugosis ; longitudo 2—3/.

Hab. près de Kischenew en Bessarabie.

Le polypier est ramifié et tubuleux dans l’intérieur, les rameaux bifurqués sont très-divergents et s’amincissent vers le sommet, les cel-

lules tubuleuses sont très-courtes, peu saillantes, très-distantes et striées transversalement ou rugueuses; l’intérieur du polypier est fortement tubuleux à cause des nombreuses cellules pui partent du centre en se dirigeant obliquement vers la surface.

Esp. 31, Pustul. curta m.

PI. 11, fig. 10, « grand. natur., b grossie.

Polypario ramoso supra dilatato, intus anguloso-tubuloso, tubulis majoribus oblique sitis, subangulatis remotioribus ac confluentibus cum

"1 PL Xi fe à

se invicem, superiore margine cellularum interrupto, interstitiis cellularum angustis iisque ipsis intus transversim rugosis; longitudo 11/,‘".

Hab. près de Zukowce et à Kischenew en Bessarabie.

Le polypier est ramifié, les rameaux sont dichotomes ; les cellules tubuleuses tres-grandes et presque anguleuses sont très courtes et si peu saillantes qu’elles se confondent entre-elle, structure toute particulière qui s'accorde peu avec ce qu’on rencontre dans les autres Pustulopores; mais notre espèce s’approche tant des espèces précédentes qu'il serait mal à propos d’en faire un genre distinct. Le polypier s’élargit vers le haut et son l’intérieur est fortement tubuleux à cause des cellules cylindriques, un peu anguleuses qui le composent tout entier; la surface du polypier de même que les cellules sont striées transversalement.

Par sa forme cette espèce se distingue de toutes les précédentes ; elle ressemble bien un peu au Pustulopora macrostoma M. Epw.* du bassin tertiaire de Paris, mais cette espèce a des cellules à bord entier et la surface du polypier lisse, tandis que dans le Pustulopora curta le bord supérieur de la cellule se trouve interrompu, de sorte que la base de la cellule placée plus haut est soudée au bord de la cellule située plus bas.

L’espèce forme le passage au genre Diastopora.

Genre XIII Diastopora LAn.

Le polypier est encroûtant, plat ou rameux, entourant des tiges grèles d’autres polypiers; les cellules tubuleuses sont entièrement soudées à leur base et ne deviennent libres qu’à leur sommet, elles se rapprochent extrêmement et forment quelquefois des expansions foliacées, formées par deux rangées de cellules, adossées les unes contre les autres. Les espèces se trouvent fossiles dans le terrain jurassique, plus souvent dans le terrain tertiaire et vivent dans nos mers actuelles.

Esp. 32. Diast. arbuscula m.

PI. IL, fig. 15, a grand. natur., b grossie.

Cellepora arbuscula Naturhist. Skizze 1. c. pag. 189.

Polypario exiguo ramoso, incrustante, cellulis majoribus sine ordine dispositis, approximatis, suberectis, basi connatis apiceque liberis, ramis € stirpe inflexa sursum deorsum exortis, cellularum interstitiis porosis ; longitudo 8‘.

* Le. PL XIL fig. 1.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est rameux, creux à l'intérieur, encroütant et courbé tantôt de l’un, tantôt de l’autre côté; les petits rameaux sortent de la tige sous un angle presque droit et sont courbés; les cellules sont

entièrement soudées à leur base et libres à leur sommet, leur ouver-

ture est un peu rétrécie; la surface du polypier est hérissée de tubes nombreux et grèles.

Esp. 33. Diast. echinata m.

PI. IT, fig. 8, « grand. natur., & grossie.

Polypario cylindraceo intus cavo tubuloso, cellulis tubulosis majoribus, crassioribus, brevibus, remotioribus, aperturis orbicularibus horizontaliter sitis, superficie cellularum longitudinaliter costatis ac sulcatis, margineque inferiore in appendicem aculeatam excurrente indeque stirpe echinata; longitudo %/,‘.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est cylindrique, simple (?), creux à l’intérieur et encroùûtant, il entoure les tiges grèles d’autres corps marins; les cellules tubuleuses sont grosses, mais courtes, moins rapprochées que dans l'espèce précédente ; leur surface a des côtes longitudinales, dont une se prolonge en pointe d’un côté du bord inférieur de l'ouverture de la cellule ; l’ouverture est ronde, située horizontalement à la direction verticale du polypier, qui lui-même est très-fragile, transparent, blanc et très-petit.

L'espèce est si différente de toutes les autres déjà connues qu’elle mériterait de former un genre à part, qui aurait même peu d’analogie avec les Pustulopores.

Famille cinquième.

Celleporina.

Le polypier presque calcaire est fixé par toute sa face inférieure, redressé à sa partie supérieure ; il se compose de cellules unilatérales ovales urcéolées, jamais tubuleuses, à ouverture ronde placée sur un côté, tandis que de l’autre côté les parois cellulaires se confondent avec celles des cellules avoisinantes; chaque cellule est ordinairement hexagonale, parce qu’elle se trouve prise entre 6 autres cellules, avec lesquelles elle communique par autant de canaux très-fins; à la suite de cette disposition, les cellules produisent des rangées obliques très régu-

lièéres qui, cependant, sont quelquefois mises en desordre par des cellules accessoires; outre cela il se forme des deux côtés ou au dessous de l’ouverture des petits pores accessoires ou des tubercules perforés en forme au d’oreillettes qui constituent un caractère distinctif.

Genre XIV. C'ellepora Lan.

Le polypier a des cellules ovales disposées le plus ordinairement en rancées très-régulières sur d’autres corps marins qu'elles encroûtent entièrement; de jeunes cellules se développent sans cesse entre les vieilles en formant des séries rayonnantes ; les encroûtemens sont quelquefois très-irréguliers et sans ordre. Les espèces se rencontrent déjà dans les plus anciens terrains, plus souvent dans le terrain tertiaire, et vivent encore dans nos mers actuelles, comme aussi dans la mer Noire le Cellepora ponticam.(le Tendra zostericola Norpm. sur une zostère et dans la mer Baltique le Membranipora membranacea sur le varec ordinaire. |

* Cellulis globosis glomeratis.

Esp. 34. Cellep. globularis BRONN.

PI. IE, fig. 4, a grand. natur., b la surface vue à la loupe, c section transversale de la base.

Ceriopora polymorpha Naturhist. Skizze 1. c. pag. 189.

Polypario polymorpho intus solido, extus in appendicem lateralem excurrente, cellulis globosis majoribus crassioribus cum minoribus sibi invicem promiscue impositis, laevibus, ostiolo maximo subcirculari eique altero accessorio raro adposito ; inferiore parte inaequaliter pertusa ; longitudo ad !/, poll. accedit.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier calcaire est globuleux, en forme de massue ou polymorphe avec un appendice latéral; il est solide dans l’intérieur et fixé à sa base rétrécie et irrégulièrement perforée ; les cellules sont arrondies, assez grandes, lisses, à ouvertüre plus ou moins ronde, à côte de laquelle se trouve une ouverture accessoire; les interstices entre les cellules sont plus épais, ce qui fait que le polypier devient plus solide que dans l'espèce suivante. Les cellules sont superposées les unes aux autres, sans former des rangées concentriques, comme dans les espèces du genre Ceriopora. Ce polypier se trouve aussi dans le bassin tertiaire de Vienne et des Apennins, mais il manque dans celui de Paris,

Esp. 35. Cellep. ovifera m.

PI. 11, fig. 5, a grand. natur., b la surface grossie à la loupe, c le côté opposé fixé. | Naturhist. Skizze 1. c. pag. 189.

Polypario oviformi intus perforato ac fixo, canali cylindraceo a vertice ad basin decurrente, cellulis minoribus globosis, sibi invicem per strata concentrica impositis, nodulosis, tenuissimis, ostiolo parvo cique adposito altero accessorio multo minore, interno polyparii latere regulariter pertuso aperturis ovalibus quincuncialibus ; longitudo 2‘.

Hab. près de Zukowce et en d’autres endroits de la Volhynie.

Le polypier est très-petit, oviforme, perforé par un canal cylindrique, pour se fixer aux différens corps marins; les cellules sont globuleuses, plus saillantes que dans l'espèce précédente, couvertes de petits nodules ou tubercules; elles forment plusieurs couches disposées assez régulièrement les unes sur les autres, les interstices entre les cellules sont très-étroits; les cellules de la partie encroûtante sont ovales et disposées par rangées obliques assez regulières ; les parois des cellules forment des stries.

C’est probablementle Cellulina Eichwaldi ZBoRz. *, à cellules ovales disposées plus régulièrement, dont les Cellulina Besseri et Puschii ZBORZ. ne diffèrent que par leur cellules hexagones ou anguleuses par compression; les polypiers sont plutôt cylindriques qu'ovoides, mais les cellules communiquent entre elles par de petits canaux très-minces, comme dans les Cellepores.

Esp. 36. Cellep. pertusa m.

PI. I, fig. 24, a les cellules vues à la loupe, 4 encore plus grossies de côté, c grand. natur.

Naturhistorische Skizze 1. ce. pag. 190.

Polypario subgloboso minimo tenui ac fragili, cellulis globosis tumidis nodulosis sibique invicem per plura strata impositis, ostiolo majore transverso, sublunari, inferiore margine rostelli instar sursum flexo medioque ostiolo accessorio perforato; longitudo vix 1‘.

Hab. près de Tarash, village en Volhynie.

Le polypier est globuleux, très-petit, mince, fragile, encroûtant, les cellules globuleuses couvertes de petits tubercules ou nodules à

* Nouv. Mémoires de la Société des Naturalistes de Moscou. Tome

Il, 1834, pag. 308, PI, XXVIL, fig. 1.

ouverture transversale semilunaire et à bord inférieur recourbé en haut en forme d'un petit rostre, perforé à son bout; de petites cellules se développent toujours parmi les grandes en suivant différentes directions. L'espèce ressemble un peu au Cellepora cheilopora Reuss* du bassin de Vienne, quoique celui-ci ait des cellules plus allongées disposées en séries rayonnantes plus régulières.

** Cellulis confluentibus.

Esp. 37. Cellep. uviformis m.

PI. I, fig. 17—18, a grand. natur., b grossie. Naturhist. Skizze L ec. pag. 189.

Polypario exiguo clavato, passim cylindraceo, incrustante, cellulis immersis, in marginem inferiorem gibberoso-prominulum apiceque perforatum excurrentibus, ostiolis magnis, circularibus oblique sitis; interstitiis cellularum confluentium rugoso-gibberosis; longitudo 11/,‘.

Hab. près de Zukowce , Novo-Constantinowo.

Le polypier est presque en forme de massue, creux dans l’intérieur et fixé à sa base lisse et un peu dilatée; en haut il devient plus tuberculeux à cause du bord des cellules qui se relevent en tubercules assez saillants ; les tubercules sont sillonnés, les sillons forment de profonds rayons et occupent toute la surface des tubercules qui sont très-saillans (voy. PL. I, fig. 17); le polypier est quelquefois cylindrique, encroûtant, et les tubercules des bords inférieurs des cellules sont moins saillans (PI. I, fig. 18), quoique sillonnés de la même manière; les cellules sont alors disposées plus régulièrement dans des rangées obliques; les ouvertures des cellules confluentes sont arrondies et enfoncées.

Esp. 38. Cellep. conspicua m.

PL [, fig. 19, a grand, natur., b grossie à la loupe.

Polypario complanato expanso incrustante, cellulis confluentibus subimmersis, inferiore earum margine passim quoque superiore prominulo, convexo, laevi, raro perforato, apertura oblique sita, interstitiis ipsisque cellulis subtiliter punctatis, non sulcatis; longitudo fragmenti 2—3/.

Hab. près de Zukowce.

LA

HuinixGer Naturwiss. Abhandlungen. Baud IT, pag. 91. Wien 1848, Tab. XI, fig. 4.

Le polypier est aplati et encroûtant, les cellules du bord inférieur ou supérieur sont peu saillantes et disposées en rangées plutôt longitudinales que transversales, très-irrégulières ; elles sont finement pointillées comme les interstices qui les séparent; les bords des cellules (PI. I, fig. 19, c vue de côté) ne forment pas de gros tubercules, comme dans l’espèce précédente et ne sont pas sillonnés, comme dans le Cellep. uviformis, dont elle ne diffère pas aucun autre caractère, de sorte que le Cellep. conspicua me semblait d’abord n'être qu'une variété de ce dernier. |

Esp. 39. Cellep. emarginata m.

PI. I, fig. 26, a vue à la loupe, & grand. natur.

Polypario incrustante expanso, plano, laevi, cellulis circularibus, margine inferiore exciso notatis, subprominulis ac distantibus, interstitiis cellularum remotis, laevibus ; longitudo 2’,

Hab. près de Zukowce sur des coquilles.

Le polypier est encroûütant, aplati, les cellules sont à peine saillantes, leurs limites ne se dessinent pas à l'extérieur ; les ouvertures sont arrondies à bord inférieur échancré; elle sont assez éloignées les unes des autres et forment des rangées assez régulières et ob:iques, dont les interstices sont lisses et peu enfoncées

*** Cellulis marginatis distinctis.

Esp. 40. Cellep. regularis m.

PL I, fig. 21, a vue à la loupe, & quatre cellules encore plus grossies, c grand, natur.

Polypario cylindraceo simplice, incrustante, superne dilatato, cellulis prominulis in quincunce regulari dispositis, majoribus, contiguis, inflatis, ostiolo suborbiculari, marginato, subtus exciso, inferiore cellularum margine in nodulum prominulo, superficie costulata, costulis radiorum instar e nodulis exstructis ; longitudo 3‘.

Hab. près de Zukowce, Tessow, aussi en Italie près de Castel!’ arquato,

Le polypier est simple, encroûtant, presque cylindrique, un peu, dilaté vers son bout supérieur, les cellules sont fortement convexes, tres-saillantes, principalement vers le bord inférieur, qui est renflé en forme d'un petit tubercule lisse sans pore ; louverture est presque ronde, le bor | forme un petit anneau noduleux et la surface des cellules est couverte de

petites côtes disposées en rayons noduleux; l'intérieur du polyÿpier est creux parce qu'il était fixé à d’autres corps marins qu'il encroûtait.

Esp. 41. Cellep. orbiculus 7”.

PI, IL, fig. 22, a vue à la loupe, à grand. natur., c deux cellules très-ærossies. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 189.

Polypario explanato orbiculari incrustante, cellulis ovatis quincuncialibus, series irregulares exstruentibus, subdepressis, radiatim costato, ostiolo transverso, semilunato, margine inferiore in nodulum parvulum perforatum, atque prominulum excurrente, ambituque cellularum radiatim costato, costis numerosis tenerrimis, prope cellularum limites dilatatis ; latitudo 3—4//#.

Hab, près de Zukowce sur des coquilles.

Le polypier est presque orbiculaire, dilaté, encroûtant, les cellules qui sont disposées en rangées transversales assez régulières sont trèspetites, ovales, déprimées; l'ouverture est à bord distinct transversale, semilunaire, son bord inférieur est prolongé en un petit tubercule perforé, lisse, sa surface a des côtes disposées en rayons et formées de petits nodules ; les cellules sont verticales à la direction du polypier et assez saillantes à leur bord inférieur (PI. I, fig. 22 c).

Esp. 42. Cellep. decorata* m.

PI. I, fig. 20, a grand. natur., b les cellules vues à la loupe. Naturhist, Skizze 1. c. pag. 189.

Polypario explanato incrustante, cellulis ovalibus depressis late costatis, margine distincto semilunato, altiore tamen quam latiore ; longitudo 11/,‘.

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est aplati, il encroûte des corps marins et des coquilles, et se distingue par ses cellules déprimées, le bord a #, 5 ou 6 côtes larges de chaque côté, separées les unes des autres par des sillons étroits ; l'ouverture est presque semilunaire, ronde en haut, toute droite à sa partie inférieure, plus haute que larse; le bord inférieur est quelquefois très-peu prononcé et perforé; les cellules forment des rangées transversales très-régulières.

L'espèce ressemble un peu au Cellep. ornata GoLpr., dont

I ne faut pas confondre cette espèce que j'ai nommée dejà en 1830, avec le Cellep. decorata Reuss du bassin de Vienne, décrite en 1848 dans H4IDINGER naturwiss. Abhandign. Bd. II, pag. 89.

les cellules ont des côtes moins nombreuses, car il n’y en a que 5 en tout. Mr. REUSS * a décrit une espèce très-voisine du bassin tertiaire de Vienne, si toutefois ce n’est pas la même, qu'il nomme Cellep. Ungeri et qui diffère de la nôtre, par ses cellules un peu pointillées à la surface et par la dentelure du bord supérieur de son ouverture plus étroite.

Esp. 43. Cellep. syrinx m.

PI. I, fig. 27, a grand. natur., & vue à la loupe.

Polypario obconico inflexo, tubuloso, cellulis ad series transversas tota longitudine concretis, in superficie subtiliter punctatis, ovato-elongatis, margine ostiolorum constricto ac reflexo; longitudo 5 —6!//,

Hab. près de Castell’ arquato et en Bessarabie, mais plus rarement.

Le polypier est obconique, infléchi, dilat en haut et fixé à sa base; les cellules sont allongées, presque cylindriques ou quelquefois ovoïdes, disposées transversalement en séries régulières et collées ensemble; la base des cellules supérieures s'attache en arriere de l'ouverture des inférieures, de sorte qu'il se forme des rangées presque verticales, leur surface est très-finement pointillée et leur ouverture est très-étranglée à bord distinct; quelquefois on aperçoit au bord inférieur un petit noeud très rarement perforé; il y a 5 ou 6 rangées de cellules de chaque côté, ces cellules sont rétrécies à la base, dilatées en haut comme le polypier lui-même qui ressemble un peu à une Vaginipora, dont le centre celluleux aurait été détruit par l'influence de l'air ou de l’eau **.

* HarnixGzs naturwiss. Abhandlgn. Bd. IT, pag. 84, Tab. X, fig. 6.

“* J'ai encore observé à Castell arquato quelques autres espèces de Cellepores qui me semblent nouvelles, savoir :

1. Cellepora punctata m. (voy. mon ouvrage: naturhistorische Bemerkungen als Beitrag zur vergleichenden Geognosie auf einer Reise durch die Eifel, Tyrol, Italien und Algier gesammelt. Moscau und Stuttgart 1850, pag. 213), polypario incrustante explanato, cellulis ad quincunciales series connexis, depressis, medio subconcavis, rhombicis, ostiolo orbiculari, exiguo, transverso, tota superficie subtiliter punctata ; longitudo 4—5‘#?,

Hab. près de Castell’ arquato.

Le polypier est formé de cellules thomisédnles disposées en rangées regulières obliques, et si rapprochées qu’elles deviennent anguleuses , elles sont concaves au milieu et entièrement pointillées ; les points sont tellement rapprochés qu’ils forment presque de petits rayons, comme dansle Cellep. Heckelii Reuss (HaïniNGer naturwiss. Abhandlungen 1. c. Tab. IX, fig. 10), qui, cependant, se distinque de notre espèce par ses ouvertures accessoires trèsrurement apparentes dans le C. punctata,

ss Cellulis auriculatis.

Esp. #4. Cellep. solaris m.

PI. IL, fig. 3, a grand. natur., & grossi,

Polypario incrustante explanato, cellulis ovatis, elongatis, transversas series relugariter arcuatim exstruentibus, superne paullo latioribus, ostiolo coarctato, uno alterove poro auriculato accessorio, superficie tenuiter punctata.

Hab. près de Kischenew en Bessarabie dans un calcaire tertiaire

blanc.

Le polypier est encroütant, mince, dilaté ; les cellules sont ovales,

allongées, élargies en haut et finement pointillées à la surface , disposées

2. Cellepora biforis m.(voy. mon ouvrage cité en haut pag. 213), polypario incrustante expanso, cellulis ovato-gibbis, majoribus, transversas series inordinatim exstruentibus, ostiolo suborbiculari, margine reflexo, altero orificio accessorio, passim duplice eique supposito, superficie grosse punctata, punctis remotioribus; longitudo 5‘.

Hab. près de Castell” arquato avec la précédente sur la même coquille de Cancellaria varicosa.

Le polypier est encroûtant et forme des cellules assez petites, ovoïdes, inégales, irrégulièrement anguleuses, à peine convexes, lisses et pointillées, les points ne sont pas aussi rapprochés que dans Pespèce précédente : elles forment des rangées très-irregulières à peine symétriques, l’ouverture est grande, ronde, un peu ovale à bord distinct relevé, près du bord inférieur de l’ouverture, il existé d’un ou de deux côtés des petits pores accessoires, dont les uns sont plus grands que les autres; la surface est pointillèe, les points forments de petits enfoneemens espacés.

3. Microsolena placentina m. (ex Anthozoorum familia Daedalinorum EmrENr.), polypario calcareo semigloboso tubuloso, tubulis erectis approximatis, subangulatis, parietibus tubulorum passim perforatis, communicantibus invicem, ostiolis tubulorum circularibus superis, simplicibus, irregulariter dispositis, interstitiis inter tubulos porosis; longitudo 3‘! et latitudo 4'‘‘.

Hab. près de Castel arquato.

Le polypier est semiglobuleux, convexe en haut, plat en bas, tubuleux; les tubes son anguleux, rapprochés les uus des autres, les parois un peu striées transversalement et perforées, des pores assez grands communiquent avec tous les tubes, comme dans les Calamopores; les ouvertures des tubes sont rondes, simples, sans lamelles en étoiles, leur bord est un peu saillant et les interstices entre les ouvertures sont pointillés.

J'ai observé moi-même ce genre à Castell’ arquato et ne le trouvant pas cité chez les auteurs, je l’ai nommé comme espèce nouvelle; je ne lai pas rencontré en Volhynie, où les Anthozoaires en général manquent entièrement.

en rangées transversales assez régulières et courbées en arc; l'ouverture est ronde et a de chaque côté des petits pores accessoires; les cellules forment aussi des rangées verticales, leurs bases se rattachant à la partie supérieure en arrière de louverture; il y a 23 rangées de cellules sur la largeur du polypier de 4‘.

Esp. 45. Cellep. tinealis m.

PL. I, fig. 23, a grand. natur., & vue à la loupe.

Polypario cylindraceo, intus cavo, incrustante, cellulis elongatoplanis, paullo prominulis, ad transversas series obliquas connexis, subconfluentibus, superficie cellularum punctata, ostiolo tereti, utrinque ad latus exiguis nodulis passim perforatis instructo ; longitudo 2‘,

Hab. en Bessarabie près de Kischenew.

Le petit polypier est encroûtant, creux dans l’intérieur, cylindrique et les cellules sont allongées, un peu aplaties, à peine saillantes et presque soudées ensembles, elles forment des rangées transversales obliques et leur surface est finement pointillée, les points, en se joignant, forment des petits sillons ; l’ouverture est ronde, un peu saillante, munie de chaque côté ou d’un seul petit nodule quelquefois perforé ou le pore se trouve en dessous du nodule. Il y a 6 rangées de cellules sur la largeur du polypier d’une ligne.

Esp. 46. Cellep. volhynica m.

PI. I, fig. 28, grossie à la loupe.

Flustra volhynica Naturhist. Skizze 1. c. pag. 190.

Polypario exiguo explanato, incrustante ; cellulis orbicularibus minimis, transversas series curvatas exstruentibus, approximatis lineisque : cellulas invicem dirimentibus, ostiolis minutissimis circularibus, margine distincto integro ; latitudo 2‘.

Hab. près de Zukovwce, fixé sur des Huitres.

Le polypier est encroûtant, aplati, les cellules sont presque rhomboïdales, très-petites, séparées les unes des autres par des lignes fines et droites; l'ouverture est arrondie, circulaire à bord distinct, les rangées des cellules sont très-régulitres, transversales et courbées en arc.

Le polypier étant fixé par toute sa face inférieure, n'appartient pas au genre Flustra, quoique le Flustra Duvaliana Mica.* du

Miceuin Iconographie zoophytologique. Paris 1841. PI. 46, fig. 10.

bassin de Paris lui ressemble beaucoup par sa taille et par la petitesse de ses cellules qui sont disposées de la même manière, mais plutôt en rangées obliques et régulières.

*###* Cellulis ovatis apice reflexis arrectisque.

Esp. 47. Cellep. venusta m.

PI. 11, fig. 2, a grand, natur., b grossie.

Polypario incrustante subplano, cellulis ovatis, depressiusculis, irregulariter convexis, apice constricto et reflexo arrectoque, apertura distincto margine cincta, coarctata, superficie costata, costulis lateralibus duabus tertiaque intermedia a margine aperturae deorsum excurrentibus interstitiisque costarum tenuiter nodosis; longitudo 11/,‘’

Hab. près de Zukowce sur des Serpules.

Le polypier encroûtant se compose de cellules ovoïdes, relevées à leur partie supérieure qui est rétrécie; la surface des cellules est finement pointillée et munie de trois côtes longitudinales, passant du bord inférieur de l'ouverture au milieu de la cellule où elles disparaissent,

L'espèce ressemble un peu au Cellep. gracilis Münsr. du bassin tertiaire d'Osnabruck et au Cellep. erecta Hac. du terrain crétacé de l'ile de Rugen, mais il manque à ceux-ci la troisième côte longitudinale; la surface pointillée et le sommet de la cellule non

rélevé, sont des caractères distinctifs de notre espèce.

Genre XV. Membranipora BLAINv.

Le polypier est encroûtant et répandu, les cellules sont ovales membraneuses sans ouverture distincte, ouvertes à toute leur partie supérieure et formées d’un mince anneau calcaire qui entoure chaque polype. Les espèces se trouvent dejà fossiles dans le bassin de Paris mais elles vivent plus fréquemment dans les mers actuelles, comme p. e, dans la Baltique où on rencontre le Membraniporamembranacea L.

Esp. 48. Membran. fenestrata m.

PI. I, fig. 25, « vue à la loupe, b grand. natur.

Polypario explanato incrustante, cellulis ovalibus utrinque rotundatis, superne paullo attenuatis, cavis, non clausis, margine cellularum tenui annulato ; cellulis obliquas series regulares exstruentibus, parvoque interstitio triangulari ab invicem diremptis; iongitudo 3—#4‘,

Hab. près de Zukowce sur une Arche en commun avec le Cellep.emarginata.

Le polypier est encroüûtant, plat, à grandes cellules ovales, un peu rétrécies en haut, creuses et ouvertes; les rangées sont très-régulières, obliques; le bord des cellules est mince et assez prononcé; les interstices de 3 cellules voisines sont triangulaires, très-évidents, ce qui distingue notre espéce du Membranipora philostracites Mic. * du bassin de Paris qui n’a pas d’interstices entre les cellules qui en outre sont elles-mêmes plus étroites et plus petites ; elle ressemble encore davantage au Cellep. bipunctata GoLpr.** du terrain crétacé, quoique les cellules de celle-ci soient plus grandes et elliptiques, ou plus rétrécies au bout supérieur. Le Cellep. fenestrata REUSs, nouvellement décrit, est une vraie Cellepore pourvue d'une ouverture à opercule, et par conséquent diffèrente de notre espèce membraneuse sans ouverture distincte, caractère qui la réunit au genre Membranipore.

Famille sixième.

Escharina.

Le polypier calcaire est fixé à sa base et s’élève verticalement en tige simple ou rameuse, ses cellules sont ovales-urcéolées et disposées des deux côtés du polypier en rangées régulières transversales, séparées par une paroi mince verticale ; l'ouverture est plus ou moins circulaire sans pores accessoires.

Genre XVI. Eschara LAm.

Le polypier est cylindrique, comprimé et formé de cellules ovales, disposées des deux côtés du polypier et adossées les unes contre les autres; les deux rangées sont separées par une paroi verticale ; l'ouverture est simple et les cellules ont à la partie dorsale la forme d’un hexagone ; elles semblent communiquer entre elles par des petits canaux, comme cela se voit dans les Cellepores. Les espèces se trouvent fréquemment dans les terrains crétacés et tertiaires *“* et vivent encore dans les mers actuelles.

Micuezin |. c. Tab. 46, fig. 12.

“* Gocpruss Petrefacta Germaniae, Vol. 1, Tab. IX, fig. 7.

°° Mr. Puscn (Polens Palaeontologie pag. 180) fait mention de deux espèces d'Eschara, comme fossiles du terrain tertiaire de Pologne, de lEschara sexangularis Gozpr. et de l'Esch. cyclostoma Gorpr., sans en donner ni les figures, ni les descriptions, mais il est douteux que ; ces deux espèces, observées le plus ordinairement dans le terrain crétacé, se trouvent aussi dans le bassin tertiaire de Pologne,

Esp. 49. Esch. compressa m.

PI, 11, fig. 16, a grand, natur., b le polypier grossi vu de côté, « section transversale vue à la loupe.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 191.

Polypario erecto, compresso, subtus latiore, superne angustiore, rotundato, cellulis in quincunce dispositis, urceolatis, majore apertura orbiculari, margine crassiore integro, superficie cellularum nodulis punc tiformibus munita ; longitudo 4‘,

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est simple, très-comprimé, plus large à sa base qu’en haut, la surface est lisse et couverte de cellules urcéolées allongées, très-grandes et disposées en rangées obliques fort régulières formant des quinconces ; l’ouverture est très-grande, ronde, à bord annulaire trèsdistinct; la surface des cellules, disposées de chaque côté par 7 ou 8 rangées, est finement pointillée ; le polypier est celluleux dans son intérieur à cause des rangées de cellules adossées les unes contre les autres.

Le fragment a une hauteur de 4‘, une largeur de 11/,//’ et une grosseur de %/,//,

L'Eschara varians REUSS du terrain crétacé ressemble beaucoup à notre espèce, mais dans celle-ci les cellules cylindriques ne sont pas aussi rapprochées et leur partie supérieure est plus distincte; enfin l'ouverture n'est pas aussi large que dans l’autre espèce, qui est finement pointillée comme la nôtre.

Genre XVII Melicertina Enr.

Le polypier est calcaire cylindrique, les cellules sont hexagonals, disposées en rangées transversales alternes et verticales, Les espèces se trouvent dans le terrain tertiaire et vivent encore dans les mers actuelles. C’est le genre Melicerita M. Epw.

Esp. 50. Melic. Münsteri m.

PI. IL, fig. 18, a grand, natur., à grossie.

Polypario cylindraeeo, supra rotundato, cellulis hexagonis in utroque latere series transversas alternantes rectasque construentibus, approximatis, apertura subcirculari ; longitudo 2‘‘ et latitudo 1‘.

Haëb. près de Grigoriopole en Podolie et à Castell’ arquato.

Le polypier se distingue par sa forme en cylindre creux et arrondi en haut; les cellules sont hexagones, fort rapprochées en rangées droites,

transversales et alternantes autour da polypier; l'ouverture est presque orbiculaire : elles ont le bord distinct et forment, à ce qu'il paraît, des couches encroütantes.

L'espèce ressemble beaucoup à l'Eschara clathrata Pis.*, qui en diffère cependant par son caractère générique.

Ordre troisième.

S'cleropodia.

Le polypier calcaire de cet ordre est encroûtant ou foliacé et rameux, les cellules sont obconiques, les jeunes sont disposées au dessus des vieilles qui périssent à mesure qu'il s’en forme d’autres plus jeunes ; les rangées transversales des cellules se trouvent d’un côté du polypier, l'autre côté est sans cellules; leur ouverture est simple et toujours arrondie.

Famille septième.

Myrioporina.

Le polypier est foliacé ou lamelleux, vertical et fixé à sa base; il est quelquefois criblé de pores ou perforé en réseau; les cellules sont

unilatérales. Les genres sont difficiles à distinguer, faisant passage entre eux et aux Thallopodes.

Genre XVIII Retepora Lan.

Le polypier est rameux ou foliacé, perforé en réseau, les rameaux communiquent entre eux, et ont les cellules disposées d’un seul côté. Les espèces se rencontrent déjà dans les terrains anciens, dans tous les terrains modernes et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 51. Retep. vibicata GOLDF. var.

PI. IL, fig. 19. a grand. natur., b et c vue à la loupe des deux côtés.

Polypario retis instar expanso, cellulis anterioris lateris ovatis, exiguis, margine earum subprominulo, latere postico laevi subtiliter striato ; longitudo 2‘‘,

Hab. près de Zukowce, aussi dans le bassin tertiaire d'Osnabruck. Le polypier est petit, foliacé à mailles tres-grandes, les cellules

Puiriprr, Tertiärversteinerungen des nordwestlichen Deutschlands. Kassel 1843. Tab. 1, fig. 21.

sont ovales, très-petites, à bord épaissi, leurs interstices sont un peu convexes et plus larges que les cellules; l’autre face est presque lisse à nodules très-petits et à stries fines allant d’une maille à l’autre.

Cette espèce ressemble tout-à-fait au Retep. cellulosa Lam. * du bassin de Vienne, quoique celle-ci soit toute lisse à sa face postérieure; notre espèce diffère aussi par sa forme aplatie du Retep. vibicata d'Osnabruck, qui a ordinairement la forme d’un bocal.

Esp. 52. Retep. pusilla m.

PI. 11, fig. 21 et 22, a grand, natur., b et c vues à la loupe. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 190.

Polypario exiguo ramoso, ramis e lata basi exortis intus porosis ; aliis minimis solitariis, crassioribus maJoribus, dichotomis, subteretibus, anteriora versus poris subimmersis orbicularibus instructis, versus posteriora laevibus, interstitiis inter poros paullo prominulis; longitudo 21/,/4,

Hab. près de Tarnaruda. |

Le polypier est petit, rameux, sa base est dilatée sans pores, les pores à la partie supérieure sont assez grands et distans, la tige en est percée et par conséquent creuse au centre; les rameaux partent de deux côtés opposés, en laissant de grandes mailles entre eux; la tige principale est munie à sa base de quelques autres petites tiges accessoires; les cellules sont toutes rondes, assez enfoncées et éloignées les unes des autres ; la face postérieure est lisse sans pores et sans stries,

Esp. 53. Retep. exigua m.

PI. 11, fig. 20, & grand. natur., b et c vues à la loupe des deux côtés,

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 190.

Polypario ramoso erecto, ramis supra latioribus, alternis, in specimine fractis indeque aperturis e ramorum nexu obortis non rite conspicuis, antica facie polyparii tubulosis poris munita, postica laevi, minimis nodulis praëedita ac striata, striis bifariam oblique dispositis ; longitudo 21/,/,

Le polypier est rameux, les rameaux sont très-éspacés, les mailles entre eux sont très-grandes, allongées, étroites, à en juger d’après la direction des rameaux; la face antérieure offre des pores presque tubu-

# Hamimncrr Naturwiss. Abhandlgn. Bd, If, pars 1. Tab, 27. fig. 34. d’Eichwald, Lethaea rossica. I. 3

leux à bord épaissi et disposé en rangées obliques, la face postérieure est lisse et obliquement striée des deux côtés; Jes stries s'unissent au milieu des angles traversés par une ligne médiane longitudinale ; toute cette face est finement pointillée. L'espèce fait passage au genre Hornera.

Genre XIX. Hornera LAn.

Le polypier est très-petit, un peu comprimé et rameux, les rameaux sont dichotomes quelquefois anastomosés en forme de réseau ; les cellules sont allongées, presque tubuleuses, très-étroites à leur origine, élargies peu à peu vers l'ouverture circulaire ; les rangées transversales ne se voient que sur une des faces du polypier, l’autre n’a que des strics longitudinales, qui indiquent les limites des cellules ; la surface est quelquefois finement pointillée. Les espèces se trouvent dans le terrain tertiaire et vivent dans les mers actuelles,

Esp. 54, Horn. decipiens m.

PL Il, fig. 23, a grand. natur., b et c vues à la loupe. Naturhist. Skizze 1. c. pag, 190.

Polypario erecto ramoso, intus tubuloso, cellulis tubulosis, in antica superficie emergentibus seriesque regulares transversas exstruentibus, in postica limitibus tubulorum e tenussimorum pororum seriebus longitudinalibus conspicuis; longitudo 11/,‘".

Hab. près de Zukowce.

Le polypier est rameux, tubuleux en dedans, les rameaux sont dichotomes et s’élargissent à leurs bouts ; les cellules sont disposées en rangées transversales sur la face antérieure du polypier, sur la face postérieure on ne voit que les parois des cellules ou des stries longitudinales, indiquées par de petits points noduleux; l'ouverture des cellules est circulaire, chaque rangée transversale se compose de 6 ou 7 cellules qui par leur réunion forment des séries obliques; les rameaux sont très-courts, car il n’en reste que des fragmens, ils semblent alternes et s’élargissent à l'extrémité supérieure,

L'espèce ressemble beaucoup au Ceriopora verticillata GoLpr. du terrain crétacé près de Mastricht, dont l’une des faces est couverte des mêmes verticilles de cellules tubuleuses et dont l’autre est lisse.

Mr. HAGENOW* rapporte le genre Hornera aux Rétépores, parce que dans les individus plus agés les rameaux se soudent en réseau,

* Gemnirz Grundriss der Petrefactenkunde. Dresden u. Leipzig 1846.

pag. 588.

mais il y en a beaucoup, dont les rameaux ne s’anastomosent pas et dont les cellules sont tubuleuses et fort saillantes, comme cela ne se voit pas dans les Rétépores, mais bien dans les Tubulipores, avec lesquelles Mr. MILNE EDwWARDS * les réunit dans une famille.

Esp. 55. Horn. fragilis m.

PI. Il, fig. 24, a grand. natur., b et c grossies.

Polypario tenui simplice erecto, cellulis tubulosis serie triplice longitudinali anticae faciei stirpis impositis, in postica vero laevi trans- versis striis obviis, ostiolis cellularum orbicularibus; longitudo 11,

Hab. près de Zalisce en Volhynie.

Le polypier est simple fragile et très-mince, les cellules sont tubuleuses et presque verticales, soudées ensemble à leur base et disposées du côté antérieur en rangées longitudinales, dont les deux laterales à ouvertures rondes affectent la forme d’un escalier et dont la médiane est quelquefois double; les tubes sont finement striés en travers au côté postérieur sur lequel on voit très-distmetement les limites des tubes fortementsaillans mais point de pores; le polypier est tubuleux en dedans,

L'espèce ressemble beaucoup à une Crisie, les rameaux en sont aussi grèles et à cellules tubuleuses disposées d’un côté, mais toujours en deux rangéeslongitudinales, ce qui la distingue du genre Hornera.

Esp. 56. Horn. reticulata m.

PI. I], fig, 25, a grand, natur., & et c grossies.

Polypario simplice erecto , basilatiore medioqueincrassato, et supra attenuato, cellulis tubulosis anticae faciei approximatis series obliquas irregulares exstruentibus, postica facie reticulatim porosa ; MU 17e

Hab. de Zukowce.

\ Le polypier est simple, à base élargie, enflé au milieu et aminci aux extrémités ; les cellules à peine tubuleuses sont disposées au côté antérieur en rangées transversales assez regulières, de 5 à 6 dans chaque rangée, affectant plutôt des séries longitudinales que transversales; le côté postérieur est criblé de pores assez grands disposés en réseau ; les cellules sont courtes, à peine saillantes et non interrompues au milieu, caractère qui distingue notre espèce de l’Idmonea biseriata PHiz.** qui lui ressemble beaucoup, quoiqu’elle soit rameuse,

* M. Epwarps sur les polypes 1. c.

** Paicippr Tertiärversteinerungen des nordwestlichen Deutschland, Kassel 1843, pag. 67.

Genre XX. Vincularia Dre.

Le polypier calcaire est mince, cylindrique ou anguleux, quelquefois bifurqué, les cellules sont ovales rapprochées et par conséquent anguleuses, hexagones, alternes, communiquant entre-elles par de petits canaux latéraux, l'axe est solide et autour de lui les cellules sont groupées en verticilles réguliers et entourées d’un bord assex prononcé, qui laisse souvent fort peu de place à leur développement. Les espèces se trouvent dans les terrains crétacés tertiaires, C’est le genre Glauconome MÜnsT. et Cellaria Lam.

Esp. 57. Vinc. spiropora m.

PI. II, fig. 26, a grand. natur., b grossie, c section transversale, Eschara spiropora Naturhist, Skizze 1. c. p. 191.

Polypario subcylindraceo erecto ramoso, majoribus cellulis urceolatis ventricosis approximatisque, in quincunce dispositis, ostiolo magno obtuso-triangulari, superficie cellularum punctato-nodulosa, iisque in sectione stirpis transversa octonis, radiatim sitis; longitudo 3//.

Hub. près de Zukowce et de Krzemienec.

Le polypier est droit mince, presque cylindrique ou indistinctement octogone, rameux, les cellules sont assez grandes et saillantes, disposées en rangées transversales très-régulières; elles sont profondément enfoncées dans la tige qui est tubuleuse au centre ; l’axe en section transversale est entouré de 8 rayons, se dilatant peu à peu à l'extérieur ; les cellules ont le bord de l’ouverture épaissi, distinct et presque rond ou ovale ; la surface des cellules est munie de petits points noduleux; les cellules sont disposées en rangées obliques assez régulières et chaque côté est garni de trois cellules dans chaque rangée oblique de sorte qu'ilyena jusqu’à 8 rangées autour de la tige.

Le bassin tertiaire de Vienne est fort riche en espèces de ce genre, dont plusieurs ressemblement plus ou moins à nos espèces volhynopodoliennes.

Esp. 58. Vinc.rhombifera GoLpr.

PI. If, fig. 27, a grand. natur., b et c grossies.

Polypario tenerrimo subinflexo, subcylindraceo, cellulis obliquas series regulares exstruentibus rhombeo-ellipticis, marginibus paullo prominulis, supra et infra in acutos angolos excurrentibus, media cellularum

apertura subrotunda eique subpositum aliud ostiolum minimum; longi-

Hab. près de Zukowce, aussi à Osnabruck.

Le polypier est très-grêle un peu courbé, presque cylindrique ou plutôt octogone, les cellules sont elliptiques, un peu rhomboïdales, à bords saillans terminés en haut et en bas en angle aigu; l'ouverture oceupe, presque le milieu de la cellule et au dessous d'elle il y a quelquefois une autre ouverture en pore fort petit; les rangées obliques des cellules sont très-régulières et alternent entre-elles comme les cellules, la section transversale de la tige ne montre plus que 4 cellules, disposées en croix. \

La même espèce se trouve aussi à Osnabruck, au moins je ne vois pas de différence avec la nôtre.

Esp. 59. Vinc. teres m.

PI. IL, fig. 28, a grand. natur., b grossie de côté, ce section transversale grossie,

Polypario tenui simplice, omnino cylindraceo, cellulis exiguis teretibus, verticales series regulares exstruentibus, paulloque emergentibus, superficie punctato-nodulosa ; longitudo 11/,///.

Hab. près de Kischenew en Bessarabie.

Le polypier simple est grêle, tout-à-fait cylindrique; les cellules sont à peine saillantes et disposées en rangées verticales fort régulières ; les ouvertures en sont circulaires et la surface de la tige pointillée ou finement noduleuse; en général les cellules sont disposées en rangées transversales irrégulières, mais très-rapprochées les unes des autres, de sorte que la section transversale montre la tige divisée en à cavités triangulaires autour de l’axe et separées les unes des autres par des parois fort minces.

L'espèce se distingue de l'Eschara papillosa Reuss du bassin de Vienne par sa forme cylindrique et par les ouvertures disposées en rangées transversales irrégulières et non alternes, comme dans l'espèce de Vienne,

Esp. 60. Vince, tristoma m.

PI. I, fig. 29, a grand. natur., b grossie, ç section transversale grossie.

Polypario tenui dichotomo, erecto, cellulis subcylindraceis paullo prominulis, tribus utplurimum series transversas obliquas utrinque exstruentibus, superiore parte extrema non nihil latiore, apertura cellularum circulari contracta duobusque aliis ostiolis accessoriis ei ab utroque latere appositis, minimis, superficie stirpis reticulatim impressa; longitudo 21/,‘/!.

Hab. près de Kischenew en Bessarabie.

Le polypier est presque cylindrique, rameux, les rameaux sont dichotomes, les cellules sont un peu saillantes à leur partie supérieure, presque cylindriques rapprochées et disposées à 3 ou # de chaque côté de la tige; l'ouverture des cellules est arrondie, petite et de chaque côté d'elle il y a de petits pores accessoires, comme dans les Cellepores, dont elle diffère par la section transversale à 5 cellules, disposées autour d’un axe solide, caractère distinctif du genre Vincularia. Ily a aussi dans le bassin de Vienne quelques espèces fossiles à pores accessoires en dessous de l’ouverture des cellules, comme dans le Cellaria scrobiculata Reuss *.

Genre XXI. Pleuropora m. (nksvoov, côté, 10p0ç, ouverture).

Le polypier calcaire est foliacé, les expansions lamelleuses sont soudées entre-elles, et formées de cellules allongées presque cylindriques, dichotomes et ondulées, à ouvertures placées d'un côté et à commissures finement pointillées placées de l’autre Les espèces se trouvent

* C2 . 1 . : te à l’état fossile dans le terrain tertiaire moderne.

Esp. 61. Pleurop. lapidosa Paz. PI. II, fig. 17, à grand, natur., b les cellules du côté postérieur grossies, en haut les cellules vues de l’intérieur avec leurs ouvertures.

Eschara lapidosa Par.

Polypario Jlamelloso, lamellis subcalcareis adscendentibus, supra sensim latioribus connexis, caveas obconicas inter se linquentibus, cellulis unilateralibus, dichotomis, subcylindraceis, elongatis et undatim inflexis, ostiolis cellularum antico latere apertis, in altero postico limitibus cellularum undatim decurrentibus ; longitudo 3—4‘,

Hab. près de Kertsch au détroit de Taman entre la mer Noire et celle d’Azow, dans un calcaire tertiaire moderne, composé par ce seul genre de polypier.

Le polypler est foliacé à expansions Jlamelleuses , assez minces qui s'élargissent en haut et se soudent entre elles, en formant des cavités obconiques ; les cellules unilatérales sont allongées, un peu rétrécies en haut, près de l'ouverture presque circulaire. Je ne les ai vues que du côté postérieur, parce que l’antérieur qui est garni des ouvertures des cellules, est fixé si fortement au calcaire qu’il est impossible de le séparer de la

Haïbincer naturw. Abhandin. Bd. IL, pars 1, Tab. VIIL, fig. 4.

roche ; par conséquent je ne connais les ouvertures des cellules que de leur cavité intérieure; je les ai représentées grossies sur la Planche IT fig. 17 b. Les cellules sont minces presque tubuleuses, dichotomes ; leurs bords ondulés sont finement pointillés; les cellules s’élargissent continuellement en haut à cause de leur division par dichotomie.

Ce n’est pas un Eschara, parceque les cellules du poylpier ne sont pas adossées les unes contre les autres, mais disposées d’un seul côté, sur lequel on voit les ouvertures des cellules; l’autre ne montre que les soudures des cellules, à peu près comme dans les Rétépores, les Idmonées et les Hornères, dont notre genre diffère par son expansion lamelleuse, s’élargissant continuellement en haut, non perforée en réseau, comme c’est le cas dans les Rétépores, à rameaux non libres, comme dans les Idmonées et les Hornères. En général l'expansion foliacée du P leuropora ressemble beaucoup aux Flustres dont, cependant, les cellules sont disposées des deux côtés des lamelles aplaties, droites et non courbées ni soudées, comme dans notre genre, Il y a enfin aussi quelque ressemblance avec les Diastopores qui n’en diffèrent que par leurs cellules un peu plus allongées et tubuleuses ; leur côté postérieur est aussi strié longitudinalement, mais les tubes ne sont pas dichotomes, quoique les expansions lamelleuses soient les mêmes dans les deux genres. Les cellules allongées du Pleuropora se rétrécissent en haut vers l'ouverture et en produisant un bourgeon au dessus d’elle, elles se prolongent et forment de petits tuyaux divisés dans leurs cavités par des parois en autaut de cellules distinctes.

Sous-division deuxième.

Anthozoa.

Les Anthozoaïires, n’ont qu’un seul orifice (la bouche) qui termine l’estomac ; ils se caractérisent par leur division spontanée ou par le développement fréquent de bourgeons ; leur corps est moux ou il existe dans son intérieur une masse calcaire (le polypier) d’une forme diflérente, libre et mobile (ce sont les Zoocorallia), ou cette masse calcaire ou cornée se trouve à l'extérieur et est toujours fixée par sa base (Phytocorallia).

Ordre premier.

Zoocorallia.

Je n’ai observé moi-même aucun genre de cet ordre d’'Anthozoaires dans le bassin volhyno-podolien, quoique je ne doute pas qu’il puisse s’en trouver, quand les recherches paléontologiques seront réitérées. Mr, Puscu n’en fait pas non plus mention dans sa description du bassin de Pologne, mais à la fin de‘son ouvrage * il donne les simples noms de quatre espèces de polypiers, dont une est le Turbinolia cuneata Gozpr. qui effectivement pourrait se trouver fossile à Korytnice, car il se rencontre aussi dans le bassin de Vienne, de l'Italie et du midi de la France et que je veux décrire ici comme espèce caractéristique du terrain tertiaire général.

Famille huitième. Fungina.

Le polypier est libre, mobile, simple, cunéiforme, comprimé ou

arrondi, la cellule est simple, terminale, la multiplication se fait par des bourgeons.

Genre XXII. Flabellum LEsSss.

Le polypier cunéiforme est comprimé, rétréci et pointu à sa base, élargi au sommet et muni d’une cellule transversale en étoile allongée, dont les lamelles sont nombreuses et verruqueuses, disposées en double rangée ou centre. Les espèces se touvent souvent fossiles dans le terrain tertiaire et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 62. Flab. cuneatum GoLpr.

Turbinolia cuneata Gorpr. Petrefacta germaniae Tab. XV, fig. 9.

Poiypario compresso - cuneato, basi acuta, lateribus inde a basi radiatim sulcatis, utroque margine opposito acute angulatis, stella profunda, numerosis lamellis inaequalibus, granulatis, longioribus in centro tuberculato-nodosis.

Hab, près de Korytnice,

Le polypier est cunéiforme et comprimé, la base en est pointue, les deux côtés ont les sillons en rayons profonds, les deux bords opposés sont

* Polens Palacontologie. Stuttgart 1837, pag. 180.

tranchans et presque ailés, l'étoile allongée est profonde, à lamelles inégales, dont la quatrième, la plus longue, est fixée au centre moyennant de gros tubercules qui des deux côtés forment deux rangées transversales ; on compte 60 à 120 lamelles.

Je n’ai pas vu moi-même cette espèce, et comme Mr. Pusca n’en donne ni figure, ni même la description, il m'est difficile de dire si c’est elle qui se trouve à Korytnice.

Ordre troisième.

Phytocorallia.

Les espèces des Phytocoralliens, mentionnées par Mr. Pusc comme fossiles du terrain tertiaire de la Pologne, sont très-douteuses, car selon lui, ce sont des espèces caractéristiques du terrain crétacé ; par conséquent je suppose qu’elles ne sont pas bien déterminées et qu’elles doivent être voisines des espèces suivantes, fossiles du bassin de Vienne.

Famille neuvième.

Daedalina.

Les polypes se multiplient par division spontanée complète ou incomplète, et la cellule est limitée tantôt complètement, tantôt incomplètement.

Genre XXIII Asiraea LA.

Le polypier est polymorphe, globuleux, fixé et composé de cellules cylindriques simples, non ramifiées, la division spontanée est complète, les cellules sont arrondies ou anguleuses et les lamelles aux côtés sont granuleuses. Les espèces se trouvent déjà dans les terrains anciens, plus souvent dans le terrain tertiare et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 63. Astr. hirtolamellata Micx.

Polypario tuberoso, stellis magnis profundis irregularibus polygonis, lamellis supra hirtis, denticulatis, infra reticulatis, centro reticulato. Hab. près de Rohrbach en Hongrie“ et aussi dans le bassin de Paris, C’est peut-être cette espèce, que Mr. Pusca a prise pour l'Astraea geometrica GoLpr., espèce caractéristique du terrain

* Reuss, die fossilen Polyparien des Wiener Tertiärbeckens in

Harper naturwiss, Abhandign. Bd, II, Wien 1848, pag. 23.

crétacé, qui selon cet auteur, doit se trouver fossile à Korytnice mais qui se distingue de la nôtre par ses lamelles nombreuses très-fines, dentelées et réunies par des lamelles transversales encore plus fines.

Famille dixième.

Milleporina.

Le polypier a souvent un axe calcaire à cellules quelquefois non poreuses, divisées par des parois tranversales ; les cellules ont 6 à 12 lamelles non distinctes.

Genre XXIV. Nullipora Lam.

Le polypier est tuberculeux sans pores, encroütant, à petits enfoncemens à peine distincts, destinés probablements à loger les polypes s'il y en avait; ces corps problématiques sont plus voisins des plantes que des zoophytes, à cause de leur structure interne. Les espèces se trouvent déjà dans les terrains de la période moyenne, plus souvent dans le terrain tertiaire et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 64. Nullip. ramosissima REuss.

Hamincer naturwissensch. Abhdlen. 1, c. Tab. JIL fig. 10—11.

Polypario caespitoso, ramosissimo, ramis brevibus, fasciculato-confertis, tumido-rotundatis, laevibus.

Hab. près de Rakow Szydlow en Pologne.

C’est probablement l'espèce dont Mr. Puscn fait mention comme fossile de Korytnice sous le nom de Nullip. racemosa du terrain crétacé, car le Nullip. ramosissima se trouve aussi dans le bassin de Vienne, de Hongrie et même dans le terrain salifère de Wieliczka ; le polypier très-rameux est encroûtant, tuberculeux, en arbrisseau, sans pores; les rameaux sont très-courts, renflés au sommet, arrondis et lisses.

Mr. Puscx fait en outre mention du Nullipora byssoides Gozpr., comme fossile du terrain tertiaire de Pologne, mais il n’en donne pas non plus ni la description, ni la figure.

Resumé,

La description spéciale des Zoophytes fossiles du bassin tertiaire volhyno-podolien et de Pologne nous donne le nombre de 63 espèces en 22 genres des deux sous-divisions, parmi lesquelles prédominent les Bryozoaires avec 60 espèces en 20 genres, tandis que

les Anthozoaïires connus jusqu’à présent seulement dans le terrain tertiaire de Pologne, ne comptent que trois espèces en trois genres.

Les Bryozoaires, parmi lesquels je n’ai pas nommé les genres douteux décrits par Mr. ZBORZEWSKI, etaient déjà découverts et décrits dans mes publications de 1830. Le bassin tertiaire de Vienne est sans contredit beaucoup plus riche en Bryozoaires et en Anthozoaires, quoiqu'il ne soit connu que depuis 1846 ou depuis la publication de l’ouvrage précieux de Mr. D'ORBIGNY sur les Fora minifères du bassin de Vienne, car en 1837 Mr. BRONN n’en connaissait que 10 espèces et celles-ci etoient même en partie encore douteuses,

Grâce à l'étude approfondie de Mrs. DE HAUER père et fils et de Mr. À. E. Reuss, le bassin tertiaire de Vienne est maintenant le mieux connu quant à ses Foraminifères et à ses Bryozoaires en général, même beaucoup mieux que le bassin subapennin, aux recherches duquel le vieux Professeur Mazzi de Florence avait consacré presque toute sa vie et qui possède aussi une très-grande collection d'espèces nouvelles des environs de Syène mais qu'il n’a pas pu décrire jusqu’à présent. Jai vu une autre collection au Musée zoologique de Milan, faite par feu Mr. BroccHi, qui n’est pas encore déterminée, de sorte que le nombre des espèces de Zoophytes du Terrain tertiaire subapennin pourrait bien égaler celui du terrain tertiaire de Vienne, quand une fois tous ces matériaux seront mis en ordre.

Ce sont sans contredit les bassins de Vienne et de Hongrie qui sont les mieux étudiés et les mieux connus; on y compte jusqu’à 207 espaces de Zoophytes de différents ordres, dont il n’y a que 37 espèces connues dans les bassins du midi de la France, de l'Italie et du nord de l’Allemagne.

Comparés à notre bassin, celui de Vienne et le subapennin sont plus riches en espèces ; car le nombre des Bryozoaires et des Anthozoaires ne s'élève chez nous qu'à 63; néanmoins nous devons en supposer un nombre beaucoup plus grand, parceque toutes ces espèces ne sont connues que depuis mes recherches en 1829,

Quant au nombre de ses espèces notre bassin volhyno-podolien pourrait bien surpasser le bassin tertiaire des bouches du Rhône, des environs de Bordeaux et de Dax, les bassins de Paris et du nord de i Allemagne ; il serait donc le plus riche en espèces fossiles après le subappenin et celui de Vienne.

La plupart des espèces de notre système sont aussi nouvelles, que celles du terrain tertiaire de Vienne, quoi qu'il y en ait plusieurs qui sont

communes à ces deux bassins et même au bassin subapennin et à celui de Paris, comme les douze espèces suivantes : le Polystomella flexuosa D'Or8., des environs de Vienne, le Polyst. crispa LAM. des environs de Syène, le Lenticulina radiata MonTr. de la Transylvanie, le Lent. planulata LAM. des environs de Vienne et de Paris, l'Alve olina costulatam. ou Haueri D'ORB. des environs de Vienne, le Biloculina simplex »’Ors. et clypeata D'Or8. des environs de Vienne, le Quinqueloculina saxorum D’Or8. des environs de Vienne et de Paris. Parmi les Cellepores du bassin volhyno-podolien il se trouve le Cellepora globularis BRONN des environs de Vienne et du terrain subapennin, le Cellep. syrinx m. près de Castel! arquato en Italie, le Retepora vibicata GoLpr. au nord de l'Allemagne près d'Osnabruck et le Vincularia rhombifera GoLpr. aussi près d’'Osnabruck.

Je dois omettre dans cette énumération les Anthozoaires de la Pologne, parce qu’ils sont douteux et que je n’en ai pas observé dans notre formation volhyno-podolienne.

Après la déduction des espèces qui se trouvent dans des pays étrangers, il nous reste encore 50 espèces de Bryozoaires bien distinctes et caractéristiques pour le bassin volhyno-podolien et qui lui donnent sans doute la plus grande affinité avec les bassins de Vienne et de l'Italie ; néanmoins notre formation semble être plus moderne que la formation subapennine, mais à en juger d'après les Bryozoaires fossiles, elle doit être contemporaine de celle de Vienne.

Enfin le petit bassin de Bessarabie, contemporain en tout cas du bassin volhyno-podolien, est plus riche en individus de quelques espèces de Vinculaires et de Cellepores, qui y forment un calcaire compacte, composé le plus ordinairement de petites tiges de ces deux genres qui ne se rencontrent en Volhynie que dans le sable marin de Zukowce et de Zalisce.

Classe deuxième, KRadiaires.

Les ordres desRadiaires, les Radiaires mollusques etles échinodermes, diffèrent principalement par la consistance de leur corps rayonné; cette disposition rayonné les distingue de la classe des Zoophytes aussi bien que de toute autre classe d'animaux. Les Radiaires ne se trouvent pas fossiles, à cause de leur corps gélatineux, et les Echinodermes ne se rencontrent que dans quelques terrains, principalement dans le terrain crétacé, mais très rarement dans le terrain tertiaire; je n’en ai trouvé que quelques petits fragmens de deux genres d'Echinodermes dans le bassin volhyno-podolien; ce sont les mêmes genres qui se rencontrent aussi dans les bassins du nord de l’Allemagne et du midi de la France. Les Radiaires ne se trouvent en général qu’en tres-petit nombre d'espèces dans les bassins de Londres, de Paris, de la Belgique et des Apennins; ceux du bassin de Vienne ne sont pas connus jusqu’à présent ; les conditions de leur existence antédiluvienne devoient être toutes différentes de celles de nos mers actuelles.

Ordre premier.

Echinodermes.

Les genres vivans de nos mers actuelles sont très-nombreux et se trouvent dans toutes les parties du globe; leur distribution géographique antédiluvienne était toute différente; c’est ainsi qu’il manque au terrain tertiaire du midi de la Russie tous les genres de la famille des Crinoïdes etdes Astéroïdées, qui se rencontrent en un grand nombre de genres éteints dans les premières périodes de la terre; le bassin volhyno-podolien n’en possède que deux genres, le Scutella et le Spatangus, dont les espèces se retrouvent aussi pendant la période tertiaire au nord de l'Allemagne et en France.

Famille première.

Echini.

Le corps des oursins de mer est subglobuleux ou déprimé, calcaire, la bouche est toujoursdistinete de l’anus, située à la partie inférieure

centrale du corps et munie de dents (Echini centrostomi), ou près du centre (Echini paracentrostomi), où au bord inférieur (E chiniexcentrostomi) et dépourvue de dents.

* Excentrostomi.

Genre TI. Spatangus LAM.

Le test est plus ou moins cordiforme, presque bossu, couvert de piquants minces, fixés sur des tubercules nombreux; la bouche est à l'extrémité antérieure, l'anus à la postérieure, en dessous du bord du test ; l’'ambulacre antérieur est moins développé que les autres, qui sont courts et circonscrits. Ce genre, si commun dans le terrain crétacé et jurassique, se trouve aussi représenté dans le terrain tertiaire et vit encore maintenant.

Esp. 1. Spat. Desmarestii MÜünsr. ; PI. II, fig, 2, un fragment du test, & grand. natur., b vu à la loupe, fig. 3 un piquant, &« longueur natur., b vu à la loupe.

Testa obsita tenuissimis tuberculis, majore tuberculo solitario in media assula elliptica perforato, aliisque multo minoribus cincto; interstitiis assularum nodulosis, aculeis tenuissimis longitudinaliter striatis tumidaque basi instructis; longitudo aculeorum 2 lin.

Hab. près de Zukowce et aussi près d'Osnabruck,

Je ne connais que de petits fragments du test, couvert au milieu des plaques ou assules elliptiques de petits tubercules qui entourent un grand tubercule central et perforé au ‘sommet, pour donner le point fixe aux petites épines ; les interstices des plaques sont occupés par d’autres tubercules granuleux, disposés sans ordre ; les épines fossiles qui setrouvent à part et qui appartiennent probablement à cette espèce, sont minces, très-enflées à la base et striées longitudinalement, la base en est lisse et rétrécie et la longueur est de 2 lignes.

** Paracentrostomi dentati.

Genre II Scutella LaAn.

Le test est déprimé, aplati, suborbiculaire, un peu convexe en dessus et plan en dessous, garni partout de très-petites épines, les ambulacres circonscrits sont courts ; la bouche centrale a de grandes dents triangulaires, l’anus est entre le bord et la bouche. Les espèces se trouvent fossiles dans le terrain tertiaire et vivans dans les mers actuelles.

Esp. 2. Scut. subrotunda LESKE, PI. HI, fig, 1, a les deux tests de grand. natur., vus lun d’en haut et l’autre d’en bas; b fragment grossi à la loupe, c une dent, grand. natur. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 195.

Testa orbiculari, prope anum excisa, ambulacris circumscriptis, medio dilatatis, apice rotundatis, assulis hexagonis tuberculatis, tuberculis tenuissimis, orbiculares recessus occupantibus ; latitudo 21}, poll.

Hab. près de Zukowce, plus fréquent que le précédent.

Le test aplati, un peu convexe en haut et plan en bas, suborbiculaire , presque tranchant au bord et entaillé près de l'anus qui est placé assez loin de ce bord et à la face inférieure dans un sillon profond et . large ; les ambulacres ont la forme d’une fleur à cinq pétales élargies au milieu et arrondies a l’extrémité; le milieu des ambulacres est strié transversalement les bords le sont obliquement; la bouche a cinq grosses dents triangulaires à deux branches divergentes; l’anus est très-petit et rond, assez éloigné du bord du test; les plaques hexagonales sont grandes, disposées en rangées rayonnantes autour du sommet et de la bouche, et couvertes de petits enfoncemens orbiculaires, dans lesquels se trouvent de petits tubercules noduleux, fixés au milieu.

L'espèce se rencontre aussi aux environs de Bordeaux, à Dax et à Malte; c’est l'Echinus melitensis de SCILLA *.

\ Résumé.

Le bassin volhyno-podolien est loin d’être aussi riche en espèces fossiles de Radiaires que le bassin subapennin, dans lequel se rencontrent les genres Cidaris, Echinus, Cassidulus, Nucleolites, Clypeaster, Spatangus, Ananchytes, Galerites, Scutella, même des articles de tiges de Pentac rinus, et dont la plupart des espèces ont éié trouvées à Malte sur les côtes de la Méditerranée. Elles sont au contraire très-rares à Castell’ arquato et encore plus rares à Zukowce, où je n'ai observé que le Spatangus Desmarestii MÜxNsT., identique avec l’espèce du bassin du nord de l'Allemagne, et le Scutella subrotunda Lam., identique avec l'espèce de Dax et de Malte.

Je ne connais pas encore de déscription détaillée des Radiaires du bassin de Vienne, qui en tout cas ne serait pas plus riche en espèces

* Scizza de corporibus marinis. Romae 1762, Tab. VII.

que le bassin Volhyno-podolien, éloigné comme celui-ci, à une grande distance du bord central de la Méditerranée.

Classe troisième.

Annélides.

Les espèces fossiles des Annélides ne peuvent pas bien se conserver à l’état fossile et par conséquent n’ont laissé aucune trace de leur existence dans le terrain tertiaire, excepté les genres Spirorbis et Serpula à tubes calcaires, qui se trouvent fossiles dans presque chaque terrain ancien et moderne.

Ordre premier.

Annelides externes.

Les genres des Annelides externes différent des Annelides internes ou des vers intestinaux principalement par leur corps beaucoup plus développé et entourés souvent de tubes calcaires, parties uniques qui se trouvent à l’état fossile,

Famille première.

Serpuleae.

Les tubes calcaires contournés en différentes directions sont cylindriques, solides, ouverts à leur extrémité antérieure et fixés sur d’autres corps marins; ils s’amincissent vers leur base, sont quelquefois cloisonnés en dedans et le corps des vers est toujours annelé, les branchies disposées à la partie antérieure du corps sont séparées ou recouvertes par un opercule pédonculé,

Genre I. S'erpula Lan.

Le tube calcaire est cylindrique ou anguleux, irrégulièrement contourné, couvert à la partie postérieure attenuée et sillonné transversalement à la surface extérieure; les tubes sont le plus souvent groupés, rarement solitaires et très-difficiles à caractériser, parce que les

animaux eux-mêmes ne sont pas connus à l’état fossile. Les espèces de ce genre se rencontrent souvent dansles terrains modernes et vivent . encore dans les mers actuelles, comme aussi dans la mer Noire, tel p. e, le Spirorbis ponticus m.*.

Esp. 1. Serpula gregalis m.

PI. I, fig. 5, grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 199. é

Tubulo cylindraceo tenui, hinc inde contorto, elongato, gregatim conjuncto, extus laevissimo, cavitatis lumine rotundato ; longitudo 11/,‘‘ et latitudo 1/,‘/.

Hab. près de Zalisce, où les collines se composent entièrement de ces tubes calcaires, |

Les tubes eux-mêmes sont minces, contournés tantôt d'un côté, tantôt de l'autre ; ils sont allongés, de la même dimension dans toute leur longueur et groupés ensemble, en formant des collines assez hautes; leur cavité est cylindrique et la surface des tubes est toute lisse.

Esp. 2. Serp. scalata m.

PI. IL, fig, 8, a et c grand. natur., b et d grossies à la loupe. Naturhist, Skizze 1. c. p. 199.

Tubulo cochleatae scalae instar contorto, saepe angulato, erecto, basi affixo, anfractibus invicem concretis transversimque costatis, costis singulis, ternis quaternisve striis tenuissimis decussatis extremo apice in tubulum exiguum rectumque excurrente ; longitudo 2, 3, raro 6‘ et latitudo 2'/.

Hab. près de Zukowce et en d’autres endroits de Volhynie.

Les tubes sont toujours petits et contournés en spirale verticale, les tours sont également élargis et tellement rapprochées qu’ils se réunissent les uns aux autres; ils sont cylindriques, quelquefois un peu anguleux à cause de 2 ou 3 petites côtes longitudinales qui occupent toute la longueur des tubes; les interstices entre les côtes sont striés transversalement, les stries sont très-fines, souvent à peine visibles; on compte 8 tours sur la longueur du tube de 5 lignes; quelquefois les tours sont encore plus étroits et de 10—12 sur la même lonsueur. Selon Mr. BRoNN ** l'espèce est indentique avec le Vermetus

Fauna caspio-caucasia 1. c. pag. 287, Tab. XXXVIITS, pag. 29. ** Bronn, Handbuch einer Geschichte der Natur. Bd, II, Abtb. I, Hälfte 2: Index palaeontologicus. Stuttgart 1848, p. 1362. d’Eichwald, Lethaea rossica, “Tr 2 4

(Serpula) intortus LAM. B. lumbricalis Broccut, quoiqu'elle ne soit jamais fixée par le côté, comme celui-ci, mais par la base, de laquelle elle s'élève verticalement; elle n’est Jamais comprimée comme celui-ci, mais cylindrique, également grosse dans toute sa longueur, et par conséquent pas plus grosse a l’extrêmité supérieure; outre cela elle n’atteint jamais au de là de 6 lignes, le Vermetus intortus, au contraire, est très-long. L’extrêmité supérieure offre un bout tout droit, mais de la même dimension que les tours précédents; il est lisse ou très-finement strié comme ceux-ci; je n’ai jamais trouvé le bout comme dans le Serpula tubulus, avec lequel Mr. BRoN\ l’a réuni.

Esp. 3. Serp. tubulus m.

PI. IL, fig. 6, « et b grand, natur.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 199.

Tubulo paullo crassiore antecedente, hine inde contorto, transversim rugoso-lamelloso, rugis in costulas transversas lamellosas productis; longitudo 1/,‘ et latitudo 11/,‘#,

Hab. près de Zalisce.

Les tubes presque droits sont contournés tantôt à droite, tantôt à gauche, transversalement rugueux ou couverts d’expansions foliacées en côtes transversales par l’accroissement des tubes qui prennent de là quelquefois la forme de petits tuyaux en cônes renversés et implantés les uns dans les autres; les côtes affectent de petites expansions tranchantes d’un côté et de l’autre elles sont entaillées (1. c. 6 a), ou les côtes sont assez eloignées les unes des autres (I. c. fig. 6 b), à interstices tout-à-fait lisses.

Ces tubes ont quelque ressemblance avec les bouts isolés du Serpula scalata, quoique ceux-ci ne soient jamais couverts de telles expansions foliacées, comme le Scrpula tubulus, qui a même plus de ressemblance avec le Serpula epithonia GoLpr. du calcaire de transition de Bensherg, qui se compose aussi de larges anneaux implantés les uns dans les autres; mais il n’y a pas de stries longitudinales et on ne voit pas la surface carrelée comme dans le Vermetusintortus. L'ouverture en est arrondie et ses parois sont assez

minces et fragiles.

Esp. 4. Serp. fastigiata m.

PI. III, fig, 4. grand, vatur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 199.

Tubulo elongato-conico, hinc inde nonnihil inflexo, per gradus

propter incrementi strata fastigiato, ac longitudinaliter sulcato ; longitudo 11/1 et latitudo 174

Hab. près de Zukowce, fixé dans toute sa longueur aux hultres.

Les tubes sont tres-peu contournés ou infléchis au bout aminci; ils sont couverts d’anneaux d’accroissesment très-rapprochés vers l’extrémité dilatée et de très-fines côtes longitudinales ; les tubes sont allongés en cônes qui s’elargissent insensiblement vers l'extrémité supérieure; les côtes longitudinales sont tranchantes, très-rapprochées et d’égale grosseur ; l'ouverture est ronde,

Esp. 5. Serp. radicans mm.

PI. II, fig. 7, & et b grand. natur., c et d vues à la loupe.

Tubulo tenuissimo laevi transparente, verticaliter erecto, subinflexo , radice dilatata fixo, longitudo 3‘ et latitudo 1/,/.

Hab. près de Zalisce et de Zukowce.

Les fragmens des tubes sont minces, lisses, droits, quelquefois courbés en différentes directions et fixés à leur base dilatée (1. c. fig. 7, a et c); quelquefois il y a au milieu de la surface deux anneaux foliacés ou des stries d’accroissement {I. c, fig, 7, b et d) très-prononcées ; cette variété n’a pas la base dilatée.

Genre II Spirorbis LAM.

Le tube cylindrique est aminci postérieurement et contourné en spirale discoïde, fixé à sa partie inférieure; le genre ne se distingue que par la conformation de lanimal du genre Serpula; le Spirorbe a six branchies pinnées et un opercule entre elles, l’animal de la Serpule n'a que deux branchies terminales et la bouche est surmontée d’un opercule. Les espèces se trouvent déjà dans des terrains très-anciens et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 6. Spir. spiralis m.

PI. II, fi. 9, & grand. natur., b grossie à la loupe,

Tubulo exiguo, microscopico, laevi, tenuissimo , spiraliter contorto in uno plano aliisque corporibus marinis fixo ; longitudo °/,‘/’.

Hab. près de Kischenew en Bessarabie sur des coquilles tertiaires.

Le tube est très-petit, microscopique, lisse contourné en spirale dans un plan; les tours au nombre de 6 ou 7 s’élargissent à peine et se chent; les stries d’accroissement très-fines se distinguent à peine à la loupe, et sont très-rapprochées; la surface de tous les tours réunis

est un peu concave, quoiqu'ils soient tantôt moins, tantôt plus enfoncés à leur surface ; la base est plate et fixée.

Esp. 7. Spir. serpuliformis m.

PI. II, fig. 10, a grand. natur., € grossie à la loupe. Fauna caspio-caucasia. Petropoli 1840, Tab. XXX VIII, fig, 28.

Tubulo excentrice spiraliter contorto, cylindraceo, sensim dilatato tenuissimeque transversim striato ; longitudo 11/,/.

Hab. près de Mendzibosh avec des coquilles terrestres et à Tjukkaragan au bord oriental de la mer Caspienne, où ils forment à eux seuls de grandes collines.

Les tubes sont très-petits, cylindriques, presque également gros dans toute leur longueur : ils s’amincissent insensiblement vers le sommet ; les tours ne se touchent pas, ils sont éloignés les uns des autres de sorte que la spirale devient excentrique; mais il y a aussi des individus dont les tours sont plus rapprochés, quoiqu'ils ne soient pas situés dans un plan, comme dans l’espèce précédente; les tours sont courbés tantôt en bas, tantôt en haut ; l'ouverture en est ronde, le test est très-mince et très-finement strié en travers (les individus de la Podolie) ou entièrement lisse (ceux de la mer Caspienne) ; dans cette dernière localité les individus sont entassés en grande quantité dans un calcaire d’un brun ferrugineux, composé tout-à-fait de ces tubes plus déprimés qu'ils ne le sont en Podolie.

Esp. 8 Spir. heliciformis m.

PI. IL, fig. 11, a grand. natur., b grossie à la loupe. Naturbist. Skizze 1. c. p. 198.

Tubulo minimo spiraliter contorto, costis longitudinalibus ornato, sulcis inter costas transversim striatis, anfractibus sensim majoribus ac varias planities occupantibus, basique laevi fixis; latitudo vix linearis.

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Tarnaruda, Novo Constantinowo, Mendzibosh, et en d’autres endroits de Volhynie et de Podolie.

Les tubes sont très-minces, les 2 ou 3 tours s’élargissent insensiblement et s'élèvent en haut; au dernier tour il se forme un enfoncemént ombilical; les tubes sont symétriquement sillonnés, les sillons se forment par des côtes longitudinales assez prononcées ; les tubes sont aussi très-finement striés en travers de sorte que la surface devient carrelée, Les individus sont est très-irrégulièrement contournés et toujours fixés sur des coquilles marines,

Résumé.

Le basssin tertiaire de Volhynie et de Podolie est fort riche en espèces fossiles des genres Serpula et Spirorbis; quelquefois le calcaire ne se compose que d’une espèce de Serpula, comme à Zalisce en Volhynie, où les tubes calcaires à eux seuls forment des collines assez hautes ; aussi en d’autres endroits, comme au bord oriental, prés de Tjukkaragan, les collines sont composées d’une seule espèce microscopique de Spirorbis serpuliformis. Le calcaire subapennin est aussi riche en espèces de Serpules de très-grande taille, mais elles n’y forment pas une roche calcaire à part par leur assemblage, comme en Volhynie et au bord oriental de la mer Caspienne, où les hautes collines d’une marne calcaire sont le produit des plus petits Spirorbes.

Classe quatrième.

Mollusques.

Les Mollusques se trouvent dispersés sur toute la terre, le nombre des espèces augmente vers le midi de l'Europe et les mers en abondent beaucoup plus que les fleuves ou les eaux douces en général; les espèces terrestres sont encore plus rares; et comme la plupart des terrains anciens ct modernes se sont formés sous l'influence de l’eau de mer, ils fourmillent aussi d’un plus grand nombre de mollusques fossiles de l’ocean primitif que des dépôts d’eau douce, dont les espèces fossiles sont beaucoup moins nombreuses. Les couches neptuniennes les plus anciennes recèlent des espèces de coquilles de mer tout-à-fait différentes des espèces de nos mers actuelles, qui ont péri dans ces sédiments et ont disparu totalement du globe terrestre; mais plus nous approchons de la période moderne, plus nous rencontrons d’espèces voisines ou identiques aux formes de nos jours. Le nombre des espèces augmente à mesure que le terrain fossilifère devient plus récent; et c’est là aussi la cause pourquoi notre bassin tertiaire volhyno - podolien est si riche en espèces de mollusques de la mer antédiluviennne, mollusques qui, en grande partie, ont beaucoup de rapports avec les espèces du bassin de Vienne et de l'Italie, et ressemblent tellement aux espèces encore vivantes de la mer Méditerranée et de l’'Océan- Atlantique, qu’elles pourroient bien en être identiques,

Ordre premier.

Brachiopodes.

Aucun ordre d’une classe quelconque d'animaux ne possède autant de genres et d'espèces éteints que celui des Brachiopodes et c’est principalement lui qui nous révèle la grande différence de la Faune primitive des troispériodes du globe terrestre. Les Brachiopodes de la première période diffèrent entièrement des espèces et même des genres de la seconde et des espèces de ja troisième période; les genres des périodes anciennes ne se retrouvent plus dans la période moyenne et le petit nombre des espèces tertiaires diffèrent encore des espèces vivantes.

Famille première,

T'erebratuleae.

Les deux valves adhèrent aux corps marins par un pédoncule tendineux, passant par une ouverture ronde (Terebratula) ou triangulaire (Orthis, Spirifer) ou sommet du crochet; les coquilles inéquivalves sont équilatérales et se distinguent par deux grosses dents, par leur appareil apophysaire et par des bras ciliés contournés en spirale et fixés sur une tige mince contournée de même en spirale et double, située de chaque côté de la coquille.

Genre I. Terebratula BRruUG.

Une des valves, la plus grande, est percée au sommet du crochet pour la sortie du pédoncule tendineux et le deltidium se voit en dessous de cette ouverture; la charnière demi-ronde a deux fortes dents, Les espèces se rencontrent déjà dans les plus anciennes couches sédimentaires ainsi que dans les couches les plus modernes et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 1. Tereb. squamata m.

PI. 111, fig. 12, a bc, les deux valves vues à la loupe, d grand. natur, Naturhist. Skizze 1. c. p. 203.

Testa dilatata costata, costis 6—8 crassioribaus remotis, superficie valvarum ipsaque area subtriangulari exiguis nodulis numerosis

punctata, concentricis incrementi stratis squamarum instar distinctis; latitudo 2‘,

Hab. près de Zukowce.

La coquille est plus large que haute, la plus grande valve avance en un bec long et large , de sorte qu'il se forme un large aréa triangulaire, comme dans les Spirifer, maisle crochet est percé d’un trou rond, situé un peu au dessous du sommet, et en dessous de ce trou se voit le deltidium triangulaire distinct comme dans les Terebratules; les deux valves ont 8 côtes assez grosses, les sillons entre les deux côtes du milieu sont plus larges que les sillons entre les autres côtes ; la surface et même l’aréa sont finement pointillés; à l'exception du deltidium; les stries d’accroissement sont très-distinctes et le bord inférieur des valves a huit plis.

L'espèce se rapproche un peu du Terebratula truncata LaM. de la mer du nord, quoique celle-ci n'ait qu’un seul pli au bord inférieur ou frontal des valves; l'appareil apophysaire est le même.

. Esp. 2 Tereb. pusilla m.

PI. IT, fig. 13, « b c les deux valves grossies à la loupe, d grand. natur. Naturhist. Skizze 1. c. p. 203 *,

Testa minima subtriangulari nodulosa, majore valva medio versus marginem inferiorem convexa, minore medio concava, inferiore margine (frontali) late exciso, cardine in rectum verticem triangularem prosiliente, latiore deltidio maximo, area utrinque tenuissima, nodulis utriusque valvae sine ordine dispositis numerosis stratisque incrementi ab invicem diremptis ; longitudo 1,

Hab. près de Zukowce.

Cette petite espèce est microscopique, plus longue que large, le crochet avance en un long bec pointu; les arêtes cardinales sont fort minces, car l’aréa est très-grand, presque triangulaire, comme. dans l'espece précédente et imite aussil’aréa d’un Spirifer, mais la grande ouverture au sommet est ronde, comme dans les Terebratules. La plus grande valve a presque la forme de coeur, à cause du bord inférieur évasé au milieu par le petit sinus de la petite valve; l’autre valve est bombée au milieu, c’est ce qui la distingue des Spirifer; les deux valves sont finement pointillées et ornées de stries d’accroissement. L'espèce appartient aux Térébratules lisses et pointues, parce que

* Brown Lethaea geognost. edit. 2e, p. 908, appelle cette espèce Terebratula pygmaea, comme je l’avais nommée premièrement (in litt.); ensuite j’ai abandonné ce nom, voyant, qu’il existait déjà un Tereb. pygmaea Sow. avant ma dénomination; nouvellement Mr. Puicrepr I. ce. 1843, a nommé une autre espèce Tereb. pusilla.

la grande valve est bombée au milieu; c’est peut-être la plus petite espèce connue jusqu’à présent. | |

Les Térébratules de la Volhynie se distinguent par leur petitesse; je n’y ai nullement observé le grand Terebratula grandis (Tereb. ampulla Broccx.), fréquent dans le terrain subapennin, et à ce qu'il paraît aussi près de Pinczow * en Pologne.

Ordre second.

Mollusques acéphales.

Les espèces fossiles de cet ordre sont les plus fréquentes; beaucoup d’autres vivent dans nos mers actuelles ou dans les eaux douces ; elles sont toujours pourvues de tests calcaires, qui se retrouvent presque constamment à l’état fossile, très-rarement en moules, comme on les rencontre dans les terrains les plus anciens.

* Pleuroconchae.

Famille seconde.

Chamacea.

La coquille est inéquivalve, fort irrégulière, la charnière a une grosse dent, les valves ont deux empreintes musculaires, le bord du manteau de l’animal a une ouverture en arrière pour donner issue aux deux siphons; la petite plante du pied a un byssus, et la grande valve est fixée à des corps marins.

Genre II Chama LAM.

Les crochets sont très-contournés, inégaux, la grande dent cardinale est oblique, un peu sillonnée, la surface des valves est fort écailleuse ou épineuse.

Esp. 3. Cham. squamosa m.

PL IV, fig. 8, a grand. natur. de la valve inférieure vue de l’extérieur, b la même vue à l’intérieur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 209.

Testa (inferiore) incrassata, ventricosa, irregulari, dense squamosa, squamulis approximatis, Jlaterculorum instar series transversas densas exstruentibus, vertice incrassato maxime prominulo, fere spiraliter ad latus revoluto ; longitudo 11/,/’ et latitudo 1‘ 2’/’.

Hab. près de Zukowce. |

Pusca Polens Palaeontologie 1. c. p. 27.

EU

La

La valveest fortement bombée, robuste, hérissée d’écailles Jamelleuses, disposées en rangées concentriques régulières, les écailles s'élèvent en lames onduleuses très-rapprochées, le crochet très-gros et très-avancé se courbe presque en spirale vers le côté antérieur; l'ouverture de la valve est petite, plus longue que large, le bord est édenté, lisse, la crête en dessous de la dent est très-forte et un peu courbée; une fossette est en dessus et en dessous de cette crête ; une empreinte musculaire tres-grande et un peu allongée se voit des deux côtés de la valve, La surface est très-raboteuse à cause des rangées transversales d’écailles très-rapprochées et par conséquent fort nombreuses; les écailles se formentpar de petites lamelles d’accroissement infundibuliformes, superposées à 2 ou à 3, les unes sur les autres ; elles sont plissées transversalement et sillonnées longitudinalement ; l’accroissement marche très-vite, les écailles se développent en grande quantité et forment un test très-gros.

Esp. 4. Cham. asperella LA.

Chama echinulata Law.

Testa imbricata, fornicatis squamulis sursum erectis echinata, margine denticulato.

Hab. près de Zukowce et de Mendzibosh.

La valve est beaucoup plus petite et plus mince que dans l’espèce précédente; la surface en est hérissée de petites écailles presque tubuleuses, réunies à leur base ; le bord de la valve est finement crénelé à l’intérieur, ce qui s’observe aussi dans le Chama gryphoides Br., dont l’ouverture est beaucoup plus large que longue et ne diffère en rien du Chama asperella de la Méditerranée, l’analogue du Chama echinulata fossile,

Famille troisième.

Ostreacea.

Les coquilles sont inéquilatérales et inéquivalves, l’une d’elle est concave, l’autre plane plus petite que celle-ci, operculiforme, elles sont feuilletées ou lamelleuses, à une empreinte musculaire ; l'animal est sans siphon et sans plante de pied, le ligament est intérieur.

Genre IIT, Ostrea L.

Le test est très-irrégulier, à crochets toujours plus écartés avec l’âge, le ligament est demi-intérieur et la fossette de la valve inférieure fixée devient plus grande avec l’âge. Les espèces se trouvent principa-

lement dans la période moyenne et moderne et vivent encore dans nos mers, comme p. €. lOstreataurica KRYN. dans la mer Noire.

Esp. 5. Ostr. digitalina m. cum varietatibus. PI. Il, fig. 14—17, a la valve inférieure vue de l’extérieur, 4 la même vue de l’intérieur, € la valve supérieure vue de lintérieur, c! la valve supérieure vue de l'extérieur, d la même vue de côté, e la même vue de Pintérieur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 213.

Dusors Conchiologie fossile du plateau volhyno-podolien. Berlin 1831, pag. 74, PI, VIL, fig. 13.

Testa elongato-ovata, margine valvae majoris inferiore rotundato (in junioribus) propter squamas radiorum instar dispositas in undatos processus digitiformes excurrente verticeque ad latus flexo affixo , fossa ligamenti elongata, angusta, margine prope cardinem utrinque foveolato, minore valva plana incrassata concentrice striata et prope verticem ad latus flexa, utroque margine ibidem cancellato; longitudo 4‘ et latitudo 21/,".

Hab. près de Zukowce, Zalisce et en d'autres endroits de Volhynie, aussi dans le grès tertiaire de Gallicie,

L'espèce est très-variable et difficile à caractériser, quoique trèsdistincte ; la grande valve ou l'inférieure (PI. II, fig. 14 a b) est allongée, ovale, courbée au crochet en avant et fixée à son sommet; la surface est écailleuse, les écailles sont ondulées et disposées en rangées transversales concentriques et en côtes rayonnées simples, le crochet contourné en avant a pour le ligament une fossette étroite et longue et des deux côtés cardinaux.6 à 8 petits enfoncements, comme des points; l'impression musculaire est marginale, grande, allongée et courbée ou crochet. L'autre valve ou la supérieure (PI. III, fig. 14 cde) a la même forme, elle est lisse, à stries concentriques, le crochet est un peu convexe et courbé, le bord est fort épais, lamelleux et finement carrelé parles stries fines qui traversent les couches longitudinales d’accroissement.

C’est la description de l'individu adulte qui varie beaucoup dans le jeune âge, si toute fois cette forme n’est pas une espèce distincte.

La première de ces variétés, l'Ostrea digitalina B ovalism. PI. IT, fig. 15, est ovale, assez régulière et concave, le bord inférieur est dilaté, arrondi et largement denté à cause des côtes rayonnées de sa surface; le crochet est droit, triangulaire, recourbé, à fossette triangulaire pour le ligament, le bord cardinal des deux côtés est lisse, non crénelé, comme la valve adulte, La valve supérieure est aussi

ovale, droite, lamelleuse, inégale, un peu concave sans crénelures, le crochet est un peu courbé. La forme ovale et les bords cardinaux non crénelés distinguent cette variété presque comme espèce particulière, La valve inférieure est longue d’un pouce et quatre lignes et large de dix lignes; la valve supérieure a la longueur d’un pouce quatre lignes et la largeur d’un pouce deux lignes. C’est la variété qui se trouve aussi dans le bassin de Vienne.

La seconde variété, l'Ostrea digitalina y. foveolata m. PI. INT, fig. 16, « valve inférieure et fig. 17, « b valve supérieure des deux côtés, diffère par sa forme plus large et s'approche un peu de lOstrea ventilabrum; la surface de la valve inférieure fort peu concave a de grosses côtes rayonnées inégales, quelquefois bifurquées comme dans l'Ostrea ventilabrum, et alternant avec de petites côtes bifurquées, le bord inférieur du test devient fortement denté ou crénelé, mais plus irrégulièrement que dans lOstrea digitalina adulte (fig. 1# a), auquel elle ne ressemble pas dans sa forme plus élargie et moins allongée ; le crochet est beaucoup plus petit, courbé, à fossette plus large et beaucoup plus courte (voy. la fig. 16 a); les bords cardinaux sont crénelés, le bord antérieur est surtout plus dilaté et auriculé, en quoi cette variété diffère beaucoup de la sousespèce précédente ; l'impression musculaire est assez grande, marginale, allongée et à pointe courbée en haut. D'après l'impression marginale du test, la valve supérieure était plus petite et ne remplissait pas l’inférieure; je ne connais qu’une valve supérieure très-petite et très-jeune (fig. 17 a b), presque ronde, un peu allongée, mince et transparente, plus concave que la valve supérieure des huîtres en général; mais déjà la valve supérieure de l'O strea ovalis est bombée vers le crochet et lui ressemble beaucoup par sa forme, quoiqu’elle soit plus allongée que celle-ci qui, plus jeune, est aussi moins allongée ; sa surface se distingue par des stries d’accroissement concentriques et couvertes de petits noeuds, disposés assez régulièrement au lieu d’écailles dont cet individu fort jeune est encore dépourvu; son bord inférieur est entier, édenté ou non crénelé, très-tranchant: le crochet est fort peu prononcé et peu avancé avec sa fossette qui est assez élargie ; ses deux bords se distinguent par de petites proéminences noduleuses, destinées à entrer dans les crénelures de la valve opposée; c’est ce qui prouve aussi que cette petite valve bombée qui ressemble beaucoup à une Anomie, est la valve supérieure de l'Ostrea foveolata. L'intérieur est tout lisse et l'empreinte musculaire a la même forme allongée à sa pointe recourbée

en haut et rapprochée du bord postérieur du test, comme cela se voit le plus ordinairement dans la valve supérieure de | Ostrea foveolata.

J'ai observé aussi de très-petits tests d’une ou de deux lignes de longueur qui ne sont que les plus jeunes individus de la valve supérieure, ils sont larges et n’ont également qu'une empreinte musculaire au bord postérieur et non trois, comme l’'Anomie ; mais outre ces petites valves élargies, j'ai rencontré à Zukowce des valves supérieures beaucoup plus allongées et par consequent plus étroites, appartenant plutôt à la variété ovale (lOstrea ovalis), qui se distingue déjà dès le premier âge par sa forme ovale et allongée. Dans ce cas là lOstrea ovalis, comme espèce distincte, aurait pour caractère : testa inferiore elongata, ovali, costata, costis a recto vertice radiorum instar in processus digitiformes marginis inferioris excurrentibus, simplicibus, margine cardinali utrinque laevi non foveolato, testa superiore ovali prope verticem convexiuscula, versus posteriora plana, concentrice striata.

L'Ostreafoveolata au contraire aurait pour caractère distinctif: testa inferiore dilatata, costata irregulari, costis passim bifurcatis, cardine reflexo brevi, margine cardinali utrinque foveolato, antico in appendicem auriculatum producto , margine testae inferiore in denticulatos processus digitiformes prosiliente.

Quant à l'Ostrea digitalina, elle garderait comme troisième espèce la diagnose suivante: testa inferiore concava, dense squamata, squamis undulatis {ransversas series concentricas exstruentibus, et ad costas regulariter radiantes simplicesque conjunctis, vertice ad anteriora inflexo cum fossula ligamenti elongata ac deflexa, margine cardinali utrinque foveolato, testa superiore incrassata, vertice ad latus flexo margineque incrassato e stratis longitudinalibus numerosis exstructo, extus cancellato,

Famille quatrième.

Pectineae.

Les valves sont plus ou moins régulières, arrondies à oreillettes non feuilletées, mais compactes, le ligament est intérieur et fixé dans une fossette triangulaire.

Genre IV. Pecten L.

Les coquilles sont inéquivalves, inéquilatérales, toujours munies d'oreilettes, les deux valves sont édentées aux crochets rapprochés, la fossette ligamentaire est intérieure. Les espèces se trouvent déjà dans les terrains très-anciens ainsi que dansles terrains modernes et vivent encore dans

nos mers actuelles, comme dans la mer Noire les Pectensulcatus LAM,, griseus LAM. et variu s LA.

Esp. 6. Pecten arenicola m.

PI. IV, fig. 1, a valve plus bombée, & valve moins bombée, c deux côtes vues à la loupe.

Naturhist. Skizze 1. c. 1830. p. 213.

Pecten Angelicae Dugois Conchiologie I, c. PI. III, fig. 1. Pecten Besseri* Anprzes. Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou. 1830, Nr. 1, p. 103, PI. VI, fig. 1.

Testa maxima costata, costis 22 inferioris valvae concavae latioribus, iis valvae superioris angustioribus planis, interstitiis costarum latiooribus, transversim rugoso-striatis, auriculis latioribus inaequalibus, transversim tenuissime striatis; longitudo 3‘ 5‘//.

Hab. près de Zukowce.

La valve inférieure est bombée, la supérieure aplatie, tres-peu concave vers le crochet, elle est arrondie, un peu plus longue que large, les côtes (au nombre de 22) sont simples, rayonnées, aplaties à leur surface, se dilatant insensiblement vers le bord inférieur; elles sont plus larges que les espaces entre elles, tandis que celles de la valve supérieure sont plus étroites; les espaces sont très-finement striées en travers, les stries qui sont rugueuses s’élèvent très-peu et passent par les côtes quelquefois entièrement polies et par conséquent presque lisses. Les oreillettes sont très-grandes, larges, inégales, finement striées à l'extérieur et à l'endroit où toutes les deux se rapprochent à l'intérieur elles sont couvertes de petites côtes longitudinales au nombre de 4 ou 5, dont les supérieures ont la longueur des oreillettes, et dont les inférieures sont plus petites et disparaissent insensiblement; la fossette ligamentaire est triangulaire. Les côtes se voient aussi à l’intérieur des valves et le bord inférieur en devient crénelé; l'empreinte musculaire est rapprochée du bord cardinal du côté gauche, elle est “mi 4e ronde et très-grande, mais pas profonde.

Esp. 7. Pecten aduncus m.

PI. IV, fig. 2, grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 213. +

Testa inferiore (majore) quam maxime concava, prope verticem adunco-deflexa, costata, costis 20 latis, rotundatis, laevibus, duplo

* Il y a outre cela encore un autre Pecten Besseri Acrs. du terrain crétacé de Lemberg, Harpincer Naturw. Abhandl. Bd, III, 1850, p. 246.

Jatioribus quam interstitia costarum, auriculis mediocribus; longitudo 21 3‘! et latitudo 10‘.

Hab. près de Zukowce.

La valve inférieure est fortement concave, très-courbée au crochet, elle a de grandes et grosses côtes rayonnées, d’une largeur double de celle des interstices, transversées par des stries concentriques d’accroissement plus rapprochées et plus grosses au bord inferieur dentelé. Le crochet n’est pas très-prononcé, mais fort convexe; l'oreillette gauche est presque triangulaire, également striée en travers à l'exterieur ; les stries d’accroissement sont plus prononcées à l’extérieur qu’à l’intérieur, où l’on voit 2 ou 3 côtes obliques séparées par des sillons assez profonds. L'empreinte musculaire est grande, située en haut du côté droit et formée de deux enfoncemens rapprochés, dont le supérieur a la double grandeur de l'inférieur. Je n’ai pas observé la valve supérieure.

L'espèce est très-rare et ne se trouve que dans le sable marin de Zukowce.

Esp. 8 Pecten elegans ANDRZ.

PI. IV, fig. 3, « b grand. natur., c un fragment de la surface grossi. Bulletin de la Société des Naturalistes de Moscou 1830, p.102, PI, V, fig. 5—-6. Pectæn clathratus m.* Naturhist. Skizze ]. c. pag. 213, 1830.

Utraque testa concava, subobliqua, costata, costis (13—14) magnis, prominulis, remotis tri- vel quadrisulcatis, interstitiis costarum instar undato-striatis, auriculis subaequalibus radiatim costatis; longitudo 4"! D LLLR

. Hab. près de Zukowce, Tarnaruda, Zawadyntze, et en d’autres endroits de Volhynie et de Podolie.

Les deux valves sont fortement bombées, presque d’égale grandeur et les côtes sont grandes, grosses, au nombre de 12 ou 13, plus étroites que les espaces entre elles; elles sont divisées longitudinalement en 3 ou en plusieurs côtes longitudinales fines, munies de très-fines écailles, trèsrapprochées les unes des autres. Les côtes sont un peu obliques et nommément celles du côté droit de la valve inférieure et celles du côté gauche de la valve supérieure, qui ont une direction: tout à fait oblique et qui sont plus éloignées les unes des autres, que sur le côté oposé. Les interstices des côtes sont striés transversalement, les stries qui sont fines, ondulées et très rapprochées, se continuent sur les côtes. Les stries

J’ai dû quitter ce nom, parcequ’il y a déjà un autre Pect. clathratus MCox du calcaire carbonifère,

d’accroissement sont très-espacées, pronfondes, grosses et au nombre de 3 ou 4 sur chaque valve ; le bord inférieur est groissièrement crénelé. Les oreillettes sont égales, presque triangulaires et celle du côté droit de la valve inférieure est plus grande ainsi que celle du côté gauche de la valve supérieure; le nombre des côtes est de 5 ou de 6 de chaque côté, et le bord supérieur du crochet a un sillon droit, devant lequel le bord s'élève en côte. Les deux valves réunies ont une épaisseur de 7 lignes, cette épaisseur a son plus grand diamêtre près du crochet vers le milieu des valves.

Selon Mr. Bronx * le Pect, Makowii Dus. correspond auPe ct. elegans, mais il en diffère réellément, et cela d'autant plus sûrement que ce dernier est une espèce propre au terrain Crétacé.

Esp. 9: Pecten scabridus m.

PI. IV, fig. 4, 5, 6 en plusieurs varitétés d’âge.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 212.

Pecten gloria maris Dus, 1. c. PI. VII, fig, 9. Pecten alternans Du. 1. c. PL VII, fig. 4.

Pecten pulchellinus Dus. 1. c. PI. VIIL fig. 8. Pecten flavus Dos. 1. c. PI, VIIL fig. 7.

Pecten serratus (non Nicss.) Dus. IL. c. PI. VIIL, fig. 5, Pecten Malvinae Dus. 1. c. PI. VIIL fig 2.

Pecten rectangulus Dur. 1. c. PI. VII, fig. 10—11.

Testa elongato-rotundata, costata, costis remotis, novarum accessu adauctis, scabrido-carinatis, interstitiis costarum profundis transversim rugosis, una alterave costula eorum longitudinali maxime prominula, auriculis perquam inaequalibus, altera minima, altera maxima, triangulari in hac, excisa et angusta in illa valva ; longitudo 1‘ 5‘‘’, plerumque minor.

Hab. près de Zukowce et en d’autres endroits de Volhynie, ainsi que dans le grès tertiaire de Gallicie et des environs de Vienne,

Il n'est pas rare de trouver parmi les huitres, ainsi que dans le genre Pecten, des espèces qui se distinguent par une foule de variétés, qu’on pourrait prendre pour autant d'espèces ; parmi ces espèce on peut compter le Pecten tigrinus MüLc.** du bassin tertiaire de Belgique avec beaucoup de variétés, qui au premier âge est entièrement lisse, à peine muni de quelques stries longitudinales très-fines et qui ne se voient qu'à l’aide d’une loupe, plus tard la valve se couvre

*. Index palaeontolo®. I. c.

“* Nysr: Description des coquilles et des polypiers fossiles de la Belgique, p. 303, PI. XXIIT, fig. 4—10.

de stries longitudinales, et de 5 ou 7 côtes rayonnées peu prononcées; quelquefois celles-ci sont sillonnées longitudinalement aïnsi que leurs interstices ; enfin il ne veste plus que 5 côtes rayonnées dépourvues de sillons longitudinaux et les bords deviennent faiblement crénelés.

C’est presque le même cas avec le Pecten scabridus de la Volhynie, dont les variétés très-remarquables ont été décrites par Mr. Dugois comme autant d'espèces.

Les plus jeunes individus du Pecten scabridus ont déjà un grand nombre de stries très-fines et toujours simples; le Pecten flavus (PI IV, fig. 5, a grand. natur., b les côtes grossies) -en a plus de 40, les stries ou côtes sont rayonnées simples et lisses et les interstices transversalement et très-finement striés; le Pecten pulchel- Hinus Dus., une autre variété, n’a que 35 stries, un peu plus grosses des posées en côtes rayonnantes et transversalement striées comme leurs interstices ; le Pecten Malwinae à 35 stries rayonnées n’en diffère pas. Ces variétés sont relativement plus larges ou en général orbiculaires; plus tard les coquilles deviennent plus longues que larges, et c’est alors qu’on voit dans les interstices des côtes de fines lamelles transversales, et aux deux côtés des côtes des petites côtes isolées, qui se développent de temps en temps entre elles. Ce nombre des côtes augmente de 45 à 49 ; elles sont écailleuses à cause des petites lamelles d’accroissement, qui s’apercçoivent sur leur surface et qui passent aussi sur les plus grandes des côtes; c’est alors que la variété s'appelle Pecten rectangulus Dus, ou serratus (Nizss.) Dus. (PL IV, fig. 6, «a grand. natur., b les côtes grossies). Quand sa surface devient insensiblement toute écailleuse, raboteuse il forme le passage au Pecten gloria maris Dus. (PI IV, fig, 4, a b grand. natur., c les côtes grossies), qui est le vrai Pecten scabridus m., dont les côtes, au nombre de 49, sont quelquefois fort régulières, les petites et plus fines alternent avec les grandes et plus grosses; celle variété paraît être la Pecten alternans de Mr. Dugois. |

Les deux valves des individus entièrement développés sont tout-à- fait, égales, allongées et arrondies vers le bord inférieur qui devient plus aigu vers la charnière ; les côtes au nombre de 30, deviennent insensiblement plus grandes de même que les interstices des côtes ; dans le cours du développement il disparaît un certain nombre de côtes (quelquefois plus de dix) qu’on remarque sur les très-jeunes individus en forme de stries ; c’est aussi la raison, pourquoi lès valves sont plus orbiculaires au commencement de leur âge et qu’elles deviennent plus longues à l’état adulte

et munies de lamelles transversales entre les côtes et puis sur les côtes elles-mêmes; le nombre de côtes augmente par un développement réitéré dans les interstices.

Les oreillettes à l'extérieur sont munies de côtes longitudinales, traversées de stries d'accroissement, dans l'intérieur l’une des oreillettes a deux côtes transversales et l’autre n’en a qu'une. Les oreillettes sont de grandeur très-différente des deux côtés ainsi que dans les deux valves; dans la valve inférieure c’est l'oreillette gauche qui est la plus grande, et dans la valve supérieure c’est la droite qui à une grandeur double de la gauche; la petite oreillette est triangulaire à angle obtus et égale dans les deux valves; la grande oreillette de la valve inférieure est triangulaire à angle aigu et celle de la valve supérieure est longue, mais étroite et près du bord inférieur elle est entaillée et finement crènelée ; la fossette ligamentaire est triangulaire et le bord inférieur des valves est dentelé. |

Les variétés se distinguent en général par les caractères suivants , les plus jeunes individus (le Pect. rectangulus Du.) ne comptent que 32 côtes très-fines, lisses et plates, les interstices sont finement striés en travers et dans de petits individus de 4 lignes on voit déjà les petites côtes striées transversalement, comnie les interstices des côtes; les oreillettes sont rectangulaires dans ces individus comme souvent aussi dans le Pecten scabridus et ne peuvent pas donner de caractère spécifique. Cette variété en général s'approche du Pecten flavus Dus., à 40 côtes, dont les interstices ne sont striés transversalement qu’au bord inférieur des valves, en quoi elle ressemble encore plus au Pect. scabridus., La couleur jaune du Pect. flavus est accidentelle et se retrouve aussi dans celui-ci; la valve devient plus allongée vers le crochet, |

Le Pect. pulchellinus Du. n’a que 35 côtes finement striées dans toute leur longueur, ce qui lui fait avoir encore plus de rapport ayec le Pect. scabridus qu'avec le Pect. flavus; il a la même forme et n’en diffère aucunement, |

Le Pect. alternans Du. (non Münsr.) a le même caractère distinctif que le Pect. scabridus, c’est à dire les petites côtes des interstices qui alternent avec les grandes ; Mr. Dugois l’a confondu avec lePecten serratus Nicss. du terrain crétacé, parce que les côtes se distinguent par leurs écailles transversales assez prononcées: il a pris, à ce qu'il semble, la valve inférieure du Pecten scabridus pour

son Pect, alternans et la valve supérieure, c’est sonPect, gloria d’Eichwald, Lethaea rossica. 7 > D

maris ou le Pect. scabridus dans son développement parfait. Je suppose même que le Pect. diaphanus Dus. appartient aussi, comme très-jeune individu, à celte espèce; car les oreillettes se distinguent par leurs côtes longitudinales et la valve lisse est pourvue de 40 côtes longitudinales très-distinctes.

Esp. 10. Pecten exilis m.

PI. IV, fig. 7, a grand. natur., 4 grossie.

Naturhist, Skizze 1. c. p. 212.

Testa rotundata subplana, transparente , tenuissima, laevissima, auriculis latioribus majoribus, dextra profundius excisa, sinistra triangulari, rotundata.

Les valves sont presque orbiculaires, un peu plus larges que longues, assez plates, toutes lisses et tellement minces qu’elles deviennent transparentes; la valve inférieure est peu concave, pourvue de peu de stries concentriques, les sillons sont très-plans ; le bord inférieure est lisse et les deux côtés sont arrondis. Les oreillettes sont assez grandes et lisses, la gauche est arrondie, presque triangulaire, la droite est un peu plus longue, mais plus étroite et évasée à sa base; le crochet est aplati, très peu prononcé. La valve est lisse à l’intérieur, néanmoins on y peut distinguer beaucoup de côtes rayonnantes très-fines, comme dans le grand Pecten ecristatus BRONN des environs de Vienne et du terrain subapennin. Les deux espèces se ressemblent beaucoup, mais la grandeur seule les distingue déjà suffisamment. Nous voyons donc que le terrain volhyno-podolien possède le Pecten cristatus en une variété très-petite, comme c’est le cas avec le Vermetusintortus gigantesque du bassin sftbapennin qui est représenté dans notre bassin de Volhynie par le petit Serpula scalata.

Le Pecten axilis ressemble aussi un peu au Pecten burdigalensis LAM., mais les oreillettes sont différentes, car le Pecten cristatus BRoNN que Mr. Poscx a confondu avec le Pecten burdigalensis, n’a pas d’excision à l'oreillette droite, comme notre espece, à laquelle manquent aussi les épines du bord cardinal, quelquefois trèsdéveloppées dans le Pecten cristatus, caractère qui dépend de l'age des coquilles. — Mr. Puscx * fait aussi mention du Pecten serratiformis SERR. comme fossile du bassin tertiaire de Pologne,

* Polens Paläontologie I. c. p. 42.

mais ce n’est pas celui-ci qui en diffère beaucoup, c’est plutôt le Pect. latissimus DEFR. du terrain subapennin de Castell arquato.

**%.__ Orthoconchae.

+ Integropalliatae.

Famille cinquième.

Mytilidae. Les valves sont plus ou moins allongées quelquefois un peu bril-

lantes, munies de 2 ou 3 empreintes masculaires; le ligament est sous les crochets au bord antérieur.

Genre V. Modiola Lam. Mytilus L.

Les valves sont presque transversales, régulières, les crochets tantôt pointus et terminaux (Mytilus L.), tantôt arrondis et éloignés du bout antérieur des valves; la charnière est sans dents, le ligament est intérieur et l’empreinte des muscles est simple et allongée. Les espèces se trouvent dans les terrains de tout àge et vivent dans nos mers actuelles, comme p. e. le Mytilus edulis L. dans les mers Baltique Noire et Caspienne.

Esp. 11. Modiola volhynica m.

PI. IV, fig. 16, a, b grand, natur. — fig. 17 petite variété, & et b grand, natur., c grossie pour montrer le bord cardinal dentelé. Naturhist. Skizze 1. c. p. 212.

Modiola sabcarinata BroNN Jahrb. f, Mineralogie 1837. Mytilus incrassatus D'Or. voyage au steppes de la Russie par Hom- MAIRE DE HELzc. Paris. Tome troisième, 1848, p. 477, PI V, fig. 8—11,

Testa tenui inflata, subaequivalvi, medio prominula subcarinata, obliqua, carina obtusa, margine utroque superiore et inferiore acute scindente, postico rotundato, obtuso cardine vix emergente, superficie testarum transversim striata ; longitudo 11‘, latitudo 4‘,

Hab. près de Zukowce et en beaucoup d’autres endroits de Volhynie, ainsi qu’en Bessarabie.

Les valves assez minces et fragiles sont fortement bombées, surtout au milieu qui est traversé par une crête obtuse, qui commence au crochet et passe jusqu'à l'extrémité postérieure des valves ; le bord supérieur est tranchant, et s’élève le plus au milieu, le bord inférieure est presque concave et l’antérieur avance un peu en dessous du crochet. La surface des deux valves est pourvue de fines stries d’accroissement

concentriques, très-nombreuses et serrées laissant de profonds sillons entre elles; le bord postérieur un peu arrondi n’est que très peu entreouvert pour donner issue au byssus. Les crochets d’inégale longueur et la crête arrondie de la surface forment une convexité plane ; le bord supérieur s'élève au milieu du dos élargi.

Le Mytilus incrassatus D'ORB. est la même espèce, remarquable par ses valves bombées mais de la même grandeur; elle ne se trouve qu’en Bessarabie; les jeunes individus de Zukowce ont tout-àfait la même forme, vers les crochets les bords supérieur et antérieur des deux valves sont finement crenelés à l’intérieur (voy. PI. IV, fig. 17b); ces crènelures disparaissent insensiblement dans les individus plus adultes, qui finissent par en être dépourvus entièrement, quoique les arêtes cardinales restent les mêmes.

Esp. 12. Modiola marginata m.

PI. IV, fig. 15, a grand. natur., & et c vues à la loupe.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 212.

Mytilus marginatus D'Or. voy. Homm. ne HEzc 1. c. T. JT, p. 476,

PI V, fig. 1—3.

Testa convexa, subtriangulari, radiatim striata, confertissimis striis bifidis, cardine obtuso internoque margine ad cardinem usque utrinque subtiliter denticulato ; longitudo 3 — 9’.

Hab. près de Zukowce.

Les valves sont presque triangulaires, obtuses, le bord cardinal est obtus, le postérieur très-dilaté, arrondi, tranchant; le bord supérieur est très-convexe, s’éleyant depuis le crochet vers le milieu du bord; il descend du côté opposé de la même manière oblique, de sorte que la valve affecte une forme triangulaire ; le bord inférieur est presque droit, un peu évasé au milieu et avance vers l'extrémité antérieure en formant un petit prolongement au dessous du crochet, La surface est pourvue de stries rayonnantes qui deviennent plus grosses vers l'extrémité postérieure, en s'y bifurquant; leur nombre est plus grand au bord, qui en devient finement dentelé; les stries d’accroissement assez fortes traversent les rayons ; le crochet obtus se trouve à l'extrémité antérieure en dessus de son prolongement antérieur. Les plus grosses dents se trouvent au bord supérieur triangulaire, les plus petites au bord opposé inférieur à l'endroit où les deux valves sont un peu entre-ouvertes.

La coquille fossile de Zukowce est très-petite, large de 3 lignes; elle devient plus grande en d’autres endroits de; Volhynie, et atteint

quelquefois une largeur de 9 lignes sur une longueur de 5 lignes en montrant tous les caractères de l’espèce, excepté les bords qui ne sont dentelés qu’au bord supérieur, et les stries rayonnantes affectant de petites côtes dans les jeunes individus, deviennent plus fines ou disparaissent entièrement dans les individus adultes, remarquables par leurs valves plus grosses et quelquefois d’une longueur d'un pouce, comme l'individu de la Bessarabie décrit et figuré par Mr. D'ORBIGNY : Je suis porté à prendre même le Mytilus Denisianus D'Or8. (voyage de HoMMaIRE DE HELL PI. V, fig. 4—7) pour une variété du Modiola marginata, car il n’en diffère que par ses valves très-evasées au bord inférieur; le Mytilus pectinatus LAM., fossile du bassin de Paris, lui ressemble beaucoup.

Le Modiola navicula Dus. est aussi mon espèce et n’en diffère que par ses valves un peu plus larges et presque ovales; la figure du Modïiola marginata, donnée par Mr. Dugois, appartient à un individu fort Jeune * et presque triangulaire ; les bords n’en sont pas encore aussi arrondis que dans les adultes.

Genre VI Dreissenia VAN BENED.

Les valves ressemblent au Mytilus, mais les crochets sont pourvus d’une petite cloison intérieure transversale, le manteau de l’animal n'est pas ouvert dans toute sa longueur, ses lobes sont réunis près de l'anus où ils forment un petit siphon anale et un second siphon respiratoire, Les espèces fossiles se trouvent dans l’étage supérieur du terrain tertiaire et vivent encore dans nos mers, comme dans la mer Baltique, dans la mer Noire et dans celle d’Aral. |

Esp. 13. Dreiss, Brardii BRONGN.

Testa elongata angusta laevi, convexa, margine utroque rotundato, vertice minimo terminali subrotundo; longitudo 4—5//!. |

Hab. fossile près d'Odessa, ainsi que sur la rive gauche de la rivière d'Jagouletz près de Cherson, dans un calcaire tertiaire moderne, et au bord du Wolga près de Zaritzyne dans un sable quaternaire ; elle vit dans le lac d’Aral,

Les valves sont petites, étroites, assez bombées, lisses, garnies de beaucoup de stries concentriques d’accroissement; les crochets sont assez pointus, divisés par les cloisons.

* Dusors I, ç. PI. VII, fig. 13—16,

L'espèces se trouve fossile en noyaux près de Cherson dans un calcaire d’eau douce, formé d’une grande quantité de ces valves, dont les stries concentriques sont fort distinctes; elle est aussi fréquente près d'Odessa dans un calcaire qui ne se compose que de cette espèce un peu plus déprimée et du Cardium littorale; on scie cette roche en petits carreaux, dont on fait usage pour les constructions de la ville; ce calcaire s’endurcit peu à peu à l’air et donne par conséquent une bonne pierre à bâtir.

Les plus grands individus que je connais sont ceux qui viennent de Zaritzyne, à 20 toises au dessus du niveau de la rivière du Volga; ils y ont de 8‘ de large et 41/,‘! de long, et s'e trouvent dans un sable marin avec l'Adacna edentula et la Monodacna trigonoide s, deux espèces tout à fait fossiles et éteintes.

La Dreissena (Mytilus) plebeja Dus. * semble n'être qu’une simple variété de cette espéce qui vient aussi dans la couche moyenne du terrain tertiaire.

- Esp. 14. Dreiss. polymorpha PaLr.

Testa elongata inflata, carina acutissima, recta, marginem testae inferiorem excipiente , vertice acutiore subinflexo; longitudo 8—10//,

Hab. près de Zaritzyne au bord du Volga, à l’état fossile et calciné, dans la colline aux faucons; elle se trouve aussi vivante dans la mer Caspienne, quoique très rarement, plus fréquemment aux embouchures des grands fleuves de la mer Noire et de la Baltique.

C'est l'espèce qui avec les autres coquilles de la mer Caspienne commence insensiblement à périr dans ce grand lac salé ; les individus vivans sont très-rares dans la mer Caspienne; les fossiles se trouvent en grande quantité dans un sable argilleux des bords du Volga, de Zaritzyne jusqu’à Astrachan, formant souvent de hautes collines.

D'autres espèces fossiles plus grandes que celle-ci se trouvent dans une couche tertiaire très-moderne et ferrugineuse près de Kertsch, comme la Dreissena rostriformis DESH., subcarinata DES. et inacquivalvis DES, **,

Genre VII Lithodomus Cuv.

Les coquilles plus ou moins cylindriques transversales sont comprimées en arrière et obtuses en avant et entièrement fermées, le * Dunois 1. c. PI. VI, fig. 26—928,

** De Verneuis, Memoire géologique sur la Crimée dans les Mémoires de la société géologique de France. Tome III, Nro. 1. 1837.

crochet est édenté, le ligament extérieur linéaire; le manteau de l’animal, vivant dans des roches, est fermé en avant, caractère qui distingué ce genre du genre suivant. Les espèces se trouvent dans le terrain jurassique, crétacé et tertiaire et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 15. Lithod. volhynicus m.

Dugois Conchiologie 1. c. PI. VIF, fig. 32—34.

Testa cylindracea transversa subinflexa, cardinali margine adscendente, inferiore excavato, tumidiore, utraque parte extrema obtusa, superficie transversim striata, aliisque striis longitudinalibus transversas decussantibus ; longitudo 5//! et latitudo 17!"

Hab. près de Lyssawody en Volhynie dans un calcaire tertiaire, ainsi que près de Demezine en Pologne.

| Les valves sont transversales, presque cylindriques, un peu convexes en haut, concaves en bas et fort enflées ; la surface est striée de stries transversales coupées par des stries longitudinales; les deux bouts sont obtus et arrondis.

Je n’ai pas observé moi-même cette espèce et je n’en donne la description que d’après la courte phrase de Mr. Dugois * qui l’a réunie au Modiola lithophaga L., espèce vivante de la Méditerranée, dont elle diffère cependant par sa forme générale.

Mr. Puscu** n’a pas vu de stries dans ses échantillons et il les croit differens de l'espèce vivante.

Aussi Mr. D'ORBIGNY “** fait mention d’un Lithodome fossile de Kischenew, sans le décrire, parcequ’il n’est pas assez bien conversé pour être déterminé.

Famille sixième.

Nuculidae.

Le grosses valves sont plus ou moins triangulaires, allongées; la charnière linéaire est multidentée, interrompue au milieu par une petite

fossette; les dents sont courbées en arrière, le ligament marginal est soutenu par la fossette.

Genre VII. Nucula Lam.

Les coquilles sont équivalves, inéquilatérales, triangulaires, le ligament est presque intérieur, les dents nombreuses se réunissent au milieu

Dusois 1. c. pag. 68.

“* Polens Palacontologie 1. c. pag. 91.

F# Hommaire DE HeLz, les steppes de la Russie, Tome IIT, pag, 478,

de la charnière sous un angle obtus. Les espèces se trouvent dans tous les terrains et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 16. Nuc. margaritacea Lam.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 210. |

Testa incrassata ovato-trigona, laevissima, dentibus 23 marginis superioris et 12 anterioris inaequalibus, margine inferiore intus subtiliter denticulato; longitudo 3—#1/.

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Tarnaruda, Zawadynce, Staro Potschaiow ; elle vit encore.

Les valves sont assez grosses, lisses, luisantes à l'extérieur et nacrées à l'intérieur; la couleur en est brune, les stries transversales concentriques sont plus claires ; l'espèce vit encore dans nos mers actuelles et se trouve fossile dans la couche tertiaire la plus ancienne de Paris, dans l'argile salifère de Wieliczka, et même dans le terrain jurassique, montrant ainsi la continuité de la Faune jurassique et tertiaire avec celle de nos temps.

Esp. 17. Nuc. acuminata* m.

PI. IV, fig. 13, 13*, 14, a grand. natur,, b grossie, c grossie et vue du dos.

Naturhist, Skizze 1. c. pag. 211.

Testa incrassata transversa, grosse sulcata, anteriora versus angulato-acuminata, scutello ovato-acuminato ; longitudo 3‘‘‘, latitudo 4‘! et crassities 2‘.

Hab. près de Tarnaruda, Krzemionna, Zukowce, Warowce.

La vavlve est presque triangulaire, épaisse, arrondie et élargie à l'extrémité antérieure, prolongée et pointue à la postérieure, la surface est grossièrement sillonnée, les côtes transversales concentriques se prolongent sur l’écusson élliptique, pointu aux deux bouts; la lunule est grande, large, montrant les bords des valves au milieu un peu sail- Jants, comme les bords au milieu de l'ecusson. Les côtes sont un peu arquées des deux côtés, surtout dans les petits individus, dans lesquels le bord inférieur des valves est un peu évasé des deux côtés; l’intérieur de la valve est fortement nacré. Les dents sont très-nombreuses

* Cette espèce a été établie par moi en 1830; mais il y a en d’autres du même nom, établis à ce qu'il me semble plus tard, comme le Nucula

acuminata Gorpr., Nuc. acuminata Buca et celle de Merrem, espèce tout à fait différentes de la mienne,

et très-grandes, les antérieures sont plus grosses que les postérieures, dont la rangée est aussi plus longue.

Cette espése ressemble beaucoup au Nucula strigata Lam, qui a des sillons plus profonds, des côtes plus grosses, moins nombreuses; sa forme ovale, presque équilatérale et déprimée en différe aussi; les crochets ne se trouvent pas au milieu du bord supérieur, comme dans le Nucula striata, mais plutôt rapprochés de l’extrémité antérieure. D’après LAMARCK * cette dernière espèce est toujours blanche à l'interieur, jamais nacrée, comme la nôtre; Mr. Puscn ** l'a confondue avec le Nucula minuta Broccui, Nuc. pella Broccui etle Nucula deltoidea Lam., que je ne connais pas dans notre bassin tertiaire.

Famille septième.

Arcacidae.

Les coquilles sont équivalves, un peu inéquilatérales transversales ou rondes, les crochets sont écartés, à haute facette, avec les traces des stries d'accroissement et des stries obliques des deux côtés de la facette, pour fixer le ligament extérieur; les dents sont nombreuses disposées en ligne droite ou arquée, quelquefois interrompues au milieu. Comme les Anomies font le passage aux Terebratules par la présence d’un trou dans la valve supérieure, les Arches ont beaucoup de rapports avec les Orthis par leur haute facette (aréa) sillonnée transversalement; ils sont pourvus de deux coeurs, comme les Térébratules, et devraient par conséquent être placés près des Brachiopodes,

Genre IX. Pectunculus Lan.

Les valves orbiculaires et closes ont une charnière arquée à dents obliques dont les latérales sont plus grandes que celles du milieu ; l'animal est sans byssus et libre. Les espèces se trouvent dans les terrains de la période moyenne et moderne et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 18. Pectunc. orbiculus m.

PI. IV, fig. 9, & b grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 24.

Pectunculus nummiformis Dus, I. ce. PI. VIL fig. 5—6.

Lamarcx animaux sans vertèbres. Bruxelles. 1839. Tome II, p. 661. ** Polens Palacontologie. 1, c. p. 63.

Pectunculus pulvinatus (Lam) Dos. ll. ce. PI. VII, fig. 78, Pectunculus transversus (Lam.) Dus. I. ce. PI. VII, fig. 9?

Testa utplurimum orbiculari longiore quam latiore, extus radiatim striata, zonis circa verticem fuscis, tenuissimas strias decussantibus, vertice in medio cardine paullo prominulo, area triangulari exigua, dentibus cardinalibus in semicirculo dispositis; longitudo 11/,/,

Hab, près de Zukowce et dans beaucoup d’autres endroits de Volhynie, ainsi que dans le bassin de Vienne,

La coquille diffère principalement par sa forme arrondie, orbiculaire et peu ventrue et par les crochets peu saillans ; les stries fines sont serrées et ne forment pas de côtes larges, comme dans le Pectunculus rhomboiïdeus Bons. (polyodonta BRoNN); quelques zônes obscures autour des crochets se perdent à l’âge adulte, la facette cardinale est très-petite, et a à peine 1/, de la longueur de la charnière, qui est formée de chaque côté de 9 ou 10 dents; la coquille est lisse à l'intérieur, le bord inférieur est finement crénelé et les empreintes des muscles ont le bord inférieur très-saillant.

Le Pectunculus pulvinatus LAM. se distingue par sa largeur plus grande, comme le Pectunculus transversus LAM., qui est aussi plus comprimé et dont les crochets se trouvent toujours au milieu du bord cardinal; dans le Pectunculus pulvinatus les crochets sont plutôt rapprochés d’un côté; l’autre est plus saillant, plus prononcé et quelquefois beaucoup plus long que celui-ci. Le Pectunculus orbiculus est presque orbiculaire et équilatérale, les deux côtés sont à peu près égaux. La facette cardinale du Pectunculus pulvinatus est plus grande, plus large et plus haute qu’elle ne l'est dans le Pe ctunculus orbiculus; les dents cardinales sont plus pointues que dans le Pectunculus pulvinatus, qui en outre à des côtes aplaties, à stries longitudinales très-rapprochées. Le Pectunculus orbiculus, dont les bandes brunes transversales ne se trouvent dans aucune autre espèce, est aussi strié ; les stries sont rayonnantes et entre 2 ou 3 stries fines il y a toujours une strie plus grosse; les stries par conséquent sont inégales et la surface est munie de petites côtes.

Les stries fines du Pectunculus transversus LAM., au contraire, sont entrecroisées par des stries transversales concentriques très-regulières et rapprochées sur toute la surface.

Genre. X. Trigonocoelia Nysr.

Les valves ovales un peu obliques ont la charnière arquée à dents obliques, disposées par série ; le ligament exterieur est placé dans une

fossette triangulaire en dessous des crochets et en dehors de la charnière; les deux empreintes des muscles sont inégales. Les espèces se trouvent dans les terrains des périodes moyenne et tertiaire et vivent encore dans la mer Rouge,

Esp. 19. Trig. anomala m.

PI. IV, fig. 10, a et b grossies, ec grand. natur. Pectunculus anomalus Naturhist. Skizze 1. c. pag. 211. Pectunculus pygmaeus Puaicrrpr * teste Brown I. c. Index palaeont.

pag. 1288,

Testa minima trapezoidali, costulata, costis radiantibus concentricas strias decussantibus, cardine recto, dentibus exterioribus majoribus; latitudo 2‘.

Hab. près de Zukowce, Tarnaruda.

L'espèce est petite, mince, presque trapézoïdale, le bord cardinal est très-court, presque droit, parallèle au bord inférieur convexe; les deux extrémités sont divergentes ; les côtes de la surface sont rayonnées, coupées par des stries transversales d’accroissement.

Elle ressemble beaucoup à la Trigonocoelia pygmaea Pur. qui n’est pas trapézoïdale et moins oblique que notre espèce dont la charnière est beaucoup plus courte que celle du Trig. pygmaea; la largeur de notre espèce en général est plus grande que sa longueur; elle est large de 2 lignes au bord inférieur et un peu moins longue; le petit bord cardinal très-court offre de chaque côté 3 petites dents, séparées les unes des autres par un petit espace édenté, le petit crochet est contourné à l'intérieur, Toute la surface est finement sillonnée en travers, les sillons sont très-serrés et concentriques, les côtes qui les traversent sont encore plus fines et rayonnées, le bord inférieur est crénelé en dedans.

C'est peut-être le Pectunculus auritus (BroccHi) et le Pectunculus minutus (LaM.), dont Mr. Puscx ** fait mention, comme fossile du bassin tertiaire de Volhynie, das lequel je n'ai rencontré ni le Pectunculus plumsteadensis Sow., ni le Pectunculus inflatus BroccHi, cités par cet auteur comme provenant de ce bassin.

Mon nom existe depuis 1830 et est plus ancien que le nom de Mr. Paiciepr (Mollusca Siciliae. Berolini. 1836, pag. 45, Tab. V, fig. 5).

Polens Palaeontologie 1. c. pag. 65.

Genre XI Arca L.

Les valves sont trapézoïdales, ventrues, épaisses, inéquilatérales, closes, ou baillantes au bord inférieur pour la sortie du byssus (B yssoarca), la facctte cardinale est triangulaire, haute, le bord cardinal est pourvu de dents verticales (Arca), arquées ou horizontales (Cucullaea); les crochets sont très-écartés et le ligament est extérieur. Les espèces se trouvent dans les terrains les plus anciens et les plus modernes et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 20. Arca barbatula Lam.

Arca scapulina Lam. var.

Naturhistor, Skizze 1. c. pag. 211.

Arca barbata Broccui.

Testa elongato-quadrata, antico margine utplurimum recto, raro exciso ibidemque non augustato, costis longitudinalibus alternis crassioribus, saepe tenuissimis e minimis nodulis exstructis ; latitudo 3‘,

Hab. près de Zukowce.

Le bord antérieur de la coquille est arrondi, le postérieur est tronqué obliquement, le bord inférieur est parallèle au bord cardinal quoiqu’un peu plus évasé ; la largeur dépasse la longueur d’une ligne; la surface est sillonnée transversalement de stries d’accroissement très-profondes ; les côtes fines sont très-serrées, finement noueuses, entrecroisées de stries concentriques.

L’Arca scapulina LAM. est identique, d’après Mr. DESHAYES *, à l'Arca barbatula LAM., qui lui-même est un peu moins grand que l’Arca barbata L., son analogue vivant, selon Mr. BRoNN **,

Il me semble que c’est aussi l’'Ar ca nodulos a (Broccui) Dus.*** qui ressemble beaucoup plus à l'Arca barbatula qu’à l'Arca nodulo sa BRocCHI espèce beaucoup plus ventrue et prolongée en arrière en une pointe assez prononcée, vers laquelle descend la côte du crochet.

Esp. 21. Arca cucullaeiformis m.

PI. IV, fig. 11, a b grand. natur., c trois côtes grossies. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 211.

Arca diluvii (Lam) Dos. I. c. PI. VIIL, fig. 10—12. Testa maxima incrassata trapezoideali, grosse sulcata, costis remo-

* Lamaxok: Animaux sans vertèbres. Nouv. édition par Mr. DesHayss. Bruxelles. 1839. Tome Il, pag. 651.

** Index palaeontolog. I. c. pag. 92.

*** Broccar Conchiol. subapen, I. c. Tab, XI, fig. 6.

tis nodulosis angulatis, interstitiis costarum angustioribus sublaevibus nodulisque earum quadrangularibus remotis, margine inferiore posteriora versus profundius descendente , area sublaevi angusta depressaque, recto cardine majoribus dentibus obliquis ac numerosis exstructo; latitudo 1‘ 1///,

Hab. près de Zukowce , aussi à Korytnice, à Pinzow et à Szydlow en Pologne.

La valve gauche, la seule que je connaisse, est grosse et trèsgrande, l'ouverture est trapézoïdale, le bord antérieur est arrondi et beaucoup plus étroit que le postérieur qui est prolongé à la partie inférieure ettrès-élargie, en quoi l'espèce diffère principalement de l'Arca diluvii LAM., qui en est très-voisin; tout ce bord est grossièrement crénelé en dedans; le bord cardinal est très-droit et pourvu d’une facette triangulaire assez basse, presque sans sillons et lisse, au dessus de laquelle se recourbe le crochet large et avancé. La surface de la valve a 32 ou 33 côtes arrondies ou presque quadrangulaires, coupées par des stries profondes d’accroissement, les côtes en deviennent carrécs ou noueuses, quoique ces noeuds ne soient pas étroits comme dans l’Arca diluvii, mais gros et larges, ce qui fait que leur nombre est toujours beaucoup moindre dans l'Arca cucullaeiformis que dans l’Arca diluvii, car dans celui-ci ils sont beaucoup plus rapprochés et par conséquent plus nombreux.

L’Arca diluvii du bassin de Vienne diffère de l’espèce volhynienne par sa forme plus arrondie au bord inféricur et beaucoup moins élargie en arrière; la rangée des dents est toute droite et les espaces des côtes sont plus larges et à écailles transverses très-rapprochées.

Les côtes de l’espèce de Volhynie sont plus écartées, principalement vers l'extrémité antérieure, par conséquent les interstices sont plus larges que dans l’Arca diluvii, dans lequel on aperçoit aux interstices de petites écailles transversales qui manquent à l’espèce volhynienne qui est lisse aux interstices du milieu de la valve. Les dents de la charnière de celle-ci sont moins nombreuses et plus grandes que dans l’'Arca diluvii; la charnière a un pouce une ligne de largeur ; l'ouverture au milieu est de trois lignes plus large; son bord inférieur s’élargit au moins autant ou même davantage,

L’Arca diluvii de Castel’ arquato se distingue par d’autres dimensions comme espèce à part; la charnière a une largeur de onze lignes; l'ouverture au milieu a un ponce trois lignes de largeur, et son bord inférieur s’arrondit de nouveau, en devenant plus étroit.

Les Arches sont en général très difficiles à caractériser et il est presque impossible de fixer les Jimites des espèces, car la variabilité des individus est si grande qu’il n'y a pas de caractères constans; aux espèces très-variables appartiennent principalement lArca barbata L. et l’'Arca diluvii LAM. dont la dernière diffère de notre espèce, par son bord inférieur parallèle au bord supérieur et non oblique, d’où provient la forme trapézoïdale de celle-ci.

Mr. Puscx * fait encore mention comme de fossiles du bassin volhyno-podolien de quelques autres espèces d'Arches que je n’ai pas observées moi-même, et dont je doute qu’elles soient bien déterminées ; à ces espèces appertiennent lArca antiquata L., les Arca pectinata BRoccHi et mytiloides Broccui.

Esp. 22. Arca anomala m.

PI. IV, fig. 12, a b grand, natur., c grossie. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 211. |

Testa exigua dilatato-ovata, fere semicirculari, costata, costis approximatis sublaevibus, margine inferiore grosse dentato, cardinali paullo minoris latitudinis quam illa testae; latitudo testae 4‘ et longitudo 5‘.

Hab. près de Zukowce, Staro-Poczaiow, Zalisce, Warowce.

La petite coquille est ovale, élargie, irrégulièrement semicirculaire, l'extrémité antérieure est un peu rétrécie, la postérieure est élargie et les deux bords réunis forment un demi-cercle grossièrement dentelé à l’intérieur ; la surface de la coquille est fortement convexe, à côtes larges et au nombre d’au moins 25; elles sont très-serrées, plutôt aplaties qu’arrondies, un peu inégales et traversées par des stries d’accroissement, les interstices très-étroites sont à peine visibles; le bord cardinal droit est un peu plus court que les parties latérales; la facette cardinale est très-étroite et presque entièrement couverte par le crochet qui avance fortement; la largeur de la charnière garnie de petites dents nombreuses est plus petite que celle du milieu de l’ouverture qui est large de 5‘ et longue de 4‘.

Cette espèce ressemble beaucoup à l’'Arca didyma BroccCui de Castel! arquato, quoique celui-ci ait les crochets comme divisés ou bifurqués. Notre espèce ressemble davantage à l’Arca semidentata DEsx., dont le bord cardinal est cependant trés-étroit et la largeur de l'ouverture plus grande que celui-ci.

ik

Polens Palacontologie pag. 62.

Mr. Dugois * a figuré et décrit une jeune Arche sous le nom de Cucullaea alata que je ne connais pas; elle se distingue par un grand aileron au côté allongé de la charnière, à laquelle se fixent 5 dents en arrière et 4 en avant, laissant un espace libre au milieu; les dents du coté postérieur sont allongées, affectant des côtes, quoiqu’ elles ne ressemblent pas aux côtes d’un Cucullaea; lindividu étant tout jeune encore , il est très-difficile de dire, s’il constitue une espèce distincte ou non.

Famille huitième.

Lucinidae.

Les coquilles sont équivalves inéquilatérales plus ou moins arrondies aux bords et aplaties à la surface ou comprimées; le bord cardinal est très-petit, rétréci et le ligament est petit et extérieur : Les dents cardinales sont au nombre de 2 au milieu et de 2 aux bords; les empreintes des muscles sont allongées.

Genre XII Lucina BRUG.

Les valves sont presque rondes, déprimées et aplaties, l’une des dents cardinales est bifurquée et les deux latérales en sont plus ou moins écartées. Les espèces se trouvent dans les terrains très-anciens et vivent encore dans nos mers, comme p. e. les Lucina radula Lam. et lacte a L. de la mer Noire.

Esp. 23. Luc. candida m.

PI. V, fig. 6, a b grand. natur.

Naturhistor. Skizze IL. c. pag. 206.

Lucina columbella (Basr.) Dugois 1. c. PI, VI, fig. 8—11. Lucina candida Acass. Coquill. tertiaires. P. Il, fig, 7—12,

Testa suborbiculari concava, subcompressa, irregulari, concentrice striata, sulco profundo obliquo a vertice subprominulo ad inferiorem marginem , alteroque longiore ac profundiore ad posticum denticulatum excurrente ; longitudo 7‘! latitudo 71/,‘/ et crassities 5‘.

Hab, près de Zukowce, Bilka, Zawadynce, Staro-Poczaiow et en d’autres endroits de Volhynie et de Podolie.

Les valves presque orbiculaires sont assez concaves, un peu comprimées, mais nullement globuleuses, comme dans le Lucina colum-

Dusois I. c. p. 64, PI, VIIL, fig, 23—25.

bella BaAsT. du bassin de Vienne et de Paris, avec lequel Mr. Dugois l'a réuni *; sa largeur est toujours plus grande que sa longueur, la grosseur est de 5 lignes, ce qui le distingue spécifiquement du Lucina columbella, qui est très-gros et globuleux, c’est-à-dire aussi large que gros; notre espèce a des côtes transversales fines, séparées les unes des autres par des intervalles étroits et lisses. Les crochets du Luc. columbella sont plus saillants et plus gros, le bord cardinal est plus gros que dans notre espèce, les deux dents latérales sont très-prononcées, celles du milieu sont divergentes et situées en dessous du crochet. La lunule de notre espèce est très-grande, large, et en forme de coeur, et séparée par un sillon oblique du milieu de la valve; le sillon profond qui descend du crochet vers l'extrémité postérieure, est beaucoup plus long et y fait en bas une échancrure plus grande qu’à l'éxtrémité antérieure, comme c'est aussi le cas dans le Lucina columbella du bassin de Vienne; les valves sont munies en dedans de stries rayonnées, par lesquelles le bord inférieur devient granuleux ou finement crénelé, caractère qui distingue cette espèce du Lucina columbella, quinoffre pas de stries rayonnées dans l’intérieur des valves, mais plutôt en dehors au bord inférieur, où elles sont très-distinctes et nombreuses. |

Esp. 24. Lucina affinis m.

PI. V, fig. 6, ab, grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 206.

Lucina circinnaria (Lam.) Dus. 1, c. PI, VI, fig. 4—7. Lucina flandrica Nysr.

Testa orbiculata convexa, transversim sulcata, subcostata, vertice minimo prominulo ideoque lunula parva subprofunda, dentibus lateralibus elongatis et incrassatis, margine cardinali subrecto; elongato; longitudo 1‘ 3/, ;

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Kamionka, Tarnaruda, Staro- Poczaiow et en beaucoup d’autres endroites de Volhynie et de Podolie,

La valve est presque orbiculaire, plate, quelquefois comme tronquée ; à l’éxtrémité postérieure le crochet est très-petit placé presque au milieu du bord cardinal, la surface est peu bombée à côtes concentriques minces et fines disposées à égale distance les unes des autres ; des stries beaucoup plus fines se trouvent dans les interstices des côtes,

* Dusors I. c. pag, 57, PI. VI, fig. 8—9—10—11.

qui se courbent un peu vers l'extrémité postérieure des valves, def là un sillon oblique à peine apparent descend vers le bord inférieur, comme dans le Lucina flandrica Nysr; le stries disparaissent sur ce bord, en se réunissant aux stries d’accroissement, Les valves sont concaves, closes, d’une grosseur de 9 lignes sur une largeur et une longueur de 15 lignes. Le bord cardinal est étroit, la facette ligamentaire longue d’un demi-pouce; la charniére a deux petites dents centrales divergentes, dont l’une est bifurquée et dont les deux latérales sont prolongées et épaisses. La lunule est plate et a la moitié de la longueur de l’écusson; les empreintes des muscles sont très-longues, la postérieure qui est ovale, se trouve en dessous de la dent latérale au bord postérieur tronqué ; l’antérieure est plus étroite et beaucoup plus longue que la postérieure; l'empreinte palléale est presque ronde, dilatée et traversée par des stries rayonnées nombreuses. Le bord inférieur est lisse en dedans.

Elle diffère du Lucina circinnaria LAM., espèce identique. avec le Lucina saxorum LAM., par sa forme convexe et par ses côtes distinctes. Le Lucina circinnaria de Bordeaux n’est pas celui de LamacrKk; il est plus plat sans côtes apparentes et muni seulement de stries concentriques très-serrées ; le bord cardinal diffère aussi, car il est non seulement dépourvu de dents latérales, mais aussi des cardinales du milieu et la lunule disparait également, Cette variété appartient plutôt au Lucina radula qu'au Lucina affinis. Le Lucinaantiquata Sow., d’après la figure de Mr. NysT, lui ressemble beaucoup plus quoique ce ne soit pas, à ce qu'il semble, la vraie espèce de Mr. Sowergy, comme le dit Mr. NysT * lui-même; les crochets sont très-prononcés, ce qui fait que la lunule est de la même grandeur que l’écusson. Il doute aussi de l'identité des Lucinaantiquata et radula, réunis dans une espèce par Mr. BRoNN; le Lucinaradula n’a pas les dents cardinales bifurquées de notre espèce ; Mr. Nysr, au contraire, croit le Lucina radula identique avec le Lucina spuria L. GM., que GMELIN lui même désigne comme une coquille presque lisse et qui par conséquent ne peut pas avoir les côtes lamelleuses de notre espèce; les Lucina spuria et radula sont dépourvus de dents latérales, comme cela suit de la description de Guen et de LAMARCK. Autant que je puis juger d’après les figures

* Nysr: Description des Coquilles et des Polypiers fossiles de la Belgique. Bruxelles 1843, PL VI, fig. 7.

d'Eichwald, Lethaea rossica. I. 6

du Lucina flandrica de Mr. NyST, je croirais qu’il est identique avec notre espèce, d'autant plus que Mr. NysrT lui-même est d'avis, de la réunir avec le Lucina circinnaria (LaM.) Dus. qui est eflectivement mon Lucina affinis, avec lequel le Lucina circinnata (L.) BRoccHi du terrain subapennin a beaucoup de rapports.

Il n’y a peut-être pas de doute que le Cyclas globus Dus. *, petite coquille bombée fossile de Szuskowce d’une longueur et d’une largeur de 41/,‘ ne soit aussi un Lucina et peutêtre même le Lucina affinis dans le jeune âge.

Esp. 25. Lucina scopulorum BRONGN.

Lucina incrassata (Lam.) Dus. I, ec. PI. VI, fig. 1—3.

Testa maxima orbiculari, plana, extus concentrice striata intusque radiatim sulcata, cardine edentulo ; Jlongitudo 2°’.

Hab. pres de Szuskowee.

Les valves aplaties sont très-grandes, lisses et finement striées à l'extérieur, les stries sont concentriques; le bord inférieur est muni de stries rayonnées ; la charnière est édentéc.

Mr. Dugois à confondu cette Lucine avec le Lucina incrassata LAM. et Mr. BRoNN y voit le Lucina scopulorum BRONGN, espèce qui pourrait bien n'être que le Lucina circinnaria Lam. de Bordeaux. Je n'ai pas observé moi-même cette belle et grande espèce de notre bassin tertiaire,

Esp. 26. Luc. irregularis m.

PI VI, fig. 4, a grand. natur., b et c grossies.

Testa exigua concava, antice prolongato-rotundata, postice dilatata, trunçata, concentrice costata, costis approximatis undatisque, margine denticulato; longitudo a4ett et latitudo eadem.

Hab. près de Zukowce.

La coquille est petite, plus allongée et plus retrécie à l'extrémité antéricure qu’à la postérieure qui est plus courte et tronquée; la surface a des côtes fines transversales, concentriques, ondulées; les côtes sont relevées et tranchantes, quelquefois plus écartées , laissant de profonds sillons entre elles. Le crochet est assez saillant, recourbé à l'extrémité antérieure, la lunule est très-petite, assez profonde ; une

Dusois 1. c. pag. 59, PI, VI, fig, 18—19.

petite crête assez prononcée en arrière du crochet descend vers l’extrémité postérieure tronquée. Le bord inférieur est finement crénelé en dedans. La coquille est tres-bombée, les valves closes offrent un diamètre de 2 lignes. Les empreintes des muscles sont petites et au bord inférieur l'empreinte palléale est grande et profonde.

Je ne connais pas d'espèce avec laquelle on puisse comparer la nôtre; elle ressemble peu au Lucina squamosa LAM. qui a les côtes rayonnées; les côtes de nôtre espèce sont traversées de stries concentriques, ce qui donne à la coquille un aspect écailleux.

Esp. 27. Luc. exigua m.

PI. V, fig. 1, a grand., b c grossies.

Naturhitsor. Skizze |. c. pag. 206.

Testa minima, oblongo-ovali, utrinque rotundata, costata, costis radiantibus sensim crassioribus, novis inter veteres obortis, striis numerosis transyersis eas decussantibus ; longitudo 11/,‘/, latitudo 2!/,' et crassities 1.‘

Hab. près de Zukowce, très-rare.

Cette petite coquille est plus large que longue, à côtes assez grosses et plus larges vers le bord inférieur; entre ces côtes il existe d'autres côtes, quelques-unes dejà en dessous du crochet, d’autres vers le bord inférieur de la coquille: elles sont entrecroisées de beaucoup de stries transversales assez serrées, bien distinctes des stries d’accroissement, qui sont plus grosses et plus rares sur la surface des valves. Le crochet est plus rapproché de l'extrémité antérieure qui est élargie, arrondie, et en général plus large que l'extrémité postérieure. Le bord inférieur est crénelé en dedans, la lunule est très-petite et étroite, l’écusson est très-profond. Les dents latérales sont trés-saillantes, celles du milieu sont divergentes, assez distinctes. Les empreintes des muscles sont petites, l'empreinte palléale est parallèle au bord inférieur de la coquille.

Esp. 28. Luc. nivea m.

PI. V, fig. 2, a grand. natur., b grossic; fig. 3, a b grand. natur.

Naturhist, Skizze 1. ce. pag. 206. é

Testa nivea plana suborbiculari tenui ac fragili, transversim striata verticeque prominulo recto, lunula profundiore elongata, inferiore testae margine denticulato; logitudo 5‘’ et latitudo 2‘, crassities valvarum clausarum 2/!.

Hab. près de Zalisce.

- La coquille est toute blanche, plus longue que large, et arrondie, sa surface en est striée concentriquement, les stries sont regulières très-serrées et affectent des plis assez saillants, la lunuie est profonde et longue ; la charnière est munie de deux petites dents divergentes, simples et de deux dents latérales plus grandes; le ligament est mince, mais long, entièrement intérieur.

L'empreinte antérieure des muscles se voit en dessous de la dent latérale antérieure, elle est assez longue, un peu arquée à l’intérieur ; l'empreinte postérieure est plus courte et plus large; l'empreinte palléale est large et profonde, assez éloignée du bord inférieur finement strié de la coquille, au milieu de laquelle on aperçoit une profonde impression oblique, semblable à celle qui se trouve aussi dans les Lucinaaffinis et flandrica, | |

Les jennes individus se distinguent par une largeur plus grande (1 c. fig. 2 a), le crochet ne se trouve pas au milieu du bord cardinal, mais plus rapproché d’une extrèmité et le bord inférieur est finement crénelé.

Mr. Dugois * décrit cette espèce, en figurant au lieu d’elle, le Lucinacandida qui est beaucoup plus bombé et dont elle diffère par les sillons profonds, passant du crochet des deux côtés vers le bord inférieur et postérieur.

Enfin Mr. Dugois fait mention du Lucina divaricata Gm., comme d’un fossile de Szuskowce en Volhynie; cette espèce se rencontre aussi dans le bassin de Vienne, de Bordeaux, de Paris et vit encore dans la Mediterranée, mais je ne l’ai pas observée moi-même dans notre terrain.

Genre XII. Diplodonta BRONN.

La coquille a, dans sa conformation générale, beaucoup de rapports avec le genre précédent, mais elle est dépourvue des deux dents latérales; les dents cardinales sont comme dans les Lucina, l’une d'elles est bifurquée ; l’impression musculaire antérieure n’est pas aussi large ni-aussi longue que dans ce genre. Les espèces se trouvent dans le terrain tertiaire et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 29. Diplod. laevis m.

PI, V, fig, 7, a b grand. natur.

Testa subtenui, suborbiculari, extus laevi, transversim striata,

* Dugois 1. c. pag. 58, PI. VII, -fig. 40 —42.

profundiore lunula ante inflexum unci instar verticem sita, sulcis duobus a vertice antrorsum ac postrorsum ad marginem inferiorem descendentibus ; longitudo 9’,

Hab. près de Zukowce et Zalisce.

Les valves sont arrondies, suborbiculaires, plus longues que larges ; les jeunes individus sont très-minces, fragiles, blancs ou rougeàtres ; la largeur des jeunes est de 5 lignes, celle des adultes de 8 lignes, la longueur au dessus des crochets de 6 à 9 lignes, la grosseur des valves closes est de # lignes; les crochets sont très peu prononcés, mais très-pointus et courbés, la surface est très-finement striée; les stries sont concentriques, très-rapprochées et peu apparentes; les valves sont lisses et luisantes. La lunule est très-profonde étroite et située dans une échancrure du bord antérieur et limitée par un sillon oblique; l'extrémité postérieure est beaucoup plus large et plus épaisse vers le bord cardinal et munie d’un ou de deux sillons obliques, qui rendent le bord postérieur de la coquille un peu concave ; une impression semblable se voit aussi au bord antérieur ; le bord inférieur est édenté, Le bord cardinal est presque sans dents; on y reconnait à peine les deux dents cardinales très-petites et divergentes, dont l’une est un peu bifurquée; la crête ligamentaire est assez distincte et donne attache au ligament extérieur qui est assez étroit. Les empreintes musculaires diffèrent de celles des Lucines, principalement la grande empreinte au milieu des valves dont elle occupe presque la moitié de la surface antérieure qui est très-lisse et luisante, comme l'extérieur des valves; l'empreinte palléale est courte et étroite et se trouve placée à l'extrémité antérieure de la coquille.

Genre XIV. Corbis Lam.

La coquille est presque ovale, comprimée, à côtes concentriques, traversées par des stries rayonnées; la charnière est munie de deux dents ou d’une seule dans une valve et de deux dans l’autre; outre cela il y a de chaque côté des dents latérales et à l’intérieur trois empreintes musculaires, Les espèces se trouvent dans les terrains des périodes moyennes et modernes et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 30. Corb. extrunca m.

PI. V, fig. 21, ab grand. natur., € un fragment grossi. Testa subplana ovato-protracta, concentrice lamelloso-costata costis majoribus minoribusque alternis, tenues strias radiatim dispositas decussantibus indeque testa subtiliter cancellata.

C’est une des plus belles coquilles de notre bassin, elle est presque ovale, un peu saillante vers le crochet, arrondie aux deux extrémités, à côtes nombreuses, lamelleuses et concentriques, dont les interstices sont munis de stries ou de petites côtes rayonnées et rapprochées, affectant des cloisons fort réguliers (I. c. fig. 21, c.). Le Tellinatenuilamellosa NysrT. lui ressemble un peu par une conformation semblable des tests, mais il en diffère par ses caractères génériques. |

Famille neuvième.

Cycladidae.

Les coquilles sont équivalves, inéquilatérales, régulières, entièrement closes, lisses, mais recouvertes d’un épiderme corné ; la charnière a une ou deux dents au milieu et deux autres latérales ; le ligament est extérieur. Les genres de cette famille ne renferment que des espèces d’eau douce.

Genre XV. C'yclas Lam.

Les valves sont bombées, ovales, minces, les crochets sont sail- Jans, la charnière a une petite dent au milieu dans l’une, et deux dans l’autre valve, elle montre de chaque côté des deux valves deux dents Jatérales comprimées. Des espèces de ce genre se rencontrent dans le terrain tertiaire et vivent actuellement dans les eaux douces, leur existence dans la craie est douteuse.

Esp. 31. Cyclas cornea L.

Testa subglobosa, tenui, concentrice striata ; latitudo 4‘,

Hab. près de Luczk au bord escarpé du fleuve de Styr dans un terrain argileux d’'alluvion.

Les crochets sont placés au milieu des valves, ce qui distingue un peu la forme fossile de la forme vivante, dont les crochets sont beaucoup plus rapprochés du côté antérieur ; un autre caractère distinctif se trouve dans la régularité plus grande de la coquille,

Genre XVI. Pisidium PFEIrr.

Les coquilles sont un peu plus allongées que celles des Cyclas; les crochets sont rapprochés du bord antérieur des valves et les deux siphons de l'animal sont beaucoup plus courts. Les Pisidium ne

différent donc que très-peu des Cyclas. Les espèces vivent dans nos eaux douces.

Esp. 32, Pisid. priscum m.

PI, V, fig. 8, a grand. natur., b c grossies. Cyclas prisca Naturhist. Skizze. L. c, pag. 207. Testa minima protracta, vertice admodum prominulo, in extrema parte antica disposito, superficie inter rudiora incrementi vestigia extus transversim striata; latitudo 11/,/ et longitudo 11/,'/*, crassities 1 1/,/.

Hab. près de Kuneza dans un terrain d’eau douce.

Cette petite coquille se distingue par ses valves fortement bombées et irrégulières ; les crochets sont très-prononcés et situés à l'extrémité antérieure ; la dent cardinale est très-petite et double, les dents latérales sont petites, lamelliformes et plus prononcées; la coquille en général est lisse, et ce ne sont que les stries d’accroissement qui se voient sur les valves qui sont presque blanches et calcinées. L’extrémité antérieure est arrondie, les stries d’accroissement, au nombre de 4 ou 5, sont assez distinctes et leur interstices sont occupés par un grand nombre de petites stries concentriques. L'espèce ressemble beaucoup au Pisidium obtusale LAmM., et fortinale DRAP., mais elle en diffère par sa forme générale et principalement par sa grosseur; les crochets de l'espèce vivante ne se trouvent pas aussi rapprochés de l’extrémité antérieure qu’ils le sont dans l'espèce fossile,

Famille dixième.

Carditidae.

Les coquilles sont cordiformes, épaisses, inéquilatérales, équivalves, la charnière a deux dents cardinales, inégales, obliques; le ligament extérieur est disposé dans une cavité profonde ; les deux empreintes musculaires sont profondes.

Genre XVII Cardita BRUG.

Les valves sont transversales à côtes rayonnées grosses, la dent cardinale est double, parallèle au bord cardinal, et devant elle se trouve une autre dent plus courte, qui est tantôt courbée en arrière (Venericardia), tantôt en avant (Cardita). Les espèces se trouvent fossiles dans le terrain tertiaire ct vivent encore dans nos mers actuelles,

Esp. 33. Cardita aculeata m.

PI. V, fig. 10, a b grand. natur,

Venericardia aculeata Zoolog. special, Vol, J, Tab. IV, fig. 18. Naturhistor. Skizze 1. c. pag. 210.

Venericardia intermedia (Brocca.) Du. 1. c. PI. V, fig. 20. Venericardia rhomboidea (Broccu.) Puscu 1. c. pag. 69.

Testa incrassata suborbiculata, transversa, plerumque longiore quam latiore, costis aculeatis rudioribus, omnibus aequalibus.

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Staro-Poczaiow, Bilka, Erzemionna, Bialozurka , ainsi qu’à Korytnice, à Opatow, à Sandomir en Pologne,

La valve est étroite, allongée, quelquefois plus ou moins orbiculaire, arrondie; elle est le plus ordinairement plus longue que large, parce que les crochets, s’élevant en haut, s’élargissent en arrière. C'est ce caractère qui distingue cette espèce du Cardita rudista Lam., avec lequel Mr. BRONN * la réunit, quoique celui-ci soit toujours plus large que long; les côtes de notre espèce (16—17) sont toutes également grosses, munies d’épines, en forme d’écailles tubuleuses, allongées et très-serrées. Les côtes imbriquées du milieu de la coquille ressemblent entièrement à celles de l'extrémité postérieure. Le Cardita rudista, au contraire, se distingue par 2 ou 3 côtes aplaties, sans écailles, placées devant les 2 ou 3 dernières côtes, et disparaissant presque entièrement; à la place de ces côtes on remarque un espace lisse, un peu profond, caractère très-constant dans le Cardita rudista. Cet espace manque toujours à notre espèce, dans laquelle les côtes de l’extrêmité postérieure sont grosses, élargies et distinctes, couvertes d’écailles comme celles du milieu. Les épines écailleuses des côtes sont aussi plus serrées que dans le Cardita rudista, dans lequel elles sont plus écartées, moins nombreuses et plus grandes; les grands interstices entre les côtes sont plus lisses, que dans le Cardita aculeata, où ils sont plus raboteux et écailleux. Mr. DuBois ** a pris notre espèce pour le Venericardia ou Cardita intermedia Broccxi du terrain subapennin, qui d’après la figure de BroccHi “** en diflère par sa forme très-élargie, par ses côtes arrondies presque noueuses, non épineuses et plus étroites que les interstices qui sont très-larges. C’est sous ce nom qu'elle est aussi citée dans le bassin de Vienne.

* Index palaeont. I. c. pag. 227.

Dugoïs I. c. pag. 61.

# Broceur I, c. Tab. XI, fig. 15.

On ne doit pas la confondre non plus avec le Venericardia rhomboide a BRoCCHI qui a des côtes tranchantes sans épines, comme cela se voit sans la figure de Broccui *, à laquelle elle a été rapportée par Mr. Puscu “*, qui a en outre décrit un Venericardia lima, que je crois aussi identique avec mon Carditaaculeata,et un Venericardia annulata de Volhynie qui ne diffère de mon espèce que par ses côtes nombreuses et lisses ou polies, parce que les individus étaient long-temps roulés,.

Mr. Paizippi *** a pris notre coquille, d’après la figure incomplette de Mr, Dugois, pour le Cardita turgida Lam.; dont, cependant, elle se distingue facilement; il la confond aussi avec le Cardita sulcata BRUG., auquel elle ressemble fort peu, ce fossile se trouve aussi dans le bassin de Vienne, dont les échantillons ont été déterminés par Mr. Puscu (in litt.) pour le Venericardia intermedia BroccH.

Esp. 34. Card. laticosta m. PI. V, fig. S, a b.

Venericardia laticosta Naturhist. Skizze 1. c. pag. 210.

Testa incrassata exaltata, costata, costis planis, crassis, latis, undatim squamosis, squamis prope marginem approximatissimis, Jatioribus costarum interstistiis concavis, planis, margine cardinali posteriora versus exaltato ; latitudo paullo major longitudine.

Hab. près de Zukowce et Zalisce.

La coquille est très-grosse, plus haute ou plus longue que le Cardita (Venericardia) Jouannetii DESH, f à cause de l’éxtrémité postérieure du bord cardinal qui est très-allongée et plus haute que l’antérieure; le Cardita Jouannetii est toujours plus large que longe, à bord cardinal plus gros et plus long, même dans la variété de Vienne, qui diffère autant du Cardita Jouannetii de Dax et de Bordeaux qu’elle se rapproche de l’espèce de Volhynie qui est pourvue d'un bord cardinal beaucoup plus court et plus étroit, d’où il résulte que le bord supérieur paraît plus court que le bord inférieur; le bord postérieur est tronqué obliquement et comme anguleux en haut et en bas. La dent latérale inférieure est plus longue que la supérieure et

Broccur I. c. Tab. XII, fig. 16.

Polens Palaeontologie 1. c. pag. 69.

Enumeratio Molluscorum Siciliae 1. c. Berolini. 1836, pag: 54. + ŸT Bsonw, Index palaeontol, I. e, 1, pag. 225.

superposée aux deux petites dents cardinales du milieu, les stries transversales sont tellement fines qu’elles se voient à peine sans loupe.

Les côtes sont au nombre de 17 ou 18, très-larges, très-inégales à l'extrémité postérieure; la troisième est plus étroite que les autres et plus étroite aussi qu’elle ne l’est jamais dans le Cardita Jouannetii; elles sont séparées par des sillons beaucoup plus larges et plus profonds, principalement au milieu de la coquille ; les côtes et les interstices sont pourvus d’écailles grosses, bombées et serrées, qui sont ondulées, non aplaties, comme les écailles du Cardita Jouannetii, dont les interstices sont moins profonds que dans notre espèce.

Le Cardita Jouannetii DEsx. de Dax ressemble encore moins à notre espèce qui est dépourvue sur ses côtes vers les crochets des petits noeuds, si bien développés dans l'espèce de Dax ainsi que dans la variété de Vienne et dans le Cardita rhomboïdea du bassin subapennin.

Le Cardita laticosta se distingue aussi par son bord inférieur garni de grosses crénelures ondulées, tandis que le Cardita Jouannetiia ce bord muni de dents distinctes, écartées les unes des autres.

L'espèce, citée par Mr. Puscx * sous le nom de Venericardia planicosta LaM., comme fossile du bassin de Volhynie, est probablement la nôtre, mais je ne saurais dire, quelles seraient les autres espèces, citées par lui comme fossiles de notre bassin, comme les Venericardia orbicularis Sow., deltoidea Sow., acuticosta Lam. scalaris Sow., Laurae BRONGN. et senilis LAM. toutes des espèces que je n’ai pas observées moi-même.

Famille onzième.

Astartidae.

Les coquilles sont èquivalves, inéquilatérales, épaisses, la charnière est pourvue de deux dents divergentes, séparées par une fosselte, le ligament est intérieur ou extérieur; les empreintes des muscles sont doubles et assez grandes; au dessons de l’empreinte antérieure il y en a une troisième et une quatrième entre les crochets dans un enfoncement.

Genre XVIII Crassatella Lam.

Les coquilles sont couvertes d’un épiderme très-gros, allongées, transversales, quelquefois triangulaires, inéquivalves et closes; le bord

Polens Palaeontologie 1, c. pag. 90.

cardinal est élargi, un profond enfoncement sépare les deux dents divergentes, près desquelles on remarque deux autres enfoncemens assez larges, dont celui de l'extrémité postérieure est le plus large. Les espèces se trouvent dans les terrains crétacé et tertiaire et vivent encore dans nos mers actuelles.

Esp. 35. Crassat. podolica m.

PI. V, fig. 22, a b grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 206.

Erycina macrodon Anprz. Bullet. de Mosc. 1833, PL XI, fig. 6. Crassatella impressa (Lam.) Puscn 1. c. p. 77.

Testa incrassata, extus grosse concentrice sulcata, inaequilaterali, latere postico prolongato, subito attenuato, antice dilatato-rotundato, multo breviore, vertice antice approximato prominulo, paullo prostrorsum inflexo ; longitudo supra verticem ptet latitudo 1/// et crassities clausarum valvarum #//’.

Hab. près de Grigoriopol en Podolie. |

La coquille est épaisse presque ovale, très-inéquilatérale, les crochets sont très-rapprochés du côté antérieur qui est élargi et arrondi, la surface est pourvue de beaucoup de sillons concentriques assez profonds et serrés; le crochet est un peu saillant, sans former une partie distincte comme dans les autres espèces ; la charnière de la valve gauche, figurée sur la PI. V, fig. 22 b, a une dent grosse presque bifurquée et près d’elle un enfoncement trés-profond, destiné à fixer le ligament intérieur. Le côté antériéur élargi est fort arrondi, le côté postérieur est plus allongé et plus étroit, et a une échancrure assez apparrente près des crochets. La coquille à l’intérieur se distingue aussi par ses empreintes musculaires, l'empreinte du côté postérieur fortement allongé est ronde, profonde, plus prononcée en haut; du côté antérieure l'empreinte inférieure a la grandeur de la postérieure, mais la supérieure est plus petite, quoique aussi profonde. L’empreinte palléale descend de cette empreinte antérieure en bas à l'extrémité postérieure, presque parallèle au bord inférieur de la coquille et s’allonge ici en impression étroite et double. Le bord inférieur est épais, échancré à l'intérieur, mais édenté.

Esp. 36. Crass. concinna m.

PI. V, fig. 23, a b grand. natur.

Naturhist. Skizze 1. c. p. 206.

Testa minus crassa, extus transyersim concentrice striata, plana,

vertice submedio, paullo prominulo, utroque latere extremo subaequali, latitudo 10//’, longitudo 7!!! et crassities clausarum valvarum 3‘.

Hab. près de Stawnitza au dessus du terrain d’eau douce, à Zukowce et en d’autres endroits de Volhynie.

La coquille est plus mince que le Crassatella podolica, aussi plate, à stries concentriques très-fines, les crochets sont fixés presque au milieu des valves qu'ils divisent en deux parties égales, dont la postérieure est un peu plus large et un peu plus courte que l'antérieure ; les deux parties sont presque également inclinées; l’antérieure est plus arrondie et plus élargie que dans le Crassatella podolica, dans lequella postérieure est arrondie, plus large et plus haute.

La charnière a presque les mêmes dents que l’espèce précédente ; la valve gauche est pourvue d’une forte dent, du côté de laquelle il y a à l’exterieur une autre dent très-étroite et divergente; les deux dents de la valve droite sont situées dans un enfoncement profond, principalement l’une d'elles, et sont divergentes; il y a un autre enfoncement profond entre elles, pour fixer le ligament intérieur; l’empreinte des muscles du côté antérieur de la valve est double, celle du postérieur simple; toutes les deux sont également grandes et rondes; la petite empreinte antérieure et supérieure est de moitié plus petite que l'inférieure.

Le Mactra Bignoniana Dp'Ors. * semble être une grande variété de cette espèce, car il lui manque antièrement les caractères des Mactres.

Esp. 37. Crass. dissita m.

PI. V, fig. 24, a grand. natur., b c grossies. Naturbist. Skizze 1. c. p. 206.

Erycina apelina (Lam.) Anprz. Crassatella tumida (Lam.) Pusca.

Testa minore , antice latiore, concentrice transversim striata, vertice magis prominulo, anticae parti approximato, dente sinistrae valvae majore crassiore, dextrae illo duplice; latitudo 5‘, longitudo 3‘/’ et utriusque valvae clausae crassities 2//.

Hab. près de Halaikowce, Zalisce, Brikow, Krzemienec, Komionka.

La coquille lisse est plus petite et plus épaisse que le Crassatellina concinna; les crochets sont plus saillants que chez celui-

Hommaire DE Herc: les steppes de Russie. PI. VE, fig. 12—14.

ci, et quelquefois fixés à l’extremité du bord antérieur qui est plus élargi que le postérieur, en même temps qu’il est plus long et un peu plus étroit; mais il y a aussi des valves dont le bord postérieur est plus large et plus court qu’à l'ordinaire. L’espèce se distingue principalement par ses crochets très-prononcés, les dents sont grosses et épaisses ; dans une de ses valves il y a aussi une dent bifurquée, dans l’autre il y en à deux un peu plus grosses, divergentes, laissant entre elles un profond enfoncement. Les deux empreintes musculaires très-grandes exceptées, on en remarque encore une troisième très-petite au dessus de la grande empreinte postérieure, très-rapprochée d'elle ; un enfoncement large et profond traverse obliquement la valve. Les sillons transverses de la surface sont très-rapprochés et concentriques, formant des couches distinctes d’accroissement, |

Mr. D'OBBIGNY paraît avoir nommé le Crassatella podolica ou une autre espèce, Donacilla orientalis * à cause du ligament extérieur que je ne vois pas distinctement dans notre espèce; mais je vois les ‘empreintes musculaires tout-à-fait comme dans les Crassatelles, ce qui le distingue du genre Donacilla, que Mr. NysT à nommé avec Mr, MonTaGu Ligula, nom, qui n’est pas bien choisi, parce qu'il se trouve déjà appliqué à un genre de vers intestinaux.

Famille douzième. Cardidae.

Les coquilles sont plus ou moins équivalves, cordiformes, à côtes rayonnées, la charnière a 1, 2, ou 3 dents et 2 dents latérales lamelleuses; les coquilles sont ventrues et quelquefois brillantes, les valves sont fermées, c’est ce qui semble dependre de leur vie dans l’eau de mer ou dans l’eau douce des embouchures des fleuves.

Genre XIX, Cardium L.

Les valves sont presque équilatérales à crochets saillants, la surface est munie de côtes rayonnées plus ou moins distinctes et disposées en plis; les dents sont tantôt au nombre de trois(Cardium), de deux (Didacna) ou d’une seule (Monodacna), tantôt elles manquent entièrement (Adacna), sous-genres qui se trouvent en grande quantité fossiles dansles couches tertiaires modernes ou qui viventencore aux

Qu

Hommaire DE Herr: les steppes Vol, IT, pag. 482, PI. VI, fig. 15—17.

embouchures des fleuves de la mer Caspienne et de la mer Noire; le Cardiumedule L. est fort commun dans la mer Baltique, dans les mers Noire, Caspienne et d’Aral, en société avec le Cardium rusticum L.

Esp. 38. Card. hispidum m.

PI. IV, fig. 21, a grossi, b c jeune individu en grandeur naturelle. Cardium hispidum m. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 209. Cardium echinatum (L.) Dus. I. c. PI. VI, fig. 13—14.

Testa magna inaequilaterali costata, costis majoribus tubercula clavata nodosa fingentibus; latitudo 11/,‘* et longitudo eadem.

Hab. près de Zalisce, Zukowce, Bilka et en d’autres endroits de Volhynie, ainsi que dans un calcaire tertiaire du plateau d’Usturte, au bord oriental de la mer Caspienne, où le calcaire rougeâtre ne se compose que de ses débris et de ceux de quelques autres coquilles.

Cette grande et belle coquille est presque globuleuse, très-inéquivalve, elle a de grosses côtes arrondies qui, principalement au bout antérieur de la coquille, sont munies de petits tubercules en massue et disposées en rangées longitudinales sur dessillons du milieu des côtes; les intertices sont transversalement striés et aussi larges que les côtes qui sont lisses; les stries s'élèvent en petits plis, qui ne traversent presque pas les côtes, L'ouverture de la coquille est presque trapézoïdale, les valves sont trèsconcaves, leur couleur et leur lustre sont très-bien conservés. La surface est ornée de bandes larges transversales d’un brun-foncé ou noir, alternantes avec d’autres bandes plus étroites et plus claires de couleur jaune qui se voient principalement sur le bord inférieur de la coquille.

Mr. Dugois * qui a figuré un grand individu, l'a pris pour le CardiumechinatumL, et Mr. Bronx y voit le Cardium Deshayesii Payr. *, avec lequel elle a effectivement beaucoup de ressemblence, quoique celui-ci soit presque équilatérale et muni de papilles d'une forme tout-à-fait différentes, car elles sont amincies à leur base, dilatées à leur sommet, recourbées en haut, creuses et carénées en dessous ; les valves sont d'un fauve uniforme, les papilles ou tubercules sont, au contraire, dans mon Cardium hispidum, en massue, c'est-à-dire amincies à leur base, dilatées et arrondies à leur sommet, sans être creuses d'un côté (vers le bord cardinal) et convexes de

PayraupEau: Mollusques de la Corse. Paris 1826, pag. 56, PI.

l'autre (vers le bord inférieur); les côtes de notre espèce sont arrondies en haut et pourvues au milieu d'un sillon, dans le Cardium Deshayesii, au contraire, elles sont tranchantes et finement striées en travers, comme les interstices, il y en a 23, et dans la nôtre 24 ou 25; les côtes du côté postérieur sont sans papilles et toutes lisses, et dans le Cardium Deshayesii les deux côtés ont des côtes à grandes papilles.

J'ai fait figurer un jeune individu (PI. IV, fig. 21 b c) pour montrer sa forme très-inéquilatérale et ses papilles encore toutes globuleuses, situées à grande distance sur des côtes arrondies lisses.

Mr. Puscu *, prenant avec Mr. Dupois mon espèce pour le Ca rdium echinatum L., le confond avec les Cardium ciliare BruG., C. tuberculatum REN. et C. punctatum Broccui, tout différents d'elle, comme le Cardium tubulosum m., avec lequel il le confond aussi. Quant au Cardium planatum et striatulum Broccui, cités par Mr. Puscu, comme fossiles de notre bassin volhynopodolien, il est probable, qu'il les ait confondus aussi avec quelque autre espèce, qui ne se trouve pas chez nous. Il cite enfin, comme fossiles de notre bassin, le Cardium burdigalinum et porulosum LAM., que je ne connais pas non plus de cette localité.

Esp. 39. Card, irregulare m.

PI. IV, fig. 23 *, a b grand. natur., c grossie. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 209.

Testa irregulari, ovali, costata, costis squamulosis, sexta costa postici lateris truncati bifurca, utrinque squamulosa; latitudo 6!’ et Jongitudo 41/,1/!

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Bilka,

La petite coquille est très-irrégulière, ovale, arrondie du côté anférieur, élargie et tronquée du côté postérieur ; la surface est pourvue de 22 côtes rayonnées, lisses au sommet et au milieu et couvertes d’écailles vers les bords, la sixième est bifurquée et munie de deux côtés de petites écailles ; les interstices sont lisses, plus étroites que les côtes arrondies, les crochets sont rapprochés du côte antérieur arrondi et la sixième côte bifurquée, descen dant du crochet, affecte une crête oblique au bord postérieur, dont la première côte est la plus grosse et la plus courte, munie de plus grosses

Dans l'édition russe de cet ouvrage les deux numeros du Cardinm hispidum (fig. 21) et du Cardium irregulare (fig. 23) sont confondus entre eux, |

écailles que les suivantes; les écailles des côtes du bord antérieur sont plus petites que celles des côtes du milieu qui sont les plus petites et à peine visibles.

Esp. 40. Card. plicatum m"”.

PI. IV, fig. 20, a b grand. natur., c trois côtes grossies. Naturhist. Skizze 1, c. p. 209.

Cardium gracile Pusca I. c. Tab. VIT, fig. 4. Cardium gracile Pusca et Dp’Ors., Homm. DE Hezz, les steppes de Russie. PI. VI fig, 6—8. |

Testa tenui transversa, postice prolongato-attenuata, antice rotundato-dilatata, costata, costis (15—16) rotundato-prominulis, passim imbricatim squamulosis, remotis, interstitiis Costarum latioribus laevibus ; latitudo 9‘/’ et longitudo 7‘.

Hab. près de Zalisce, ainsi qu’en Bessarabie et au Caucase près du village de Dsegwy en Imerétie. |

La coquille est très-mince plus large que longue, les côtes sont arrondies, très-écartées , les interstices ont la double largeur des côtes, munies de très-petites écailles très-rapprochées, mais plutôt aplaties que tubuleuses, les interstices sont sans côtes et très-finement striées.

La charnière n’a qu'une seule dent cardinale et deux dents latérales, c’est par conséquent une Monodacne; les crochets sont assez saillants et très-rapprochés du côté antérieur de la coquille, qui diffère par sa largeur et par la forme arrondie du côté postérieur plus étroit et très-allongé.

Esp. #1. Card. tubulosum m.

PI, IV, fig. 22, a b grand. natur., c grossie. Naturhist. Skizze 1, c. p. 209.

Testa exigua dilatato-abbreviata , costata, omnibus costis squamosis, interstitiis costarum latioribus laevibus; latitudo 5!/,‘ nonnihil major longitudine 41/,'!,

Hab. près de Mendzibosh au dessus du terrain d’eau douce.

La coquille est très-petite et mince à peine plus large que longue, très-élargie en arrière et tronquée obliquement, les côtes, au nombre de 17, sont écartées, les interstices sont un peu plus larges que les côtes; les 6 dernières côtes diminuent subitement en longueur et occupent la partie élargie postérieure de la coquille, sur laquelle disparaissent insensiblement les sillons profonds. Les côtes se distinguent principalement par leurs écailles tubuleuses assez écartées; celles-ci sont

très-convexes, comme de petits tubes et s’élèvent sur la plus grande côte qui sépare le bord postérieur de la coquille du milieu, beaucoup plus que sur les autres, où elles sont plus serrées, sans être aussi rapprochées que les écailles des côtes du Cardium obsoletum, qui elles-mêmes sont beaucoup plus rapprochées entre -elles. Les grandes écailles des côtes ne passent pas aux interstices, comme celà se voit dans le Cardium obsoletum.

Les crochets se trouvent presque au milieu du bord cardinal, dont la charnière n’a qu’une dent et deux dents latérales, comme dans les Monodacnes. Le Cardium plicatum ressemble aussi à cette espèce , mais elle s’en distingue par sa forme plus large, par des côtes moins écartées et par des écailles costales très-rapprochées déprimées, et non tubuleuses,

Esp. 42. Card. obsoletum m.

PI. IV, fig. 19, a b grand. natur , c trois côtes grossies. Naturhist, Skizze 1, c. pag. 208.

Cardium protractum (m.) D’Ors Hommaire pe Herr, les Steppes de Russie, Tome III, PI, VI, fig. 1—5.

Testa subrotunda, costata, antice et infra dilatato-rotundata, postice truncata, costata, costis 25—26 rotundatis, tenuiter squamosis multoque latioribus quam interstitia angustissima, squamis costarum subtubulosis approximatis in interstitia excurrentibus; latitudo 10‘ et longitudo 9///,

Hab. près de Tessow, Simonow, Brikow, Kuntscha, Novo Konstantinow, Mendzibosh, Saranceïja, Holowczynce, Zawadynce, Grigoriopol, ainsi qu’en Bessarabie, au Caucase en Imérétie près du village de Dsegwy; elle se trouve aussi dans le bassin de Vienne sous le nom de Cardium Vindobonense PARTSCH.

La coquille diffère par sa forme générale, arrondie en bas et des deux côtés, par ses côtes très-nombreuses et rapprochées, par des interstices très-étroits, à peine de la demi-largeur des côtes, qui sont couvertes d’écailles très-relevées et rapprochées; des écailles aussi distinctes se trouvent dans les interstices et sont très-développées dans les jeunes individus, principalement sur le côté postérieur tronqué qui, dans la valve vue de l’intérieur, se prolonge beaucoup moins que dans le Cardium protractum.

La surface n’a jamais les sillons d’accroissement profonds et les interstices aussi larges que le Cardium protractum,

d’Eichwald, Lethaea rossica, L ? 7

Notre espèce se trouve aussi en Bessarabie en grands individus que Mr. D'ORBIGNY * nomma d'abord Cardium Beaumontianum et qu’il a réunis ensuite au Cardium protractum, dontils diffèrent entièrement par les caractères mentionnés ci-dessus.

L'espèce du Caucase est un peu plus longue, mais aussi plus étroite que celle de Volhynie ; elle ressemble beaucoup par ses écailles et par sa forme générale au Cardium obsoletum et se trouve dans un calcaire oolitique, dont les grains calcaires enveloppent des grains siliceux plus petits; quelquefois ce calcaire devient aussi compacte et contient des valves très-grandes de Mactra ponderosa, p. e. près du vil. lage de Dsegwy entre les fleuves d’Aragwi et le Cyre (Kourà).

Le Cardium vindobonense PARTsCH du bassin de Vienne est un peu plus gros et d'une forme un peu différente de notre Cardium obsoletum, quoiqu'il lui ressemble beaucoup.

Esp. 43. Cardium protractum m.

PI. IV, fig. 18, a b grand. natur., c trois côtes grossies. Naturhist. Skizze 1. c. pag. 208.

Zoologia specialis vol. I, Tab. V, fig. 9.

Cardium lithopodolicum Dus. I. PI. VII, fig. 29. Puscu 1. c. PI. VII, fig. 3 mala.

Testa transversa costata, antice rotundata, abbreviata, postice protracta, oblique truncata, costis (23—2%) remotis, praecipue versus posteriora, ubi costae ejusdem cum interstitiis sunt latitudinis, strits costas interstitiaque decussantibus simplicibus densissimis ab incremento testarum obortis; latitudo 11/// et longitudo 8‘!

Hab. près de Zukowce et en d'autres endroits de Volhynie et de Podolie.

La coquille est fortement dilatée au bord postérieur vers la partie inférieure, où sa forme générale diffère de celle du Cardium obsoletum; elle est très-inéquilatérale et a des côtes aplaties rayonnées, les crochets sont rapprochés de l'extrémité antérieure des valves; les interstices sont lisses, larges, planes, principalement au côté postérieur, où ils gagnent la largeur des côtes. Les stries d’accroissement de ces interstices sont très-serrées et passent aussi sur les côtes qui sont presque quadrangulaires, ce qui fait que la surface de la coquille est finement striée comme dans le Pecte n arenicola; les stries n’affectent jamais la forme d’écailles, comme dans le Cardium obsoletum, les côtes

HommairE DE HELz, les steppes. Vol. IIL, fig, 2, pag. 472.

sont en outre traversées de profonds sillons d’accroissement, Le bord inférieur de la coquille est grossièrement crénelé ; les deux empreintes musculaires sont superficielles, et l'empreinte palléale est éloignée de 11/,! du bord inférieur; la plus grande longueur de la coquille est en arrière des petits crochets, où elle s’élargit presque en aile vers le

bord inférieur.

La charnière n’a qu'une dent cardinale et deux dents latérales,

comme dans les Monodacnes.

J'ai déjà décrit et figuré cette espèce dans ma Zoologie spéciale en 1829 et malgré cela elle a été souvent confondue-avec mon Cardium obsoletum; c’est ainsi que Mr. D'ORBIGNY * a figuré celuici au lieu du Cardium protractum. Le Cardium subalatum ANDRZ. semble être très-voisin de cette espèce, s’il n’en est pas identique ; il a également été rencontré à Zukowce et à Bialozurka avec ce Cardium protractum.

Esp. 44. Card. Fittoni D'OR.

DE VerNeuIL et MurcuisoN, Géologie de la Russie d’Eu rope. Vol If, PL'#43,

fig. 38—39.

Testa subovali incrassata, costata, costis 12 remotissimis squamoso-aculeatis, interstitiis inter costas latissimis; latitudo 1‘ 3‘ et longitudo 1!’ 11/,///,

Hab. près de Marinpol dans le midi de la Russie et en Bessarabie dans un calcaire moderne, rempli de Spirorbis heliciformis.

La coquille est caractérisée par sa grandeur et par sa forme, les côtes sont très-écartées et munies de petites épines en écailles, principalement aux deux extrémités; les interstices des côtes sont larges de 3!!!, ondulées et à stries d’accroissement passant sur les côtes.

Esp. 45. Card. littorale m.

PI. VI, fig. 1, a grand. natur., b trois côtes grossies.

Testa subplana, ovata, utrinque rotundata, costata, costis subito latioribus, in utraque parte extrema evanidis, interstitiis inter eas angustioribus, vertice paullo prominulo, submedio, dente cardinali nullo ; latitudo 6’! et longitudo 4‘, crassities utriusque valvae clausac 2//.

Hab. près d’Odessa, dans la couche tertiaire la plus moderne, au bord de la mer Noire avec le Mytilus Brardii BRONG.; il compose une roche d’un grand développement.

Hommatre DE Hezz. Vol, III, pag. 471, PI, VI, fig. 1—5.

La coquille ne se trouve qu'en moules, elle est très-plate et petite quoiqu'il y ait aussi des fragmens d'individus un peu plus grands; elle a 20 côtes ou d'avantage, difficiles à compter parce que le test a disparu, les côtes commencent au milieu des valves, et s’élargissent brusquement au bord inférieur; les interstices sont très-étroits et disparaissent entièrement à ce bord. Les crochets se trouvent au milieu du bord cardinal qui est édenté parce que l'espèce appartient aux Adacnes., Un caractère assez distinctif c’est un sillon oblique qui sans doute provient d’une crête, passant des crochets en direction oblique à l'extrémité prolongée postérieure et à l'inférieure ; les deux bords des valves sont presque lisses.

L’affinité de cette espèce avec le Cardium (Adacne) ponticum m. est très-grande. Ce dernier vit encore à l'embouchure du Dnjestr *, ses crochets sont aussi peu saillants comme dans l'espèce fossile et d'égale grandeur. Il est probable que le Cardium littorale était aussi un peu baillant comme le Cardium ponticum.

Il est toujours curieux de voir la grande ressemblance de ces deux espèces de Cardium, dont l’une est fossile et l’autre vivante. Mr D’Or- BIGNY ** a decrit encore une autre espèce de cette subdivision des Cardium des couches modernes du bord de Dnjestr: c’est le Cardium Verneuilianum, dont la charnière est entièrement édentée comme dans les Adacnes et qui ressemble beaucoup au Cardium (Adacne) coloratum #». de l'embouchure du Boug près de Nicolajew si toute fois il ne lui est pas identique.

Il y a beaucoup d'espèces d’Adacnes dans la mer Caspienne, dont une ou deux s’y rencontrent encore vivantes, p. e. l’Adacna laeviuscula m. *** du golfe de Bacou, de Lenkoran et d’Asterabad, coquille qui a éténommée plusieurs années après ma description en 1829, Pholadomya caspia par Mr. AGassiZ +, et l’Adacna plicata m. ff ou le Pholadomya crispa AGass. du golfe d’Asterabad et de l'embouchure du Dnjestr dans la mer Noire.

Je ne suis pas de l'avis de Mr. AGAssiz de faire de ces deux espèces

Voy. mon ouvrage Fauna caspio-caucasica. Petropoli 1841, pag, 274. HommairE DE Herz, les steppes. PI, VI, fig. 9—11. Zoologia speciales Vol. I, Vilnae 1829, Tab. V, fig, 1. — Faunae caspii maris primitiae, Bullet. de la Soc. des Natural. de Mosc. 1838, p. 170. + Monographie d'& Myes. Neufchatel, 1842 —45, pag. 37. tt Zoolog, spec. i. c. Tab. V, fig. 2. — Faunae caspiae primitiae, Bulletin 1. c. pag. 171, | :

EXLRE NS

de coquilles des Pholodomyes, parce qu’il leur manque la lunule et l’écusson de ce genre, qui est le plus ordinairement très-ventru, “principalemet à l’extrêmité antérieure, où la coquille est tronquée obliquement. Les Pholadomyes se distinguent par leur coquilles baillantes, quoiqu'il y ait aussi de vrais Cardium baillants, comme le Cardium caspium m., que Mr. AGASSIZ a nommé par cette raison Cardiumhiantulum. Je compte cette espèce parmi mes Monodacnes, parce que la charnière n’a qu’une dent cardinale; ses valves closes sont baillantes en arrière et il y a en avant des crochets une lunule qui ne se voit pas aussi développée dans aucune autre espèce de Cardium. Les empreintes musculaires ne sont pas aussi profondes et l'empreinte palléale est très-étroite et allongée, caractère qui ne se voit pas dans les Pholadomyes, qui ont toujours les crochets fixés . à l'extrémité antérieure, jamais au milieu du bord cardinal, comme dans les Monodacnes et les Adacnes de la mer Caspienne dont les valves sont baïllantes en arrière et en haut ainsi qu’en avant et en bas de dont l’écusson n’est jamais aussi développé que dans les Pholadomyes, qui ont une fossette allongée et triangulaire et des lamelles cardinales, caractères qui manquent à nos genres de la mer Caspienne. Elles vivent dans l’eau saumâtre des embouchures des fleuves de la mer Noire, tandis que les Pholadomyes sont toutes des coquilles de l'Océan.

Outre cela il y a encore beaucoup d’autres coquilles baïllantes du genre Cardium, sans être des Pholadomyes, comme p. e. toutes les espèces fossiles du terrain tertiaire moderne de Kertsch nommées par Mr, DESHAYES: Cardium emarginatum, squamulosum, macrodon, crassatellatum, carinatum, corbuloides, acardo, pseudocardium, espèces qui diffèrent entre-elles tout autant qu’elles diffèrent du genre de Cardium.

Esp. 46. Card, edule L.

Testa costata, costis approximatis 23—24, in utroque latere ac medio aequaliter prominulis, laevibus ; latitudo 6—8//,

Hab. fossile dans un terrain d’alluvion en Esthonie, près de Hapsal, à la distance d'une verste du bord de la mer Baltique et à quelques pieds au dessus du niveau du golfe de Hapsal; il vit encore dans ce golfe et se trouve fossile avec d’autres coquilles vivantes, dans la mer Baltique, comme le Tellina balthica, le Paludina balthica etle Littorinella acuta; aussi sur les bords de la mer Noire près de.

Kertsch réuni en grand nombre dans un grès à gros grains qui se forme encore à présent; enfin au haut plateau d'Usturte à une grande distance de la mer Caspienne, dans un calcaire marneux dure d’un jaune clair, à nombreuses empreintes de la face extérieure de ces coquilles, ainsi que dans un calcaire quaternaire du bord oriental et du côté occidental de la mer Caspienne avec beaucoup d’autres coquilles fossiles vivant dans la mer.

Esp. 47. Card. propinquum mm.

Fauna caspio-caucasica Tab, XL, fig. 3—4.

Testa ovato-rotundata laevi, albo rufoque irregulariter fasciata, inferiore margine integro, vertice anteriora spectante, parva lunula profunda ; latitudo 1‘ 11/,//! et longitudo 11//. | Z

Hab. fossile dans des collines argilleuses près de Bacou avec l'espèce suivante ; elle ne vit plus dans la mer Caspienne,

La coquille est toute lisse à bandes transverses larges d’un brun foncé alternantes avec des bandes blanches ; le sommet est un peu rapproché du bord antériéur; c’est une Monodacne.

Esp. 48. Card. intermedium m.

Fauna caspio-caucasica Tab. XL, fig. 5—7.

Testa transversim ovali, costata, costis acutis subtriquetris remotis, utroque margine dorsali posteriora versus prominulo, vertice intas converso, interstitiis costarum laevibus, sublamellosis, longitudo 10// et lattudo 4-1"

Hab. fossile près de Bacou avec l'espèce précédente.

La coquille est mince et transparente, le. sommet est un peu saillant, sillonné par des côtes tranchantes (au nombre de 9) très-espacées qui la rapprochent un peu du Card. latisulcum ML, ; c'est aussi une Monodacne.

Esp. 49. Card. catillus m.

Fauna caspio-caucasica Tab. XL, fig. 1—2,

Testa ovato-dilatata, plana, tenui, costata, costis numerosis approximatis rotundatis; longitudo 1 5// et latitudo 1// 91/4,

Hab. près de Bacou dans un sable marin grossier avec les espèces précédentes ; il ne vit plus dans la mer Caspienne.

La coquille est très-large, aplatie, mince, à côtes nombreuses très-

rapprochées et arrondies; les sillons entre les côtes sont plus étroits que les côtes elles-mêmes.

D’autres espèces, comme l’Adacna edentula PALL et l’Adacna protracta m.* ne se trouvent que fossiles dans le sable marin aux bords du Volga jusqu’à Zaritzyne, aux bords sablonneux du grand lac salé d’Elton dans la steppe des Calmouks d’Astrachan jusqu’à la mer Caspienne,

Genre XX. Isocardia LAM.

Les coquilles sont très-bombées, cordiformes, à crochets trèsapparents, épais et roulés en spirale d’un côté, la charnière a deux dents aplaties, dont l’une est un peu courbée; la dent latérale est allongée, le ligament est extérieur. Les espèces se trouvent dans les terrains des périodes moyenne et moderne et vivent encore dans nos mers actuelles. |

Esp. 50. soc. cor-L.

Testa maxima, cordato-globosa, laevi.

Hab. très-rare près de Zukowce en Volhynie dans un sable marin tertiaire avec beaucoup d’autres coquilles fossiles, aussi près de Chmielnik en Pologne et près de Castel!’ arquato en Italie, en Sicile et aux environs d'Anvers; elie vit encore dans l'Océan Atlantique et dans la mer Méditerranée.

#* Ninupalliatae.

Famille treizième.

Cytheridae.

Les coquilles sont épaisses équivalves inéquilatérales, révêtues d'un épiderme, rarement munies de stries rayonnées, à deux empreintes musculaires ; la charnière a trois dents cardinales divergentes sans dents latérales , très-rarement une seule ; le ligament est antérieur.

Genre XXI. Venus JL.

Les valves sont presque triangulaires ou suborbiculaires, munies de trois dents divergentes, la dent du milieu est souvent bifurquée, le ligament extérieur recouvre l’écusson, les crochets sont fortement courbés en avant,

Fauna caspio-caucasica I. c. Tab. XL.

la lunule est très-grande, Les espèces se trouvent dans les terrains de la période moyenne, mais plus fréquemment dans la période moderne ; il y a beaucoup d'espèces vivantes dans les mers actuelles, comme le Venus gallina L. dans la mer Noire et-dans la mer Caspienne.

Esp. 51. Ven. incrassata m.

PI. V, fig. 12, a b c grand. natur.

Naturhist. Skizze IL. c. p. 205.

Venus ponderosa D'Or. HommairE DE HELL 1. c. PI. V, fig. 12—14. Venus Menestrieri »’Ors. 1, c. PI. V, fig. 15—17. Venns bessarabica D'Or. I. c. pag. 487.

Venus gregaria Partscn (in litt.).

Testa incrassata, intus subquadrangulari, subplana, tenuissime radiatim striata, propter incrementi strata concentrice sulcata, margine anteriore prominulo, posteriore plus minusve oblique truncato, dilatato, cardinali adscendente, vertice paullo prominulo, extremam partem anticam propius accedente; latitudo 1// 6//, longitudo 1! 21/,‘/ et clausarum valvarum crassities 6//!.

Hab. près de Kzemienec, Zukowce, Tessow, aussi en Bessarabie et en Imérétie près du village Dsegwy.

Les valves sont très-épaisses, plutôt allongées qu’élargies, presque ovales, très-aplaties, à peine plus larges à l'extrémité antérieure arrondie qu’à la postérieure, les crochets sont plus rapprochés du bord antérieur que dans l’espèce suivante, le bord cardinal s’allonge en arrière, en se dilatant et en s’élevant; l'extrémité postérieure est tronquée obliquement et le bord est inférieur est toujours arrondi.

La lunule est petite et l’'écusson forme deux petites lamelles Iongitudinales ; la charnière est courte et étroite garnie de 3 dents simples et très-saillantes ; les crochets s'élèvent peu au dessus de la surface des valves.

La surface offre des sillons concentriques produits par les stries d’accroissement, entre lesquels il y a des stries plus fines; d’autres stries plus rapprochées, mais rayonnées et très-fines d’un jaune clair traversent les stries concentriques, et forment ainsi le caractère distinctif de cette espèce qui se rencontre aussi avec les mêmes couleurs dans le bassin de Vienne, La valve est lisse à l’intérieur, l'empreinte musculaire postérieure est presque ronde et se trouve accompagnée d'une petite empreinte latérale ; l'empreinte palléale est profonde, éloignée du bord inférieur de la coquille, et prolongée en arrière en une pointe étroite assez longue. |

La longueur et la largeur de la coquille diffèrent beaucoup suivant l’âge; c’est ce qui a fait décrire à Mr. D’'ORBIGNY quelques variétés d'âge comme des espèces distinctes. L'espèce normale se trouve près de Tessow ; c’estle Venus Menestrieri D'ORB. Quand lalargeur est un peu moindre relativement à la longueur, Mr, D'ORBIGNY le nomme Venus bessarabica, variété dans laquelle on remarque encore les stries rayonnées de la forme-type ; le Venus ponderosa D'Org. est un peu plus allongée que le Venus Menestrieri et tronquée obliquement en arrière, L’épaisseur de la valve diffère aussi; quand elle est d’une épaisseur de 9’, les crochets sont à peine saillants; mais les valves deviennent plus épaisses et plus ventrues, elles sont alors très-pesantes, comme à Kuneza, à Mendzibosh, à Kremionna et à Zozulany.

Le Venus dissita est plus large et moins long, le Venus incrassata * est plus long et presque quadrangulaire, le bord cardinal est plus court que le bord postérieur; les crochets sont fixés tout-à-fait au bord antérieur de la valve et l’écusson est assez profond, allongé et prolongé jusqu’au bord postérieur.

L'espèce du Caucase est un peu plus petite, épaisse, allongée, forme qui la distingue du Venus dissita qui est plus large **.

Je n'ai pas besoin de dire que cette espèce n’a aucun rapport avec le Cyprinaislandicoides, avec lequel Mr. Pusca l’a confondue.

Esp. 52. Venus dissita m.

PI. V, fig. 13, «a b grand, natur.

Naturhist. Skizze IL. c. pag. 205.

Venus modesta Dus. I. c. PI. VIT, fig. 1—2.

Venus Vitaliana p’Ors. Homm. De HE. I. c. PI. V, fig. 22—95. Venus Fadiefei »’Ors. PI. V, fig. 26—29.

Astarte planata (Sow.) Puscu., L c. à

Testa incrassata ovali, multo latiore quam longiore, utraque parte extrema rotundata, postica subtruncata, prolongata, extus transversim sulcata, vertice a margine antico remotiore, lunula minus profunda ; longitudo 10!’ et latitudo 1’ 3//’.

Hab. près de Novo Constantinow; Tessow, Simonow, SaranceJa et en d’autres endroits de Podolie.

* Broccur (Cenchiolologia subapennina) a nommé Venus incrassata à une espèce d’Astarte, et Sowergy a donné le même nous à un C ytherea,

Polens Palaeontologie I. c. pag. 74.

La coquille est beaucoup plus large, mais relativement moins longue que la précédente, presque elliptique, la surface est sillonnée transversalement, mais sans stries rayonnées; le crochets sont plus éloignés du bord antérieur qui est plus prononcé et arrondi, la lunule est très-petite et l’'écusson ne s'élève pas avec le bord cardinal, comme dans la précédente, mais il descend obliquement en arrière, où le bord est tronqué. La charnière a deux dents épaisses divergentes, la troisième située au dessus et près de l’écusson est rudimentaire. La coquille est lisse à l’intérieur, l’échancrure palléale est très-profonde et plus large que dans l'espèce précédente; le bord inférieur de la coquille est moins arrondi et presque droit. La charnière est plus étroite, les crochets sont moins saillants et beaucoup plus éloignés du bord antérieur que dans l’espèce précédente qui est aussi plus épaisse.

Mr. Dugois en a donné une bonne figure faite sur un individu assez petit; les dents cardinales sont relativement plus épaisses que dans le Venustricuspis, dont les dents minces et fines forment le caractère distinctif.

Le Venus Fadiefeï D'ORB.*, qu'il a réuni de nouveau avec le Venus ponderosa p’'OR8., en est effectivement différent; car il se rapproche beaucoup plus du Venus dissita que du Venus incrassata, identique avec le Venus ponderosa, mais les crochets de ces deux espèces, sont un peu trop saillants dans les figures de Mr. D'ORBIGNY, ce qui fait que la lunule est aussi trop grande. Quand le bord postérieur est tranchant vers le haut et tronqué obliquement, c'est alors le Venus-Vitaliana D'ORB., qui correspond entièrement au Venus modesta Dug., quoique celui-ci soit un peu moins large.

Esp. 53. Venus tricuspis m.

PI. V, fig. 15, a b c grand, natur.

Zoolog. special. Vol. 1, pag. 282, Tab, IV, fig, 15. Naturhist, Skizze L. c. p. 205.

Venus JacquemartiDn’Or8, Hommaire DE HEzz I. c. PI. V, fig. 18—21.

Testa ovato-dilatata, subtilissime concentrice striata, vertice admodum prominulo eique anteposita lunula majore ac profundiore, margine antico postico latiore ; latitudo 8— 9‘, longitudo 6—7'/! ac clausarum valvarum crassities 4///.

HommarRE DE HELL, steppes de Russie T. IL, pag. 494.

Hab. près de Staro Poczacow, Tessow, au bord du fleuve du Boshek, près de Krzemienec, de Kuncza et en d’autres endroits de. Volhynie, de Podolie et du Caucase.

La coquille est presque ovale, les dents cardinales sont plus fines et plus minces que dans les espèces précédentes; les trois dents de la valve droite sont fortement pointues, mais celles de la valve gauche sont plus courtes ; la lunule est très-grande, le bord antérieur s’élargit plus que le postérieur, il est arrondi comme celui-ci, et le bord cardinal est plus oblique que dans d’autres espèces; l’écusson est profond et fait voir au fond les deux crêtes étroites longitudinales. La surface est très-finement striée, les stries concentriques sont très rapprochées; les crochets ont une grande échancrure au bord antérieur des valves. La face interne est lisse, les deux empreintes musculaires et l'empreinte palléale sont très-profondes,

Le petit Venus Jacquemarti D'ORB. pourrait être identique avec mon espèce qui, en général, a la forme du Venus incrassata, sans en avoir les stries rayonnées.

Les individus du Caucase, trouvés en Imérétie près du village de Dsegwy, ressemblent complètement à notre espèce qui se rencontre là dans un calcaire oolithique, formé de plusieurs autres coquilles du bassin volhyno-podolien. Mr. Dugois n’était pas de cet avis ; il a cru voir dans ces coquilles tertiaires du Caucase des espèces du bassin tertiaire ancien de Paris, espèces que je n’ai pas encore observées au Caucase.

Esp. 54. Venus cincta m.

PSV fe. 14040 ES natur.

Naturhist. Skizze |. ec. p. 205.

Venus senilis (Broccar) Dus, I. c. Tab. V, fig, 22— 95.

Testa subangulari, incrassata, concava , lamellis concentricis cincta, antice rotundata, postice subangulata, palleali margine intus denticulato ; latitudo 1!’ 3, Iongitudo 1// 1//’ et valvarum clausarum crassities 1 1///.

Hab. près de Zukowce, de Szuskowce et de Zawadynce.

La coquille est très-épaisse, très-bombée et presque angulaire, arrondie, le bord antérieur n'avance pas beaucoup, le postérieur est plus large et obliquement tronqué en bas, le bord inférieur est arrondi ; - la surface est munie de lamelles concentriques tranchantes, entre lesquelles se trouvent des sillons profonds avec des stries très-fines, Les lamelles n’y sont pas simples, mais se composent d’une quantité de petites lamelles ou stries concentriques qui s'élèvent au dessus des

autres, formant ainsi des côtes lamelliformes. Les grands crochets sont fortement courbés, la lunule est large et profonde, un peu striée par quelques lamelles passant sur elle ; l’écusson est profond, allongé en deux crêtes longitudinales ; la charnière est épaisse, courte et se compose de trois grandes dents séparées par de profondes fossettes et rapprochées du bord antérieur de la valve.

Le bord cardinal n’est pas plus long que le bord postérieur, tronqué obliquement et le bord antérieur est plus étroit que celui-ci ; le bord inférieur estarrondi. La coquille est lisse à l’intérieur, les empreintes musculaires sont profondes et grandes, et l’empreinte palléale est très-écartée du bord inférieur de la valve, finement crénelée en dedans.

Mr. Bronx * croit cette espèce identique au Venus senilis Broccui, qui est plus bombé, plus épais et plus allongé; la nôtre est plus large, plus mince et plus aplatie; ses côtes ne sont jamais lamelliformes ou en plis, elles sont finement et transversalement striées au côté inférieur; les lamelles du Venus cincta sont au contraire toutes lisses; c’est de cette manière que la surface du Venus senilis offre des stries rayonnées. Quand même les côtes sont détruites, l'intérieur de la coquille parait d’une structure rayonnée, conformation qui est en liaison avec ces stries rayonnées des côtes,

L'espèce a aussi beaucoup de rapports avec le Venus (Cytherea) rugosa BRONN “** ou multilamella LAM., quoiqu’elle ait une forme différente, et les côtes plus nombreuses et lamelleuses sont trèsfinement striées sur leur côté inférieur, comme dans le Venus senilis.

Notre espèce se trouve aussi à Vienne dans le terrain tertiaire des environs de la ville; ses côtes offrent de hautes lamelles, dont les interstices sont striés transversalement; les stries sont très-fines ; la coquille est presque triangulaire, allongée en arrière et le crochet est plus saillant.

Esp. 55. Venus marginalis m.

PI. V, fig. 17, a b grand, natur.

Zool. spec. vol. F, p. 282, Tab. IV, fig. 16. — Naturh. Skizze 1. c. p. 205. Venus (Cytherea) rugosa (Lam.) Puscu. 1, c. pag. 73.

Index palaeontolog. 1. c. pag. 1360.

Mr. Acassiz (Iconographie des coquilles tertiaires. Neufchatel, 1845, pag. 35) croit que le vrai Venus rugusa Gmer. ne se trouve qu’à l’état vivant, il fait par conséquent de l’epsèce fossile des Apennins (Venus ru gosa Broccur) uve espèce nouvelle, le Venus cincta Acass. I. c. Tab. IV, fig. 7—10. qui est très-voisine de mon Venus cincta du bassin volhynopodolien et nommé déjà en 1830.

Testa incrassata, protracto-ovali, concentrice lamellosa, lamellis remotis paullo exsertis rectisque, vertice prominulo antrorsum inflexo lunulaque cordata ei anteposita, inferiore margine intus denticulato ; latitudo 11‘/, longitudo 8‘ ac clausarum valvarum crassities 3‘.

Hab. près de Staro-Poczaiow, ainsi qu’à Korytnice en Pologne.

La coquille est un peu épaisse presque triangulaire, ou ovale, les crochets sont très-saillants, la lunule est cordiforme et profonde, le bord inférieur est allongé, arrondi et dentelé ou crénelé en dedans, les crénelures se continuent aussi aux deux côtés ou au bord supérieur au dessus des dents; la surface est très-convexe les côtes au nombre de 13—15 sont concentriques, espacées, presque lamelleuses; des stries très-fines concentriques et très-serrées se trouvent dans les interstices des côtes. Le bord cardinal est très-gros et long, muni de dents, dont les 2 plus fortes se trouvent dans la valve droite, la troisième est extérieure , très-fine et mince; les empreintes des muscles sont rondes et de même grandeur.

Mr. BRONN *, suivant Mr. Puscu, prend cette espèce pour le Cytherea multilamella Lam. ou Cyth.rugosa LAM. Gozpr. “, qui est le Cytherea multilamellata Nysr ***, mais celui-ci est plus allongée, beaucoup moins large que le Cytherea marginalis qui s’alonge en arrière, en se rétrécissant en même temps. Le Cytherea multilamella, au contraire, parait être plus large en arrière qu’en avant, ses côtes sont toujours couvertes de plis lamelleux et plus nombreuses; il devient aussi quelquefois globuleux. Notre espèce est toujours plus large et moins grosse, et son bord cardinal se distingue par deux grosses dents dans la valve droite, séparées par une fossette profonde; il y a en avant de ces dents, près de la lunule, deux petites fassettes et une troisième dent mince. Le Cytherea multilamella LAM. a, au contraire, trois dents distinctes dans cette valve et les deux facettes anterieures y manquent entièrement; le crochet est en même temps beaucoup plus éloigné du bord antérieur qui est dentelé jusqu’au crochet, comme dans notre espèce, Les jeunes individus du Venus multilamella sont encore beaucoup plus étroits et relativement plus allongés que ceux du Venus marginalis,

* Index palaeontol. 1, c. pag. 399.

Petrefacta Germ:niae vol. 1, Tab. 150, fig. 1. 1. ce. Tab. XIT,- fie, 7.

Mr. Dugois * a figuré un moule de Venus sous le nom de Modiola faba qui pourrait appartenir à un individu jeune de l’espèce qui nous occupe ou à quelque autre espèce voisine, car ou n’y voit pas les caractères du genre Modiole. ?

Je présume aussi que l’Astarte crassatellaeformis PuscH ** n’est autre chose que le Venus marginalis, car Mr. BRoNN ““* avait déterminé quelques individus provenant de Korytnice pour le Venus rugosa LAM., quoique le côté postérieur tranchant l'en distingue.

Esp. 56. Ven. squamigera m.

PI. V, fig. 16, a b grand, natur.

Naturhist. Skizze 1. c. pag. 205.

Venus dysera (L.) Dus. IL. c. PI, V, fig. 15—17.

Testa exigua plana, costata, costis 5—6 remotis prope marginem inferiorem altioribus, vertice vix prominulo, lunula exigua; longitudo 3/4, latitudo 31/,/! et crassities valvarum clausarum vix 2//’.

Hab. près de Zukowce, Zalisce, Szuskowce.

La coquille est aplatie, à peine convexe, à 5 ou 6 côtes tranchantes avec des plis ou lamelles fort peu espacés, les espaces sont trèslarges, à peine münies de quelques fines stries concentriques, le bord inférieur est en demi-cercle, très-tranchant et finement crénelé à l’intérieur. Le crochet est assez saillant et se trouve presque au milieu de la coquille, mais toujours un peu plus rapproché du bord antérieur que du bord postérieur ; le bord antérieur qui est assez avancé se distingue par sa lunule étroite; l’écusson est allongé et étroit. La charnière a trois dents dans la valve droite, dont les deux plus grandes sont divergentes et dont la troisième placée à l'extérieur, près de Ia lunule, est très-petite et mince. Le bord inférieur de la coquille est très finement crénelé en dedans, même jusqu’au bord antérieur et en dessous de la lunule.

Mr. Dugois à figuré un individu un peu plus grand à 5 côtes lamelleuses qu’il croit être le Venus dysera L., sans en donner la description; c’est plutôt un Venus squamigera, principalement la fig. 16 de la PI. V, les deux autres figures en différant tout-à-fait et représentent peut-être un jeune individu du Venus cincta, parceque le

* Dusois L. c. pag. 68, PI. VIL, fig. 37—38. ** Polens Palaeontol. IL. c, pag. 74, PI. VIII, fig. 2. ##% Puscu I, c. pag. 74, dans la nôte en bas.

nombre des côtes lamelleuses en est trop grand pour être rapporté à notre espèce.

Esp. 57. Ven. gentilis m.

PI. VI, fig. 2, a bc grand, natur.

Testa ovato-incrassata, extus concentrice striata, vertice medio tumido , scutello angusto profundoque , lunula subplana, ovali, margine cardinali dentibus duobus oblique sitis tertioque anteriore nodulum referente et a fovea excipiendo; latitudo et longitudo 5‘//; valva clausa EPA crassa.

Hab. sur le haut plateau d'Usturte dans un calcaire oolithique tertiaire , au bord oriental de la mer Caspienne.

La coquille est presque ovale, très-épaisse, striée transversalement, à stries concentriques, le bord postérieur est un peu plus large que l’antérieur, plutôt allongée, le bord inférieur est arrondi, le crochet est saillant et placé presque au milieu du bord supérieur, enflé ou épaissi en arrière, de sorte que l’écusson qui est étroit devient trèsprofond, la lunule n’est pas aussi profonde.

Le bord cardinal est court et épais muni de deux dents dirigées en arrière et d’une troisième en forme de tubercule ou de noeud et entourée d'une fossette qui en haut se prolonge en 3 petites arêtes, caractère qui distingue cette espèce des autres Venus. La surface est finement striée en travers et tachetée de brun ou de jaune, car on y aperçoit encore à présent quelques tâches blanches ou jaunes,

Genre XXII Cytherea LAm.

La coquille est tout-à-fait semblable au genre Venus, lisse ou sillonnée transversalement, à côtes concentriques, et la seule différence qui la distingue consiste en ce que la coquille a, outre les 3 dents cardinales, encore une quatrième latérale à l'extrémité extérieure. Les espèces se trouvent dans le terrain tertiaire et vivent dans les mers actuelles.

Esp. 58. Cyther. pedemontana Lam.

Acassiz, Iconographie des coquill. tertiaires PI, VIII, fig. 1— 4. Cyprina islandicoïdes (Basr.) Puscn L, c, PI. VIIL fig. 5. Venus Brocchii Desx. (pars).

Testa crassa ovali, concentrice striata, antice latiore ac rotundata, postice attenuata, elongata, vertice exiguo subprominulo, margine

cardinali incrassato latoque tribusque dentibus validioribus instructo; latitudo 21/,/ et longitudo 2’’. |

Hab. près de Korytnice et de Lipa en Pologne, et d’après Mr. Puscu aussi à Zukowce et à Warowce.

Le Cyprinaislandicoides (Basr.) Puscu * pourrait bien être le Cytherea pedemontana Lam, et AGass., auquel il ressemble beaucoup plus qu'à une Cyprine; le test en est massif, le côté postérieur est beaucoup plus allongé que l’antérieur; le bord cardinal est très-épais et a # dents cardinales dans la valve droite ; la dent lunulaire étant plus saillante, le dent cardinale l’est beaucoup moins, enfin la ligamentaire est distinctement bifide ce qui n’est pas le cas dans l’autre valve. Mr, AGAssiz a décrit l'espèce fossile de Turin ; il me paraît que les mêmes caractères se retrouvent aussi dans l'espèce figurée par Mr. Puscx. La surface de celle-ci est lisse, striée concentriquement et le bord inférieur est entier en dedans; elle se distingue principalement par ses petits crochets et par son bord cardinal large et assez épais. Je ne la connais pas moi-même par autopsie.

Esp. 59. Cyth. chione Lam.

PI. V, fig. 18, a b grand. natur.

Cytherea superba m. (ex parte) Naturhist. Skizze 1. c. pag. 205. Cytherea nitens Anprz. Bullet. Mosc. 1830, PI. VI, fig. 2. Cytherea polita (Lam.) Dus. 1 c. VIL, fig. 30—31.

Testa laevissima nitida dilatato-transversa, vertice prominulo submedio, extus ex fusco purpureo-zonata et radiata tenerrimis radiis nigris numerosissimis interruptis; latitudo 1!/,‘, longitudo 1‘ 2‘ et clausarum valvarum crassities 9///.

Hab. près de Zukowce souvent avec les plus belles couleurs, aussi à Szuskowce.

La coquille est ovale, transversale et toute lisse, elle offre de larges zônes d’un brun ou d’un rouge foncé, alternantes avec des zônes jaunes ou blanches, traversées par des rayons nombreux et très-rapprochés et passant du crochet au bord inférieur; ces rayons sont interrompus et peu apparents, presque effacés; les eôtés sont également arrondis. Le crochet est assez saillant, rapproché du côté antérieur; la lunule est profonde, allongée, presque en coeur; l’écusson est plus étroit, allongé, muni de deux crêtes longitudinales; la charnière a trois

Polens Palaeontolog. 1. c. pag. 39, Tab. VIIL, fig. 5 abc.

dents cardinales divergentes et unelatérale qui est lamelleuse et située obliquement. L’antérieur de la coquille est lisse, très-concave, l'empreinte antérieure des muscles est plus grande que la postérieure, ovale et striée longitudinalement. L’échancrure postérieure palléale descend jusqu’au centre de la coquille, par conséquent elle est plus profonde que dans le Cytherea chione vivant, dont elle diffère aussi par sa couleur. Les rayons sont fins et nombreux, d'un brun foncé ou noir, j'en compte jusqu'à 20; le Cytherea chione vivant n’en a que 7 ou 8 qui sont très-espacés; la charnière en est aussi plus courte.

Le Cytherea nitens ANDRZ. semble être la même espèce, quoiqu'elle ne soit pas rayonnée et que la longueur de la coquille soit moindre que la largeur; le Cytherea polita (LAM.) Dus. est aussi un jeune individu de la même espèce.

Mr. KRYNITZKI a décrit “un Venus ochropicta vivant de la mer Noire qui est probablement le Cytherea chione colorié à peu près de la même manière,

Mr. BRONN “* réunit aussi à cette espèce le Cytherea laevis AGASs., décrit par BRoCCHI comme fossile du terrain subapennin; il est lisse et poli sans sillons profonds, en quoi il diffère de l'espèce suivante qui a des côtes relevées alternantes avec des sillons profonds, ces côtes, à l'exception de quelques stries d’accroissement concentriques, manquent entièrement au Cytherea chione.

Esp. 60. Cyther. superba m.

PI, V, fig. 19, «a grand. natur. d’un très-jeune individu, 4e grossie. Cytherea superba (ex parte) Naturhist. Skizze 1. c. pag. 205. Cytherea chione (Lam.) Dus. I. c, PI V, fig. 13— 14.

Cytherea Duboisii Anprz. Bullet. de Mosc. 1834. PI. XIF, fig. 3. AGassiz Iconographie des coq. tertiaires 1. c. PI. X, fig. 1—5.

Testa ovato-orbiculari elongata, costulata, costulis concentricis approximatis rotundatisnumerosissimis ; latitudo 2’ 2‘ longitudo 1!’ 8//’.

Hab. près de Zukowce, Staro Poczaiow.

La coquille est presque ovale, beaucoup plus allongée que celle du Cytherea chione qui est plus large qu’elle; les deux côtés sont

Bullet. des Naturalist, de Moscou 1837, Nr. II, pag. 64; sa figure se trouve au Bullet. de Mosc. 1843, No. I, PL IT, fig. 4. Index palaeont. 1. e. pag. 397. Mr. Bron y cite aussi la PI, V, fig. 13—14 de Dugors conchiologie , espèce qui est plutôt la suivante, le Cyth. super ba.

d’Eichwald, Lethaea rossica. 1, 8

arrondis, le crochet est saillant et le bord cardinal est très-élargi ou plutôt allongé, d'où la longueur de la coquille devient plus grande; la surface est très finement sillonnée, les sillons sont concentriques, les côtes sont fines, serrées, égales entré elles, arrondies, très-nombreuses, au moins trois fois plus nombreuses que dans le Cytherea chione, dans lequel il n’y a que quelques stries concentriques très-espacées, provenant des stries d’accroissement. Les deux empreintes des muscles sont profondes, l'empreinte palléale est moins apparente et l’échancrure est à peine visible. La couleur est d'un brun foncé à l'exception des zônes transversales et des fines stries rayonnantes.

Mr. Dugois a donné une bonne figure de cette espèce sous le nom de Cytherea chione; j'ai fait figurer un jeune individu de 3‘// de largeur, de presque 2°/,‘‘ de longueur au dessus des crochets et d’une grosseur de presque 2‘ à valves closses, pour montrer que cette espèce est déjà sillonnée dans le jeune âge, et que les sillons proviennent des côtes concentriques.

Il est probable que le Cytherea (Venus) chionoides Nysr, de la Belgique est aussi notre Cytherea superba. Cette espèce est aussi un peu plus allongée et munie de côtes distinctes espacées sur toute sa surface.

Esp. 61. Cyth. exilis m.

PI. V, fig. 20 a, grand natur. bc grossies.

Naturhist. Skizze I. ce. pag. 205.

Testa exigua ovato-rotundata tenui, radiata , radiis costarum instar a vertice exortis striasque concentricas numerosas decussantibus, inferiore margine denticulato; latitudo 3‘, longitudo 2‘! et crassities 15/4"! valvis clausis.

Hab. près de Zukowce et de Staro Poczaiow.

La coquille est très-petite, arrondie, la partie postérieure est plus allongée et plus dilatée que l’antérieure ; la surface est munie de côtes nombreuses disposées en rayons et bifurquées, traversées par des stries très-fines et concentriques, d’où la surface devient granuleuse, principalement dans les petits sillons entre les côtes; celles-ci sont distinctement bifurquées à l'extrémité antérieure, mais simples au milieu de la valve et plus grosses à l'extrémité postérieure.

Le bord cardinal est très-étroit, les crochets sont un peu prononcés, la valve gauche a trois dents entre lesquelles il se trouve

deux fossettes profondes, pour recevoir les 2 dents cardinales de la valve droite.

Les valves sont lisses à l’intérieur, les empreintes des muscles sont moins fortes et l’'échancrure de l’empreinte palléale n’est pas profonde. Le bord inférieur de la coquille est finement crénelé à l’intérieur, les crénelures occupent aussi les bords latéraux jusqu’à la charnière. Le dessinateur a oublié d’indiquer ces crénelures à la figure 20 b, de PE V.

Cette coquille ressemble beaucoup au Cytherea radiata Broccai ou au Cytherea spadicea NyST, quoique les côtes bifurquées ne se voient pas sur ces deux dernières, dont les côtes sont aussi plus grandes et moins nombreuses; leur grandeur est presque le double de celle de notre espèce qui est très-petite.

Genre XXII Arthemis Pozr.

Les coquilles sont équivalves, inéquilatérales, suborbiculaires munies de sillons et de plis concentriques très-réguliers, la lunule est très-distincte, la charnière se compose de 3 dents cardinales, dont deux sont divergentes et dont la troisième extérieure est allongée ; l'empreinte palléale est profonde, éloignée du bord inférieur de la coquille et le sinus de cette empreinte est sensiblement plus pointu et plus profond que dans les deux genres précédents. Les espèces se trouvent dans le terrain tertiaire et vivent encore dans nos mers.

Esp. 62. Arth. usturtensis m.

PI. VI, fig. 5, ab grand. natur,, c grossie.

Cyclas usturtensis Fauna caspio-caucasia pag. 265.

Testa transversa compressa, concentrice striata, vertice paullo producto anteriora versus accedente ; longitudo raro ultra 3!/,‘! et latitudo 4‘ (1, c. fig, 5 «), ut plurimum latitudo 21/,/ (I, c. fig, 5 €) et longitudo 2/‘; crassities clausarum valvarum ultra 1//’.

Hab. sur le plateau d'Usturte au bord oriental de la mer Caspienne, dans un calcaire dure formé entièrement de cette coquille fossile.

La coquille est aplatie, inéquilatérale, un peu plus large en avant qu’en arrière, le crochet est très peu prononcé et plus rapproché du côté antérieur, la surface est striée concentriquement par des stries nombreuses dont les grosses alternent avec les fines.

Les 3 dents cardinales sont divergentes, d’inégale grosseur, les

deux antérieures sont un peu plus rapprochées que la troisième qui est plus éloignée et dirigée en arrière; celle-ci n’est pas plus grande que la dent du milieu qui de son côté est plus grande que l’antérieure, laquelle est très-allongée et très-mince. Les deux empreintes des muscles se trouvent aux deux côtés opposés ; le sinus de l'empreinte palléale est trèsprofond et pointu, le bord palléal inférieur se prolonge en dessous du sinus en arrière en devenant très-étroit et aigu; en dessous de la charnière on aperçoit à l’intérieur de la coquille une petite fossette longitudinale traversant la surface jusqu’au bord palléal.

J'ai cru autrefois que cette coquille fossile, dont le calcaire tertiaire se compose entièrement dans quelques endroits du plateau d'Usturte, appartenait au genre Cyclas, n'ayant pas trouvé d’echantillons avec empreinte palléale et avec des dents cardinales; mais après avoir reconnue maintenant les caractères sur des échantillons nouvellement reçus, je n'hésite pas à la réunir au genre Arthemis, Cette espèce se rencontre en grande abondance, car elle compose presque à elle seule toute la roche calcaire, dans laquelle on ne rencontre que rarement un Cardium, très voisin du Cardium edule et qui est tout aussi petit que le Cardium qui vit encore aujourd’hui dans la mer Caspienne.

Esp. 63. Arth. intermedia mm.

Venus incrassata (Broccni) Dusgois I. c. pag. 61. PI. V, fig. 18—19.

Testa crassiuscula ovato rotundata, extus concentrice sulcata, vertice subacuto, lunula profunda, maxima, inferiore margine laevi, radiatim substriato ; longitudo 8’‘’ et latitudo 81/,//.

Hab. près de Bialozurka en Volhynie.

Le coquille est épaisse, profondément sillonnée de sillons concentriques; elle est plus élargie et arrondie en avant et plus allongée et rétrécie en arrière ; l'empreinte palléale est très-profonde, beaucoup plus rapprochée du bord cardinal que de l'inférieur, muni de quelques stries rayonnées à l’intérieur; je n’ai pas observé cette petite coquille, que Mr. Dugois a décrite très-superficiellement.

Famille quatorzième.

Corbulidae.

Les petites coquilles sont inéquivalves, inéquilatérales, transyer-

sales et baïllantes, les crochets sont très-saillants, le ligament est intérieur , une des dents est très-grosse, le crochet est souvent édenté.

Genre XXIV, Corbula Lan.

Les valves sont épaisses, courtes, subglobuleuses, quelquefois triangulaires, la plus petite valve (la gauche) est pourvue d’une grosse dent en cuilleron et la plus grande (la droite) d’un enfoncement pour la réception de cette dent. Le ligament extérieur est reçu dans une échancrure au bord cardinal de la valve droite. Les empreintes des muscles sont petites et l'empreinte palléale est très-peu échancrée du côté postérieur. Les espèces se trouvent déjà dans la période moyenne, plus souvent dans la moderne et vivent encore dans les mers actuelles.

Esp. 64. Corb. dilatata m.

PI. V, fig. 11, ab la grande valve, cd la petite, e les deux valves réunies. var, 8. Corbula volhynica m. Naturbistor. Skizze I. c. pag, 205, Corbula rugosa (Lam.) Dos. I. c. PI, VII, fig. 43—45.

Testa utraque latiore quam longiore, majore illa grosse sulcata, duabus tribusve striis longitudinalibus ornata, vertice lato tumidoque, altero margine dilatato, altero incrassato, reflexo ; longitudo 41/,‘' et latitudo 95'/’.

Hab. près de Tarnaruda, de Zukowce, de Staro Poczaiow, de Kremionna et de Szuskowce. Ç

Les deux valves sont plus larges que longues, très-épaisses, principalement la plus grande, qui se prolonge en un crochet recourbé très-gros et saillant, cette valve est profondément sillonnée, plus large sur son bord raccourci que du côté prolongé qui est plus étroit un peu recourbé en dehors et le bord un peu baillant. La petite valve est plus large que longue, finement sillonnée en travers; 2 ou 3 stries longitudinales passent du crochet jusqu’au bord inférieur en formant trois rayons.

J'avais nommé cette espèce dans ma Zoologie speciale * Corbula volhynica, en conservant ce nom aussi dans mon Æsquisse d'histoire naturelle; mais les caractères distinctifs de ces deux espèces sont si peu essentiels, que j'aimerais mieux les réunir dans une espèce, d'autant plus que Mr. Bron ** a conféré le nom de Corbula dilatata aux deux espèces. Néanmoins il y a quelques petites différences; le Corbula volhynica ne montre jamais la | grandeur ni la grosseur du Corbula dilatata, le crochet n’est

Vol. I, pl. V, fig. 5.

Index palaeontol, I. c. pag. 335.

jamais aussi saillant, et n’a jamais les 2 ou 3 rayons qui distinguent cette espèce ; elle est plus longue que large et semble être une jeune individu du Corbula dilatata.

Mr. Pusca * a donné une mauvaise figure du Corbula dilatata, sous le nom de Corbula volhynica, et une autre figure de mon Corbula volhynica sous le faux nom de Corbula pisum Sow. auquel il ne ressemble pas. Mr. Dugois a donné de même une figure peu caractéristique d’une petite Corbule qu'il nomme Corbula rugosa LAM., et qui peut-être appartient comme variété au Corbula volhynica. C'est, d'après Mr. Bronx **, le même cas avec le Corbula elliptica ANDRZ., identique avec le Corbula volhynica.

Genre XXV. Galeomma TURT.

La coquille est petite et mince, transparente, équivalve, un peu inéquilatérale, baillante, le petit crochet est à peine prononcé, la charnière calleuse est sans dents et une fossette se trouve en dessons du crochet pour fixer le ligament intérieur, les deux empreintes des muscles sont très-petites et très-écartées; l'empreinte palléale est simple. Les espèces se trouvent dans l'océan européen et fossiles dans le terrain tertiaire moderne.

Esp. 65. Gal. transparens m.

PI. VI, fig. 13, à grand. natur., bc grossies, d la charnière et la fossette grossies, Testa exigua tenuissima radiato-striata, radiis nodulosis, nodulis tanquam acu punctis; latitudo 2/// et longitudo 11/,//’. Hab. près de Zukowce, très-rare. | La coquille est très-aplatie, le crochet se trouve au milieu et s'élève très-peu, il est dirigé en haut ct presque lisse, plus rapproché du bord plus court et plus large que du bord allongé plus étroit. Les deux bords sont arrondis et la surface est ornée de stries rayonnées, couvertes de petits noeuds piqués comme avec des épingles ; les 16 ou 18 stries sont en forme de côtes, écartées également les unes des autres et très-développées au bord inférieur de la coquille; la charnière est édentée, le bord est calleux, dans son milieu et en dessous se trouve la fossette (fig, 13 d) pour la réception du ligament intérieur.

Polens Palaeontol, I. ce. T. VIIL, fig. 8.

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